‹ Nouveau cours d'histoire universelle v.3,pt.1, 1860Chapitre 11 sur 45 · MIST, DV MOYES AGE · texte numérisé non relu

MIST, DV MOYES AGE

74 EMPIBE fiOHAlN.

étaiept Tipipoussés au-delà du Rhin, qu'ils tentaient toujours de franchir; Suétonius Paulinus triomphait en Bretagne de la reipe Boadicée, qui avait soulevé les Bretons, et Corbulon soutenait contre les Parthes , qui venaient d'envahir TArménie, une guerre où il déployait les qualités des plus b^bileç généraux romains. Corbulon, arrivé en Syrie, (rouva une armée sans discipline, énervée par la mollesse et l'inaction. Dès qu'il l'eut formée aux exercices militaires, il la mçna contre les Parthes. Ceux-ci, répandus de tous côtés, harcelaient les Romains, et, selon la méthode de leur nation, ils se dissipaient quand on voulait les combattre de près. Corbulon alqp diviça ses troupes de la môme façon, et fit attaquer diff^re;:)t$ postes à la fois, ce qui lui réussit tellemçmt^ quHl se vit bientôt maître du pays. Art^^xate, capitale de TArménie, fut emportée en un jour et brûlée; Tigrano.pertc se rendit sans résistance, et fut épargnée par le vainqueur; Tiridatey roi d'Arménie, frère du roi ^es Parthes Vologèse, se vit obligé de demander la paix. Çprbulon ne j'acçorda qu'à la condition que Tiridate y^pi^drait dans le camp des Romains déposer son diadèno^Q au pied 0e la statue de l'empereur, et qu'il fert^U ensuite Jp yoyage de Rome pour le recevoir des mains de rpi^pereur lui-même; ce qui fut exécuté (60). Quanta Cpjijiulon, il fut plus tard récompensé de ses seryiçes p^r flp prdre ^e mort lancé contre lui par Néron; à la nouvelle de cet arrêt, il se perça lui-même de §on épée (67).

Fio da règne de Néron.

Les exploits des généraux romains avaient excité l'émulation de Néron. 11 prit la résolution de joindre la gloire militaire à ses exploits d'histrion et de cocher ;

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mais, arrivé en Grèce, il changea tout à coup de pensée ; il oublia la guerre pour ne plus s'occuper que de jeux et pour ramasser dix-huit cents couronnes (66). On se lassa enfin de cet empereur histrion, que ses succès au théâtre ne rendaient pas moins cruel. Julius Vindeœ, Gaulois de naissance , qui était à la tête d'une armée en Gaule, proclama empereur Galba, gouverneur d'une partie de l'Espagne. Vindex fut vaincu, et Néron , exalté par ce premier succès, voulait faire massacrer tous les généraux, empoisonner tout le sénat, et brûler Rome une seconde fois. On ne lui en laissa pas le temps. Galba, qui s'était trop avancé pour reculer, marcha sur Rome; les prétoriens se déclarèrent contre Néron; il sentit que tout le monde l'abandonnait, et se montra aussi lâche dans l'adversité qu'il s'était montré insolent dans la prospérité. La dernière nuit qu'il passa dans son palais, il ne put dormir. Il appela ses gardes, ils avaient disparu. Il pria un gladiateur de lui ôter la vie. Personne ne voulut lui rendre ce service. Alors il courut vers le Tibre pour s'y précipiter ; mais la peur de la mort le retint, et il partit pour se cacher dans une ferme, à quelque distance de Rome, chez un de ses affranchis. Un violent orage vint augmenter sa terreur. En même temps il entendait les passants demander où était Néron, et il s'attendait à tout moment à être découvert. H pénétra dans la maison de son affranchi en s'y glissant par le soupirail d'une cave. On l'exhortait à se dérober par une mort volontaire aux outrages qui l'attendaient; il y consentit d'abord , mais il prit son temps pour faire creuser sa fosse. Pendant les funèbres préparatifs il répétait de temps en temps : « Faut^il qu'un si grand artiste périsse I » Cependant on vient lui dire que le sénat l'a condamné comme ennemi public, et que nu et le cou serré dans une fourche, il doit être battu de\ftY%^^ VJ&ojx'V

7G GMPIBE ROUÀIN.

la mort. Effrayé > il saisit deux poignards, il en essaie la pointe , puis il les met de côté en disant que Theure fatale n*est pas encore venue. Le bruit des chevaux qui approche lui redonne du courage, et il s'enfonce un poignard dans la gorge. Un centurion se présente et veut bander sa plaie : « Trop tard, murmura Néron; voilà donc la fidélité! » Et il expira dans sa trente-unième année. Ainsi finit le meurtrier de sa mère , le premier empereur persécuteur de TÉglise (68). Avec lui s'éteignit la famille de César, mais on désigne sous le nom de douze Césars^ Jules César, les empereurs précédents, Auguste, Tibère, Claude, Caligula, Néron, et les six suivants : Galba, Othon, Vitellius, Vespasien, Titus et Domitien.

S IV. — Les fîaHen«( 68-96).

Galba (68).

Galba (ServiusSulpicius) était d'une famille noble et ancienne ; il succéda sans opposition à Néron ; mais sa sévérité pour maintenir la discipline militaire et son avarice soulevèrent bientôt toutes les haines contre lui. Le peuple , qui n'avait plus de jeux, se demandait pourquoi l'on avait renverséNéron; les soldats attendaient leur donativum (1), et Galba avait dit : a Je choisis mes soldats, je ne les achète pas ; » les soldats se dégoûtèrent de ce vieil empereur de soixante-douze ans qui prétendait gouverner sans céder à leurs caprices. Galba pensa d'abord que sa vieillesse était cause du mécontentement général ; pour obvier à cet inconvénient, il désigna pour son successeur Pison, qui était digne de cet honneur par

(1) On appelait ainsi les largesses Taites par les empereurs aux soldats, surtout k iVccaf'on de leur avénemeivl.

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sa naissance et par ses qualités, mais, en le présentant aux prétoriens , il ne leur promit rien. Othon , qui avait autrefois partagé les débauches de Néron, quoique celui-ci lui eût pris sa femme Poppée, et qui s'était ensuite déclaré en faveur de Galba , profita de ces circonstances pour se faire proclamer empereur. Galba fut tué au bout de sept mois de règne, et le sénat s'empressa, avec sa servilité habituelle, de reconnaître Othon,

Olbon (69).

Othon ne régna que trois mois. Les légions commençaient à s'accoutumer à faire des empereurs ; celles du Rhin ne voulurent pas du César des prétoriens, et elles proclamèrent leur chef Viteluus. Les généraux d'Othon battirent trois fois dans la Haute Italie les vitelliens, commandés par Cécinaet Valens, mais ceux-ci prirent leur revanche près de Bédriac, entre Crémone et Mantoue, et Othon , pour ne pas prolonger la guerre civile , se donna la mort au moment où les légions de Mésie allaient le rejoindre,

Titellias ( «9 ).

Vitellius(Aulus) avait été élevé à Caprée, sous les yeux de Tibère ; il mérita la faveur de Caligula par son talent à conduire les chars, celle de Claude par son goût pour les jeux de hasard, et celle de Néron par ses vices de toute sorte. I) avait reçu de Galba le commandement de la Grcrmanie inférieure; en se faisant proclamer empereur, il se donnait comme le vengeur de Galba. Il laissa ses lieutenants se battre pour lui. Arrivé sur le champ de bataille de Bédriac après la victoire, il prononça ces paroles horribles : « Le corps d'un ennemi sent toujours bon, surtout si c'est un compatriote ; » puis \\ exte^ ^«sns.

78 EMPIRE BOHÀIN.

Rome avec soixante mille soldats toujours ivres comme lui-même. Son règne fut celui des cuisiniers, des histrions et des bouffons. Ce hideux empereur, sans talents, sans énergie, irrésolu, timide, ne se faisait remarquer que par une brutale voracité; il permit tout aux soldats et ne s'occupa que de faire venir des pays et des mers les plus éloignés des mets inconnus et bizarres. Dans les huitsmois que dura son règne, il dépensa près de deux cents millions de francs. Il semblait n'avoir conquis Tempire que pour le dévorer. Le plus grand fait de son règne fut Tinvention d'un fameux plat connu sous le nom de bouclier de Minerve, et l'on compta à l'un de ses repas deux mille plats de poisson et sept mille pièces de gibier.

A la nouvelle de ces scandales, des révoltes éclatèrent de toutes parts. Vespasibn, qui avait été envoyé dès le temps de Néron en Palestine contre les Juifs révoltés, et qui n'avait plus que Jérusalem à prendre pour pacifier le pays , fut regardé comme le plus capable de rétablir les affaires de l'empire. Les légions le proclamèrent empereur en même temps à Alexandrie, à Antioche et à Césarée. Son dessein était de réduire Rome par la famine, en arrêtant les convois de blé que l'Egypte fournissait à l'Italie, et de terminer la guerre sans effusion de sang. Mais Antonius Primus, l'un des généraux déclarés en sa faveur, prit un parti plus décisif. A la tête des légions de llUyrie, il passa les Alpes, tailla en pièces une armée de Vitellius, emporta d'assaut le camp ennemi qui couvrait Crémone, força la place elle-même et là réduisit en cendres. Puis il marcha sur Rome. L'infâme Vitellius voulait abdiquer pour conserver sa vie et ses jouissances; ses partisans ne le lui permirent pas; un combat terrible s'engagea aux portes mêmes de Rome. Vaincu de nouveau, Vitellius chercha un asile dans la loge d*un esclave ; on l'y découvnl , oiv\e \vn\^ ômcc«»^.

LES DOUZE GÉSÂBS. 79

tout tiii jour aux outrages de la populace, puis on l'égotgfea et Ton jeta son cadavre dâhs le Tibre (20 déceihbre69).

Yespasien ( 09-79 )•

Rome avait enfin un maître digne de commander. Vespasien (Titus Flavius Vespasianus) s'était élevé par son méifite; il s'attacha, dès qu'il fut arrivé à Rome, à réparer les ruines des années pi*éçédentes. Laborieux et appliqué, il se donna toiit entier à la réforme des abus; il ichassà du sénat les membres qui le déshonoraient par leurs vices, réfornia les tribunaux \ maintint une exacte dilM^ipline dans Tarniée, réduisit la puissance des prétorieâs, ^i livra Une guerre acharnée au luxe de là table. Il donnait l'exemi^le des réformes^ en supprimant pôiir lui le faste dont les dernier^ empereurs s'étaient entourés , et en vivant, comme Auguâte, dans une demeure modeste, sans autre cortège que ses affranchis , accessible et bienvieillant pour tous, excepté pour ceux qui ne consentaient pas à reiioncer à là mollesse. Un jour, un jeune homme nommé à une charge étant venu tout parfumé lui en faire son remerciment, il fit un geste d'indignation et le dépouilla de sa charge en lui disant : « J'aimerais mieux que tu Sentisses l'dl. x> On lui a reproché un trop grand amour de l'argent. Il ne s'en cachait pas et en plaisantait tout le premier, parce qu'il avait la conscience de n'employer l'argent que pour l'intérêt public. Les députés d'une ville vinrent lui annoncer qu'on avait destiné un million de sesterces à lui élever une statue : « Placez-la ici, leur dit-ll en présentant le creux de sa main ; voici la base toute prête. » Il y avait à Rome un impôt connu sous le nom de Chrysargyre^ que les empereurs prélevaient B\xv le commerce e\.\^xv<àL\>&\.m^^

60 EHPIBB BOHAIN.

même sur le produit des immondices de la ville. Titus, fils de Vespasien, témoigna à l'empereur avec quelle répugnance il considérait cet impôt : « Cela sent-il mauvais ? » dit Vespasien en lui montrant l'argent qui en provenait.

Sous ce règne , les délateurs ne furent pas écoutés. Quelqu'un voulant rendre suspect à Vespasien un personnage à qui les astres promettaient l'empire , il le fit consul : « Il s'en souviendra, dit-il , et m'en tiendra compte quand il sera empereur. » Cependant Vespasien se montra rigoureux à l'égard d'une classe de philosophes dont l'austérité aurait dû lui plaire; il chassa de Rome les stoïciens, mais c'est parce|queces philosophes affectaient de s'opposer à l'empire et de poursuivre le ré-^ tablissement de la république. Helvidius Priscus était leur chef; déjà banni sous Néron, il y était revenu à la mort du tyran ; il refusa de reconnaître Vespasien , . et eut l'imprudence de rendre publics ses sentiments. Helvidius fut mis à mort, mais il est certain qu'il périt contre les intentions de l'empereur.

Plusieurs guerres illustrèrent le règne de Vespasien. Une partie de la Gaule se révolta à la voix du Batave avilis et de Sabinm, gaulois du pays des Lingons ( Langres). Vespasien envoya contre eux Pétilius Céréor lis^ habile général, qui réduisit Civilis à se retrancher dans son lie entre le Rhin et le Wahal , mais ne put le soumettre entièrement : Civilis obtint une paix honorable pour les fiataves, qui restèrent alliés, mais non tributaires des Romains, à la condition de leur fournir des soldats. Quant à Sabinus, vaincu par les Séquanais (Franche-Comté), qui n'avaient pas voulu prendre part à l'insurrection, il mit le feu à sa maison, et se cacha dans un souterrain , en faisant répandre le bruit de sa mort. Épmine, sa femme, qui connaissait sa retraite, joua le rôle d'une veuve déaesçérée. Sabinus ne

Lrs DOUZE CESA.I1S. fil

fut d(icouvcrl qu'au bout de neuf uns ; on le conduisit 't Rome avec sa femme et ses enfanls , et il subit le dcrnicr supplice , malgré les larmes et les supplications il'Ëponinc , dont le dévouement eût mérité un meilleur succès : Eponine obtint seulement départager le sort do son époux.

La guerre de Judée, commencée sous Néron, se termina par un désastre épouvantable que Notre-Seigneur avait prédit. Vespasîen, appelé à Rome, avait laissé à son lils Titus le soin de continuer le siège de Jérusalem. Une multitude immense était renfermée dans cette ville; une famine horrible s'y fithieutât seutir; la discorde vint y ajouter ses horreurs, et cependant les Juifs ■ se battaient en désespérés. Il fallut avoir recours aux expédients les plus affreux pour se procurer de la nourriture. Une femme égorgea son propre enfant encore h la mamelle , et se nourrit de cet horrible mets. Titus, en apprenant ce dernier trait, jura d'ensevelir Jérusalem sous ses ruines. La ville fut prise. Il voulait épargner le temple, qui était une des merveilles du monde, mais un soldat y mil !e feu malgré ses ordres, et le temple fut consumé. Onze cent mille Juifs avaient péri pendant le siège; quatre-vingt-dix-sept mille furent vendus comme esclaves : ce fut la fm de l'emtence politique des Juifs; leur dispersion commençait ainsi trente-sept ans après le déicide qu'ils avaient commis (70).

Vespasien mourut à l'âge de soixante- douze ans. Il «'occupa des affaires publiques jusqu'au dernier momeat, bien qu'il fût depuis longtemps accablé d'une maladie de langueur qui le forçait de garder le lit. 11 ne s'abusait pas sur les progrès de son mal : a Je sens que je l^vicnsdieu, n disait-il en plaisantant, piir allusion à l'apothéose qui l'attendait après sa mort. Se sentant près de |-ilBmpj%.jl se jera, et se fit habiller : « \itt cm.ç'eîCNSs

82 EUPIAE BOMAIN.

doit mourir debout , » dit-il. Ces mots le peignent tout entier. Il laissa à Rome de magnifiques monuments : le temple de la Paix, relevé par lui, le Golisée (1) et une bibliothèque.

Titas (79-81 ).

Titus (Titus tlaviusSabinus Vespasianus), fils aîné de Vcspasien, lui succéda. Élevé à la cour de Nérort, il s'était plus fait remarquer encore par ses débauchés et ses violences , i^ue par ises exploits eil Judée. Le trône en tit un autre homme; il changea tout à coup, et mérita par sa douceuf, par ses manières affables et par son bon gouverilement d'ôtre appelé les délices du penre hth main. Il avait pris une telle habitude de faire du bien qu'il dit un soir cette belle parole, en s'apercevant qu*il n'avait rencontré ce jour-là aucune occasion d'obliger quelqu'un: a Mes amis, j^ai perdu ma journée! » Mais il ne régna que vingt-sept mois , et qui sait s'il eût persévéré longtemps dans ces heureuses dispositions? Une simple réflexion montre d'ailleurs quelle distance immense il y a entre les meilleurs des païens et les chrétiens ordinaires. Si un prince chlrétien , pour son propre amusement et celui de sa cour, faisait égorger des hommes par d'autres hommes ou par des botes féroces, on le regarderait comme un monstre. Titus faisait tout cela, lorsqu'il donnait des combats de gladiateurs ou qu'il forçait des milliers de prisonniers de guerre à s'égorger les uns les feutres, en l 'honneur de son père et de son frère. Et non-seulement son siècle ne lui en a

(1) Le Cotisée, Colosseum, était un immense et magnifique ampliilliéôtre oii «e livraient les combats de gladiateurs ; c'est là que péjirent des miJJiers de chrétiens. Son nom lui vient d'une statue colossale àe Néron qui se trouvait près de là.

LES DOUZE GÉSaBS. 83

point fait un crime , mais ce fut peut-être une des raisons pour le surnommer les délices du genre humain; tant il y a loin de Tidée que se formaient de TJiunianîiié et de la vertu les païens les plus parfaits, à Tidée qu'en a le vulgaire chrétien (1).

KrapUon dcNVésàve.

De nombreux fléaux désolèrent Tempire pendant le règne si court de Titus : un incendie , qui dura trois jours, dévasta une partie de Rome, consuma le Capilole, le Panthéon, le théâtre de Pompée et la biblio- Uiéque palatine ; il survint ensuite une peste qui dépeupla ritalie. Enfin le Vésuve, qu'on regardait comme an volcan éteint, s'ouvrit tout à coup au milieu de terribles tremblements de terre, et ensevelit sous des masses de cendres et de laves Stables, Herculanum et Pompéi (i), Pline le Naturaliste, dit aussi TÂncien, qui commandait alors la flotte romaine de Misène , à cinq lieues du Vésuve , voulut voir de près l'éruption du volcan. U se mit en marche, et s'avança vers le danger que tout le monde fuyait. Sa curiosité de savant lui coûta cher: il fîit étouffé par les cendres et par l'odeur sulfureuse dont l'air était infecté. Pline le Jeune , son neveu , quoique resté à Misène , faillit aussi périr. Sa mère voulait qu'il prit la fuite : a Moi , dit-elle , infirme et âgée comme je suis , je me trouverai heureuse de mourir, pourvu que je te sache en sûreté. » Mais ce généreux fils lui déclara qu'il était résolu de périr ou de se

(l)Rohrbacher, Bist. univers, de V Eglise.

(2) On a découvert les ruines d'Herculanum , en 1733, à 23 mètres au-dessous de la ville de Portici ; les ruines de Poropéi sont fouillées depuis 1755. La découverte de ces deux villes antiques ont fourni de précieux reaseignements sur les arts et Viadw^Vâ^^*^^ «ûkX«d&.

84 BMPIBB ROMAIN.

sauver avec elle. Ils furent plusieurs fois couverts de cendres, et la flamme vint jusque près du lieu où ils étaient ; mais elle ne les atteignit pas (79).

Titus s'appliqua à réparer tous ces désastres ; il secourut les victimes de Tincendie, de la peste, des tremblements de terre et deTéruption du Vésuve. Mais il fut prématurément enlevé à Tamour de ses sujets; on soupçonna Domitien,' son frère, de. l'avoir empoisonné.

Domitien (81-06).

DoMiTïBN (Titus Flavius Sabinus) s'était montré de bonne heure lAche, envieux et méchant. Il sembla pourtant vouloir démentir d'abord les craintes que faisait concevoir son avènement. Il rendit une justice rigoureuse, réprima la licence des spectacles et le dérèglement des mœurs, refusa les legs encouragés par ses prédécesseurs, adoucit le sort des provinces, et rétablit la bibliothèque qui venait d'être brûlée. Mais cette imitation de Titus le lassa bientôt; il prit peu à peu pour modèles Tibère et Néron, dont il surpassa les cruautés. Les délateurs reparurent, et avec eux les exécutions sanglantes. Domitien fit périr son cousin Sabinus, parce que le crieur qui devait le proclamer consul l'avait nommé par mégarde empereur ; Helvidius Priscus, fils de celui qui avait péri sous Vespasien, Céréalis et cent autres personnages illustres, furent condamnés à mort, et Domitien confisqua leurs biens. Il prodigua aux soldats les faveurs et Por, rassasia le peuple de jeux et de congiaires (1), créa de nouveaux impôts, et intenta des accusations de lèse-majestéà tous les riches dont il convoitait la fortune. Les chrétiens ne pouvaient rester tranquilles sous un pa-

(1) Le congiaire était pour le peuple ce que le donativnm était pour les soklatâ.

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