INTRODUCTION
vont (le 1(1 mort d'Auguste, en 14 après Jésu»-Ghrist j à lu mort de Charlemagne, en 814; elles comprennent par conséquent huit siècles entiers. La première comprend près de quatre siècles , de la mort d'Auguste à c(dle de Théodose le Grand, en 395 ; la seconde, quatre Hiècles , de^la mort de Théodose au rétablissement de Tempire romain ou plutôt du saint empire romain, qu'on appctlle aussi l'empire germano^hrétien, et à la mort de Charlemagne , en 814. Les trois dernières périodes du moyen Age sont plus courtes , mais à mesure que les évétwAiumi» se rapprochent de notre époque , il importe de les C/onnaitre avec plus de détails. La deuxième période (lu moyen Age comprend le neuvième, le dixième et le onzième siècle; la troisième période, le douzième et le treizième siècle ; la quatrième ne comprend qu'un siècle vi i\vM\\ , (h) la mort de Boniface VIII , en 1303 , à la prise de (lonstantinople, en 1453.
Ave-e ravénement de Jésus-Christ sur la terre comnieiiee l'un des plus merveilleux spectacles qu'il soit donné {i riionime de contempler : aux luttes presque purement matérielles du monde antique succèdent les gran<l(vs luttes morales et la guerre de l'esprit contre la matière , guerre qui correspond à la lutte entre l'Orient et rOeeidenl : l'orient, qui représente la sensualité et l'immobilité, parce qu'il n'a pas la vérité; l'Occident, qui représente le progrès et la vie, parce qu'il est en poHKi^KNion de cette vérité. Déjà l'Orient avait été une pre.mière fois vaincu par l'Occident, à l'époque d'A-: lexandre , mais , comme l'a remarqué un profond pen- H<M]r contemporain (1), une victoire définitive ne pouvait être le résultat que d'une civilisation complète, et la civilisation grecque ne l'était pas. Cependant les con-
(0 }}ono»o CoTiés, Question d* Orient,
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lexandre, mais, comme Ta remarqué un profond penseur contemporain (1), une victoire définitive ne pouvait être le résultat que d'une civilisation complète, et la civilisation grecque ne Tétait pas. Cependant les conquêtes d'Alexandre ne furent pas stériles ; elles brisèrent la force de l'Orient, en brisant son unité matérielle, et les Grecs laissèrent partout la semence de leurs idées. La civilisation romaine était plus avancée que celle des Grecs : elle avait une organisation politique plus robuste , une organisation sociale plus puissante , une unité territoriale plus grande , des lois plus sages , des hommes d'État plus prévoyants et plus prudents. Les Grecs étaient plus cultivés, plus brillants , mais les Romains étaient réellement plus civilisés , et cela explique pourquoi leur conquête de FOrient fut plus solide, quoique non définitive encore. Lorsque Rome fut maîtresse de la terre, elle ne put soutenir le poids d'un tel fardeau. Ses croyances religieuses se corrompirent comme ses idées et ses mœurs, et on la vit accueillir avec des fêtes et des honneurs divins les dieux inconnus des autres nations ; ses temples , jusque-là consacrés aux dieux sévères de l'Étrurie, devinrent d'immenses panthéons. Avec ses idées , ses mœurs, sa religion , elle perdit aussi les magnifiques institutions qui en étaient l'expression et le résultat, et elle fut obligée de chercher dans le despotisme d'un seul un refuge contre l'anarchie. Ainsi s'établit l'empire , qui est la période de la décadence de Rome. Cette décadence fut d'abord peu sensible, puis elle se précipita; Rome partagea son empire en deux pour mieux le défendre , mais cela ne lui servit de rien , et elle ne put garder ses frontières. « Dieu, dit l'écrivain qu'on vient de citer, déchaîna
(t) D0BO80 Cortès, Question d'Orient.
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contre elle les flots de sa colère , et conûa le ministère de sa vengeance à des peuples sans noms, partis du pôle pour laver dans des torrents de sang les immondices de cette ville de prostitution , devenue le cloaque du monde. »
Mais alors paraissait la société qui sera seule capable de soumettre le mpnde tout entier, parce qu'elle pos5è4e une civilisation complète et universelle, en ppssessipn de la vérité, fondée sur la nature de Tbomme. Ce nouvel empire s'établit par la parole, et non par le^ armes ; il n'a pas besoin del'épéepour pénétrer d^ns 1^ régions les plus reci^lées. Mais il obéit lui-même ^ la loi qui préside au développement iic tous les événenfentif historiques; il grandit lentement. Le christianisme ie^ vait pulvériser les civilisations antiques, jnodifier Torgani^ation des sociétés, donner une nouvelle direction aux idées, changer la constitution de l'État et 4^ Ift famille , pn proclamant la dignité de l'esclave et )ie l^ femme, et en détruisant les barrières élevées par 1^ main des hommes entre les races humaines ; mais toqf; ce)a devait se réaliser sans bouleversement^ pt saps r^r-, voliftions soudaines, c'est-à-dire en suivant la marcha lente des temps. Le christianisme commença donc pfir la prédication ; puis il renversa par la discussion l'ancienne civilisation; les docteurs succédèrent axjof. apôtres. Une fois reconnu comme doctrine de vérité pt vainqueur du paganisme , le christianisme se constitua en pouvoir politique, religieux et social, aftu de rpiflplaccr les pouvoirs engloutis dans Ip naufrage dç 1^ civilisation antique et de Home. Alors parurent les gran4^ papes, qui rétablirent la notion vraie de l'autorité publique dans le monde , et les sociétés humaines corn? mencèrcnt à acquérir une certaine unité et une cer- ^j'ne consistance.
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L'OccideRt s'ét^t ippotré fidèle à la vérité ; Tprient se }aî§s.ç gdler à Perrçur : pi§u eny9y4 Je cbâtii»(3Dt, ïl^homet ftt ufle telJçÎQij de tguteç les erfpuçs, et sur-toij!; 4u fetftljsine, gq} §e trouve au fond d^ tputes les croyiaiîç^s de POriçnt,. (B); ur§ uQuvellcï Ii|tte rpcoramença. L*Orient cpupable succombi^, et formant un nouvel empire ennemi de la vérité , il menaça rOccident d'une ruine semblable à la sienne. Mais là se trouvait la vie avec la vérité. Le Capitole, siège des successeurs de saint Pierre, était désormais en possession de Téternité de sa seconde vie. « Le monde écoutait respectueusement ses oracles, et Rome était la source du pouvoir, de la légitimité et du droit. Telle fut la puissance de cette unité religieuse de l'Occident , qu'elle engendra le mouvement humain le plus étonnant dont l'histoire ait conservé le souvenir : voilà que les châteaux sont silencieux , abandonnés par leurs seigneurs féodaux ; les trônes vides, abandonnés par les rois; les cités désertes et muettes, abandonnées par les peuples. Où vont ces barons, ces rois, ces multitudes? Ils vont, la croix sur la poitrine y la foi dans le cœur, l'épée à la main , conquérir un tombeau , et mourir après avoir répandu sur ce tombeau des larmes avec des prières (1). » La conquête de ce tombeau était le triomphe de la civilisation chrétienne sur la civilisation orientale , de l'esprit sur la matière , et c'est ainsi que s'étend l'Église , qui est l'empire de Jésus^hrist. Elle a vaincu le paganisme, vaincu l'hérésie, vaincu les barbares, vaincu les prétentions impériales qui voulaient rétablir le despotisme païen, vaincu l'islamisme, qui voulait rétablir la domination de la chair sur l'esprit; elle vaincra de même toutes les réactions de l'antique civilisation contre la civilisation
(1) Skmoso Corlès,
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chrétienne, et finira par soumettre tous les peuples h la vérité. L'accomplissement de cette conquête universelle paraît lent; il y a des époques où il semble que le christianisme recule , mais Dieu a pour lui le temps, et il sait renverser, quand l'heure est venue, les obstacles qui semblaient les plus insurmontables.