‹ Nouveau cours de méditations sacerdotales, ouChapitre 43 sur 96 · I. Le? visiter avec empressenitut · texte numérisé non relu

I. Le? visiter avec empressenitut

II. Leur administrer sans délai les sacremenis. m. Les assister encore après i'adrainislralion.

I" P. Visites des malades. Comment le bon prêtre prépare ces visites, comment il les fait.

4" Si les pasteurs étaient fidèles à cette recommandation de l'Esprit saint : Diligenter agnosce vultum pecoris tui ; (Prov. 27. 23.) s'ils apparaissaient quelquefois au milieu des familles , comme des anges de paix ; si de plus ils instruisaient leurs paroissiens sur la nécessité et l'importance de sanctifier les maladies , et de recevoir à temps les secours que l'Eglise offre alors à ses enfants ; s'ils leur parlaient souvent des devoirs qu'ils ont à remplir dans ces circonstances les uns cà l'égard des autres , ils n'auraient pas la douleur d'être appelés trop tard auprès des malades , ou d'en être accueillis avec ce trouble et cette défiance , que ne devrait jamais inspirer un si consolant ministère. Quand la paroisse est religieuse , les considérations tirées de la foi éveillent assez sur ce point l'attention des parents et des amis , et ils se hâtent d'avertir ; quand elle ne l'est Hl. 15.

pas , le bon pasteur emploie les motifs d'honneur et d'humanité ; car à tout prix il veut savoir quand et où sa présence est nécessaire à ses brebis. Il veut que , dans sa paroisse, personne n'ignore qu'il a pour tous un cœur de père ; que Dieu lui impose l'obUgation de tout sacrifier pour leur bonheur , et qu'il est résolu de la remplir ; que bien loin de le contrarier , en l'appelant à quelque heure que ce soit, il serait désolé qu'on eût plus d'égard à son repos , à sa santé , qu'au salut et à la consolation de ses chers malades. Une alarme irréfléchie lui a-t-elle occasionné une course inutile , il n'a garde d'en paraître mécontent. De quoi se plaindrait-il ? On lui a fait ajouter un magnifique fleuron à sa couronne ; les anges ont compté ses pas. Dieu a vu sa charité.

2'^ Visites promptes. Une remise, un instant perdu , c'est peut-être le ciel et le salut perdus pour une pauvre àme. Combien de fois, hélas ! une absence de pur agrément , une conversa-, tion, une partie de jeu ont causé ce malheur épouvantable ! Rien n'arrête, rien ne retarde le bon prêtre, lorsqu'il s'agit de porter l'huile au blessé , le pardon au coupable , Dieu au mourant. — Visites où tout soit empreint de charité et de prudence. Abordez les malades avec un extérieur grave et compatissant , également éloigné de la tristesse qui augmenterait Tour inquiétude, et de la gaieté qui leur ferait croire

que vous êtes insensible à leurs peines. Eilorcezvous d'abord de gagner leur confiance, en leur montrant la sincère aiïection que vous avez pour eux, leur faisant des offres de services, si vous pensez pouvoir les obliger en quelque chose ; mais ensuite parlez-leur avec onction de la paix que procure à Tàme sa réconciliation avec Dieu , et de l'heureuse influence qu'elle peut exercer sur la santé du corps. Votre langage paternel et les preuves effectives de votre dévouement les toucheront d'autant plus , que peut-être ils ne s'y attendaient pas, sachant combien peu jusque-la ils avaient correspondu à votre zèle.

IP P. Administration des derniers sacrements. Le bon prêtre y dispose les fidèles dès le début du mal , s'il présente des symptômes fâcheux. C'est pendant le combat qu'il faut des armes , et pendant la maladie , des remèdes. Après , il n'est plus temps. Est-ce bien quand les forces sont épuisées , les sens assoupis , les facultés presque éteintes , que l'on parvient à éclaircir le ténébreux chaos d'une conscience en désordre? Serez-vous tranquille sur le salut d'un pécheur vieilli dans le crime , si vous ne l'administrez qu'à l'état de cadavre ? Il faut des ménagements, non de la faiblesse. Que dire d'un prêtre qui n\a pas le courage de parler en prêtre ? Plus d'un malade , qui passait pour irréligieux, a olé péniblement surpris, lorsque,

dans la visite reçue de son curé , il a été question de tout, excepté de son àme. Proposez cl commencez la confession le plus tôt que voupourrez; celle que vous allez entendre devr.i peut-être en suppléer , ou en réparer bien d'autres.

L'art d'assister les malades est un don du ciel des plus précieux. Il suppose un riche fonds de charité, une singulière prudence, pour choisir les moyens et les moments favorables ; une rare discrétion , pour dire tout ce qu'il faut , et ne rien dire que ce qu'il faut. Il exige de la piété, beaucoup d'onction , pour inspirer la confiance , pour consoler , toucher, convertir ; en un mot , pour faire en peu d'instants quelquefois ce qui devait être le travail de la vie. Le bon prêtre prend sur lui toute la charge de réconcilier avec Dieu un pécheur, qui est pour ainsi dire hors d'état de s'aider lui-même. Il lui ôte l'embarras de rechercher ses fautes. Il le rassure sur le pardon de celles qu'il oublierait malgré lui, le surprend agréablement , en lui rendant facile la pratique d'un sacrement, dont l'esprit de ténèbres lui avait grossi les difficultés. Avec quelle force pleine de douceur il l'exhorte au repentir, allant prendre ses motifs de contrition principalement dans les souffrances du Sauveur ! Il lui parle avec effusion de la patience avec laquelle ce hi.tii luaitre ne s'est point lassé de l'attendre,

de l'accueil que reçoit l'enfant prodigue à son retour , de la joie que procure au ciel une conversion sincère... Il soutient son espérance par la pensée des satisfactions infinies de Jésus- Christ, qu'il peut s'approprier... Oh î qu'un prêtre fervent , montrant et expliquant le crucifix à un moribond , tire de son cœur de puissantes paroles !

A la grâce du pardon il fait succéder celle de la divine communion. Présentant le Seigneur, dans TEucharistie, comme le véritable médecin de nos corps aussi bien que de nos âmes, Morbos omnes depellit.., œgrotos curât ^ (S. Cyril. Alex. liiJoan. L 4.; il excite le désir de cet auguste sacrement ; tant de guérisons ont été opérées évidemment par la réception du saint viatique î saint Grégoire de Nazianze raconte celle de son père. Mais s'il vous paraît inutile ou-dangereux d'entretenir dans votre malade une espérance de guérison, vous lui direz que Dieu vient se donner comme sauveur , avant de se montrer comme juge ; n'est-ce pas lui olTrir une sentence de salut ?

Il est aussi très-important de lui faire connaître et apprécier les effets de l'Extrême- Onction : Gratia est Spiritfis sancti, dit le concile de Trente, cujus unctio delicta, si qnce sint cuUiàc expianda, ac peccati reliquias ahsterfjit ; et œgrotl animam alleviat et confirmât, magnam in eo divinœ miser icordiœ fidu-

ciam excitando : quà infirmus siiblevatus , et morbi incommoda ac labores leviùs fert et tentationibus dœmonis , calcaneo insidiantis, faciliùs resistit ; et sanitatem corpoins interdàm, ubi mlnti anhnœ expédient , consequitxir . (Sess. \\. c. 2.) De quels biens sont privés à la mort un Q:rand nombre de cbrétiens , ou par leur iîjnorance , ou par la coupable négligence de leurs pasteurs î

IIP P. Assistance des malades dans leurs derniers moments. Elle est toujours extrêmement utile et souvent nécessaire. Un bon prêtre ne croit pas avoir rempli toute sa tcàche par l'administration des sacrements. Le démon ne s'éloigne pas du lit de ce mourant, et sachant qu'il n'a plus qu'un peu de temps pour le tenter, il redouble de rage : Descendit diabolus.., habens iram magmim , sciens quôd modicum tempus habet. (Apoc. 12. 12.) 0 pasteur, que la charité de Jésus-Christ vous anime ! soyez à côté de cette âme pour la défendre. Ne la quittez pas, s'il est possible , que vous ne lui ayez ouvert l'entrée de l'Église triomphante , imitez à son égard la constance de son ange gardien. Étudiez ses dispositions; voyez de quel coté viennent les attaques de l'ennemi, afm d'y porter les secours de votre zèle, opposant l'espérance au désespoir, la confiance aux craintes excessives , la crainte salutaire à la présomption... Surtout, parlez de l'infinie miséricorde aux grands pécheurs ; on

ne saurait croire avec quelle ruse perfide l'ennemi du salut, au moment de la mort, s'applique à leur ôter l'espérance. Vou^ venez d'entendre l'Eglise attribuer cette grâce au sacrement de l'Extrême -Onction : Magnam divinœ miser icordice fiduciam excitando.

Nous avons entre les mains des recueils d'aspirations et de courtes prières , adaptées aux besoins des mourants ; malheureusement elles sont presque stériles dans la bouche d'un prêtre sans piété. Ce sont des traits de feu , mais qui perdent leur chaleur , en passant par un cœur glacé.

Le Mémorial de la vie sacerdotale résume très-bien les devoirs du pasteur envers ses malades, après qu'ils ont reçu les derniers sacrements : Sacra minislerio impleto^ œgrum sanctissimo sacramento refechnn etunctione levatum m derelinquas. — Filium Deo parturivisti : (ilium hune, quasi hlanda mater ^ enutrire salage ; jamque prœparatum magis ac magis justifica et sanctifica. — In infirmitate plus laborat diabolus , sciens quia modicum tempus habet. — Igitur œgrotum fréquenter visita, ut illum contra insidias inimici robores, in gratiâ Dei confirmes, in doloribus juves , in anxietatibus consoleris, et passim etiam adhuc absolvas. — Sanctœ fidei, spei, charitatis, et contritionis actus suggère : dcsideria œternce beatitudinis inspira. — Subjcctionem divinœ voluntati com-

menda, ad patientiam hortare ; Chrisii Domini crucem sœpiùs porrige. — Dei Matris Sandvrumque suffragia pro ipso postula ; sacras indulgentias^ si potestas tibi sii^ applica '. (C. oS.) Après la messe , faites cette prière à Jésus- Christ : Bone Jesu , qui languentibus olim misericorditer opitulatus es, inflammu et me et consacer dotes meos simili char ita lis ardore ; ne gravemur afflictis illam ferre opem , quam laudabis et remunerabis in die judicii. {Scut. fid. hebd. 3. post Epiph.)

1er P. les visiter avec empressement. Il faut préparer ces visites, et comment ? On les prépare, en obéissant à cette recommandation de l'Esprit saint : Biligenter agnosce vultum pecoris tui ; en instruisant les tidèles sur les devoirs quUls ont à remplir, dans ces circonstances, les uns à regard des autres. — Quant aux visites elles-mêmes, qu'elles soient promptes .• un instant perdu , c'est peut-être le ciel perdu pour une pauvre âme. — Qu'elles soient charitables et prudentes. Que tout Textérieur porte l'empreinte de la compassion , également éloigné de la tristesse et de la gaieté.

Ile p^ Administration des sacrements. Le bon prêtre y dispose les fidèles dès le début de la maladie, quand elle parait sérieuse. 11 faut des ménagements, non des faiblesses. C'est pendant le combat qu'il faut des armes. L'art d'administrer les malades est un don précieux. Il suppose un ricbe fond de cbarilé, une rare discrétion, pour dire tout ce qu'il faut et rien que ce qu'il faut...

' Il l'aut lire le chapitre enlit^r. o\ parmuiir -onvonf cet excellent ouvrage.

1! dt;maride beaucoup d'onction, pour ga'„'ner la conliance , pour consoler. A la grâce du pardon le bon prôtre fait succéder celle de la communion, présentant le Sauveur dans l'Eucharistie comme le véritable médecin du corps aussi bien que de Tàme. Il s'efforce de faire apprécier les effets de l'exliême-onction et d'en inspirer le désir.

Ille P. Assistance des malades dans leurs derniers moments. Elle est toujours extrêmement utile et souvent nécessaire. Le démon ne s'éloigne pas ; ô pasteur, soyez à côté de cette âme pour la défendre !

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