MF
enfants de Madame de Chantai. Saint Philippe de Néri appelait les petits enfants ses aides de camp pour la conversion des pécheurs. Gerson disait aux nombreux enfants qu'il instruisait avec tant de patience, que par leurs prières ils lui ouvriraient la porte du paradis.
Voilà une source féconde de grâces et de bénédictions pour la vie et pour la mort, réservée à ceux qui se dévouent à la sanctification des enfants. Alors même, bon prêtre, que ceux à qui vous prodiguez vos soins vous oublieraient sur la terre, vos enfants de la patrie céleste ne vous oubheraient pas ; et quand arriveront pour vous les-moments de la lutte suprême où les secours divins sont si nécessaires, avec quelle sollicitude et quelle efficacité ils prieronj,pour leur insigne bienfaiteur! On croit entendre le jeune Tobie , au retour de son long et périlleux voyage, s'efforçant de faire partager à son père la reconnaissance qu'il doit à son fidèle conducteur : « Il m'a mené, » dit-il, « il m'a ramené sain et sauf... 11 m'a délivré d'un monstre qui était sur le point de me dévorer... Mon Père, que lui donnerons-nous ^ ? Le moins que nous puissions faire est de lui oflrir la moitié de nos biens. » Touchante image de ce que font les bienheureux quand ils voient le saint prêtre , ami de leur enfance , sur le point de finir sa
' Quid illi ;id hapc poterimus dignum daip ?
carrière mortelle ! Le voilà , Seigneur , qui va paraître devant vous , celui qui a guidé nos premiers pas. Après vous, c'est à lui que nous devons notre bonheur, il nous a conduits et soutenus dans le sentier si glissant de la jeunesse ; il s'est efforcé de nous apprendre à vous connaître et à vous aimer. Un monstre affreux, le péché, allait nous dévorer, il nous en a délivrés !.. OPére, proportionnez sa gloire et sa félicité aux immenses services qu'il nous a rendus. )) Cette prière sera exaucée dans le sens le plus large. Dieu fera pour les sauveurs de l'enfance plus que Tobie ne demandait pour Raphaël : il sera lui-même leur magnifique récompense.
Avais-je compris jusqu'à présent tout le bien que je peux faire par mes humbles fonctions auprès des enfants? Ai-je eu pour eux celle bonté qui ouvre les cœurs , et les prépare à l'amour de Dieu par l'amour de son ministre, cette patience qui corrige les défauts avec douceur?.. Ai-je répandu dans mes instructions et mes exhortations, en leur parlant, celte chaleur, celle vie qui intéresse, et en éclairant produit des impressions durables? Me suis-je appliqué principalement à leur inspirer une vive horreur .du péché, un tendre amour pour .lésus-Christ, les entretenant avec onction de ses touchants mystères ? Ai-je attaché à leur confession toute rimportance qu'elle mérite ; et quand j'ai dû
penser qu'ils avaient commis quelque faute grave, ai-je mis tout en œuvre pour les disposer prochainement au bienfait de rabsolution? Pour votre préparation à la messe, écoutez humblement les reproches que Jésus-Christ peut avoir lieu de vous faire si:r ce point essentiel de vos devoirs , et promettez-lui de mieux seconder son zèle pour la sanctification de la jeunesse : 0 piissime Jesu , quis ultra poU te verecundabitiir esse Inunilis ad parvidos? Quis tumescens et elatus de sud vel magnitudine , vel scientiâ, parvitatem deinceps parvulorum , ignoranliam, vel imbecillitatem audebit aspernari , quandà tu, qui es Deus benedidiis in sœcula , in quo sunt omnes ihesauri sapientiœ et scientiœ Dei abscondili , usque ad castissimos parvulorum amplexus beata brachia mansuetus inclinas
atque circumligas ? Gerson. Tmct. de parvulis tmhendù ad Chrislum. Cû/tsid. i.
1er p Aucwi âge, au point de vue de la foi, ne mérite autant d'intérêt que l'enfance : par son innocence, par ses dangers, el par le bien qaMl est facile de faire en la cullivani. — Quoi de plus pnr en général que le cœur d'un enfant ? Si le vice a déjà fuit quelques blessures à son àm.^ elles ne sont pas profondes. — C'est dans le? premières années ordinairement que se décide le sort des années éternelles. Tout est piège el séduction pour cet âge s ins délîance... Comment un enfant mal élevé échappera-l-il aux périls qui le menacent ? Heureux, au contraire, celui qui a porté de bonne heure
le joug aimable de la vertu ! — L'âme d'un enfant est une terre neuve q-ii n'allend que la culture pour produire au cenluple. S; je couverlis un pécheur, je n'empêche pas que sa vie passée n'ait été une révolte audacieuse contre Dieu; si j'élève bien un enfant, mon zèie va sanctifier tous ses jours, et je particiiicrai à toutes les bonnes œuvres dont il remplira sa carrière.
Ile p. Aucun autre ministère n'e:>t plus avantageux à celui qui l'exerce. Il y trouve mérites multipliés : la charité surîiatura'ise tout ce qu'il fait; sa vie est une pratique coiitinueile d'abnégation et de morlilicat.on... Il y trouve des grâces abondantes, attachées aux prières et à l'innocence des enfants... De là une mort pleine d'espérance et de boniieur.