‹ Nouveau cours d'histoire universelle v.3,pt.1, 1860Chapitre 30 sur 45 · LBS INVASIONS. — L EGLISE. 2SS · texte numérisé non relu

LBS INVASIONS. — L EGLISE. 2SS

venait de disparaître pour faire place à Tempire de Jesus-Christ; il cessait d'exister au moment où il n'avait plus de raison d'être, et où la mesure de ses iniquités était comble. Si la partie orientale de cet empire conserva encore un peu de vie, le châtiment n'en fut plus tard que plus terrible. Des nations jeunes et vigoureuses remplacèrent la société romaine décrépite; la société grecque, perdue par la mollesse , par l'hérésie et par le schisme, n'a pas cessé depuis des siècles d'être soumise au joug des plus cruels ennemis du nom chrétien. Le monde occidental a été régénéré et sauvé, parce qu'il est resté fidèle à l'Église; le monde oriental attend encore un libérateur qu'il ne trouvera sans doute pas avant son retour à l'unité.

Une grande hérésie, l'arianisme, qui niait la divinité de Jésus-Christ, avait paru au quatrième siècle. Protégée par plusieurs empereurs, elle fit de grands progrès, mais elle était en décadence dès le commencement du cinquième siècle, et elle aurait dès lors perdu toute influence, si elle n'avait gagné les principaux peuples barbares qui envahirent l'empire : les Vandales, les Goths et les Bourguignons. Macédonius, patriarche de Constantinople, s'attaqua, vers le milieu du quatrième siècle, à la divinité du Saint-Esprit; le concile œcuménique de Constantinople, en 381, en fit justice. Mais l'hérésie des Macédoniens était à peine étouffée, qu'un moine nommé Pelage, répandit de nouvelles erreurs sur la grâce, sur le libre arbitre et sur le péché originel : saint Augustin combattit vivement cette hérésie anathématisée par les conciles, au commencement du cinquième siècle. Nestorius, patriarche de Constantinople, vint à son tour, et attaqua le mystère de l'Incarnation, en refusant à la sainte Vierge le titre de Mère de Dieu; le concile d'Éphèse, en 431, condamna cette impiété, qui avait ^uk^^

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l'indignation du monde catholique; mais le supérieur d'un monastère de Constantinople, Euttghès, qui l'avait combattue, tomba dans une autre erreur en enseignant qu'il n'y a en Jésus-Christ qu'une seule nature, ce qui fit donner à ses sectateurs le nom de monophysites (1). Le concile œcuménique de Ghalcédoine (451) rétablit encore la vérité sur ce point de la doctrine catholique. L'Église opposait à l'hérésie ses conciles et ses doo^ leurs; elle opposa à la corruption des mœurs des a^ mées de saints , comme les saints solitaires de l'Egypte, comme les saints évoques qui illustraient alors la plupart des sièges épiscopaux. Les noms des Augustin, des Jérôme, des Hilaire de Poitiers, des Chrysostome, des Cyrille d'Alexandrie , de Siméon le Stylite, de Nil, de Benoit, le père des Bénédictins, et de milliers d'autres saints, docteurs et solitaires forment une magnifique couronne autour du nom de l'un des plus grands hommes qui se soient assis sur le siège de saint Pierre , saint Léon le Grand, qui combattit avec un égal courage la corruption des mœurs , les Barbares et l'hérésie. A la fin du cinquième siècle, on pouvait croire que tout était perdu : les chrétiens étaient persécutés en Perse, l'empire d'Orient était en proie au schisme et à l'hérésie, les Ostrogoths et les Visigoths, qui tenaient l'Italie, l'Espagne et une partie de la Gaule , étaient ariens, comme les Vandales en Afrique , et les Francs étaient païens. Humainement, l'Église catholique était perdue, et cependant c'est alors qu'elle parut plus grande que jamais. Saint Patrice évangélisa l'Irlande, les Francs se convertirent avec Clovis, le schisme cessa en Orient, les Visigoths se firent catholiques, les Ostrogoths et les Vandales furent renversés ; tous les peuples reconnaissaient

(0 Âfûfios, seul, physiSj natute, en ^rcc.

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que rÉglise était seule capable de les sauver, et qu'en luttant pour maintenir la vraie foi , elle avait en effet sauvé la civilisation. Les papes étaient à la tête de ce beau mouvement, et leur autorité, môme temporelle, grandissait chaque jour : ils s'étaient trouvés les seuls protecteurs de Rome, abandonnée par les empereurs; les peuples s'accoutumaient à recourir à eux dans leurs dangers et dans leurs calamités ; Dieu préparait visiblement cette royauté temporelle des Vicaires de Jésus- Christ, qui est la sauvegarde de leur souveraineté spirituelle.

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