‹ Nouveau cours de méditations sacerdotales, ouChapitre 36 sur 96 · III. Elle doit êlr;- éclairée · texte numérisé non relu

III. Elle doit êlr;- éclairée

1" P. Le confesseur est juge, et exerce le jugement de Dieu même. Sublime et véritable idée du ministère de la confession! Saint Cyprien rappelle anticipatum Christi judichim. Jésus- Cbrist, dans la personne de son ministre, prononce maintenant par anticipation une sentence, qu'il ne fera que ratifier, quand l'àme paraîtra devant lui au moment de la mort. C'est comme si le saint docteur disait : Il y a deux jup:ements à subir pour l'iiomme coupable : l'un présent, et auquel préside la plus touchante miséricorde ; .l'autre futur, où tout sera pesé dans la balance d'une sévère équité. Mais il ne tient qu'au pécheur de décliner le terrible trini. 12.

bunal de la justice, en s'approchant avec foi du tribunal de la clémence. Saint-Jérôme, parlant des prêtres, dit dans le même sens : Judicant aille judicium ; et saint Bernard veut être présenté à Dieu au dernier jour, judicatus, nc^ judicandus. Tout ce qui aura été remis, pardonné au jugement subi pendant la vie, sera soustrait au jugement qui suivra la mort; le Seigneur ne reviendra pas sur une cause déjà jugée : yon judicubit Dominus bis in idipsum. Serm. 2. in C//v'///>. i)ô//>.^ Saint Jean-Chrvsostôme va jusqu'à dire : Formam judicandi à terra mmit cœlum '? En considérant ce pouvoir qui n'a pas été donné aux anges, ni même à la reine des anges, saint Hilaire s'écrie : 0 bealns cœli janitor . . ^ ciijus terrestre judicium prœjudicata sit aacloritas in cœlo, ut quœ in terris aut ligata sint , aut soluta , statuti ejusdem conditionera obtineant in cœlo ! Ainsi, le jugement de la terre est une autorité reconnue dans le ciel ; ce qui a été statué au tribunal de l'Église, est statué au tribunal de Dieu. Départ et d'autre , c'est une seule et même sentence. Telle est la gloire, mais aussi la responsabilité, attachée à l'emploi de confesseur ; Videte quid faciatis ; non enim hominis exercetis judicium, sed Do mini, et quodcumque judicauerilis, in vos redandabit! II. Parai. 10. 6.;

Oh ! qu'un prêtre apporterait d'application, de zèle et de vigilance dans l'exercice du saint

tribunal, si avant d'y entrer il se disait à luimême : Je vais prononcer des arrêts de vie ou de mort, non pour le temps, mais pour l'ctcrnito. Je vais exercer d'avance le jugement de Jésus-Christ : Anlicipalum Clirhli judicium. Je ne dois plus être un homme en ce moment : remettre les péchés n'appartient qu'à Dieu. Il faut que Jésus soit en moi, qu'il y parle, qu'.U y purifie les consciences... Mais, puisque je le représente comme juge , quelle doit être ma justice, ma fidélité à juger selon la loi et les régies qui me sont prescrites!

11^ P. Justice du confesseur, justice importiale. Il n'y a point d'acception de personnes auprès de Dieu, il ne doit point y en avoir auprès de ses ministres : Non est apud Deiim nostrum iniquitas, nccpcrsonarum acceptio. ai. Parai, io. 7.! Le bon prêtre ne voit dans tous ses pénitents que des âmes à sauver; celle du pauvre n'a pas moins de prix à ses yeux que celle du riche.

Si vous vous montrez successivement exigeant jusqu'à la dureté et condescendant jusqu'à la faiblesse, suivant que le coupable est vêtu de soie ou couvert de haillons ; si vous réservez pour les grands l'accueil gracieux, n'ayant pour la classe inférieure que froide indiiïérence et langage sévère ; si vous avez toujours du temps pour les uns, et jamais pour les autres.., où sera l'impartialité et la justice? 0 prêtre, est-ce

ainsi que vous représentez le Sauveur? Dans les lonclions divines ; les considérations humaines , les distinctions de rang et de fortune disparaissent et s'effacent ; l'égalité est la loi évangélique. Les préférences, s'il y en avait, devraient être pour la mère de famille, le domestique, ou l'ouvrier, qui ne peuvent guère donner à la religion que des moments fugitifs ; elles devraient être pour les indigents, les malades, et les personnes qui ont le plus besoin de notre ministère.

(( Les personnes de qualité, » disait saint François Régis, « ne manqueront pas de confesseurs ; les pauvres, les infirmes, cette portion la plus abandonnée du troupeau de Jésus- Cfrrist, doit être mon partage. » Défions-nous aussi de certaines consolations, qui nous feraient donner un temps considérable à la direction de quelques âmes, au détriment des soins que nous devons à d'autres, et réglonsnous sur cette maxime de saint Paul : Sapientihus eldmipienlihus debitor sum. (Rom. \. 14.)

IIL" P. Justice du confesbeur, justice éclairée. Dans tous les temps, l'Eglise a fermé l'entrée du snncluaire à l'ignorance, et en a f^iit une irrégularité canonique *. Quelles suites déplo

I Nullus ad sacra veniat indoctus : aliter ordinaturœ

et ordinandis imininet Dei et Ecciesiae ejus vindicta.

Conril. Tokt. 8.^

râbles n'aiirait-elie pas dans le ministre de la confession? Si un aveugle se charge de conduire un aveugle, où vont-ils tous les deux?" Beat XIY mettait rinsuftisance de la science morale des confesseurs parmi les plus grandes calamités de l'Eglise : Inler jnnjores Ecclesiœ calami laies mm esse, quod confessarii moro.li theologiâ parùm imhuli essent, et ea quœ contra Dei legem à fidelibus perpetrantur parùm dignoscerent. îast. 32. Saint Liguori devrait faire trembler plus d'un prêtre quand il dit : Affirmo in statu dawjiationis esse eum con f essor ium, qui sine suffîcienti scientiâad confessiones suscipiendas se exponit. 'Praxis confess.. Et de ce principe, qui ne peut être contesté, quelle conséquence tire-t-il? La nécessité de l'étude pour tout confesseur quel qu'il soit : Nullus confessarius intermittere débet theologiœ moralis studiiim; non-seulement afin d'apprendre ce qu'on n'a jamais su, mais pour se rappeler ce qu'on avait appris : Quia ex tôt diversis et disparibus quœ ad hanc scient iam pertinent , multa, quamvis lecta , temporis progressu décédant à mente.

Si je veux, sans charger ma conscience, prononcer sur celle des autres, il ne suffit pas que je sache exactement jusqu'où vont mes pouvoirs, et où ils s'arrêtent : Scienlia potestalis; il faut que je possède la science du dmii : Scienlia juris, et quelle n'est pas son* étendue? Je

dois avoir une idée nette et précise de ce qui est commandé ou défendu par la loi, dont les infractions vont être déférées à mon tribunal. Je dois savoir distinguer ce qui la blesse grièvement et ce qui ne lui porte que de légères atteintes, ne pas confondre le mortel et le véniel, le conseil et le précepte... Quel désordre., si j'allais fausser les consciences, dans la fonction même qui doit les redresser! Il faut qu'un confesseur soit toujours prêt- à éclaircir les doutes, à décider des cas critiques et compliqués, à résourdre des questions embarrassantes... Il a donc besoin de lumières sûres, et par conséquent de cultiver toute sa vie l'étude de la théologie ; car les connaissances qu'on n'entretient pas s'obscurcissent et se perdent ; on tombe bientôt dans une véritable incapacité, et la routine succède à la régie.

Renouvelez la résolution de consacrer, chaque jour, au moins quelques instants à l'étude de la morale, et soyez-y fidèle. Malgré ce soin, vous aurez encore à gémir sur bien des fautes, car ici les plus habiles se trompent ; mais vous aurez droit de compter sur l'indulgence du Seigneur, et de lui dire avec confiance : Ignorantia^ meas ne memineris. Approchez-vous de Jésus-Christ comme du foyer de la divine lumière, comme du principe de toute vertu, de toute science ; et pour vous préparer à la messe, réfléchissez sur ces belles parolps de saint Ber-

nard : Origo fontium et flumimim mare est, virtutum et scientiarum Dominus Jésus Christiis... Quidqnid sapientiœ, qnidquid tevirtutis hihere coufidis , Dei virtuli ac Dei sapienticB députa ChristO. ;Serm. 13. in Cant.)

1er P. Le confesseur est juçe, et il exerce le jugement de Dieu même. Sublime idée du mini.^lore de la confession. ! Sain! Cyprien VQ^[ie\\o Anticipatum Christi ji:dicium. Saint Jérôme dit des confesseurs : Judicant anté judicium. Ainsi, ce qui a été statué au tribunal de lÉgiisc est statué eu tribunal de Dieu; c'est une seule et même sentence. Quelle gloire pour le prêtre ! Mais quelle responsybililé ! Quelle obligation d'être juste et de juger selon les règles qui lui bont prescrites l

Ile P. Justice du confesseur, justice impartiale- Il n'y a point d'acception de personnes iinprès de Dieu, il ne doit point y en avoir auprès de ses ministres. Le bon prèire ne voit dans tous ses pénitents que des âmes à sauver ; celle du pauvre n'a pas moins de prix à ses yeux que celle du riche. Les préférences, s'il y en avait, devraient être pour les indigents, les malades, et ceux qui ont le plus besoin de notre minislère.

nie p. Justice du confesseur, justice éclairée. Si un aveu-le "Conduit un avcigle, oti vont-ils l'un et l'autre? Benoit XIV met l'insuffisance delà science morale dans les confesseurs parmi les plus grandes calamités de l'Église. Suint Liguori déclare en termes ab.^olus qu'aucun confesseur ne doit, sous aucun prétexte, interrompre l'étude de la théologie morale : Nullus confes" sarius intermittere dtb t theologiœ moralis siudium.

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