‹ Nouveau cours de méditations sacerdotales, ouChapitre 22 sur 96 · II. Daiiï sa t'.n · texte numérisé non relu

II. Daiiï sa t'.n

m. Dans son cfficacilé.

I" P. Le ministère de la prédication est tout divin dans son principe. }sous Viwons reçu de Dieu, nous l'exerçons en son nom ; Dieu luimême l'exerce en nous et par nous.

Saint Paul, écrivant aux premiers chrétiens, s'appliquait h les faire remonter jusqu'à la source adorable des instructions qu'il leur donnait : « Ne vous y trompez pas, je ne vous ai point prêché mon Évangile, mais l'Évangile de Dieu : Evangclium Dei evangelizavi vobis. » (IL Cor. H. 7.) Dans un autre endroit, il les félicite d'avoir écouté ses enseignements comme étant ceux de Dieu même, puisqu'en efiet c'est Dieu qui les a instruits par l'organe de son minisire ^

' Thess. 2. I.*^.

Glorieux privilép:e de tout prédicateur catholique! Il se présente aux hommes de la part de Die j, et ce qu'il vient leur dire au nom de ce grand et souverain Seigneur n'est ni l'invention de sa propre intelligence, ni celle de quelque génie supérieur dont il adopte les pensées ; c'est la parole de Dieu.

Comme aux apôtres le Sauveur nous a dit : « Allez, prêchez mon Evangile à toute créature : celui qui vous écoute, m'écoute. » Nous pouvons donc répéter à ceux vers qui nous sommes envoyés, quels que soient leur rang et leur condition, ce que les prophètes avaient si souvent h la bouche : Aiiditô verbiim Domini. Audite verbum Régis magni. Audite, principes. Audile, domits Jacob.., reges Juda. Hcec dicit Domimis exercituum. Le plus grand honneur d'un orateur profane est de parler au nom, et de défendre les intérêts de son prince, de sa patrie; l'orateur sacré est l'interprète de la divinité. De Ità les beaux titres d'homme de Dieu, d'ambassadeur de Jésus-Christ, d'ange de paix, qui nous sont donnés par l'Ecriture et la tradition.

(( Nous avons des affaires au ciel, » dit Bossuet, « ou plutôt nous n'avons d'affaires qu'au ciel ; Jésus-Christ ne dédaigne pas d'y être notre agent. De son côté, Dieu a des affaires parmi les hommes : il a des âmes à sauver, des élus à rassembler par toute la terre. . . Il a aussi ses agents ; ce sont

ses ministres : P/'o Christo legatione fungimur, tanquàriiDeo exhortante per nos. « (IL Cor. 3. 20.) Dieu a fait la paix avec le monde, et il nous a confié ce traité de paix; c'est à nous de le publier, à nous d'exhorter les peuples à en observer les conditions : Posait in nobis verbitm reconciliationis. (Ibid. 19.) De là encore les magnifiques expressions, les ligures hardies par lesquelles les Docteurs de l'Église ont relevé l'office des prédicateurs. Leur poitrine, d'après saint Grégoire, est comme le pavillon de notre divin Roi, allant par le monde à la conquête des âmes : Dùm catenis vinctus Romam peteret Paidus mundum occupattirus, latens in ejus pectore, quasi sub tentorio ibat Deus. (Moral. L. 27.) Ils sont les hérauts et les précurseurs de Jésus-Christ, la voix qui crie : Préparez les sentiers du Seigneur : Prœdicatores sunt venturi Domini prœcones... (Ibid.) Saint Bernard les appelle : Patres Christi gêner ando, m a très Christi pariendo. S'ils engendrent Jésus-Christ dans les âmes, en y mettant la foi, ils engendrent aussi les âmes à Jésus-Christ, en les faisant entrer dans son corps mystique , qui est l'Église : Per Evangelium ego vos gemii. Ahî quel respect est dû à cette fonction sublime! L'ai-je honorée en moi par l'élévation de sentiments et l'éminente sainteté qu'elle suppose? Ai-je toujours fait parler Dieu d'une manière digne de IHeu :

ÏP p. Le ministère de la prédication e,st tout divin dans sou but; comme il vient de Dieu, c'est à Dieu qu'il conduit. Nous unir par l'obéissance et par l'amour à celui qui est en même temps notre premier principe et notre dernière fin, voilà tout à la fois notre grand devoir et notre grand bonheur. Dieu ne cherche pendant la vie présente qu'à nous rapprocher de lui, si nous nous en sommes éloignés en l'offensant; ou à rendre notre union avec lui toujours plus étroite, si déjà nous l'aimons. Dans ce dessein, il se sert principalement de sa parole, qu'il fait porter aux hommes par ses ambassadeurs ; car Dieu a pour les hommes d'admirables égards ^ : il traite avec eux pour ainsi dire de puissance à puissance, et s'accommode à leurs dispositions. Que voit-il sur la terre? Des amis certains, des amis douteux et chancelants, des ennemis déclarés; en d'autres termes : des justes, des tièdes et des pécheurs. Tous ont besoin de la divine ambassade ; elle est envoyée à tous.

La parole de Dieu est nécessaire aux justes pour avancer dans la justice, et pour n'en pas déchoir. Pour avancer ; car l'homme croît dans la vie chrétienne au moyen de la même parole qui l'a (ait naître à cette vie -. Le cœur de ce fidèle

1 Cum magnâ reverentià dispoiiis nos. Sap. l'2. 1.^. "- I. Cor. 4. lo.

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