‹ Nouveau cours d'histoire universelle v.3,pt.1, 1860Chapitre 16 sur 45 · DIOCLÉTIEN ET LA MONARCHIE IMPÉRIALE · texte numérisé non relu

DIOCLÉTIEN ET LA MONARCHIE IMPÉRIALE

Trois divisions : Règne de Dioclétien et la Tétrarchie ; le Christianisme; rHeptarchic.

§ I", — Régne de Dioclétien et la Tétrarchie (284-305).

Dioclélien seul (284-280}.

Dioclétien (Caïus Valérius Aurélius), né à Salone, en Dalmatie, d'une famille obscure, avait commencé par être simple soldat; il se distingua sous Aurélien et sous Probus, devint consul et commandant des gardes du palais , et suivit Carus dans son expédition contre les Perses. Vengeur du meurtre de Numérien , il fut proclamé empereur, et resta seul maître de l'empire après l'assassinat de Garin. Mais, dès qu'il vit la couronne affermie sur sa tôte, il la trouva trop lourde à porter. La tyrannie des gouverneurs de la Gaule avait fait révolter les Bagaudes (1); les Allemands franchissaient le Danube et ravageaient la Rhétie, des pirates Saxons pillaient les côtes de la Bretagne et de la Gaule , et des Francs allaient jusqu'en Sicile ravager Syracuse, pendant que les Perses continuaient de menacer les frontières orientales. Pour parer à tant de périls, Dioclétien s'adjoignit pour collègue un de ses anciens compagnons d'armes ,

(1) Le nom de Bagaudes^ de bagad, attroupement, en langue galliqiie , fut donné à des paysans gaulois qui s^étaient révoltés contre Rome vers 270; comprimée une première fols, la révolte venait de renalfre à cause des exactions comm\&es au nom (V^ Cj«x\w.

HOIfABCfllE IMPÉBIALE. — DtOCLËTlKK. Hà

H(MarcuB Aurélius Valérianus),qui prit le sui'nom A'Bfircule, tandis que lui-même portait celui de Jupter (286).

Dioelélien eI Uuimien Hercale (138-333).

Diocléticn, tout en conservant la haute influence sur tout l'empire, se réserva l'Orient, et confia l'Occident à \ Maximien. Celui-ci s'occupa d'abord des Bagaudes, qu'il vainquit dans une première bataille, et qu'il écrasa dans un camp retranché près du confluent de la Seine et de la Marne (Saint-Maur-des-Fossés); il chassa ensuite des Gaules les Allemands, les Francs et les Burgondes, mais il ne put réussir à réprimer une révolte de l'un de ses lieutenants, Carausitis, qui prit la pourpre en Grande-Bretagne [287) et s'y maintint pendant six ans, jusqu'à ce qu'il fut assassiné par Afiectus, qui fut lui-même tué au bout de trois ans par Constance Chlore (396). Pendant ce temps, Dioclétien reprenait aux Perses la Mésopotamie. Des lors Rome, tout en continuant d'être la capitale de l'empire , cessa d'être la résidence habituelle des empereurs : Dioclétien choisit Nicomédie pour résidence, et Maxi mien-Hercule Milan, L'unité impériale s'affaiblissait; Dieu préparait déjà Rome Ji n'avoir plus pour souverain que le Vicaire de son Fils Jésus-Christ.

Lu Téliarchie [SR1-3D&].

Les succès obtenus par les deux Augustes n'arrêtaient ni les attaques du dehors, ni les révoltes de l'intérieur. Dioclétien sentit le besoin de subdiviser le commandement; mais, Adèle à son plan de politique, il ne voulut mettre à la tôle des armées que des chefs personnelle- I ffi^ itki&reesés h la pros|>érité de VÉ.UI. CAuu^ toi.-

136 EMPIBE BOMAlN.

guste eut donc sous ses ordres un César, qui était comme son lieutenant impérial, qui était héritier présomptif de Tempire, et qui devait s'assurer de même un héritier par adoption. Dioclétien restait d'ailleurs le chef suprême de l'État et maintenait l'unité de l'empire et l'union des princes. Les ordonnances rendues par chaque prince étaient valables dans les provinces dé ses collègues : on les publiait au nom des quatre princes. Dans ce nouveau partage, Dioclétien garda l'Orient^ Maximien, l'Italie, l'Afrique et les îles. Galère (Caïus GaleriUs Yalerius Maximianus), originaire de Dacie et berger dans sa jeunesse, mais devenu le gendre de Dioclétien » fiit chargé de la Thrace et des provinces illyriennes, et fixa sa résidence à Sirmium ; Constangb Ghlobe ou le Pûlê » fils d'une nièce de Claude II, eut la Gaule, l'Espagne, la Mauritanie et la Bretagne, et fit de Trêves sa capitale. Ainsi fut constituée ce que les historiens appellent la tétrarchie (292).

La constitution de l'empire devint alors complètement monarchique; les dernières formes de la république furent remplacées par un despotisme monarchique presque oriental* Dioclétien ceignit sa tête du diadème ^ et se fit donner, comme à son collègue Maximien , les titres de dominm^ seigneur, et de baeileus^ roi. Le sénat ne fut plus consulté; les décrets impériaux n'eurent plus besoin de sa sanction. Deux légions illyriennes, les Joviens et les Hérculiens, remplacèrent les prétoriens, dont elles n'eurent jamais l'influence. Les gouverneurs des provinces, qui avaient jusque-là cumulé le commandement de l'armée et l'administration civile, virent leur autorité diminuée par la subdivision de toutes les grandes provinces et par la séparation des deux pouvoirs civil et militaire. Tous les habitants libres de l'empire étaient citoyens romains, mais ^ome. el VlUUe iouis-

MONABCHIE IMPÉRIALB. — DIOCLÉTIEN. 127

saient encore de quelques privilèges ; Dioclétien nivela tout, et étendit à l'Italie et à Rome les tributs imposés aux autres provinces. La hiérarchie fut fortement constituée et le gouvernement mis à Tabri des révolutions militaires ; mais rétablissement de quatre cours entraîna des dépenses qui affaiblirent les ressources de l'empire ; l'unité politique reçut un coup dont elle ne se releva pas, et les formes despotiques de la nouvelle monarchie étouffèrent tout esprit public : la centralisation administrative étouffa le patriotisme.

Cependant Dioclétien avait fait de borts choix pour le présent. Une révolte générale de TAfrique et de TÉgyptfe fut énergiquement réprimée. Maximien triompha de l'usurpateur Julien à Carthage ; Dioclétien réduisit l'Egypte en personne ; mais , ordinairement modéré , il se montra dans cette circonstance cruel envers les vaincus, détruisit les villes deBusiris et de Goptos, et brûla un très-grand nombre d'anciens livres égyptiens, soUs prétexte d'anéantir l'art dangereux de la transmutation des métaux. Ces mesures ont fait périr bien des trésors de la science antique.

Galère, chaTgé de faire la guerre aux t*erses, avait d'abord été moins heureux que les deux Augustes. Il attaqua les ennemis près de Carrhes avec des forces très-inférieures, et fut vaincu (296). Dioclétien estimait surtout la prudence dans un général d'armée. Il sut très-mauvais gré à Galère d'une défaite causée par sa témérité, et il le lui ût sentir. La première fois que le vaincu se présenta devant lui, il le laissa courir à pied l'espace d'un mille à côté de son char, tout revêtu qu'il était de la pourpre impériale. Galère répara sa honte en remportant plus tard des succès éclatants sur le roi dés Perses NarsèSy qui fut contraint de céder la Mésopotamie, et de reconnaître le Tigre comme limite de VemçvtÇi, ^X, ^^

128 £iMPin£ AOMÀIN.

rendre le trône d'Arménie au prince chrétien Tiridate, qu'il avait dépouillé (303).

Constance Chlore n'était pas moins heureux dans les provinces qui lui étaient confiées : il comprima en Bretagne la révolte de Carausius et d'Allectus, releva la ville d'Autun, que les Bagaudes avaient détruite, et battit les Francs qui avaient envahi le pays des Bataves. Le calme était partout rétabli. Pour l'assurer, Dioclétien sema la division parmi les Barbares, et les arma les uns contre les autres; puis il fit réparer toutes les fortifications des frontières, construire des postes nouveaux, et l'empire se trouva replacé sur un pied formidable. Un pompeux triomphe , le dernier que Rome ait vu , célébra les victoires remportées sur les Perses, sur les Barbares et sur les usurpateurs (303). Dioclétien était au comble de la gloire et de la puissance ; mais tout changea bientôt. Il eut la faiblesse de céder aux sollicitations de.Galère, qui lui demandait un nouvel édit de persécution contre les chrétiens , et les tortures recommencèrent dans toutes les provinces, à l'exception de celles que gouvernait Constance-Chlore. La main de Dieu s'apesantit sur le vieil empereur. Affaibli par la maladie, fatigué des sollicitations de Galère, qui s'ennuyait de n'ôtre que César , il abdiqua , contraignit Maximien d'en faire autant, et se retira à Salone, sa patrie, après avoir indiqué pour Césars aux Augustes Constance et Galère, deux soldats, Sévébs et Maximin Daïa (305).

§ II. — Le Christianisme pendant les trois premiers siècles.

Il y avait trois siècles que Notre-Seigneur Jésus- Christ était descendu sur la terre, et l'Évangile était professé par des milliers de fidèles répandus dans tout l'empire et bien au delà de ses frontières. Le Fils de Dieu, né se-

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