III. Il supporte
I" P. Bonté ^prévenante. Partout représentant de Celui qui a voulu être regardé comme Tami des pécheurs, le prêtre est au confessionnal, de la manière la plus spéciale, le ministre de sa miséricorde, ou, selon l'expression de saint Ambroisc, le vicaire de son amour. C'est là qu'il régénère les âmes à la vie de la grâce, et qu'il endure pour elles, en quelque sorte, les douleurs de l'enfantement ^ S'il est fidèle à l'esprit de sa vocation, le cœur paternel est en lui, avec toute son énergique tendresse ; il mérite le nom de père que lui donnent les pénitents.
Il va au-devant des pécheurs, il les invite au retour et leur en aplanit les difficultés. Suffitil de rester assis h la porte du bercail, pour l'ouvrir à la brebis fugitive, dés qu'elle s'y présentera? Le bon pasteur ne le pense pas ; il la
^ Filioli mei, quos iterùm parturio, donec formetur nChristus in vobis. Gai. i. 49.
pré\ient en la cherchant activement, et ne se donne point do repos qu'il ne l'ait retrouvée : Vadit ad illam qnœ perierat, donec bweniat mm. Lus» lo. L D'aussi loin que le père du prodigue aperçoit son fils, tant aimé malgré ses égarements, ses entrailles sont émues de compassion : Misericordid motus est; voilà le coeur, paternel. Un étranger pourrait se dire à luimême : Si ce jeune homme est malheureux, il a mérité de l'être. Est-ce le repentir ou la nécessité qui le ramène? . Un père ne connaît pas ces raisonnements. Quelque coupable que soit son fils, il oublie ses fautes à la vue de son malheur. Oh! non ;.il n'altend pas qu'il soit venu; il court à sa rencontre, accurrens.
Heureux le prêtre, qui attire à la confession par les industries de son zèle et les charmes de sa douceur! Heureux le Xroupeau que le ciel lui a confié! La fréquentation ou l'abandon des sacrements étant la marque, à peu prés infaillible, du bon ou du mauvais état d'une paroisse, on peut prévoir ce que la sienne deviendra avec le temps. Faire estimer, faire aimer la confession, et en faciliter la pratique, voilà, sans aucun doute, un des meilleurs moyens de sauver les âmes. Tout le monde voulait se confesser à saint François de Sales. Même après qu'il eût élé élevé à l'cpiscopat, il passait des journées entières et une partie des nuits à entendre les pénitents, qui lui arrivaient dn tnns côtés. 0
prêtre, combien de pécheurs, qui clissimulent leurs remords sous les apparences d'une fausse paix; ne tarderaient pas à se décharger dans votre sein du poids qui les accable, s'ils croyaient trouver en vous la honte et rafïeclion d'un père! Si vous ne savez pas les attirer, du moins soyez prêta les accueillir aussitôt qu'ils se présentent. On vous demande au confessionnal? allez-y, et sur-le-champ : vous ne connaissez pas les secrets du Seigneur. Ne laissez pas échapper le moment de la grâce ; reviendrait-il jamais?
IP P. Bonté encourageante, dès le début. 11 a coutume d'être pénible , principalement à ceux qui recourent rarement à notre ministère, ou qui sont pressés par leur conscience de réparer un criminel abus des sacrements. N'aggravons pas un joug déjà pesant, et tenons compte au pénit^mt des combats qu'il a dû se livrer, avant de faire une démarche qui coûte à la nature, parce qu'r'lle humilie Torgueil. Les confesseurs dont l'abord est froid, la première parole sèche et rebutante, et qui, au lieu de ménager la délicatesse des pécheurs, commencent par les froisser ou les décourager, sont dans l'Église un terrible fléau. De grâce n'éteignons pas cette précieuse étincelle du feusacré que Di«'u a jetée dans un cœur, et 'favorisons le développement d'un repentir naissant. Voilà le moment favorable, et, si nous en profitons, le moment du salut pour cette àme. L'afiij. 1^2
fabilité , l'indulgence , un accueil affectueux quand un pénitent se présente, font prerque toujours sur lui une impression décisive. Gngné par ces prévenances, et surpris agréablement de la facilité qu'on lui donne, il se rassure, et se sent fortement attiré vers un Dieu, dont il admire la bonté dans celle de son ministre.
Combien de profanateurs, qui allaient continuer leurs sacrilèges , peut-être jusqu'à la mort, ont été subitement changés dès leur entrée au confessionnal, par une parole d'encouragement que l'Esprit saint mettait pour eux sur les lèvres d'un prudent et pieux confesseur ! Comm.encez par là votre ministère de paix, surtout quand le pénitent ne vous est pas entièrement connu. Félicitez-le sur le parti qu'il prend de mettre ordre aux affaires de sa conscience : la vie est si courte, le moment de la mort si incertain!.. Failes-lui comprendre qu'il n'est rien de plus honorable que de travailler , comme il le fait* en ce moment, à détruire le péché ; c'est l'œuvre pour laquelle un Dieu est descendu sur la terre. Parlez-lui de la joie que l'on goûte quand on est rentré dans l'amitié du Seigneur ; dites-lui qu'il n'est pas difllcile de faire une bonne confession ; qu'il ne s'inquiète pas : vous l'aiderez à se rappeler ses fautes ; elles seront pardonnées. Dieu a daigné l'attendre, lui inspirer la pensée, lui donner la volonté de revenir à lui ; s'il l'a traité
avec tant de miséricorde lorsqu'il en était oublié
et oŒnnsé, de quel œil le reganle-t-il, maintenant qu'il le voit déterminé à le servir?.. Ce langage paternel ouvrira le cœur à la confiance et les lèvres à la sincérité.
ill*^ P. Bonté palieiite et persévérante. Nulle part ne se vérifie mieux qu'au saint tribunal la parole de saint Paul : Caritas patiens est. S'il s'agissait seulement d'écouter des aveux, d'apprécier des dispositions, de prononcer une sentence , il n'y aurait dans ce ministère, ni plus de difficultés, ni plus de mérites que dans la plupart des autres. Mais souvent tout est à faire pour le confesseur : ces aveux^ il faut les obtenir et quelquefois les arracher ; ces dispositions, il faut les faire naître... A quels ennuis, à quelles contradictions ne doit-il pas se résigner?
Ceux que la Providence vous envoie ne sont pas encore peut-être des pénitents à absoudre, mais des ignorants à instruire, des esprits prévenus à détromper, des pécheurs à convertir. Ce sont aussi quelquefois des âmes timides, troublées, incapables de s'expliquer. De quelle longanimité n'avez-vous pas besoin pour supporter tant d'infirmités spirituelles, et les supporter jusqu'à la fin? Qu'il vous faut d'abnégation et d'empire sur vous-même, pour empêchervotre zèle de s'enilammer à contre-temps, pour conserver votre calme, lorsque vous découvrez des abimes de dépravation, et que celui
qui s'accuse paraît peu touché de ce qu'il dit!.. Une interruption, un reproche, qui vient trop toi ou qui n'est point assez mesuré, un simple témoig:nage d'étonnemenl peuvent entraîner les plus funestes conséqu-Mices.
L'assiduité uu confi'ssionnal est une continuelle immolation de soi-même, et, d'après saint François de Sales, on peut la comparer au martyre. Cette héroïque patience ne peut avoir qu'une source, la charité : aimer Dieu, aimer les âmes, les aimer en père, et désirer vivement leur éternel bonheur, voilà ce qui est indispensable pour exercer utilement le ministère de la confession.
Retour sur vous-même. — Acte de repentir. — Résolution.
jer P. Bouté prévenante. Suffit il de rester assis ù la poie du hcpcail, pour l'oivrir à la brebis fugilive, lorsqu'elle s'y pré>enlera ? Le bon pa^letiP ne le pense pas. Il la prévient et la recherche activement. Le père du prodigue court au devant de son liL-.. Faire estimer, faire aimer la confi;SSion, y attirer les pécheurs, voilà un ^iraud moyen de sauver les âmes. Quand on vous demande an confessionnal, allez y sur-le champ ; prenez garde de lais>er et happer le moment de la grâce.
lie p. Bon'é enco'tra'jeante.. dès le début, qui a coulunif d'éir.' peu ble L ..ff .b.lilf, nn acciKiii alTeci eux, quand un p.'U.lenl se pré>«Miie, (ont >uu\enl sur lui une impre^siOii di'Cisive. Un laufcja^e paît ruel ouvre son • œur a la coulianct* el les lèvres a la sini;érité. Autan! iQ douceur p -otluit ici dheureux effets, autant
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llle P Bonté pndenie et persévérante. A quels ennuis, à quelles conti-adiciions ne doit pas se rési^iner un co iftissHiip ? 11 ne s'agit pas seulement d'écouter des uveiix, d'a|)précier des dispositions ; cellos-ci il fiiiit les faire njîire, ceux là il faut les obtenir. . Oh i qii'on a besoin de patience pour oUi'porler tant d'infirniiléh spirituelles et les -apporter j'îsqirà ia (in!