‹ Nouveau cours de méditations sacerdotales, ouChapitre 26 sur 96 · LXIV. MÉDITATION · texte numérisé non relu

LXIV. MÉDITATION

Le prédicateur doit être homme de prière et d'oraison. — Cette vérité est démontrée.

T. Par l'Eglise et la Ti adilion.

II. P;ir le senliment et la pratique de tous les bons prédicateurs.

lit. Far la nature même de la préuication.

I'"' P. L'Écriture et la Tradition.

i"" Les anciens prof)hèles ne parlaient aux hommes qu'après avoir consulté Dieu sur ce qu'ils avaient à dire : Audies de oremeo verbum, dit le Seigneur à Ezéchiel, et annunliahis eis ex me. (Ezech. 3. 17.) Les apôtres à leur exemple unissaient la prière à la prédication, comme choses inséparables; mais de telle sorte, qu'ils donnaient la première place k la prière, comme à la source d'où doit jaillir l'utile prédication : Nos vero orationi et ministerio verbi instantes erimus. lAct. 6. 4.; Saint Paul prenait Dieu à témoin qu'il ne cessait de prier pour ceux au salut desquels sa Providence l'avait appliqué : Testis mihi est Deus..^ quôd sine interniis' sione niemoriam vestri facio semper in orationibus ineis. (Rom. I. 9.! Il conjure les fidèles de joindre leurs prières aux siennes, pour que sa prédication soit bénie : Ut detiir mihi sermo in nfprtinnr nris mri, cnm fidiiciri nMum fa/^ere ni. 9.

mystermm Evangelii. — (Eph. 6. 19.) — Orantes... pro nohis, ut Deus aperiat nobis oslmm sermonis ad loquendum mysterium Christi.., ut maiiifestemillud ità ut oporlet me loqui. (Col. i. 3, 4.; Fratres, onde pro nohis, ut sermo Dei currat et clarificetur. ill. Thess. 3. l.) Quel prédicateur oserait se persuader que l'oraison lui est moins nécessaire qu'à l'Apôtre, ravi au troisième ciel et instruit immédiatement par Dieu lui-même?

2*^ Les docteurs de l'Église insistent sur ce point. Écoutons saint Grégoire : Priùs aurem cor dis aperiat voci Creatoris, et postmodùm os sui corporis aperiat auribus plebis. fin Ezech. /. 1. EomiL 1. Saint Thomas enseigne que toute bonne prédication découle de la plénitude de l'oraison : Ex plenitudiue contenrplafionis prœdicatio derivatur. ;2. 2. q. îS.-^. art. O.i De pieuses prières, dit saint Auguslin, sont plus nécessaires au ministre de la divine parole, que toutes les ressources de l'art oratoire : Pietate magis oraiionum, qucuii oratorum facultate indiget. Avant de remplir auprès des peuples la fonction de docteur, qu'il ait grand soin de remplir auprès de Dieu celle de suppliant : Sit orator antequàm dictor. Qu'il redouble la ferveur de sa prière, à mesure que le moment de parler approche, afin que son discours ne soit qu'un épanchement des saintes affections conçues dans l'oraison : Priasqnàm exerat profe-

rentem liurjuava, ad Deiim levet anirnam silicnteiri, ut eruclet quod biberil, vel quod impleveiHt fiindat, et voici la raison frappante qu'il donne de ce précepte : Quis novit, dit-il, quid adprœsens tempus dicere expédiai^ nisi qui corda omnium novit? et quis facit ut q\iod oportet, et quemadmodùm oportet, dicatur à nobis, nisi in cnjus manu sunt et nos et sermones nostri ? (S. Aug. /. 4. dfj doctrinâ Christ.) Faites , Ô mon

Dieu ! que cette vérité pénètre au cœur de vos ministres , remplisse l'àme de ceux qui ont l'honneur d'annoncer votre parole, et nous la verrons encore opérer des prodiges pour la gloire de votre nom et la sanctification de votre peuple.

IV P. Le sentiment et la pratique des vrais prédicateurs a toujours confirmé cette doctrine. « Le premier avis que j'ai à vous donner pour exercer avec fruit le ministère de la parole, c'est de bien prier ; le second , c'est de bien prier; le troisième, le quatrième, le cinquième, le dixième, c'est de bien prier *.. » — (( Les ministres de Jésus-Christ, » ditBossuet, << ont deux principales fonctions : ils doivent parler à Dieu par la prière ; ils doivent parler aux peuples par la prédication de l'Évangile... Prêtres, qui êtes les anges du Dieu des armées, vous devez sans cesse monter et descendre,

' P. Lejeune.

comme les anges que vit Jacob dans le désert. Vous montez de la terre au ciel, lorsque vous j unissez vos esprits à Dieu par l'oraison ; vous descendez du ciel sur la terre, lorsque vous apportez aux hommes ses ordres et sa parole. Montez donc et descendez sans cesse, c'est-àdire priez et prêchez : parlez à Dieu, parlez aux hommes ; allez premièrement recevoir, et puis venez répandre les lumières ; allez puiser dans la source ; après, venez arroser la terre et faire germer le fruit de vie... Je ne m'étonne pas si ce fidèle serviteur de Dieu (leP. Bourgoing) prêchait si saintement le mystère de Jésus- Christ, qu'il avait si bien médité. 0 Dieu vivant et éternel, quel zèle! quelle onction, quelle douceur î quelle force ^ ! »

Tous les hommes de Dieu, auxquels il a été donné de faire de grandes choses par la prédication, ont proclamé d'une voix unanime, que l'oraison est le véritable ressort de l'éloquence chrétienne ; et ce qu'ils enseignaient, ils le pratiquaient fidèlemert. C'était après des heures, et quelquefois des nuits entières, passées en oraison, qu'on les voyait monter en chaire. Aussi, « la parole de TEvangile sortait de leur bouche, vive, pénétrante, animée, toute pleine d'esprit et de feu. Leurs sermons étaient moins le fruit d'une étude lente et tardive, que d'une

' 'Muis. Iiini'i». 'lu l*. f'.oiiruMin;:.

céleste ferveur, d'une prompte et soudaine illumination K ;) Ils se remplissaient de la grâce que donne la prière pour s'émouvoir et pour émouvoir les autres. Leurs communications intimes avec Dieu étaient la véritable cause de leurs succès. Demanderai -je maintenant pourquoi la même parole, qui était dans leurs mains un glaive à deux tranchants, et Tinstrument de tant de victoires remportées sur Tenfer, n'est dans les miennes qu'un glaive usé, incapable de faire aux âmes de salutaires blessures? Qu'est-ce qu'un prédicateur sans esprit d'oraison? ^Es sonans, autci/mhalurn tinniens. (I. Cor. 13. l.i

IIP P. La nature même de la prédication, exige l'esprit d'oraison. Nous avons vu le grand Apôtre exposer les motifs qui l'obligeaient à prier et à demander des prières pour le succès de sa prédication : 'la prière prépare les voies à la parole de Dieu, Elle détruit les obstacles qui l'empêcheraient de se répandre : Ut sermo Dei currat. Elle lui donne cette puissance qui opère les miracles de la grâce : et clarificetur. Il faut que Dieu ouvre la bouche, inspire la confiance à ceux qui sont chargés de la prêcher ; qu'il leur apprenne à l'annoncer d'une manière efficace : Ut delur sermo in apertione oris mei, cum fidurÂd notum facere mysterit/m

Evangelii.., ità iit oportet me loqui. Lui seul connaît les dispositions, les besoins des auditeurs, et par conséquent la parole ffui doit être pour eux une parole de salut. Il faut qu'il la mette sur les lèvres de son ministre ; mais il faut aussi qu'il ouvre l'intelligence et le cœur ^ à ceux qui doivent l'entendre ; qu'il les incline à s'y soumettre , car malheureusement tous n'obéissent pas k l'Évangile -.

La prédication est une œuvre de zèle, d'oubli de soi, d'amour de Dieu et du prochain ; n'estce pas dans la méditation que cet amour s'enflamme? In medifatione meâ exardescel ignis. fPs. 38. 4.) Au sortir d'une bonne oraison, je comprends l'importance du ministère de la divine parole, je sens en moi un ardent désir, une sainte passion de sauver des âmes, dont la valeur infinie m'a été révélée par les larmes et le sang de Jésus-Christ. Je ne songe qu'à faire un discours -utile , au lieu de m'épuiser à la recherche de pensées subtiles ou d'agréments frivoles ; me voilà préservé de ces inquiétudes d'amour-propre qui partagent l'attention , et nous ôtent la moitié de nos forces.

D'ailleurs, quel est le but de la prédication? Est-ce seulement de convaincre les esprits? C'est principalement de toucher les cœurs. Une

Aci. 1' . I i.

Rom. 10. Ifi.

fois le cœur gagné, !a volonté se rend, les chaînes se brisent, les sacrifices sont faits, et la vertu triomplie. Il faut donc ta tout prix remuer le cœur, l'échauffer, l'entraîner ; il faut exciter les passions nobles, effrayer les consciences coupables, produire en elles ces impressions profondes qui déterminent à l'action : Frustra persuaàetur verum esse quod dicitur, frustra placet modus quo dicitur, si non ità dicitur, ut agatur. (S. Aug. /. 4. de Doclrind Christ.) Or, pour

parler au cœur, il est nécessaire que le langage parte du cœur ; le moyen de toucher , c'est d'être touché soi-même : Qui non ardet non incendit. fS. Greg.i Mais si un prêtre est profondément pénétré des vérités qu'il annonce, sa voix, son geste, ses traits. Fonction de ses p(iroles font passer dans les auditeurs les impressions qu'il éprouve. Rien n'émeut comme l'air et les accents d'un homme visiblement ému ; et c'est dans les entretiens avec Dieu que nous nous remplissons de ces flammes célestes qui donnent tant de vie à la prédication. Le pathétique est le nerf de l'éloquence chrétienne, et, pour le prêtre , la source du pathétique est l'oraison.

Seigneur, c'est en répandant abondamment l'esprit de grâce et de prière * sur ceux que vous envoyez à la -conquête des âmes, que vous

' Zach. M. ii-.

en faites les instruments de votre grande miséricoixle par la prédication de l'Évangile ; vous n'accordez qu'aux hommes d'oraison de publier dignement et utilement votre loi sainte. Dépouillés d'eux-mêmes et cherchant uniquement votre gloire, ils ne reçoivent leurs inspirations que de vous seul ; vous parlez par leur bouche, f vous sanctifiez par leur ministère. Ils prennent dans votre vérité la lumière qui éclaire les aveugles, et dans votre amour le souffle de vie qui ressuscite les morts. 0 mon Dieu, donnezmoi l'esprit d'oraison. Faites que j'estime et que je pratique avec ferveur un exercice doublement nécessaire à celui qui doit être un saint et enseigner la sainteté. Formez en moi l'habitude de prier avant, pendant, après la prédication, afin de vous être toujours uni ; alors je serai créateur avec vous ; et votre parole puissante, que vous annoncerez vous-même par mon orsrane, tôt ou tard changera la face du champ spirituel que vous m'avez confié : Emitte Spiritum tuum, et creabuntur, et renovahis faciem. terrœ.

Icr p. i Écriture et la Tradition. — Les prophètes et les apôlres i.n'^suienl ly prière à la prédication, comme chosijs inséparables. Les docteurs de l'Église, saint Grégoire, suint Thomas, saint Augustin... avant de remplir auprès des peuples la fonction de Docteur, avaient soin de remplir auprès de Dieu, celle de snp-

pliant : Quii novit qiUd ad p: œsens tempus dicere expédiât, 7}isi qui corda omnium novit?

11^ P, Le Sdntimeiit et la pratique dps vrais prédicateurs a toujours confirmé celle doctrine. Le I*. Lcjeune, BossucL.. lous les lionim(!s apoàloliques onl proclamé que l'oraison est le vériluble ressort de ia prédication. Ils se remplissaient de la grâce que donne la prière pour s'émouvoir et pour émouvoir leurs auditeurs. Qu'est-ce qu'un prédicateur sans esprit d'oraison ? Ms sonan^j aut cymbalam tinniens.

Il le P. La nature même de la prédication exige l'esprit d'oraison. La prière prépare les voies à la parole de Dieu. Elle détruit les obstacles qui l'empêcheraient de se répandre. Dieu connaît les dispositions et les besoins des auditeurs, et par conséquent la parole qu'il convient de leur adresser ; c'est à sa bénédiction qu'elle devra f^on succès. La prédication est une œuvre de zèle et c'est dans la méditation que le zè.e s'enflamme. Le moyen de toucher c'est d'éire louché soi-même. La source du pathéliqae est l'oraison.

LXY. MEDITATION.

Préparation au miniMère de la divine parole.

I. Quelle est son importance et son obr;>-alion. H. En quoi elle con«i-te principalement.

V P. Il faut se préparer .soigneusement a la prédication. Ce ministère a fondé l'Église, il la conserve. Il est le principe de tout ce qu'il y a dans l'homme de vie surnaturelle et chrétienne ; c'est donc lui surtout qui réalise les deux plus grands bien? que l'on puisse désirer : la g^loire

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de Dieu et le salut du genre humain. Demander si je dois me préparer à une fonction de cette importance, c'est demander s'il m'est permis de tenter le Seigneur, de manquer de respect à sa parole, et de compromettre les intérêts immenses de la grande mission qu'il m'a confiée.

En efïet, si je monte en chaire sans préparation, hors ces cas de nécessité réelle, qui donnent un droit particulier à l'assistance du ciel et à l'indulgence des auditeurs, qu'est-ce que je fais? Je compte que Dieu fera un miracle, pour encourager ma présomption, ou récompenser ma négligence : en instruisant, en touchant, en convertissant par un discours, qui, pour l'ordinaire, n'a rien de ce qui est propre h produire ces heureux elFets, ni ordre, ni soHditë, ni onction... N'est-ce point là tenter Dieu? Je m'expose à me trouver dans un embarras qu'il me sera impossible de dissimuler , à tomber dans des redites fostidieuses, à me perdre dans des digressions sans iîn, à laisser échapper des expressions peu mesurées , à parler sans dignité... N'est-ce point me rendre coupable d'irrévérence envers cette parole sacrée à laquelle est dû tant de respect? J'avilis mon minislère dans l'esprit de ceux qui m'entendent, et de ceux ta qui ils communiqueront leurs impressions. Je dégoûte les âmes d'un pain céleste, nécessaire à leur vie; je les éloigne de la roli-

gion... N'est-ce point déshonorer le Maître adorable dont je suis l'ambassadeur, et compromeUre le succès de ma sublime négociation?

En négligeant de me préparer, je manquerai ordinairement aux règles les plus indispensables de la bonne et utile prédication.

Je manquerai d'exactitude : sortant du vrai par excès ou par défaut, disant trop ou ne disant point assez. Les plus habiles ne trouvent pas toujours à point nommé l'expression que la vérité demande. Combien de paroles hasardées et peu théologiques dans certaines explications irréfléchies, où l'on est entraîné malgré soi? Mais alors mérite-t-on cet éloge : Magisier, viam Dei in verilate doces ; peut-on dire que ma doctrine est saine et irréprochable : Verbum sannm, irreprehensibile? iTit. 2. 8.)

Je manquerai de précision ; car il faut du travad, pour élaguer du discours tout ce qui, n'allant point au but, obscurcit la vérité, au lieu de l'éclaircir. Il n'est pas facile d'être court quand on n'est pas maître de son sujet.

Je manquerai d'intérêt. Ces traits saillants, ces images vives, ces comparaisons naturelles, ce bel ordre, celte diction pure et ornée, sans sortir de la simplicité.., tous ces innocents appâts auxquels se prennent les àmos, il n'est donné qu'à un très-petit nombre de les improviser. De là tant d'exljorlalions onnuvr'uses, el

par suite au moins inutiles. De là cette observation bien fondée : Qu'une prédication qui n'a rien coûté à préparer, coûte beaucoup à écouter. Je dois donc me préparer, en trouver le temps, m'en ménager les moyens ; la même loi qui m'oblige à prêcber, m.'oblige à prêcher convenablement et utilement. ■

IP P. En quoi consiste principalement la préparation au ministère de la parole? Étudier avec soin le sujet que nou.s devons traiter, et ' nous mettre dans les dispositions intérieures qui nous rendront moins indignes d'être les instruments de la divine miséricorde.

l"" Quoique l'action de Dieu soit indépendante de la nôtre, et que souvent il sanctifie les âmes, par des voies qui nous sont inconnues, il veut cependant que ses ministres emploient les moyens établis par sa Providence, pour servir de canal h ses grâces. S'il lui a plu d'amener les hommes à la foi et au salut par la folie de la prédication : Placuit Deo per stultitiam prœdicalionis salvos facere credentes, (I. Cor. i. 21.) il n'en veut pas moins que notre prédication soit sage et prudente, qu'elle soit préparée par l'étude et le travail. Même aux premiers temps de l'Église, lorsque tous les prédicateurs à peu près étaient des hommes de miracles, saint Paul exigeait de Timolhée qu'il fit marcher de pair le soin de s'instruire et d'instruire les autres : Attente lectioni, exhortationi et docf rince.

IbJ

Lui-même a besoin de revoir ses livres, et il prie son disciple de les lui apporter K II faut donc étudier le sujet. Celui qui possède sa matière, qui en a vu le f(jnd, comparé les parties, celui-là seul la domine et la maîtrise ta son gré; il l'élève, il l'abaisse, il l'étend, il la resserre selon le besoin de ses auditeurs. Nous devons chercher les meilleures choses à dire et la meilleure manière de les dire ; mais ensuite,

2° Nous devons mériter, autant qu'il nous sera possible, d'être les instruments de la grâce. Jésus-Christ va parler par notre bouche ; qu'avons-nous à faire, sinon de nous unir à lui, de nous livrer à son esprit, atîn qu'il accomplisse par nous, en faveur de nos frères, les desseins de sa miséricorde? Pour cela, sortons de nousmêmes, conformons-nous à ses adorables intentions : renonçant pleinement à toute vue, à toute considération d'amour-propre, et puisqu'il ne se plaît que dans un coeur pur, effaçons par un acte de repentir, ou par quelque pénitence, les fautes que nous avons commises. Au saint autel, avant de prononcer le texte de TÉvangile, nous conjurons le Seigneur de purifier notre cœur et nos lèvres, comme il puiifia le prophète Isaïe : Qui labia Isaiœ prophetœ ccdculo mnndasti ignito ; il est très-utile de (aire avec ferveur la même prière, avant de commencer la

' 1. Tim. t. 13.

prédication. Saint François de Saîes demande qu'on se soit confessé et qu'on ait célébré les saints mystères. « Il n'est pas croyable, » dit-il après saint Jean-Chrysostôme , « combien la bouche qui a reçu Jésus-Christ est terrible aux démons; on a plus d'assurance, plus d'ardeur et de lumière \ »

Disce per orationem : invoca me, et veniet in te Spiritus sapientiœ. Disce per studiiini : scrutare Scripturas, ihi invenies jacula... Impie ergo cor tuum eloquiis mets, ut ex abundantiâ || cordis os loquatur... Cùm- çathedram ascensuriis es, cogita me esse prœsentem ; rue, Verbum œternum, voce tuâ iitiad salvandas animas. Sis quasi unum mecnm esses, cu)n spirilu meo, cum chariiate meâ, cum potestate meâ... (Memor. vit. sacerd. c. o3.

l<^r P. // faut se préparer soigneusement à la prédication. Demander si ceUe préparation est nécessiiire, c'est demander s'il est permis de tenter Dieu, de manquer de respect à sa purole et de paralyser nn miiiislère^sur leq-iel toute la religion repose. — Sans préparation je m'expose à manquer d'exactitude, de précision et d'inlérèt. La même loi qui m'oblige à préclier, m'oblige à prêcher convenaldemenl et utilement.

Ile V. En quoi consiste cette préparation. Etudier le sujet et me meitre d:;n5 les dispositions que Dieu demande, pour me rendre l'instrument de sa miséricorde. — Une prédication qui n'est point préparée par l'élude

' Lettre à Tarcli^v. de Bour^<»5.

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el le (rnvail, n'est ni sa?e, ni prudente. SninIPaiil veut q'je Timolliée fasse marcher de pair le soin de s'ins- Iriiire et d"iii>lruire les aulres. — Je dois mériter autant que possible d'être i'insirument de la grâce. Mais pour cela il faut q e je me dépouille de moi-même, que je m'unisse au Sauveur, me livrant à son e>prit : Disce per orationem : invoca vie, et veniet in te Spiriius sapifntiœ... Impie cor tuum tloquiis divinis, ut ex abundantiâ cordis os loquaiur.

LXVl. MÉDITATION.

Recherche de soi-même dam la prédicatiojt.

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