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ronne... Quoi de plus tendre que son langage aux Corinthiens ! Os nostrum patet ad vos, ô Corinthii, cor nostrum dilatatum eM. Non angustiamini in nohis. ai. Cor. 6.) Une charité si attrayante explique encore mieux que ses miracles , l'irrésistible ascendant qu'il exerçait sur les cœurs. 11 en a été de même dans tous les. temps. C'est par sa douceur que saint Ambroise fit la conquête de saint Augustin : Eum amare cœpi, non tanquàni doctorem veri, sed tanquàm hominem benignum in me. (S. Aug. Confes.) Les plus éloquentes prédications ne ramenèrent jamais autant d'hérétiques, que les douces conversations de saint François de Sales... Si c'est la charité qui a racheté le monde dans la personne de Jésus-Christ, c'est la douceur , qui , dans la personne de ses ministres, applique aux hommes les fruits de la Rédemption; mais voici dans cette vertu un prodige de puissance qui surpasse infiniment tous les autres.
11F P. La douceur nous rend maîtres du cœur de Dieu lui-même. 11 n'y a de bien qu'en Dieu ; hors de lui, il ne peut aimer que ce qui lui ressemble; mais partout où il aperçoit quelques-uns de ses traits, il ne peut refuser sou amour; or il n*est rien, dit saint Jean-Chrysostôme, qui rende Thomme semblable à Dieu, autant que ce calme parfait d'une àme qui se possède, et (pii par là participe en quelque chos»'
à son immutabilité : Nihil adeo vicimim Deo œnfoïmemquefacit, quùm ista virtus. fHomil. 19. in epUt. ad Rom.)
Dans nos saints livres, Dieu se fait appeler le Dieu clément, le prince de la paix. 11 est • suave , il est débonnaire , il est d'une grande miséricorde pour tous ceux qui l'mvoquent : Tu, Domine, suavis et miiis, et multœ misericordiœ omnibus invocantibus te. Ps. 85. o.) — 0 quàm bonus et suavis est, Domine, spiritus tuus in omnibus ! {^aip. 12. l.) Il dit luimême que son esprit est plus doux que le miel : Spiritus meus super mel dulcis. (Eccli. 2i. 27.) Comment n'aurait-il pas plus d'alïection pour ceux en qui il se retrouve, et ne les adopterait-il pas pour ses enfants : Beati pacifici, quoaiam filii Dei vocabuntur? Les âmes douces lui offrent d'ailleurs la vivante image de Jésus- Christ, la splendeur de sa gloire; comment ne seraient-elles pas l'objet de sa prédilection? Raguel est ému jusqu'aux larmes, lorsque, embrassant le jeune Tobie, il reconnaît en lui les traits de son ancien et vertueux ami ; combien Dieu est-il plus touché, lorsqu'il aperçoit en nous la douceur de son Fils? Cette considération est toute - puissante sur son cœur; il ne refuse rien à l'homme vraiment doux. David l'a été envers Saiil ; c'en est assez pour qu'il se promette que le Seigneur/ ne pourra rien lui refuser : Mémento, Do-
mine, David, e^t omnis mdnsuetudinis ejus. (Ps. 131. 1.)
Il semble, en effet, que Dieu, qui ne laisse aucune vertu sans récompense, en ait de spéciales pour la douceur. La voit-il en nous ? Soyons pleins d'espérance, nos prières lui seront agréables, il les exaucera : Mansuetorum semper tihi placuit deprecatio ; i\ nous donnera sa grâce : Mansuetis dabit gratiam; il nous enseignera ses voies : Docebit mites vias suas ; fPs. 24. 9.; il nous conduira comme par la main dans les sentiers de la justice : Diriget mansuetosin judicio. %icl.) Sa sollicitude pour nous sera toute paternelle : Suscipiens mansuetos Domimis. (Ps. 146. 6.) Saint Jean-Chrysostôme expliquant ce mot suscipiens, ce n'est pas seulement, dit-il, opjem ferens , scd quod est longé majus.. , recreans, fovens, bajulans, et relut mater in ulnis por tans. Enfin il couronnera tant de faveurs en nous sauvant et en nous élevant à la gloire éternelle : Exaltabit mansuetos in salulem. ^Ps. 149. 4.) Quel sujet de joie pour les bons prêtres, qui ont appris de Jésus la science pratique de la douceur! Audiant mansueti, et lœtentur. œ?, 33. 3.
1er p. La douceur 7îous rend maîtres de notre projne cœur. Celui en gui elle règue gouverne à son gré loules ses passions : il relieni son indignation, m5me quand elle est légiiime ; i! modère son zèle, il élouffe lu ven-
geance lorsqu'elle n'est encore qu'une étinceUe. La douceur sournet l'homme tout eniiur ; oh ! qu't ile esl foile sous une apparence de faiblesse !
Il« ?. La douceur nous rend maîtres du cœur de nos frères. Peiil-on refui^er longtemps son affection à celui qui ne se venge que par des bienfaits ^ Tandis que la sévérité resserre !e cœnr, la douceur l'ouvre; si elle ne. convertit pas toujours, elle prépare les conversions. Aussi pour soumettre le monde à l'Évangile, il fallait un agneau : Emitte agnum dominatorem terrœ. Les suc- C(is des hommes apostoliques sont toujours proportionnés à leur douceur : saint Paul, saint Ambroise, saint François de Saies lui ont dû leur plus beaux triomphes.
nie P, La douceur nous rend maîtres du cœur de Dieu lui-même. Dieu n'aime hors de lui que ce qui lui ressemble ; et il n'est rien qui rapproche autant l'homme de la diviiiiié que la douceur : Ta, Domine.^ suavis et mitis, et muV.t£ misericordiœ. Les âmes douces lui Dlfrent la vivante image de Jésus-Ciirist. la splendeur de sa gloire . De là tant de promesses à la mansuétude : Mansue(orum semper tibi plaçait deprecatio. — Mansuetis dabit gratiam. — Docebit mit-^s vias suas. — Diriget mansuetos in judicio. — Exaltahit mansuetos n salutem.