PREMIÈRE SÉRIE
Symptômes fournis par les fonctions de relation .
L'examen doit porter sur l'habitude extérieure, la locomotion, la voix et la parole, les sensations, les fonctions affectives, les fonctions intellectuelles, le sommeil et la veille.
SECTION rm<MlÈRE.
Habitude extérieure.
Lc3 symptômes qu'elle fournit se rapportent a l'attitude, au vo-
PATHOLOGIE GÉNÉRALE. 29 lume du corps, à la fermeté des chairs, à la couleur de la peau, ans éruptions, aux tumeurs et aux solutions de continuité.
§ I. Attitude— En maladie, l'attitude est généralement molle, clans un état de langueur ; mais elle varie beaucoup selon le siège, la nature, l'intensité de celle-ci, selon l'acuité des douleurs, les forces du patient, etc. Il est des affections morbides qu'on reconnaît à la simple attitude : tels sont la catalepsie, la danse de Saint-Gui, l'hémiplégie, le tétanos, etc. (
Le décubitus dorsal est l'attitude la plus fréquente, parce qu elle exi<re le moins d'efforts musculaires. Cependant ce n'est pas toujours la plus favorable : ainsi, dans les cas d'hydrothorax, les malades so couchent instinctivement sur le côté où siège l'épanchcment, afin de faciliter la dilatation de la poitrine du coté sain, et partant la respiration. Si l'hydrothorax est double, comme aussi toutes les fois que la respiration est profondément gênée, les malades se tiennent assis dans le lit, et même se penchent en avant et cherchent à se cramponner aux corps résistants pour augmenter la puissance des muscles inspirateurs. La difficulté de la respiration tient-elle a une affection de la gorge ou du larynx, alors le malade se tient ass1S, la tête renversée en arrière. — La douleur joue un grand rôle dans les attitudes. Généralement elle oblige le malade à éviter la pression de la partie douloureuse, mais, dans la colique de plomb, l'iléus, cette pression semble la soulager, et c'est pourquoi les patients se couchent souvent sur le ventre. - Le changement continuel de position dénote une grande excitation du système nerveux; on l'observe fréquemment dans les maladies aiguës.
§ n. Volume du corps. — Il y a à considérer le volume d'une ou plusieurs parties et celui du corps tout entier. Dans les deux cas, il est normal, diminué ou augmenté.
Pour peu que la maladie soit prononcée et qu'elle dure, le corps perd de son poids. Lorsque la diminution de volume n'affecte qu'une ou plusieurs parties, on la nomme atrophie; si elle devient générale, c'est V amaigrissement, Vhectisie, Vémaciation, le marasme, qui désignent les divers degrés de maigreur par lequel passe l'économie dans les affections chroniques qui se terminent par la mort.
Dans les maladies aiguës, la maigreur n'est pas très marquée tout d'abord, elle l'est d'une manière beaucoup plus frappante au moment de la convalescence, Si en même temps, dans l'âge do 1 nc-
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croissement, le corps se développe et s'allonge rapidement, il y a lieu de craindre une issue fatale.
L'augmentation de volume des parties est due soit à une intumescence inflammatoire, comme dans le phlegmon, la variole, etc., soit à une accumulation de tissu adipeux (obésité), ou d'air (pneumatose), ou d'eau (hydropisie, anasarque, œdème), soit à un surcroît de nutrition dans les tissus propres (hypertrophie).
§ III. Fermeté des chairs. — Elle se conserve assez bien dans les maladies de nature franchement inflammatoire, mais elle se perd plus ou moins rapidement dans les fièvres graves, les maladies septiques, où elle est remplacée par la flaccidité.
§ IV. Couleur de la peau. — Ses nuances ont beau varier, chez tous les individus elle offre quelque chose de spécial qui fait reconnaître s'ils sont en santé ou en maladie. La teinte de la peau se rattache à l'état de la circulation capillaire, de l'appareil sécréteur de la bile, ou à un état exanthémateux. Elle est rosée dans les inflammations franches, dans les affections fébriles bénignes, au début des éruptions; rouge dans la scarlatine; mais dans les maladies graves, adynamiques ou septiques, elle devient terne. La peau est d'un jaune paille ou terreux dans le cancer, d'un jaune citron ou foncé dans l'ictère, jaunâtre dans quelques maladies bilieuses.
La teinte bleue de la peau ou teinte cyanosée se produit quand il y a stase du sang veineux, laquelle dépend soit d'une maladie organique du cœur, soit du mélange des deux sangs résultant de la persistance du trou de Botal, soit d'un simple refroidissement ou d'un trouble profond de l'innervation ganglionnaire, comme daus le choléra. Dans certains cas d'ictère, la peau devient verdâtre. L'usage interne du nitrate d'argent lui donne une teinte ardoisée indélébile.
La peau est souvent le siège de taches livides, brunes ou noires, résultant de la stagnation ou de l'infiltration du sang rendu plus fluide dans les maladies de mauvaise nature, le scorbut, le purpura. D'autres fois ce sont des taches, ou dos plaques bleuâtres, dues a une extravasation du sang produite par des violences extérieures, le scorbut, la fièvre typhoïde.
§ V. Eruptions. — Elles constituent pour la plupart des maladies distinctes. 11 faut excopter les pétéchies et les sudamina, qui appartiennent aux fièvres typhoïdes adynumiques.
§ VI. Plicalurcs. — Elles sont le résultat de l'impression que produit sur la peau le contact des vOtcmeuts ou des draps du lit. Les
»»'6ic««, ou coups de fouet, peuvent être rapportées aux plicatures, bien que, dans quelques cas, elles ne soient que des variétés de l'urticaire.
§ VII. — Il faut joindre à ces symptômes fournis par l'habitude extérieure les renseignements que l'on peut tirer de l'examen des tumeurs, excoriations, gerçures, plaies, ulcères, fistules, dont l'histoire appartient à la pathologie spéciale.
§ VIII. Habitude extérieure considérée dans chaque partie du corps. — Ne pouvant donner qu'une esquisse de pathologie générale, nous croyons devoir omettre ce chapitre, qui d'ailleurs empiète sur les descriptions pathologiques. 11 faut cependant examiner les symptômes fournis par la face et l'abdomen.
A. L'inspection de la face est d'un grand secours pour le médecin : la physionomie exprime tant de choses, suivant qu'elle est triste, abattue, inquiète, effrayée, indifférente ou attentive, quelquefois riante, ailleurs menaçante ou égarée. 11 est quelques altérations de la face qui ont été désignées par des dénominations particulières, telles sont la stupeur, ou défaut d'expression des traits, propre à la maladie typhoïde ; la face vultueuse, caractérisée sous la turgescenoe, la saillie des yeux, l'expansion de tous les traits, et qui se remarque dans quelques congestions vers la tête, dans l'hypertrophie du cœur ; la face grippée, c'est-à-dire rapetissée, avec contraction des traits, pâleur, qui appartient aux phlegmasies aiguës du péritoine ; la face hippocratique , remarquable par le nez aigu, les yeux enfoncés, les tempes creuses, les oreilles froides et retirées, la couleur plombée du visage, les lèvres pendantes ; elle s'observe quelques jours avant la mort, dans les maladies chroniques ou aiguës qui se sont prolongées quelques semaines.
Chaque partie de la face doit être soumise à un examen spécial, parce que l'on en peut tirer des signes utiles au diagnostic des maladies : les yeux et la bouche offrent les plus importants et les plus variés.
B. Après la face, vient l'abdomen par rang d'importance dans l'étude des symptômes. Le volume du ventre peut augmenter ou diminuer; son augmentation est générale ou partielle : dans le premier cas, elle est due aux gaz accumulés dans le tube digestif, à un liquide épanché dans le péritoine, ou à l'obésité. On appelle méléorisme, ballonnement et tympanile les divers degrés d'accumulation gazeuse intestinale. — Le gonflement partiel du ventre dépend d'une maladie do
quelque organe contenu dans sa cavité, d'une inflammation phlegxnoneuse, d'un abcès, d'une hydropisie enkystée, d'une rétention d'urine, d'une accumulation de matières fécales dans le gros intestin, etc.
C'est surtout sur la peau du ventre qu'on observe les taches rosées lenticulaires de la fièvre typhoïde et du typhus.
SECTION II
Locomotion.
Il faut étudier les symptômes fournis par les os et ceux qui appartiennent aux muscles,
§ I. Os et leurs annexes. — S'occuper des symptômes qu'ils fournissent, c'est entrer dans l'histoire de leurs maladies. Nous dirons seulement que certains états généraux, comme la syphilis, le rachitisme, modifient leur texture et leur solidité de manière à mettre sur la voie de l'affection primitive.
§ IL Muscles. — Les symptômes qui se tirent des altérations fonctionnelles des muscles consistent dans l'augmentation, la diminution, l'abolition ou la perversion des mouvements
A. L'augmentation de la force musculaire existe rarement sans sa perversion. On la remarque dans quelques affections nerveuses , et surtout chez les maniaques.
B. La diminution des contractions musculaires est plus fréquente, et se montre, à des degrés divers, dans presque toutes les maladies. Les mots faiblesse, asthénie, adynamie, prostration, désignentees degrés.
Au début des maladies, il y a pour ainsi dire toujours de la faib lesse musculaire, de la lassitude; au début de la fièvre typlioïd , c'est une sorte de titubation ou tremblement, d'incertitude dans la démarche et les mouvements. La faiblesse va jusqu'à la cessation du mouvement dans la paralysie.
L'asthénie est un état de langueur des organes qui doit s'appliquer à tous les tissus et à toutes les fonctions lorsqu'ils sont frappés de débilité. Ce mot ne désigno donc aucun degré de force musculaire, mais plutôt une classe de maladies ducs à des causes débilitantes, et, dans quelques cas, à l'excès de stimulation, se caractérisant par la pfileur des tissus, rabaissement de la chaleur, l'affaiblissement delà contractilité fibrillairo, la langueur des fonctions vitales. Aussi bien
a-t-ùu divisé les asthénies eu sanguines, nerveuses, nutritives et sécrétoires,
L'adynamie est un état de faiblesse générale très prononcée et toute particulière qui se rattache soit aux fièvres graves, soit aux empoisonnements miasmatiques, soit à l'infection purulente. Elle est ca ractérîsée par une grande débilité musculaire, de l'engourdissement moral et physique, de la torpeur, un air d'hébétude, etc. Comme symptôme, elle mérite toute l'attention du médecin.
La prostration n'est que l'adynamie portée au plus haut degré. — Il faut distinguer aussi, parmi ces modifications dynamiques, 1° Voppression des forces, laquelle résulte, non d'une altération septique du sang, mais d'un mal violent, douleui ou inflammation, qui enchaîne les actions organiques, et laquelle se dissipe par l'emploi de moyens débilitants, tandis qu'on oppose les toniques et les excitants à l'adynamie ; 2° la stupeur, qui se rattache à une affection cérébrale grave, ordinairement à un état de compression du cerveau.
C. 1,' abolition des forces musculaires constitue la paralysie des mouvements, laquelle est plus ou moins étendue ou bornée, affectant soit un seul muscle ou un seul organe, soit un côté du corps (hémiplégie), soit les deux membres inférieurs [paraplégie), soit enfin, ce qui est rare cependant , le bras d'un côté et la jambe de l'autre [paralysie croisée).
D. La perversion des forces musculaires peut offrir de nombreuses variétés.
Le tremblement consiste dans une agitation faible et involontaire résultant de la contraction et du relâchement alternatif des muscles, ou de la contraction alternative des muscles opposés. Il se lie à un trouble de l'innervation, dû lui-même soit à une concentration du sang vers les organes intérieurs, comme au début des fièvres intermittentes, des maladies aiguës, soit aux émotions morales et à certaines névroses, soit au progrès de l'âge, soit enfin à l'usage immodéré des alcooliques, du café, etc.
La raideur des muscles est assez ordinaire, même lorsque la force musculaire est diminuée; elle est sensible pour le malade lui-même, qui ne meut ses membres qu'avec lenteur et effort. Etendue à un côté ou à une moitié du corps, elle dépend, comme la paralysie, d'une maladie du cerveau.
La contracture consiste dans la rigidité permanente et chronique des muscles fléchisseurs, lesquels forment alors des espèces de cordes inflexibles un-dessous des téguments qu'ils soulèvent. Ce phénomène
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reconnaît ordinairement pour cause une lésion de quelque point du système nerveux.
La crampe est une contraction permanente, mais de courte durée, d'un ou plusieurs muscles avec dureté dans leur tissu, sentiment de douleur et impossibilité de mouvoir la partie qui en est affectée. Elle doit être attribuée à quelque affection des nerfs, comme la compression, la déchirure ou blessure, l'irritation nerveuse; ou à un état plus général, ainsi qu'on le remarque pour lo choléra.
« Le soubresaut est une secousse, un tressaillement transmis aux tendons par la contraction involontaire et instantanée des fibres musculaires. Ce symptôme est plus manifeste à l'extrémité carpienne de l'avant-bras que partout ailleurs. On le reconnaît en examinant le pouls du malade. Il est commun dans les maladies aiguës de forme fttaxique. »
» La carphologie consiste en une agitation automatique et continuelle des mains et des doigts, qui tantôt semblent chercher des flocons dans l'air, et tantôt roulent ou palpent de diverses manières et sans but les draps et les couvertures du lit. Ce symptôme, qui accompagne fréquemment les maladies aiguës les plus graves, se présente quelquefois sous une forme un peu différente : le malade cherche continuellement à enlever le duvet des draps ou des couvertures : c'est le crocidisme, que beaucoup d'auteurs confondent avec la carphologie. »
Les convulsions constituent l'espèce de perversion des mouvements la plus fréquente. Étant considérées comme maladies plutôt que comme symptômes, nous en ferons l'histoire dans la pathologie.
SECTION III
Voix et parole.
§ L Voix. — Dans la maladie, la voix est rarement plus forte que dans l'état ordinaire ; au contraire, elle est affaiblie dans le plus grand nombre des cas. Elle peut être abolie, ce qui constitue Vaphonic, laquelle dépend plutôt d'une affection laryngienne que d'un état général. Son timbre est susceptible do varier beaucoup dans les rhumes, les maladies du larynx, les maux de gorge, lo croup, dans certaines maladies nerveuses, telles que l'hystérie et l'angine de poitrine, où je l'ai vue ressembler à celle d'un ventriloque. Les tilles de mauvaise vie ont le timbre vocal plus grave et souvent comme rntique, ce qui démontre los sympathies qui lient ln phonation avec les organes sexuels.
§ II. Parole. — Indépendamment de ses altérations qui accompagnent celles de la voix, elle est tremblante, hésitante dans quelques Sèvres graves, lente, brusque, volubile, selon les maladies.
Le bégaiement survient dans quelques affections du cerveau et dans les fièvres graves. Il est naturel chez quelques personnes et lié sans doute à un vice d'organisation.
Le mutisme est la perte de la parole sans celle de la voix. Cette dernière a été observée avant l'apoplexie et dans le cours des maladies nerveuses.
Les phénomènes les plus importants que présente la voix se produisent à l'auscultation, dont il sera parlé plus loin,
SECTION IV
Sensibilité et sensations.
§ I. Sensibilité générale. — Elle est tantôt augmentée ; comme dans les affections nerveuses, certaines névroses, où elle s'élève à un degré extrême; tantôt affaiblie, comme dans les fièvres continues de mauvais caract re, les empoisonnements par les agents septiques, par l'opium, eto. ; tantôt suspendue ou abolie, comme dans l'asphyxie, l'apoplexie , la paralysie complète.
§ II sensations. — On les distingue en externes et internes.
A. Les sensations externes, te, vue, l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher, se troublent, s'altèrent, lorsque le cerveau qui les perçoit, ou les tissus qui servent d'instrument à leur transmission sont affectés. Elles sont augmentées dans certaines maladies nerveuses, toutes les fois que l'organisme est excité par la fièvre, l'imagination ou l'ingestion des alcooliques, etc. Elles sont parfois exaltées dans quelques névroses. — Les sensations externes sont le plus souvent affaiblies dans les maladies adynamiques, les affections organiques, les cachexies, les paralysies. — Elles se montrent perverties dans les maladies aiguës du cerveau, certaines névroses, l'aliénation mentale.
B. Les sensations internes, résultant des besoins qui se rattachent h. l'exercice régulier des fonctions, sont nécessairement troublées avec ces fonctions elles-mêmes. Mais il y a des sensations qui n'appartiennent qu'à la maladie : telle est la douleur et ses diverses manifestations.
La douleur est produite par une modification particulière du courant nerveux dans les nerfs, comme dans les névralgies, ou par une altération matérielle de la substance nerveuse ou des parties qui
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sont le siège de la sensation douloureuse. Les filets et les troncs nerveux sont ses conducteurs au cerveau , d'où elle est immédiatement rapportée à son point de départ. D'abord effet d'une lésion de sensibilité ou de tissu, la douleur devient ensuite la cause de troubles fonctionnels divers plus ou moins graves ; elle peut déterminer, dans les parties où elle se manifeste, un état fluxionnaire et même une véritable inflammation; elle peut retentir sur le centre de perception par son intensité ou sa continuité, de manière à troubler ses far;.: 3, à faire naître Phypocbondrie, la morosité, le dégoût de la vie, l'idée de suicide. Dans les opérations chirurgicales, elle ébranle l'organisme et le met dans des conditions moins favorables à la cicatrisation des plaies; on l'a vue même causer la mort, pendant une opération, par son excessive intensité. Cette intensité est d'ailleurs relative aux divers degrés de sensibilité des sujets.
Pour étudier la douleur dans ses modifications variées, dans sa nature, son intensité, son type, son étendue, il y faudrait consacrer la moitié de ce volume. Rappelons seulement les épithètes de tensice , gravative, pulsalive, lancinante, térébranle, contusive, prurigineuse, déchirante, pongilive, fixe, mobile, vague, intermittente, etc., qu'on lui applique selon sa nature, et dont le sens est compris de tout le monde.
SECTION v.
Fonctions affectives.
Ces fonctions sont profondément modifiées dans les maladies. La tristesse, l'impatience, l'inquiétude, sont ordinairement compignes de l'état morbide. L'humeur des malades change parfois complètement; tel qui était d'un caractère doux en santé, devient irascible en maladie; celui-ci prend ses amis en grippe, celui-là s'exagère tout on conserve de l'indifférence sur tout, même sur son propre sort. Les passions peuvent se manifester avec des variations et des nuances très diverses; cela se voit surtout dans la manie, l'hypochondrie, la grossesse.
SECTION VI
Fonctions intellectuelles.
L'attention, la mémoire, l'imagination et lcjugement sont tiblos de se surexciter, de s'affaiblir et de se pervertir dans le- maladie*. Étudier les divers troubles de ces facultés nous conduirait trop loin; bornous-nous h dire qu'ils se rattachent à une affection céré-
brale soit purement nerveuse, soit matérielle, et que, dans le premier cas, ils sont idiopathiquea et sympathiques.
À la perversion de l'intelligence se rapporte le délire, désordre intellectuel existant avec ou sans désordre des qualités morales, et qu'on distingue en idiopathique, c'est-à-dire dû à une affection primitive du principe intellectuel; en symptomatique, dû à une lésion organique du cerveau, et en sympathique, lorsqu'il résulte de l'influence exercée sur le cerveau par des maladies plus ou moins éloignées de ce centre de perception. Le délire est encore distingué en doux, calme ou furieux.
Le délire est considéré comme maladie distincte : 1° dans la folie ; 2° dans le delirium lumens. Il est à l'état de symptôme dans les maladies aiguës, les empoisonnements par les plantes vireuses, etc. Dans tous les cas, il roule sur les rapports du malade avec les objets extérieurs, ou bien il consiste eu un désordre intellectuel que ne provoque aucune circonstance étrangère; d'autres fois, il est tel que le sujet délirant croit voir, entendre, sentir des objets, des sons, des odeurs qui n'existent nullement [hallucinations). Pour apprécier les mille et mille formes du délire, il faut l'étudier chez les aliénés et selon qu'il porte plutôt sur l'altération de la mémoire que sur celle de l'imagination ou du jugement.
Le délire fébrile ou symptomatique, le seul qui soit de notre sujet pour le mome'nt, est loin d'être en rapport avec l'altération qui l'occasionne. Il est des personnes qui délirent pour la moindre cause, cliez lesquelles l'incohérence des idées peut dépendre d'une diète trop longtemps prolongée ; tandis que d'autres conservent leur présence d'esprit dans les paroxysmes les plus intenses. Il résulte de là que, comme élément de diagnostic et de pronostic, le délire a fort peu de valeur. Cependant, on doit le considérer comme d'un fâcheux présage lorsqu'il se manifeste dans le cours des maladies chroniques et consomptives.
Il ne faut pas confondre le délire tranquille avec les simples rêvasseries qui surviennent pendant le sommeil et cessent quand on parle aux malades et qu'on redresse leurs idées. Les malades s'aperçoivent quelquefois qu'ils délirent, et, dans ce cas, ils essaient de redresser leurs jugements. Le délire passé, ils ne se souviennent plus de ce qui leur est arrivé.
SECTION VII
Sommeil.
Le sommeil est prolongé dans les maladies accompagnées de congestion cérébrale légère et clans certaines névroses ; il est diminué dans les affections aiguës ; suspendu (insomnie) dans un très grand nombre d'états morbides, particulièrement dans le delirium Iremens, la fièvre typhoïde, les dyspnées, les passions vives et profondes, etc.
Le sommeil peut être troublé par le cauchemar ou incube, qui est l'effet d'une position gênante, d'un anévrisme, d'une digestion laborieuse, etc.; par les songes, qui n'offrent rien de constant sous le rapport de la séméiologie et du traitement.
« La somnolence est un état qui, placé entre le sommeil et la veille, ne permet ni l'un ni l'autre. On l'observe fréquemment dans le cours de la fièvre typhoïde et dans un certain nombre d'affections cérébrales.
« Le coma est un sommeil plus profond et d'où il est plus difficile de tirer les malades.
u La léthargie est un sommeil plus profond encore et continuel, d'où il n'est pas possible de tirer les malades; mais ils oublient ce qu'ils ont dit, ne savent ce qu'ils disent, et retombent promptement dans le même état.
« Le carus enfin consiste en une insensibilité complète, d'où rien ne peut tirer le malade, pas même instantanément. Ces divers symptômes ont spécialement lieu dans la dernière période des maladies cérébrales ou dans les cas de commotion ou de compression subite du cerveau, »
SECTION VIII
Voici trois autres symptômes dans lesquels les fonctions de relation sont spécialement affectées : 1° la lipothymie, ou suspension presque complète de toutes les fonctions avec pâleur du visage, résolution àcs membres, respiration et circulation presque insensibles.
2o La syncope, qui présente les mêmes phénomènes, avec suspension complète de la respiration et de la circulation, et qui se remarque an début des fièvres éruptives, dans les pertes de sang abondantes, dans le cours des lièvres pestilentielles, après une vive émotion morale, dans la fièvre pernicieuse, etc. Dans les maladies chroniques, l'apparition des syncopes chez les sujets déjà très affaiblis âoit faire craindre uno mort subite.
Les vertiges consistent en ceci : que le malade croit voir tous les objets tourner autour do lui, et qu'il éprouve des battements de cœur et un sentiment de défaillance. Ils ont lieu au début des maladies aiguës, graves, et se répètent dans leur cours lorsque le malade exécute des mouvements.