‹ Nouveau cours de grammaire francaise, Volume 2Chapitre 79 sur 119 · SECTIONS I, U, III, IV, V · texte numérisé non relu

SECTIONS I, U, III, IV, V

EXERCICES

899. Exercice. — Lire ou copier le morceau suivant en remplaçant chaque tiret par un pronom.

L'idée de Dieu chez les Romains.

Les Romains admettaient comme un principe que la piété donne droit à la fortune; — est en effet naturel que les dieux préfèrent les cultivent, et, quand — est aimé des dieux, on fait toujours

86 DU PRONOM

de bo>îs profits. — n*est donc pas comme dans le christianisme, le pauvre — est Télu du Seigneur, c'est le riche. Si ï — trouve que les dieux n'ont pas tenu toutes les conditions du contrat, on s'irrite contre — et on —maltraite. Quand le peuple apprit la mort de Germanicus, pour — il avait offert tant de sacrifices inutiles, -t- jeta des pierres dans les temples, renversa les autels, et précipita les statues des dieux dans les rues.

Les Romains disputaient quelquefois sur les termes du traité, et les contractants, comme d'habiles plaideurs, cherchaient à — surprendre. C'est ainsi que, dans une légende plaisante rapportée par un vieil historien et — Ovide a reproduite, Numa parvient à éluder les exigences de Jupiter : « Vous — sacrifierez une tète. —

•A merveille, répond le roi, — aurez une tête d'ail vais prendre

dans mon jardin. — J'entends quelque chose — ait appartenu à un homme. — On — donnera l'extrémité de ses cheveux. — Il —

faut un être animé. joindrons un petit poisson. » Jupiter —

met à rire et consent à tout. Le traité une fois conclu, il est juste

d' — respecter les termes. Il faut rendre aux dieux on — a

promis : c'est un grand devoir; l'opinion publique — met au même rang que l'on contracte envers son père et son pays.

Gaston Boissier (Promenades archéologiques y Hachette et Cie, édit.).

400. Exercice oral ou écrit. — Analyser log»quement la phrase : Si Von trouve que les dieux..., etc.

401. Exercice oral ou écrit. — Dans les phrases suivantes remplacer chaque tiret par l'un des homonymes : Bière, bière, — chaud, ohaux, — dessein, dessin.

Les Grecs appelaient la — , vin d'orge, et les Romains, vigne de Cérès.

.... La robe hélas! qu'on nomme — ;

Robe d'hiver, robe d'été,

Que les morts ne dépouillent guère (La Fontaine).

Il faut battre le fer pendant qu'il est — -.

La craie de Meudon et l'argile de Passy mélangées produisenjt une — hydraulique employée dans les constructions de Paris.

Richelieu put exécuter le — qu'il avait de ruiner la maison d'Autriche.

La peinture, la sculpture, l'architecture ont pour base le — .

402. Exercice. — 1' Lire ou écrire sous la dictée le morceau suivant en indiquant ou en soulignant d'un trait les pronoms personnels, de deux traits tous les autres pronoms. — 2* Ilésumer par écrit le même morceau en l'abrégeant de moitié.

EXERCICES

Une dernière leçon de patriotisme.

Sur le point de mourir d'une blessure qu'il avait reçue à l'attaque du Bourget, en mil huit cent soixante-dix, le commandant Merlier fit venir son enfant âgé de dix ans, élève du collège Chaptal, et lui donna cette dernière leçon de patriotisme :

« Mon fils, dit le mourant d'une voix lente, fils de soldat, deviens soldat un jour, et retiens mes paroles. Retiens-les, car ce sont les dernières que tu entendras de moi. Sois le soldat de la patrie humiliée, qu'il faut venger, et de la France à refaire. Ne sers ni un homme, quel qu'il soit, ni un parti, ni urfe famille, mais une idée et une chose, la liberté et ton pays. Travaille, étudie, cherche, médite, apprends; et quand tu auras, toi et ceux de ton âge, rendu par la science, par le travail, par la force du droit, à la patrie sa grandeur, reviens frapper, de ta petite main devenue forte, sur la pierre où je vais dormir et dis-moi trois mots seulement, mais dis-les : « La revanche est prise! » L'enfant, à genoux, les lèvres sur la main droite de Merher, pleurait, immobile. Une heure après, le commandant était mort.

Jules Glaretie.

403. Exercice. — Lire ou écrire sous la dictée les vers suivants en remplaçant chaque tiret par un pronom.

Le convoi d'un enfant.

Un jour que — étais en voyage Près de ce clos — un mur défend,

— vis deux hommes du village

— portaient un cercueil d'enfant.

Une femme marchait derrière

— pleurait et disait tout bas Une lente et triste prière,

— qu' — dit lors d'un trépas.

Point de parents, point de famille :

— ne vis le long du chemin Qu'une pauvre petite fille Cachant ses larmes dans sa main.

— suivait la longue allée

— conduit au champ du repos, El paraissait bien désolée,

Et dévorait bien des sanglots.

Ainsi marchant, quand — passèrent Au pied de ce grand peuplier,

travaillaient s'an'êtèrent.

Et vis s'agenouiller,

Prier le ciel pour la jeune âm«,

Faire le signe de la croix :

Et quand passa la pauvre femme,

— détourner tous à la fois.

Cependant inclinant la tète, Au cimetière — arriva ; Une fosse ouverte était prêle ; Alors un homme dit : « C'est là ! »

Et la fosse n'étant plus vide

— y poussa la lerre... et puis

— ne vis plus qu'un tertre humide Avec une branche de buis-

DU PRONOM

Et comme la petite fille « Monsieur, c'est que Julien, dit-elle

— 'en allant passa près de — , Mon petit camarade, est mort; »

— . — arrêtai par sa mantille : Et voilant sa noire prunelle,

« — pleures, mon enfant, pom^quoi?» La pauvrette pleura plus fort.

DOVALLË.

404. Exercice. — Lire le morceau suivant en indiquant les changements OKthographiques survenus depuis cette époque. — Transcrire le même morceau avec l'orthographe moderne.

Estre content

D'estre content sans vouloir davantaige, C'est ung trésor qu'on ne peult estimer ; Avoir beaucoup et toujours plus aynier, On ne sçauroit trouver pire héritaige.

Ung usurier trouve cela servaige ; Mais ung franc cueur se doibt à se sommer D'estre content.

Qui veult avoir de richesse bon gaige Sans en ennuys la vie se consumer, Pour en vertus se faire renommer, Tasche toujours d'avoir cet advantaîge D'estre content.

Clément Marot (1495-1544).

EXPLICATIONS

Rondeau, petit poème nommé aussi triolet, dans lequel les premiers mots ou le premier vers sont répétés au milieu et à la fin de la pièce.

De, précédant l'infinitif, le renforce et le rattache à ce qui suit : C'est un trésor de....

Plus aimer, c'est-à-dire plus désirer.

Héritage j employé ici pour exprimer une propriété, une richesse. - Franc, libre, soucieux de sa liberté.

Se fiomnier, se réduire, s'en tenir à cette limite.

Bon gage, bonne garantie, assurance certaine.

405. Exercices oraux ou écrits. — A quelles remarques de grammaire liistorique peuveul donner lieu les phrases suivantes? (Les mots à remarquer sont eu italique,)

Si salvarai eo cest meon fradre Karlo. (SermenU de Strasbourg, IX' siècle.)

EXERCICES. 99

Il attendirent jusqu'au quart jour et il revindrent au palais. (Villehardouin, xiii° siècle.)

Mais qui est cil ne celle en cestui monde,

En qui douleur par faux rapport n'abonde? (Marot, xvi* siècle.)

Cest celui Philippe qui depuis fit la guerre aux Grecs pour leur ester leur liberté. (Amyot, xvi* siècle.)

Il y avait pour drap de pied un tapis velu..., et dessus un escabeau..., et sur icelui un bassin vermeil doré. (Malherbe, xn' siècle.)

Ayant pris la ville de Regge et en icelle le capitaine Phyton. (Montaigne, XVI* siècle.)

Le ciel contre moi conjuré voulut que s'accomplît cette aventure mienne, (Régnier, xvii* siècle.)

Au travers d'un mien pré certain ânon passa. (Racine.)

Ses intérêts sont-ils plus sacrés que les nostres. (Id.)

Et n'as-tu pas ton franc arbitre,

Pour sortir (Tond tu es entré? (Marot, xvi* siècle.)

Là le repaît Vhom des reliefs de la table. {Saint Alexis, xi* siècle.)

U est des peuples où l'on pleure la mort des enfants et festoie l'on celle des vieillards. (Montaigne, xvi* siècle.)

Quand toute riens à sa douce nature vient et retrait, (xn* siècle.)

Je retourne faire escale au port dont suis issu. (Rabelais, xvi" siècle.)

Quand on est bien qu'à Von besoin d'amis? (Amyot, xvi" siècle.)

Si tu creins Dieu, si te creindront toutes /e< rien* qui te verront. (Joinville, xm* siècle.)

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