II. Jésus-Christ en offre le modèle
P*" P. Jésus-Christ nous apprend ce que nous devons prêcher. Un ambassadeur se conforme aux instructions qu'il a reçues; il traite les affaires dont il a été chargé. La mission du prêtre est d'annoncer l'Évangile .• Prœdicate Evaiigelium... Docete omius gentes.., docentes eos servare omnia quœcumque mandavi vobis . Tou t prédicateur doit dire de Jésus qui l'envoie, ce que Jésus disait de son Père : Quœ audiviab eo, hcec loquor in mundo. fJoan. 8. 26.) — Mea doctrlna non est mea, sed ejus qui misit me. (Joan. 1. 16.) Sauver les hommes est le but que s'est proposé le Fils de Dieu en instituant le ministère de la sainte parole ; la prédication a donc pour matière toute connaissance nécessaire ou utile au salut des hommes.
Avant tout, ce qui est de nécessité, soit de moyen, soit de précepte : Docendo ea quœ scire omnibus necessariitm est ad salutem. (Trid.) 0 prêtre, ne seriez-vous point dans l'illusion sur les véritables besoins de ceux qui vous écoutent? Dans un temps où l'instruction religieuse
était plus répandue que de nos jours, un célèbre écrivain disait : « Ceux qui ont quelque expérience des fondions ecclésiastiques et quelque zèle du salut des âmes, sont sensiblement touchés de l'ignorance de la plupart des chrétiens. Ce ne sont pas seulement les gens du peuple et les ouvriers, ce sont les iiens du monde, polis et éclairés d'ailleurs, souvent même les hommes de lettres, que l'on trouve fort mal instruits de nos mystères et des règles de la morale *. » Prêcher sans instruire, c'est éluder le précepte au lieu de l'accomplir; enseigner des choses élevées h des auditeurs qui ne savent pas les plus communes, c'est donner des aliments qui flattent sans profit, au lieu de ceux dont on ne peut se passer pour vivre.
Que devons-nous donc prêcher, si nous voulons que le Sauveur nous avoue pour ses organes? — Le dogme. Il est le fondement de la morale : sans lui, elle est dénuée d'autorité ; appuyée sur lui, elle prend une majesté imposante et sainte : Dieu la commande, l'éternité la sanctionne, Jésus-Christ la consacre par ses exemples, et ses mystères la persuadent mieux que tous les raisonnements. — La momie. Puisque le salut ne s'obtient que par les œuvres, le bon pasteur rapporte tout son ministère à la réforme des mœurs, suivant celte
' Fleurv.
prescription du concile de Trente : Docendo.. , vitia qnœ cos dedinare, vir Iules quas sectari oporteat^ utpœnam œternam évader e et ccele stem gloriam consequi valeant. — Les fins dernières. Bourdaloue n'est pas le seul prédicateur qui, sur son lit de mort, ait éprouvé le regret de n'avoir pas exposé plus souvent ces vérités, qui ont tant de prise sur le cœur de l'homme, l'atteignent plus profondément, y laissent des impressions plus durables. C'est là que les hommes apostoliques sont allés chercher ces oracles saisissants, que les populations émues écoutaient avec de si orands fruits. — L'ensemble de la religion, dans un plan méthodique et suivi, autant qu'il est possible. Le christianisme n'est pas telle ou telle vérité isolée; c'est un magnifique corps de docirine, où tout se lie et se tient admira})lement.
Mais surtout prêchons Jésus-Christ lui-même et Jésus-Christ crucifié : Sos autem prœdicamiis Chrislum crucifixum. I. Cor. I. 23. Faisons-le connaître au monde tel que l'ont annoncé les prophètes, tel qu'il s'est révélé par sa doctrine, par ses vertus et ses miracles, par sa vie et par sa mort ; voilà ce qu'on attend de nous, et non des dissertations philosophiques, un enseiunement humain, des discours à moitié profanes... Est-ce là remplir la mission du prédicateur? Est-ce prêcher l'Évangile : Prœdicate Evanqelinw .
IF P. Jésus-Chrht nous montre par son exemple comment nous devons prêcher. L'ardeur, la patience, la douceur, la prudence du zèîe se font remarquer dans toutes ses prédications, parce que l'esprit de Dieu l'anime et le dirige en tout- Il s'était fait à lui-même l'application de celte parole d'isaïe : Spirilus Domini super me : propter quod... evangelizare pauperibiis misit me. -Luc. 4. 8.) Et l'écrivain sacré a soin de dire que s'il passe d'un lieu à un autre, pour y porter la lumière de l'Évangile, il ne fait que suivre en cela le mouvement de l'Esprit : Regressus est in virtute spirltûs in Galilœam.., et ipse docebat. Ibid. 14.; C'est cet Esprit qui le fait entrer dans les synagogues, parcourir les campagnes aussi bien que les villes, pour y répandre le feu sacré qu'il est venu apporter du ciel, et dont il voudrait que toute la terre fût embrasée : Et erat prœdicans in synagogis eorum. Iter faciebat pcr civitates et ca Stella , prœdicans et evangelizans regnum Dei. Eamus in proximos vicos^ ut et ibi prœdicem. C'est ce même Esprit qui donne tant de force à ses discours, que ses ennemis eux-mêmes sont contraints d'avouer que jamais homme n'a parlé de la sorte. Il prêche malgré les contradictions qu'on lui suscite, et quoiqu'il prévoie que son zèle n'obtiendra pas le succès qu'il a droit d'eu attendre.
Rien ne lasse sa patience, rien ne le fait dé-
partir de sa douceur. Sans se plaindre de ces multitudes indiscrètes qui se jetaient sur lui pour l'entendre : Cùm tiirbœ irriierent in eum, ut audirent verhum Dei, (Luc. 5. 1.) et l'empêchaient presque de respirer, et comprimebant eum, 'Marc. o. 24.) il se contente de monter sur une barque, qui l'éloigné un peu du rivage, et de là il continue son instruction. — Avec quelle admirable prudence il se proportionne aux caractères, aux dispositions, aux besoins de ceux qui l'écoutent; élevant son discours ou l'abaissant, pour le mettre à la portée de tous! Parle-t-il aux docteurs de la loi? Il emploie des raisonnements plus forts, parce qu'ils sont capables de les suivre ; il les presse par l'Écriture : Scrutamiui Scriptnras.^lms. quand il s'adresse au peuple, rien de plus simple que sa parole. Ce sont des maximes courtes et faciles à retenir, des comparaisons familières, tirées d'objets que tous avaient sous les yeux : la vigne, la semence, le figuier, les brebis, la fleur des champs, etc. Il mesure toujours son langage à la capacité des auditeurs : Proitt poleranl audire. (Matth. i. 33.; Telle a été la méthode de Jésus-Christ, des apôtres, et de tous les saints prédicateurs ; a-t-elle été la mienne ?
Pour préparation à la messe et dans l'action de grâce, priez notre Seigneur d'être toujours avec vous, dans votre cœur et sur vos lèvres,' quand vous annoncez son Évangile, afin que !a
vertu de son divin Esprit se fasse sentir aux auditeurs dans chacune de vos paroles, et que vous exerciez dignement et utilement un si important ministère : Dominus sit in corde meo et in labiis meis, ut digne et compétent er annuntiem Evangeïivni suum. Amen.
1er p. JésuS'Christ nous apprend ce que nous devons prêcher. La mission du prêtre est d'annoncer l'Évangile : Prœdicate Evangelium. Sauver les hommes est le but que s'est proposé le Fils de Dieu en instituant la prédication. Enseigner ce qui est de nécessité; oh! combien Fignorent ! — Enseigner le dogme, fondement de la morale. -- Ce qu'il faut faire, ce qu'il faut éviter.
— Les fins dernières. — L ensemble de la Religion. — Mais surtout Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié.
Ile p. Jésus-Christ nous montre comment nous devons prêcher. L'ardeur, la patience, la prudence du zèle se font remarquer dans toutes ses prédications, parce que l'esprit de Dieu l'anime et le dirige toujours. — Rien ne lasse sa patience, rien ne leïail départir de sa douceur.
— Avec queile admirable prudence il se proportionne aux caractères, aux dispositions, aux besoins : Prout poterant audire.