‹ Nouveau cours d'histoire universelle v.3,pt.1, 1860Chapitre 15 sur 45 · DESPOTISME MILITAIBE. — PRINCES SYRIENS · texte numérisé non relu

DESPOTISME MILITAIBE. — PRINCES SYRIENS

OU le petit Tibère : ainsi les, Romains jouaient avec leur infamie (1).

AlexaDdre-SéTè^(22a«a36). ;

Enfin parut un empereur estimali)^. âlexânbre-Sevèrë (Marcus Aurelius Alexianus), que leiprétoriens élevèrent sur le trône, était cousin germain cPHéliogabale, qui l'avaitadopté. Il n'avaitalors que treize ans; sa grand'mère JuliaMœsa, et sa mère Mammée, qui était peutr-être chrétienne, l'avaient élevé sévèrement. Le sénat approuva Pélection des prétoriens; MœsaetMammée gouvernèrent d'abord sous le nom du jeune prince. Alexandre-Sévère avait d'excellentes dispositions à la vertu. Il avait un grand amour pour Ja justice, et aimait à répéter cette maxime chrétienne : a Ne faites point aux autres ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse à vous-même. » Il laissa la liberté aux chrétiens; il les admit même aux honneurs^ et leur permit d'élever des temples au vrai Dieu. 11 partageait son temps entre l'étude, le gouvernement, la justice, la littérature, la philosophie et les spectacles. Plein d'estime pour la morale du christianisme , il avait fait placer dans sa chapelle domestique, ou laraire^ Jésus-Christ, dont on voyait l'image à côté de celles d'Abraham, d'Orphée, et d'un imposteur du premier siècle, nommé Apollonius de Tyane. Il eut soin de s'entourer d'hommes estimables et de jurisconsultes éclairés; le jurisconsulte Vlpien était son préfet du prétoire et son principal ministre; l'historien Dion Cassiits jouissait de sa faveur, et fut envoyé en Pannonie comme gouverneur. Mais Alexandre-Sévère manquait de l'énergie nécessaire pour la réforme des abus; il ne put toujours contenir les prétoriens, qui massacrèrent leur préfet

(j; Chaleaabriaaâ.

mST, DO MOrEU'AGK, "^

110 ËMPlUi: liOMAliN.

Ulpien S0U8 ses yeux; il devint lui-même plus lard victime de ces soldats indisciplinables.

Nouveau royaume de Perte.

Un grand événement s'accomplit pendant le règne d'Alexandre-Sévère. Les Parthes, d'abord si redoutables aux Romains, s'étaient affaiblis peu à peu par leurs discordes intestines , et Rome avait pu leur imposer plusieurs rois (1). Les descendants des anciens Perses, opprimés par la dynastie des Arsacides depuis l'an 255 avant l'ère chrétienne , trouvèrent enfm une occasion fin vorable pour recouvrer leur indépendance : conduits par A^TAX£aG£ ou Ardechir-Babekan y lils de Sassan, qui prétendait descendre de leurs anciei\s rois, iU sa soulevèrent, renversèrent Artaban IV, et le second roysiume persan fut fondé. Trois autres branches d'Arsacidea continuèrent à régner, l'une en Bactriane , l'autre en Arménie, la troisième chez les Scythes et chez d'autres peuplades du nord (2:26).

Cette révolution amena Alexandre-Sévère en Orient. A peine affermi sur le trône, Artaxerce avait envahi la Syrie. L'expédition de Sévère eut peu d'éclat, mais il parvint à maintenir intacte la frontière de rem{ûre, et il revint décoré du titre de Parthique. Les Germains, pendant ce temps, franchirent le Rhin. Il courut à leur rencontre, et jeta un pont sur le fleuve à Mayence, pour les poursuivre jusque dans leur pays. Mais , au moment même où l'armée se préparait à le franchir^ on apprit qu'il venait d'acheter la paix. Ce fut son arrêt de mort.

(1) Depuis Partbamaspaie , imposé par Trajan, les Parthes avaieiit

eu pour rois, en 114, Chosroès ^ qui avait été détrôné; en 121 Yold-

gèse 11; en 150, Vologèse III; m 192, Ardawan; en 207, Pacorus; en

S09, Vologèse 1\; en 216, ÂrtabanlV,<tii ^\\\^\vi\V,V«aiv\\«id«& Parthes.

DESPOTISME MTLKTAIBE. — ANARCHIE. 111

Les soldats étaient depuis longtemps irrités de l'exacte discipline qu'il leur imposait ; ils étaient aussi indignés de l'ascendant qu'il laissait prendre à sa mère dans les affaires ; excités par un Thrace nommé Maximin, ils s'écrièrent que l'empereur était avili, et massacrèrent Alexandre avec sa mère (235).

S II. — Anarchie militaire ( 252-^68 ).

Maximin (23£r238).

Maximin (Caïus Julius Verus Maximinus) , était né en Thrace , mais il était Goth d'origine , et avait été pîttre dans sa jeunesse. C'était un géant; on dit qu'il avait huit pieds de haut. D'un bras, il traînait un char; il déracinait des arbres, terrassait à lui seul dix hommes, brisait d'un coup de pied la jambe d'un cheval, broyait des cailloux entre ses doigts , mangeait quarante livres de viande par jour, et buvait vingt-quatre pintes de vin. C'était la force brutale qui montait sur le trône avec lui. Il inaugura dignement cette période d'anarchie remplie de guerres civiles , d'invasions de barbares , de massacres d'empereurs tumultuairement nommés par les armées. Maximin n'osa point paraître à Rome. Des bords du Rhin il décréta la mort de tous les amis d'Alexandre , fit périr d'un seul coup quatre mille personnes accusées de conspiration, jeta, sur un soupçon, mille autres personnes aux bêtes , après les avoir fait enfermer dans des peaux d'animaux fraîchement tués, et ordonna contre les chrétiens une sixième persécution , dans laquelle furent enveloppés tous les païens dont il convoitait la richesse ou dont il craignait la puissance. L'empire était pour lui un pays conquis ; il pillait les temples et les yilles, et battait monnaie avec leurs di^xjoL.^tcv^Tkr

■n EMPIRE BOMAlh'.

ira toutefois du courage coiilrc les Barbares ; il bnttît les Sarmates, les Germains et les Daccs, et ravagea la Germanie.

Mais la gloire militaire ne pouvait faire supporter ss tyrannie. Des révoltes éclatèrent de toutes parts. L'Afrique nomma empereurs, malgré leur répugnance, le proconsul Go BDiEx [■"■, et son flis Gordien II , qui descendaient des Gracques et de Trajan; le vieux Gordien avait' quatre-vingts ans. Capellieii , qui gouvernait la Niimidie au nom tic Maximin, battit le fils au bout de quelques semaines et le fit tuer ; le vieux Gordien , en apprenant ce funeste événement, s'étrangla lui-même à Cartbage. Le séuat, qui avait déclaré Maximin ennemi public , et qui le voyait approcher de l'Ilalie à marches forcées, hâta de proclamer empereurs PupiES Maxime et Cteusi' Balbin, pendant que le peuple proclamait César jeune fils de Gordien II , Agé de treize ans. Maximin , en. apprenant ces nouvelles, entra dans un violent accès di fureur; il couriiit çà et là, déchirant ses habits el ï* roulant par terre. Arrêté un instant derrière les Alpeji par la fonte des neiges , il les franchit, et vint mettre li siège devant Aquilée. Lu, il voulut sévir contre propres troupes, qu'il accusait de la lenteur du sif les légions se soulevèrent, regorgèrent, et sa tôtc sas* glante, envoyée à Home, alla rassurer te sénat. Qiuin^ on apprit sa mort, le peuple, qui était au cirque, si leva d'un mouvement unanime et courut aux temple

mdre grâces aux dieux (238 ].

Gordien 111} ( iî&-iii

Les deux empereurs élus par le sénat furent univcN sellement reconnus, mais les prétoriens, bientôt 11 d'une autorité qui mettait un frein k leur licencfreN

^^^H DESPOTISME miLlTAlMË. — ANARCHIF.. 113

Pl^^cès.les massacvi^rent au bout de deux mois. Après la mort de Maxime et de Balbin , les prétoriens xeconnurent comme empereur le jeune Gordien III 1 (MarcuB Antonius Pius),et l'empire respira. Gordien était beau, instruit et brave. Malgré sa jeunesse {il I n'avait que treize ans lorsqu'il fui proclamûj , il gou- • Tema avec autant de prudence que de fermeté , grâce aux conseils de son beau-père et ministre Mésithée, i qui avait été son précepteur, et qui mérita d'être appelé I le gardien de la république. Gordien battit en personne lesGoths, qui avaient envahi laMésieetla Tbcace, et Sapor, roi de Perses, à qui il enleva Carrhes et SUibe, sprès que son lieutenant Aurélien eût battu à Mayenco , en 341 , les Francs, dont le nom apparaît alors pour la première fois dans l'histoire. L'assassinat mit fin k ce règne, qui promettait desjours glorieux à l'empire. Phi- UPPB l'Arabe, préfetdu prétoire, déjà soupçonné d'avoir I empoisonné Mésithée , excita, parune disette simulée, ) le mécontentement des soldats qui étaient en Mésopota- I mie; les soldats massacrèrent Gordien, et Philippe fut proclamé empereur.

Philippe l'Arabe ( 344-349 ),

Philippe ( Marcus JuUus) , surnommé l'Arabe à cause ! du lieu de sa naissance , était iils d'un ancien chef de I brigands ; ses talents militaires l'avaient fait monter peu , àpea jusqu'à la dignité de préfet du prétoire. Il était chrétien, mais il déshonorait la religion par sa conduite. Cependant le christianisme jouit d'une certaine , tranquillité sous son règne, et l'on cite unirait qui montre que la foi conservait de l'empire sur son àme. SetrouvantàAntioche, l'année mclme de son avènement, y ^^fl9X tie P^ues, il se présenta tt l'assemblée des iidè-

114 EMPIBE ROMAIN.

les. Mais l'évoque, saint Babylas, Tarrôta à la porte de Téglise, et lui reprocha le meurtre de Gordien. Il finit en lui déclarant qu'il était indigne de participer aux saints mystères , jusqu'à ce qu'il eût expié son péché par la pénitence. Philippe se soumit, et fut plus tard réconcilié avec l'Église. Il termina la guerre contre les Pei*ses en leur cédant la Mésopotamie , revint à Rome, et ne s'occupa plus qu'à réprimer les Barbares du Danube , les Goths et les Carpes, qu'il vainquit en Dacie (245). L'an 247, qui était l'an 1000 de Rome, il célébra avec une grande magnificence la fête dix fois sé-^ culaire de la fondation de cette ville. Ces féftes ftirent presque immédiatement suivies de troubles et d'usurpations qui purent faire croire à la chute prochaine dé l'empire. Istapien , qui se disait parent d'Alexandre-Sévère, prit la pourpre en Syrie, et fut tué; Marinus ftit proclariié par les légions de Mésie ; Dèce , envoyé contre lui , le défit, puis se fit proclamer empereur à sa place, et Philippe périt à Vérone , égorgé par ses propres soldats, après avoir été vaincu ( 249).

Dèce (249-251).

DÈCE (Cnéus Massius Quintus Trajanus) signala son règne par une violente persécution contre les chrétiens: ce fut la septième persécution générale, qui fit une multitude innombrable de victimes, dont les plus illus^ très sont saint Babylas d'Antioche, saint Saturhin de Toulouse, saint Martial de Limoges, saint Cyrille, jeuttô enfant de Césarée , sainte Agathe, vierge de Sicile. Efl même temps, d'autres fléaux désolaient l'empire : une peste violente ravagea les principales villes ; les Vislgoths, vainqueurs des Bastames, les Slaves, les Vandales, leà AïainSf franchirent le Danube , «>acc«i%feY^wV VVvSWç.^^

DESPOTlS^tE MILITAIRE. — ANARCHIE. (15

lis, dont ils firent péf^ cent mille habitants, et donnèrent la pourpre à un frèie de Philippe, nommé Prisons, qui avait imploré leur ànï*ié. Dêce marcha contre eux et remporta d'abord quelques avantages , mais il s'engagea imprudemment dans les i^arais qui avoisitient le Danube , et périt là sous les coups Aes Barbares avec plusieurs de ses fils et la plus grande partie de son armée (251).

IJne horrible anarchie suivit la mort de l^ce (251-283) . Gallus, proclamé empereur par l'armée, a(Aietala paix des Biarbares, et vint dans Rome se livrer au plaisir. Il tUa Hostilîen, fils de Dèce, que le sénat lui avait xlonné poiii* collègue, et s'associa son iSls Volusien. Les G^ths avaient reparu; son général Émiîîen lies battit et prit^ pourpre; les soldats de Galltts se îévoltèi*ent et le massacrèrent en Ombrie. Émilien éprouva le mênae sort au bout de quelques mois (253).

Tatérlen (2Sd-259).

A la mort de Gallus, les légiohs de Gaule et de Germanie proclamèrent Valérien (Publius Licinius Valerianus), né d'une famille illustre, et alors âgé de plus de soixante ans. Le noUvel empereur prit pour collègue son fils Galuen, et parut destiné j par ses talents militaires, à relever la gloite de l'empire. Mais, après avoir ménagé les chrétiens, il lança contre eux un éditde persécution générale (251), et, depuis ce moment, son règne ne fut plus qu'une suite de malheurs. C'est alors que furent martyrisés le pape saint Sixte, son diacre saint Laurent, et saint Gyprien, évéque de Carthage. Pendant que Valérien peinsécutait ainsi les meilleurs de ses sujets , la peste ravageait les grandes villes de l'empire , et les Barbares envahissaient lés îrt>nWfeTe^, Vj»^^\:^ts.t,'$>

116 EMPIRE BOMAIN.

traversèrent la Gaule et allèrent pWer l'Espagne, malgré les efforts de Postumus. L'habiteté de Claude , d'AuRÉ- LiEN et de Probus, qui commandaient les légions romaines, ne put empêcher les Allemands de pénétrer jusqu'à Ravenne, ni les Goths d'aller piller Trébisonde dans l'Asie Mineure. Sapor, allié à Odénaty roi de Palmyre, s'emparait dXm autre côté de Nisibe, de Carrhes et d'Antioche, ôi il venait de mettre le siège devant Édesse, lorsque Valérien parut enfin pour le repousser. Les Romains furent vaincus, et Valérien, attiré à une conférence , fut fait prisonnier. Sapor le traîna partout, chargé de chaînes, pour le rendre témoin de la dévastation des plus fertiles contrées de ses États. Quand il voulait monter à cheval, il faisait un signe, et l'empereur romain courbait le dos, afin que ses épaules, recouvertes de la pourpre, servissent de marche-pied à l'orgueilleux Sapor. Ce supplice dura trois ans. Lorsque Valérien mourut, on écorchason cadavre, on tanna sa peau, on la teignit en rouge, et elle resta suspendue pendant plusieurs siècles aux voûtes du principal temple de la Perse. Telle fut la fin de l'un des plus cruels perse* cuteurs de l'Église.

Les trente tyrans (269-268).

Gallien (Publius Licinius Egnatius Gallianus) , en apprenant le désastre de son père, avait dit froidement : (( Je savais que mon père était homme ; » et , s'inquiétant peu de le venger, de défendre l'empire, il se livra aux plaisirs, laissant les Isauriens renouveler les guerres des pirates, les esclaves ravager la Sicile, les Goths saccager la Grèce et l'Asie Mineure, et Sapor envahir la Cilicie et la Cappadoce. L'indignité d'une telle conduite révolta les généraux romains ; pendant huit ans, il y en eut une

SSSPOTIS

^ MILITAIRE. — ANABCHIE. 117

Vingtaine qui priren,^^ ^ impériale; ils sont

connus dans l'histoire s ^^ ^^^ ^^ ^^^^^ ^^^^^„^^

Quelques-uns mentaient &..g„^r, comme Saturninus, qui disait à ses soldats : « CS^arades, vous perdez un bon général et vous faites un m^^able empereur ». La . Gaule resta quatorze ans indépens^te sous une suite d'empereurs dont les plus connus ^^^ Postumus,le vaiqueur des Francs, et Tétricus, qui th^^ gj^ ^^^^

Mais le plus célèbre de ces usurpatem f^^. qj^j^^^ roi de Palmyre, que Gallien finit par associerai î^jj^pj^^ Palmyre ou Tadmor ( la ville des palmiers), sit^^ ^^^^ une oasis de Syrie, entre Damas et PEuphrate , avj^ ^^^ fondée par Salomon, détruite par Nabuchodonosoii^ Grand , et bientôt reconstruite. C'était une ville importante du temps des Séleucides. Les Romains, pour ne pas la pousser dans l'alliance des Parthes , lui avaient laissé une sorte de liberté. Odénat, chef d'une tribu arabe de la Palmyrène et sénateur de Palmyre , s'était rendu à peu près indépendant sous le règne de Valérieri. Après le désastre de ce prince , il fît la guerre aux Perses, qui refusaient son alliance, et se distingua contre les Scythes et les Goths. Zénobie, fîUe d'un prince arabe de Mésopotamie , qu'il avait épousée , partagea ses fatigues et sa gloire ; mais quand Odénat périt , assassiné par un de ses neveux, elle fut soupçonnée d'avoir dirigé la main du meurtrier. Elle prit le titre de reine de rOrient; sa domination s'étendait de l'Euphrate à la Méditerranée, et depuis les déserts de l'Arabie jusqu'au centre de l'Asie Mineure (267). Gallien lui fit faire la guerre sans succès. Un danger plus pressant le menaçait en Italie. Auréolus , qui avait été pâtre dans sa jeunesse, venait d'être proclamé empereur par ses soldats et de s'emparer de Milan. La colère arracha Gal- Jieu à sa torpeur; il marcha contre Kutfeo\w'& ,^\.\^^-

118 EMPIRE ROMV"'

fohma dans Milan; mais on éi/''^'^^ ^^ ^^' î «^« P^^ prcs officiers le massacrèro/^ ^^*

s m. Les pD^ '"y"«"* ( '"-"»* )• Clau/"^' le Gothique (368-870).

L'empire n^ besoin d'une main ferme : Zénobie possédait ÏQs/^^^^^^^ orientales , Tétricus était nfiattre de la G^^ ^* ^^ TEspagne , Auréolus régnait sur l'Illyrio ,^^ légions firent un bon choix, en proclamant ^ii.^reur Claude II, né en Dalmatie, qui avait été gouverjyOr de riUyrio sous Valérien, et qui était resté fidèle à Gallien. Claude se débarrassa d'abord d'Âuréolus; puis, aimant mieux défendre l'empire contre les Barbares que de vaincre ses compétiteurs, il marcha contre les Allemands, qu'il repoussa, et contre les Goths , qu'il délit dans une grande bataille près de Naïssus (Nissa en Sor\ie ), ville où Constantin le Grand devait naître cinq ans plustanl. Malheureusement, la peste l'enleva l'année suivante à Sirmium , au milieu des préparatifs qu'il faisait (H>ur mériter mieux encore son surnom de Gothique

XvunMteii ;i7u>S75).

Avni^iiK!! (Luoius Domitius Aurélianus) , que Claude dt^Nigim |H>ur son succossour« était né à Sirmium , en II- )>rifio««(^iu p^ys^n qui iXTupait une petite ferme dans h** totw« dWwn^ius * rioho sénateur romain. U justifia )l^ ch\ù\ (k^ OUuikv U s^" dèbamssa des Goths en re- I^M^Hl U IW^itit^rif' nMuaine ^u Danube, et en s'assumut Knir alli^m^ ivir la eiMicession qu*il leur fit des $t^n\\i jàttHVs au delÀ du Dtniw« Il vainquit ensuite les

DESPOTISME \^^^^^ pfttNCES ILLYBIENS. 119

Ville de Rome, et sonfc. ^^j^,.^ ^^^.^ ^^ l,^^pi,^ ^^ combattant Tétricus et £. j^ ^^ comment?a par Zénobie. Cette prmcesse rappek g^^j^^^i^ s^5 talents et tmt la splendeur de sa éC, . ^jj^ j^ surpassait de beaucoup par la pureté de ses rh (^^ ^n^ ^5^^^^,^^ 1^^ lettres, et avait auprès d'elle un céiv^^ ^^^^^^^^ ^^^^^ ÊJim^in , qui fut son premier mmish çy^^^ ^^ langue nâtttîôlle , qui était la Syrienne , elle p^w^^ yéffvptien te grec et le latin. Elle étudia rhistoirOj et ^ ^^^^j^^ ^^^^ pttsé un abrégé. Vaincue dans deux combatsv ^^tioche et à Emêse , elle se renferma dans Palmyrfe ^ qu'elle défendit avec le plus grand courage. A la fin, les Xy^ç,^ commençant à manquer , elle en sortit pour aller ci*^ cher elle-même du secours cbez les Perses. Aurélien, averti de sa fuite, envoya après elle un détachement de cavalerie. Elle allait passer l'Euphrate, et déjà elle était dans le bateau, lorsque les Romains l'atteignirent. On l'amena à Auréllen, qui lui demanda d'un air irrité comment elle avait osé résister aux empereurs : « Je vous reconnais pour empereur, vous qui savez vaincre , répondit-elle; mais Gallien et ses pareils ne m'ont Jamais paru dignes de ce nom. » La splendeur de Palmyre tomba avec Zénobie. Aurélien réduisit la Palmyrène en province romaine, Dioclétien orna Palmyre de quelques nouveaux édifices, mais, à partir de ce temps, cette ville alla toujours en déclinant : aujourd'hui elle n'offre plus que des ruines, mais des ruines qui frappent d'admiration le voyageur, surtout celles d'un vaste temple du Soleil, dans la cour duquel habitent, sous des huttes de terre, une trentaine de familles de paysans arabes.

Aurélien n'eut pas besoin de vaincre Tétricus. Celui-ci, désespérant de pouvoir résister, et fatigué d'une grandi; On croit qu'elle professait le judaïsme.

120 BMPIBB BOl

deur qui ne lui avait valu qu/' f ""î'^'' '^, rendit de lui-même à-Aurélien, qui 1?^^''^ '* ^^^' ^V""' ''''''^t? même un commandem^P^^*^"* ^" ^*^''^- ^^"^^'^^ passa aussi tranquillem/^*^ ^^^^ ^^ '^' J^"^^ ^ ^'^""^^ près de Rome , aprè^^^ ^«^^^ ' *^^^ Tétricus, dans le triomphe d'AuréT (^)- ^® P""^® P^^^^^* continuer de régner glori/^"^^"* ' *' *^^^^* '^^^ victoires par une excessive séj^^' ®* P^^ "'^^ persécution contre les çjjy^^jgj^gj/ neuvième persécution générale (274), qui

fut suivP^^ P^^"^ ^^ châtiment divin. C'est daos cette p^j.g^/uon qu'une légion tout entière, la Thébéenne, ^Q Jûandée par saint Maurice, se laissa égorger dans le (ais, plutôt que de sacrifier aux faux dieux. Aurélien (ongeait k venger les longues injures que les Perses avaient faites à l'empire, et il marchait contre eux, lorsque Mnesthée, l'un de ses secrétaires, accusé de concussion, et redoutant la sévérité de l'empereur, l'assassina pour échapper aux rigueurs de sa justice (275).

Tacite (276).

Un fait unique dans l'histoire suivit la mort d'Aurélien : pendant huit mois, le sénat et l'armée se renvoyèrent l'élection d'un nouvel empereur. Le sénat choisit enfin l'un de ses membres, Tacite (Marcus ClaudiusTacitus), qui descendait de l'historien du môme nom. C'était un vieillard de soixante-quinze ans, assez énergique encore pour faire renaître les anciennes lois et pour marcher contre les Barbares. Son activité l'épuisa vite; il mourut, ou fut tué peuWtre, près de Tyane, au bout d'un règne trop court pour le bien de l'empire.

(1) Aurélien fut moins clément à l'égard de Longin; i*auteur du traité du Sublime, soupçonné d'avoir écrit une lettre offensante envoyéç par zénoUe à Aurélien, fut mis k inott,

™«CKi „.„„

^^^^urcusement le success^"''

I {fHarcus Aurélîus Valérius), né» -j. . .

lien, d'une famille obscure , maic. " ^'^'^ Phobvs comme général dès le temps de Vaï^ ™.'""'.'= ^»réles légions, il soumît son élection au "s '* '''stin^ué l'administration civile des provinces, riiF'^™'^ par que le pouvoir militaire. On put un momft' remit aux plus beaux jours de la république. Lcs"Fant mières années du règne de Probus Turent une ste guerres el de victoires : il refoula au delà du Neck^ de l'Elbe les Francs, les Burgondes, les Sarmates etK . Lygiens, auxquels il imposa un tribut annuel ; il réprima les Isauriens de l'Asie Mineure et les Blenmiyes d'É- ■, gypte. Ce n'était pas assez : inquiet pour l'avenir, il voulut laisser à l'empire un plan de défense. Un mur do deux cents milles de longueur joignit le Rhin au Danube pour opposer une barrière aux invasions des Germains; seize mille Barbares distribués dans les troupes romaines rendirent quelque vigueur aux légions énervées ; des peuplades entières furent transportées sur des rivages nouveaux, les Vandales dans la Grande-Bretagne, les Bastarnes en Thrace , les Gépides sur le Danube. Enfta des jeux d'une magnificence extraordinaire célébrèrent les succès de l'empereur, et Rome put se dire encore la maîtresse de l'univers (1).

II rfstait à réprimer les Perses, qui avaient désolé les plus belles provinces de l'Orient. Sapor J" était raortaprès un règne de trente-trois ans; après lui, fforinisrfasI",Faroacou BoAraml" n'avaient fait que passer; Ka^-nne II venait de leur succéder (2ÏC). Probus prit le chemin de l'O-

Beoâu, MUt. romaine^

E«^J8f les montagnes de TArmé-

., .^j^Q^C lui envoya des ambassadeurs.

rient, et aéj ç^J^ arrivèrent, ils trouvèrent Pro-

nie, lorsque Vet prenant son repas, qui consistait

Quand les ^JJJpois et un morceau de porc salé. « Je

bus assisaf^ jgyj. ^jj|..ji . ^j|.gg ^ ^Q^j.g maître que si,

en un^^ée , il ne s'engage à réparer les torts faitfc sui^ins , il verra dans un mois toutes les camp&ife son royaume aussi rases et aussi mies que l'est

yxête. » En môme temps il leur montra sa tête chatkvts, ymv laquelle il n'y avait pas un cheveu. Il ajouta (]jbe s'ils avaient besoin de manger, ils pouvaient prends part à son repas ; sinon qu'ils eussent à sortir du càmp sur rheure , parce que leur commission était remplie. Le roi de Perse, effrayé d'un tel langage, qui rappelle celui de Curius Dentatus et de Fabricius, vint lui-môme au camp des Romains, et se hâta de conclure la paix.

Trois ambitieux obscurs troublèrent un moment la li^^nquillité intérieure de l'empire; Probus se débarrassa facilement de ces compétiteurs , et s'appliqua tout entier à la réforme de l'administration et à l'affermisse^ ment de la discipline militaire. Il employait l'armée à des travaux utiles : « L'État, disait-il , pourra bientôt se passer de soldats. » Cette parole était imprudente ; l'armée était déjà mécontente de la sévérité de Probus, elle ne voulut pas s'exposer à devenir inutile ; les soldats qu'il faisait travailler à dessécher un marais près de Sirnium, se soulevèrent contre lui, et le massacrèrent. Pénétrés tout à coup de repentir, en présence môme du cadavre de l'empereur, ils lui élevèrent un magnifrque tombeau avec cette inscription : « Ici est enseveli Probus , le meilleur des empereurs, le vainqueur des tyrans et de toutes les nations barbares » . L'épitaphe ne disait que la vérité (282).

DESPOTISME MILITAIRE. — PfiINCES ILLYBIENS. 12^

Carus, Caria et Numériea (282-284).

Carus (Marcus Aurélius), préfet du prétoire, fut proclamé empereur par les soldats ; il s'associa ses deux fils Carin et NuMÉMEN , sous le titre de Césars. Il promettait d'être un digne successeur de Probus ; il avait défait les Sarmates en Illyrie, et enlevé aux Perses la Mésopotamie, avec les villes de Séleucie et de Ctésiphon , lorsqu'il fut frappé de la foudre dans sa tente ; d'autres disent qu'il fut assassiné par Arrius Aper, préfet du prétoire (25 décembre 283). Ses ûls furent aussitôt reconnus empereurs. Numérien conclut la paix avec les Perses; il ramenait son armée vers le Bosphore, lorsqu'il ftit tué, au bout de neuf mois de règne, par Arrius Aper, qui était son beau* père (284). Le chef des gardes du palais, Dioclétien, se trouvait là l'épée à la main, lorsqu'on découvrît le crime. Une druidesse (1) lui âvaitj promis qu'il revêtirait la pourpre impériale quand il aurait tué le sanglier (en latin, aper) ; il se jeta sur le meurtrier et le mit à mort; les soldats le proclamèrent empereur. Cependant Carin régnait sur l'Italie^, l'Illyrie j l'Afrique , la Gaule et l'Espagne. Il se rendit odieux par ses débauches et ses cruautés. Il gagna une bataille près de Margus, en Mésie, sur Dioclétien , mais, après la victoire, il fut assassiné par ses propres soldats, et Dioclétien resta seul maître de l'empire (284).

(1) Prêtresse chez les Gaulois.

J24 EUPTBE BOMAIH,

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