LES INVASIONS. — ODOACRE
U, pour négocier la paix ; Ricimer proclama aul'envoyé impérial, et Anthémius fut- massacré. La de Ricimer, arrivée au bout de trois mois, délivra ius d'un redoutable protecteur (472).
brius suivit de près Ricimer dans la tombe. Le ndeGoNDEBAUD, que Ricimer avait fait nommer pâlit proclamer à sa place Glycérius, soldat obscur, i laissa surprendre dans Rome par Julius Népos, éon avait proclamé à Ravenne ; Glycérius accepta lé de Salône en échange de la couronne impériale . Le nouvel empereur ne fut pas plus puissant que édécesseurs. Il céda l'Auvergne à Euric, puis, asdans Ravenne par le patrice Oreste, ancien ofd' Attila, qui était devenu le chef des Barbares féau service de l'empire, il s'enfuit en Dalmatie, où jçrva le pouvoir souverain pendant cinq ans, au esquels il fut assassiné à l'mstigation de son ancien îtiteur Glycérius. Oreste donna la pourpre à son ) fils RoMULUS Augustus, que les Romains appelè- UGUSTULE, à cause de son extrême jeunesse (475), jUait plus qu'un souffle pour renverser cet empire ni. Le fils d'un ancien ministre d'Attila , nommé i£, qui s'était fait admettre dans la garde impériale nne, devint chef des Hérulesà la solde de l'empire, instigation, les I^rbares fédérés exigèrent qu'Oeur donnât le tiers des terres d'Italie; sur le refus te, ils le massacrèrent, et proclamèrent Odoacrc )i. Odoacre s'empara sans peine de Ravenne et de ; il laissa la vie à Augustule, qui vécut dans une e hoporable près de Rome, distribua à ses comas le tiers des terres de l'Italie, respecta les lois, îurs et les usages de ses sujets, rétablit le consulat, lommer patrice par l'empereur d'Orient, écarta frontières les Barbares de la Gaule el d^ \^ <ivi\-
manie et soumit la Dalmatie. La chute de l'empire M insensible : les mêmes formes de gouvernement subsistaient pour les sujets romains; on gouvernait au nom de l'empereur, les Barbares n'étaient pas des conquérants, mais des administrateurs étrangers, et la majesté de l'empire conservait encore son prestige (476). Il y avait 507 ans que la bataille d'Actium s'était livrée, et 1329 m que Rome était fondée, lorsque l'empire d'Occident cessa
d'exister.
S II. — Lei Royaunus barbares.
Les bouleversements qui détruisirent l'empire romain se faisaient sentir jusqu'aux extrémités du monde. Les Tartares, peuples nomades de l'Asie centrale, envahissaient la Chine et commençaient à inquiéter l'Inde et la Perse ; tout le monde germain était en révolution, à TeZ" ception des pays Scandinaves, qui prirent d'abord pett de part au mouvement. Lorsque l'empire succomba, en 476, les Huns étaient refoulés le long de la mer Noire, dans le sud de la Russie actuelle. Au nord de la Germanie se trouvaient les Frisons, les Angles, les Jutes et surtout les Saxons, peuple alors dominant dans cette région. Les Thuringicns avaient fondé, vers 426, un royaume puissant au centre de la Germanie, au sud des Saxons, dans l'ancien pays des Cattes et des Hermun^ dures. Les Longobards abandonnaient ces pays pour s'établir sur les bords du Danube, à l'ouest des Gépides fixés danslaDacie. Les Ostrogoths occupaient encore la Pannonie. Dans l'intérieur môme de J'ancien empire, tout avait complètement changé de face depuis la mort de Théodose le Grand : l'Italie était aux Hérules d'Odoacre, qui exerçait l'autorité impériale sans môme avoirle titre de roi; l'Afrique appartenait aux Vandales ; l'Es-
LES INVÀStOIfS. — B0VAU1IB8 BAtlBÀRES. 241
pagne était divisée entre les Suèves, qui occupaient la Galice et le nord de la Lusitanie, et les Visigoths, qui oc- Dupaient tout le reste avec le sud-ouest de la Gaule. La Gaule, outre les Visigoths, avait au sud-est, jusqu'aux Vosges, le royaume des Burgondes; au nord, les Francs divisés en Ripuaires ou riverains du Rhin , et Saliens^ k l'ouest, les Armoricains indépendants, et, au centre, entre la Seine, l'Oise et la Loire, un reste de domination romaine sous le gouvernement du patrice Syagrius«
Royaume des Vandales.
Le royaume des Vandales, fondé en 429 parGenséric, avait pour capitale Garthage. Les Vandales étaient ariens ou païens ; ils se firent surtout connaître par leurs déprédations et les ruines qu'ils accumulaient partout sur leur passage, ce qui leur mérita le triste honneur de donner leur nom à tous ceux dont l'ignorance ou l'aveuglement détruit les chefs-d'œuvre de Part ou ne les comprend pas. Les catholiques furent violemment persécutés. Après avoir châtié la corruption romaine, les Vandales se laissèrent séduire à leur tour, et tombèrent en d^dence. Genséric, ordonnant qu'on mit toujours sur le trône celui de ses descendants qui serait le plus âgé sans égard à la primogéniture, laissa une cause de troubles et de scènes tragiques qui accélérèrent la chute de son royaume. Ses successeurs furent son fils Hunérig (477^86) ;GoNTHAMOND, qui perdit la Sicile (486-497); THaASAMOND (497-524); Hilderig, fils de Hunéric, qui avait vécu trente-huit ans à la cour de Gonstantinople et qui fit cesser les persécutions ; enfin Gélimer (531-534) , chef du parti arien, avec qui finit le royaume des Vandales«
24H HUTOIIS DU MOYEN 4Q«.
Royaame des Suèvei.
Le royaume des Suèves avait été fondé en 414 par Hermanric on Hermeric. L'histoire de ce royaume est peu brillante. Les Suèves embrassèrent le catholicisme en 448; son successeur quitta la vraie foi pour rarlanisme, et ses sujets suivirent son exemple. Ils restèrent pendant près d'un siècle dans l'hérésie, jusqu'à l'arrivée de saint Martin, de Pannonie, qui les ramena dans le sein de TÉglisc avec leur roi Théodemir, en 558. Vingtsept ans plus tard (588), le royaume des Suèves fut incorporé par Léovîgild dans la monarchie des Visigoths.
Royaame de* Vlslgothi.
Le royaume des Visigoths commença avec Âlaric, en 396. On a vu comment il s'établit au nord de l'Espagne et au sud do la Gaule sous les rois Ataulphe (410-415)^ Sigéric (415), Wallia (415-418), Théodoric P' (410-451)) Thorismond (451-453), Théodoric II (453-466) et Eurie (466-484 ) . La puissance de ce dernier, qui avait étendu sa domination sur Arles et Marseille, était si grande, qu'après la chute de l'empire d'Occident, il vit son amitié recherchée par tous les peuples germaniques; mais il était arien et persécuta les catholiques gallo-romains, qui formaient la population de son royaume. Il y eut môme des évéques mis à mort. Le mécontentement était tel, qu'il fallut toute son énergie et toute sa puissance pour le contenir. Son fils et successeur Alaeig II (484-507) , plus tolérant d'abord, voulut ensuite l'imiter; mais Clovis régnait alors sur les Francs et il était catholique ; Aiarie périt h la bataille de Vouglé ou Veuille, et les Visigoths perdirent toutes leurs possessions de la Gaule, à Texception de la Septimanie, qui leur resta, grâce à l'interven-
LBS 1NVÂSI01I8. — TAlSODOBlG. ^43
on de Théodoric le Grande roi des Ostrogoths et beauère d'Alaric; celui-ci gouverna le royaume des Visioths au nom de son petit-fils Amalrig^ fils d'Alaric IL
Royaume des Ostrogolhs.
Les Ostrogoths établis, du temps de Constantin, dans s plaines qui séparent le Tanaïs (Don) du Borysthène )niéper), étaient d'abord subordonnés aux Yisigoths; us Hejlm ANRiG (332-372 ) , ils étendirent leur domina^ m sur les peuplades environnantes, et devinrent plus lissants que les Yisigoths; mais l'arrivée des Huns déjisit leur puissance. Ils s'affranchirent du joug des ins après la mort d'Attila, sous la conduite de trois )Tes, Valamify VidimireiThéodemir^ qui appartenaient l'ancienne dynastie des Amales. Theodorio, fils de léodemir, fut élevé comme otage à la cour impériale Gonstantinople, à la suite d'un traité de paix conclu se Léon P*^ (485). La mort de son père et de' ses deu:! des le rendit seul roi des Ostrogoths (475). Ayant eu casion de défendre l'empereur Z£non contre son corntiteur, il reçut en récompense les titres de patrice et de osul avec les honneurs du triomphe. Mais il ne tarda s à se brouiller avec l'empereur : la ruine de Larisse le ravage de l'Épire contraignirent Zenon à lui céder une rtie de la Dacie et de la Mésie (484). Il établit dés lors résidence à Constantinople; mais les Goths s'indièrent de voir leur voi s'amollir dans les délices de la é grecque. Les murmures de ses sujets et les excitans d'un prince vaincu par Odoacre allumèrent son amion, qui n'avait sans doute pas besoin de cet aiguillon, /int jusque sous les murs de Constantinople avec une mbreuse armée de Goths, demandant à marcher en lie contre Vusurpateur Odoacre, el k f^owNetwct w\
d44 HISTOIBB DU MOTBN âGB.
nom de l'empereur l'Italie affranchie. Zenon auraitbien voulu temporiser, mais pour éloigner le danger qui menaçait sa capitale, il consentit aux propositions de Théodoric, et lui donna môme l'investiture de sa future conquête (488 ).
Deux cent mille guerriers suivirent Théodoric à la conquête de lltalie. Le roi des Ostrogoths vainquit les GépideSyfes Sarmates et les Bulgares (1) qu'Odoacrelai opposait ; il battit ensuite Odoacre lui-même et les Hernies sur les bords de l'Isonzo. Vainqueur une deuxième fois à Vérone, puis sur les bords de l'Adda, il enferma Odoacre dans Ravenne. Odoacre céda, après avoir soutenu un siège de trois ans, à la condition de partager la souveraineté avec Théodoric (493). Mais le partage pesa bientôt au vainqueur, et, sous le prétexte d'une conspiration vraie ou fausse, Théodoric tua Odoacre de sa propre main dans un banquet auquel il l'avait traîtreusement invité. Devenu seul maître, Théodoric mérita le nom de Grand qui lui a été donné par la postérité. Il possédait, outre l'Italie, l'Illyrie, la Pannonie, le Norique et la Rhétie; il se fit céder la Sicile par Thrasamond, roi des Vandales, protégea le roi des Burgondes, Gondebaud, contre les Francs (501), et après une victoire de ses troupes contre le fils aîné de Glovis, à Arles (508), il garda la seconde Narbonnaise. La tutelle du jeune Amalric, roi des Visigoths, réunit effectivement dans sa main les deux grandes factions de l'empire des Goths ; il était ainsi maître de toutes les cités de la Méditerranée en Italie, en Gaule et en Espagne. Les Bavarois lui payaient tribut, les Allemands invoquèrent son secours contre Glovis, et
(I) Les Bulgares apparaissent pour la première fois dans l'histoire en 475; ils habitaient les rives du Volga; un 'grand nombre s'étaient mis au serrice d*OdoKre.
LES INVASIONS. -<- THIÊODOBIC. 245
des alliances de famille l'unirent à presque tous les rois barbares, môme à Glovis, dont il épousa la sœur. Il était sans contredit le plus puissant roi des Barbares; Clovis seul, le roi des Francs, pouvait prétendre lui résister.
En prenant possession de ses nouveaux États, Théodoric avait dit : a Que d'autres pillent ou détruisent les villes dont ils se sont rendus maîtres; pour nous, notre intention est de traiter les vaincus de manière qu'ils regrettent de n'avoir pas été vaincus plus tôt. » Les faits répondirent à ces belles paroles. Il fallait des terres aux nouveaux venus; chaque cité abandonna le tiers de son territoire pour être distribué aux Goths, mais ce prélèvement une fois fait, une loi commune fut établie pour les deux peuples, sauf quelques coutumes particulières que les Goths conservèrent. Théodoric réserva aux Goths le métier des armes et les emplois militaires, les emplois civils devinrent le partage des Romains. Le sénat de Rome garda ses vieilles formes, et Théodoric le consultait; les villes gardèrent leur constitution municipale, mais les décurions furent nommés parle roi. L'Italie retfonva une prospérité qu'elle ne connaissait plus. Les édifices publics, aqueducs, théâtres, bains furent réparés, des palais et des églises bâties, les routes entretenues. Les terres incultes furent défrichées, des compagnies se formèrent pour dessécher les marais Pontins et ceux deSpolète, et l'Italie se sufQt à elle-même, sans avoir besoin de recourir à la Gaule ou à l'Afrique. La population s'accrut considérablement. Théodoric, qui ne savait pas écrire, attira autour de lui les plus beaux génies littéraires de ce temps, Cassiodore, dont il fit son principal ministre, Boèce, Symmaque, saint Ennodius, évêque dePavie, etc. Quoique arien, il respecta les catholiques, et confirma les immunités de l'Église. Mais la fin de son règne fut malheureusement attristée patAe^ m^xvwî.^'^ 4^.
146 HliTOlBK DU AIOYlIff AU.
persécutions en représailles de celles qnel'empereard^ rient exerçait contre les ariens ; accablé de malheon domestiques, excités par les ariens, il devint soupçonneux et cruel, s'éloigna des Romains pour revenir aux Barbares, et crut trop facilement à la complicité de Boèce et de Symmaque dans un complot contre son pouvoir. Boôce innocent niait le crime qu'on lui imputait; on voulut lui arracher par la torture Taveu de son crime; on lui fit sortir les yeux de la tête au moyen d'un treuil et d'une c^rde, on l'étendit ensuite sur une poutre, où deux bourreaux le frappèrent à coups de bâton de It tête aux pieds, et, comme il vivait encore, on l'acheva par la hache. Son beau-père Symmaque, aussi innocent que lui, fut décapité à Havenne (525), et le pape Jean, que Théodoric avait lui-même envoyé en ambassade à Gonstantinoplc, fut mis en prison (526). Cette conduite aliéna les catholiques, empêcha la fusion des deux peuples et détruisit Tœuvrc de Théodoric. Le roi des Goths reconnut trop tard son erreur. Deux mois après la mort de Symmaque, il arriva qu'on lui servit une énorme tête de poisson. A cette vue, un frisson le saisit; il se lève et se retire chez lui : il a vu devant lui, dit-il, la tête de Symmaque, son visage irrité, ses yeux menaçants, ses dents prêtes à le dévorer. H succombe au bout de trois jours k ses terreurs et à ses remords, après avoir recommandé à ses officiers réunis autour de son lit d'aimer le sénat et le peuple romain, et de se ménager l'amitié do l'empereur d'Orient (526).
Boyaume des Bargondes.
Les Burgondes ou Bourguignons avaient passé le Rhin et pénétré dans le pays qui porte actuellement le nom d'Alsace, en 406, en même temps que les Alains, les
LES INVASiONg. — BUfiGONDES. 247
Vandales et les Suèves. Constance, général d'Honorius, leur céda les contrées situées entre la Saône et le Jura, où leur chef GoNDiG AIRE ou Gondiog (1) fonda un royaume dont Besançon fut la capitale {MA], Les Burgondes trouvèrent des sympathies dans les populations, à cause de leur douceur et des ménagements dont ils usèrent envers les vaincus. Gondicaire eut à combattre Aétius, qui le vainquit; il périt dans une bataille contre Attila (436). GoNDioG, son successeur, s'allia avec les Romains, obtint le titre de patrice, et épousa la sœur de Ricimer; son royaume s'étendit sur la Savoie et sur la partie occiden-^ taie de la Suisse actuelle ; mais il embrassa Parianisme avec la plus grande partie de son peuple, et prépara ainsi la décadence des Bourguignons, non moins qu'en partageant son royaume entre ses quatre fils Ghilpéric , Gondemar, Gondsbaud etGodegisèle, qui prirent pour ré-< sidence Lyon, Vienne, Besançon et Genève (4721). Ghilpéric et Gondemar s'unirent contre Gpndebaud, qui les surprit dans Vienne, les fit mettre à mort et s'empara de leurs États : Gondebaud maria sa nièce Clotilde, fille de Ghilpéric, qui était restée catholique, à Clovis, et promulgua un recueil de lois connu sous le nom de hi Gombetie. Son alliance avec Glovis ne dura guère; trahi dans sa querelle avec ce roi par son frère Godegisèle , il se défia de celui-ci , et ne fut pas moins forcé de payer un tribut annuel au roi des Francs (500). SiGisaioND, son fils, héritier de toute la monarchie (516-524), revint à la foi catholique ; vaincu par les fils de Glovis, il mourut prisonnier, et son fils Gondemar II , après quelques victoires sur les Francs , succomba à son tour à
(1) Quelques historiens font deux personnages de Ijoadicaire et de Gondioc; Gondicaire aurait été Burgonde; Gondioc, issu de la famille royale dés Yisigoibs, aurait pris le premier le titre de xo\.
S48 HISTOIBK DU MOYBlf AGI.
Autun (534) ; avec lui finit Tindépendance du royaume des Burgondes.
Les Francs (l).
Les Francs étaient établis dans l'empire depuis le milieu du quatrième siècle , mais ils restaient nominalement sous la domination des Romains , pour qui ils défondaient la frontière du Rhin contre les autres Barbares. Ils formaient deux grandes fractions : les Francs Ripuaires ou riverains, et les Francs Saliens ou maritimes. On cite, en 420, un de leurs rois, Pharamond, dont Vemtence est fort incertaine. Sous Clodion le Chevelu (428- 447), les Francs Saliens s'avancèrent jusqu'à la Somme. Ils firent de nouveaux progrès sous Mérovée , qui donna son nom à la dynastie des Mérovingiens^ et qui se trouva à la bataille des champs Catalauniques (447-458). Cmvùi' Ric, fils de Mérovée (458-481), se vit expulsé d'abord par les Francs, qui prirent pour cheî Égidius, comte romain père de Syagrius, et remonta plus tard sur le trône. En 481, les Francs élevèrent sur le pavois Clovis (Chlodowig), qui fut le vrai fondateur de la monarchie franque. Avec cinq mille guerriers, Clovis battit Syagrius à Soissons , et prit possession des pays entre la Loire et la Somme (486). Une victoire à Tolbiac sur les Allemands (496), son mariage avec Clotilde, nièce de Gondebaud, et son baptême avec les principaux de sa nation (497), la défaite d'Alaric II à Veuille (507), rendirent Clovis maître de presque toute la Gaule. Le clergé et la population gallo-romaine étaient catholiques; ils se rattachèrent à Clovis, qui était alors le seul roi catholique , au milieu des autres rois , ariens et persécuteurs , et dus lors la nation franque, Jllle aînée de rÉglise, reçut sa
0) On trouren ks dèTt\opp«ixMi!kUd«a% vAtrt Histoire de France,
LtS INVASIONS. — ANGLO-EAXOKS.
Lea Anglo-Saxon>.
HHRni de protectrice de la Papauté et de l'Église ca- , Etiolîque. Clovis souilla les dernières années de son règne I en se débarrassant, par le meurtre et par la perfidie,
des petits rois Francs, pour la plupart ses parents, qui { rëgnaient sur les Francs Ripuaîres à Tournai, à Cambrai
et au Mans. Il avait reçu, en 308, de l'empereur d'Orient,
Anastase, le titre de patrice romain. A sa mort, son I royaume fut partagé entre ses quatre fils ; Thierry, qui
régna à Metz, Childebert, k Paris, Clodohir, h Orléans,
. Ia Grande-Bretagne n'était pas restée à l'abri de l'invasion. Elle avait conservé, sous la domination romaine, trois populations distinctes : les Calédoniens (Pietés et jScots) au nord, dans l'Ecosse actuelle, restés indépendants; k l'est et au sud, les Lor/Hens, qui avaient subi 'l'influence de la civilisation romaine ; à l'ouest, les Cambriens ou Gallois, indomptables dans leurs montagnes. iLes légions romaines ayant quitté la Grande-Bretagne , en 411, les Calédoniens descendirent du nord dans le l.sud. Les Logriens, peu habitués à manier les armes, appelèrent à leurs secours les Saxons, qui ravageaient les , côtes depuis plusieurs années. Le roi breton Voutigern I prit ainsi k son service deux frères , Hengist et Hoasa , I qui battirent en effet les Calédoniens, mais la tribu des iJutes se rendit indépendante dans le pays qu'on lui avait donné entre la Tamise et la Manche, et Hengist prit le titre de roi de Kent (435j. Le succès encouragea d'autres envahisseurs; un second royaume, celui de 8us- Bex (Saxons du sud) fut fondé pavAÉlla (Wl), puis un troisième, celui de We.ssex (Saxons de l'ouest), par " d'Es3ex(Si
250 HISTOfBB DU MOYEfr AOB;
de t'est). Les Saxons étaient païens. Arthitr ou Abti», chef des Bretons , lutta contre les Saxons, quil vainquit en diverses rencontres , et il rétablit le christianisme, que les envahisseurs avaient proscrit. Hais ses exploits ne purent assurer l'indépendance des Bretons. Il moih rut vers 542. Aussitôt après sa mort commença l'invar sion des Angles, qui fondèrent les royaumes de Northumberland (au nord deTHumber, 547], d'Estanglie (571) et de Mercie (584). Il y eut ainsi sept royaumes liarbares établis dans le pays qui prit des Angles le nom d'Angleterre : c'est ce qu'on appelle Vheptarchie angh' saxonne. Les anciens Bretons émigrèrent en partie dans le pays de Galles qui a conservé jusqu'à nos jours une population celtique, et dans TArmorique, qui prit le nom do petite Bretagne ; les Germains remplacèrent les Bretons; les Saxons ont ainsi formé le fond delà population anglaise.
§ III. — Vempîre tfOHtnU
Pendant que l'empire d'Occident succombait, l'empire d'Orient se soutenait, sans gloire, il est vrai, mais avec un certain succès. La constitution de cet empire continua d'être celle que Constantin avait donnée à l'empire romain ; le génie grec s'en accommoda volontiers, parce qu'il n'avait plus guère conservé d'activité que pour les disputes théologiques, qui ne le conduisirent que trop souvent à l'hérésie, et qui furent une des causes principales de la décadence de cet empire, qu'on appelle quelquefois Vempire grec, et que l'histoire n'a que trop bien désigné en lui donnant le nom de Bas-Empire. Les Grecs eurent, au cinquième siècle, deux sortes d'ennemis à combattre : les Barbares au nord, et les Perses à l'est; iï'^ retrouvèrent d'autres Barbares au midi dans les Van*
LES INYASIONS. — EMPIBS GfiEC. 351
(laies d'Afrique. On a vu les principaux événements politiques qui les intéressent dans l'histoire de l'empire d'Occident; il suffira d'ajouter ici quelques détails.
A&GADrcs (395-408), fils de Théodose le Grand, dominé successivement par Rufin, par Ëutrope et par l'impératrice Eudoxie, sembla n'avoir d'énergie que pour pousser les Visigoths et Alaric sur l'empire d'Occident, et pour exiler saint Jean GmiTSOSTOME, patriarche de Gonstantinople, qui s'était élevé avec force contre la corruption de la cour.
Théodose II, dit le Jeune (4C8-450), monté sur le trône à l'âge de sept ans, eut le bonheur d'être remplacé, pendant sa minorité , par le sage AnthémiuSf père de celui qui fut plus tard empereur d'Orient, et par sa sœur Pul- GHÉRIE, que l'Église honore comme une sainte. Il fallut cependant acheter la paix des Huns , moyennant un tribut annuel, et Pulchérie n'eut pas assez d'influence sur son frère pour l'empôcher de protéger d'abord l'hérésiarque Nestorius, puis les erreurs des monophysites ou eutychéens, qui ne reconnaissaient en Jésus-Christ qu'une seule nature. Mais Théodose soutint des guerres heureuses contre les Perses. Sapor II ou Schahpour était mort après un règne de soixante-dix ans (310-380), pendant lequel il avait violemment persécuté les chrétiens. ABTAXEBxis II ou Ardschir le Bienfaisant (381-384), Sa- FOR III le Batailleur (3ai-r389), et Varane III (381)-399) continuèrent la politique persécutrice de Sapor II. Yez- DiaERB P"" (399-420), qui avait d'abord fait cesser la persécution, la renouvela en se voyant l'objet de la haine des Mages; la persécution dura jusqu'à la défaite de son successeur (422) Varane IV (420-440), qui fut contraint d'accorder aux chrétiens la liberté religieuse. La réunion de l'Arménie occidentale à l'empire fut un autrefruit des victoires de Théodose. On doit à Théodose Vvi i^xwsfô \a.
263 BISTOIBE DU MOYEU ÀGX.
promulgation du premier code officiel de lois que l'on connaisse ; il est désigné sous le nom de Code (hiadoàen (438).
PuLCHÉRiE et Maegien (450-457) rétablirentla paix dans rÉglise, se firent respecter des Barbares, et permirent aux Ostrogoths de s'établir dans la Pannonie, aux Gépides d^occuper la Dacie. Us moururent sans enfants. Âs- PAA, Alain de naissance, arien de religion, qui était patrice et maître de la milice, fit élire par le sénat Léon P, dit le Thrace, T Ancien ou le Grand, né en Thrace, et an* cien intendant de ses domaines.
Léon P*^ (457-^74) ne répondit pas aux espérances d'Aspar, qui comptait gouverner sous son nom; il se débarrassa à la fin de son exigeant ministre, en s'appuyant sur ZÉNON, chef de bandits né en Isauric, dont il fit son gendre, et sur Basiiisque, frère de Pimpératrice Vérine. Pendant ce règne, l'orthodoxie fut vigoureusement soutenue ; Léon exclut des charges publiques quiconque ne faisait pas profession de la foi orthodoxe. C'est à la cour de Léon que fut élevé Théodoric le Grand ; ce M aussi Léon qui donna à l'empire d'Occident les deux empereurs Anthémius et Julius Népos. Il échoua dans une expédition contre les Vandales, et obtint d'eux seulement la liberté d'Eudoxie, veuve de Valentinien III.
LÉON II le Jeune (474), fils de Zenon, et désigné comme l'héritier de Léon P', son grand-père , mourut au bout de quelques mois, et Zenon l'Isaurien (474-491) monta sur le trône à sa place. Il eut d'abord à lutter contre Ba* silisque, qui prit aussi le titre d'empereur, et le chassa de Constantinople ; vainqueur, il rencontra d'autres compétiteurs contre lesquels il fut aidé par Théodoric, qui réclama l'Italie pour salaire (488). Aces troubles politiques, il eut le malheur d'en ajouter lui-même de reli-* gieuXf en publiant l'ftênoa'que ou édit d'union, dans le-
LES INVASIONS. -^ EMPIBE GBEG. 253
quel il se déclarait pour les monophysites. Le Pape saint Félix condamna l'hénotique; Zenon résista, et un premier schisme, qui dura trente-sept ans (484-519), fut le fruit de cette résistance. Zenon mourut détesté, au milieu des troubles excités par ses prétentions théologiques.
Anastase P*" (491-518), élevé au trône par la faveur de la femme de Zenon, qu'il épousa, favorisa le schisme et Phérésie, comme son prédécesseur. Son zèle pour la doctrine d'Eutychès, ses persécutions contre les catholiques, et son goût pour la faction des Bleus, cochers adversaires des Verts dans les courses du Cirque, suscitèrent des révoltes sanglantes dans Constantinople et des troubles dans les provinces; il périt 3,000 personnes dans une seule émeute. La guerre étrangère augmenta les calamités : les Bulgares ravagèrent les provinces septentrionales (1), Théodoric le Grand battit ses troupes, et les Perses le contraignirent à acheter la paix. Yezdegerd n (440-447), successeur de Varane FV, avait renouvelé les persécutions contre les chrétiens, et les avait étendues à la partie de l'Arménie soumise aux Perses. Les Arméniens se soulevèrent sous la conduite de Vartan ou Vahou. L'Arménie, qui était chrétienne, penchait naturellement vers les Romains, et elle était le champ de bataille habituel des deux empires ; les Perses détestaient les Arméniens comme chrétiens et comme partisans secrets des Romains. Un nestorien, nommé Barsumas, qui était parvenu, à force d'intrigues, à se faire élire évêque de Nisibe, conseilla au roi Péroses ou Fi- Rouz, successeur d'Yezdegerd (457-484), un moyen plus sûr d'anéantir le christianisme en Arménie ; c'était celui de contraindre les fidèles, non plus à embrasser la reli-
(1) Anastase fit construire, en 507, le long mur, qui allait d'une mer h Tautre, pour mettre Constantinople à Tabri de leurs incucç^ioiv&.
BliT. DU MOTE?l AGE. V^
254 HISTOIBE DU MOYEN AOS.
gion de Zoroâstre, mais la doctrine de Nest^rius. Le métropolitain de Séleucie excommunia Barsumas; Pérosés fit suspendre le métropolitain à un poteau > par le doigl annulaire, et ordonna de le frapper jusqu'à la mort. Le patriarche d'Arménie, nommé Christophore, ne s'effraya pas de ce traitement ; il écrivit à tous les fidèles pour les prémunir contre l'hérésie , et il le ût avec un tel succès que Barsumas, désespérant de pervertir les Arméniens par ses prédications, demanda le secours d'une armée persane comme un moyen plus puissant de persuasion. Alors l'Arménie tout entière se souleva pour conserver sa foi. Vahou, descendant d'une famille impériale de Chine réfugiée en ce pays, devint le chef de l'armée catholique; il soutint les efforts de toute la puissance persane jusqu'à la mort de Pérosès, en 484, et remporta d'éclatantes victoires. Ses triomphes continuèrent sous les successeurs de Pérosès, Balacès etCoBAD, qui finirent par reconnaître à l'Arménie le droit de rester catholique. Tous les temples païens furent détruits, et le nestorianismc vaincu. Vahou, nommé gouverneur général de l'Arménie, rentra à Dovin, qui en était la capitale, au milieu d'un immense concours de peuple. L'indépendance religieuse de l'Arménie consolait l'Église du triste état du christianisme dans Tempire d'Orient.
§ IV. — LÉylise (1).
L'Église, qui assistait à la chute du monde ancien, s'accroissait chaque jour, malgré les obstacles suscités par la corruption, par l'hérésie et par les ravages des Barbares. L'empire romain, dont la mission était de préparer les voies matérielles à la prédication de l'Évangile,
(1) Voir, pour les développetuenls, noire Histoire de VÉglisei