‹ Nouveau cours de méditations sacerdotales, ouChapitre 7 sur 96 · I. C'e^t Dieu qui choisit ses ministres : Ego elegi vos · texte numérisé non relu

I. C'e^t Dieu qui choisit ses ministres : Ego elegi vos

II. C'est Dieu qui les envoie el dc'krniiue leur niiss ou : Ut ealis. m. C'est Dieu qui fait frac i fier leurs travaux : Et friutum afferati3.

l^^ P. Dieu seul peut appeler ait ministère apostolique. Pour cuiiiprendre que le droit d'appeler au sacerdoce n'appartient qu'à Dieu

seul, il suffit d'avoir Tidée des grandeurs et des devoirs attachés à cette première de toutes les vocations. De quoi s'agit-il en effet? d'exercer, suivant l'expression de saint Denys, le plus divin de tous les divins emplois ; d'être la lumière du monde, pour dissiper les erreurs par le flambeau de la vérité ; le sel de la terre, pour combattre la corruption du vice ; le défenseur de la foi , l'appui de la religion, l'oracle des grands et des petits, des savants et des ignorants... Il s'agit de renverser l'empire du mal, d'établir celui du bien , d'arracher et de détruire, d'édifier et de planter ; de s'opposer, comme un mur d'airain et une colonne de fer, aux iniquités et aux fureurs du monde, de convertir les pécheurs, de soutenir, de faire avancer les justes.., et pour cela d'annoncer l'Évangile, ses promesses et ses menaces, avec une efficacité que Dieu seul peut donner aux travaux de ses ministres... En un mot, il s'agit d'être l'homme de la droite du Seigneur, et le lieutenant de Jésus-Christ pour la sanctification du monde.

Ce simple portrait de l'homme apostolique ne démonfre-t-il pas la nécessité d'une vocation divine? Mais ce qui la démontre mieux encore, c'est l'exemple du Sauveur. Il avait sans doute, et dans un degré incomparable, toutes les qualités que demande le sacerdoce Que faut-il pour être le plus parfait des prêtres *^ Innocence

— ou —

de vie? Il était la pureté même. Des connaissances étendues? Tous les trésors de la science étaient en lui. Une grande force? Il était la vertu de Dieu. Un zèle ardent? Zelus domûs tii.œ comedit me. Une intention pure? Non quœro .gloriam mcam , sed ejus qui misit me Patris... Cependant il ne prend pas de luimême la dignité sacerdotale; il attend que son Père l'en investisse : Christus non semelipsum, clarificavit ut Ponlifex fieret: ^Hebr. o. 5.)

Conçoit-on qu'il y ait des hommes assez téméraires pour usurper cette gloire, pour forcer l'entrée de la maison de Dieu et se" constituer ses ministres malgré lui? Saint Bernard ne savait comment qualifier cette audace : Qiiid istud temeriiatis^ s'écrie-t-il, imo qiiid insaniœ est '? Ubi timor Dei ? Ubi mortis memoria ? Ubi gehennœ metus et terribilis expectatio judiciif (Declam. 6. 5.) PliJt à Dieu que, même aujourd'hui, cet énorme attentat fût plus rare! Moins de scandales aflligeraient l'épouse de Jésus- Christ. Que faire , si l'on avait eu le malheur de suivre la chair et le sang, et non l'appel divin, quand on a pris une décision si grave? Saint Augustin répond : Si non es vocatus, fac ut voceris. La miséricorde du Seigneur qui n'a point de bornes, peut absolument rectifier le défaut de vocation ; ce qui n'ôte rien à la vérité de cette parole : Difficile est ut bono peraganlur exituquœm^lo suntinxhoaiaprinôipio. S. Léo.)

Il me semble, ô mon Dieu, que sur ce point j'ai lieu d'être tranquille : je n'ai qu'à vous remercier. Avant d'entrer dans une carrière si honorable et si périlleuse, j'ai prié, j'ai consulté, j'ai cherché de bonne foi à connaître l'état que vous m'aviez destiné dans vos éternels décrets ; et quand les portes de votre sanctuaire se sont ouvertes devant moi, j'ai cru pouvoir vous dire : Ecce ego , quia vocasti me. Mais cette vocation générale ne suffit pas.

IF P. Dieu seul doit désigner à chacun de ses minisires son emploi particulier. Tous n'ont pas les mêmes aptitudes ; ils ne peuvent pas avoir tous la même destination. Les uns, dit saint Paul , ont reçu le don de la science, les autres celui delà sagesse ; ceux-ci le don de la parole, ceux-là le don d'interpréter les Écritures. Les ministères sont différents, aussi bien que les opérations de l'Esprit saint. Voilà pourquoi l'un est appelé à être docteur, l'autre pasteur, celuici apôtre, celui-là directeur... C'est le même Dieu qui dispose ainsi de ses ministres, pour l'accroissement et la sanctification de son Église' . A tous les ouvriers il est dit : Ile et vos invineam meam ; mais cbacun doit prendre dans cette vigne le travail qui lui est assigné par le Maître. Heureux celui qui fait bien ce qui lui est commandé, (A qui est iidèle à remplir sa mission :

' I. Cor. 12. 2!^. — Ëph. 4. il.

fidèle quant au temps, quant aux lieux, quant aux circonstances ! Pourquoi dire : H y a tarit d'années que je travaille en second ; ne serais-je pas en état de gouverner moi-même une paroisse? A ma place, Jésus dirait : Nondùm venit hora mea. Pourquoi dire : Resterai -je donc toujours dans ce poste inférieur ? Si Dieu veut que j'use ma vie, relégué dans cette campagne, Jésus-Christ n'a-t-il pas dépensé la sienne dans la contrée où son Père l'avait envoyé ? Le zèle du salut des âmes le dévorait, il eût voulu répandre le feu sacré par toute la terre ! et cependant il ne sort pas de la Judée, parce que des bornes lui sont prescrites : Non sum missus, nisi ad oves quœ perierunt domûs Israël. (Matth. lo. 24.)

Un prêtre, qui n'a que Dieu en vue, lui dit à son entrée dans le sacerdoce : Seigneur, vous me confiez un ministère, je veux l'exercer pour vous seul ; où voulez-vous que je commence, où voulez-vous que je poursuive, où voulezvous que j'achève ma tache? La portion de votre vigne que vous aurez désignée à mes travaux, je veux la féconder de mes sueurs ; je lui voue mes affections, ma santé, ma vie tout entière. Enfin, acceptons notre mission avec toutes ses circonstances. 11 y a des ministères- qui ont de l'éclat devant les hommes, des avantages temporels, des consolations ; il y en a qui n'offrent que des fatigues, des persécutions et de? souf-

frances. Portons-nous aux uns et aux autres avec une généreuse abnégation de nous-mêmes; Soyons prêts, comme Jésus-Christ, à monter sur le Calvaire aussi bien que sur le Thabor, quand telle sera la volonté de notre Père céleste ; à ce prix nous pourrons compter sur d'abondantes bénédictions.

IIF P. Dieu seul fait fructifier les travaux de ses ministres. Cette vérité ne revient jamais trop souvent dans nos méditations, tant il importe que nous en soyons pénétrés. Que sommes-nous, que pouvons-nous de nous-mênies? Cendre et poussière, sarment inutile, paille aride et desséchée, incapables dans l'ordre de la nature de lever les yeux, de remuer le bras sans le concours divin, comment pourrions-nous, dans l'ordre de la grâce, opérer la résurrection des morts, créer des hommes nouveaux?.. Xe serions-nous pas aussi insensés que coupables, si notre esprit se complaisait dans cette pensée : c'est moi, ce sont mes talents, mes industries, mes efforts, qui ont converti les pécheurs, ranimé les tièdes^? Voulons-nous des succès? nous les obtiendrons, si nous les attendons uniquement^ de la grâce, sans néghger toutefois la coopération que Dieu demande; et ils seront ordinairement d'autant plus grands.

' Ne diceres in corde tuo : Fortitudo inea et robur 'anus meae heec niihi omnia praestiterunt. Deut. S. 17.

qu'ils nous attireront moins de louanges, et qu'ils seront nés dans les contradictions, à l'ombre de la croix.

Oui, mon Dieu, nous pouvons annoncer votre Evangile, tonner en chaire, instruire et diriger dans les saints tribunaux : Nos loquimur foris ; mais vous seul , Maître adorable, pouvez donner l'intelligence et le goût des vérités que nous publions; vous seul pouvez vaincre et enchaîner les volontés rebelles, remuer les consciences, et vous bâtir un sanctuaire dans l'intérieur de l'homme : Ipse intellectumaperit, ipse tenet, ipse movet, ipse œdificat. (S. Aug.) Quel est donc celui de vos prêtres, qui produira le plus de fruit dans les âmes et sera le plus grand pour le salut de vos élus : Maximus in salutem elcdorum ? (Eccli. 46. 2.) Vous l'avez dit. Seigneur, c'est celui qui demeure en vous et en qui vous demeurez : Qui mand in me et ego in eo, hic fert fructum multum,quia sine me nihil polestis facere. (Joan.

lo. o.)

Résolutions :l°RecouriràDieuavecconfiance dans les plus grandes difficultés du ministère ; il d daigné vous appeler, il vous envoie ; c'est sa cause que vous soutenez : Nolite timere.. ; nonesteninivestrapufjna, scd Dei. (II. Parai. 20. 15.)

2° Vous tenir toujours étroitement uni à Dieu comme l'instrument à la main qui s'en sert ; de votre docilité aux mouvements de l'Esprit saint dépend le succès de vos travaux.

3° Renvoyer à Dieu la gloire de tout le bien que vous avez pu faire, sans vous en rien réserver; il est probable que vous en auriez fait davantage, si vous vous étiez encore plus effacé, et si vous aviez laissé une liberté plus parfaite à l'action de la grâce : Non iiobis, Domine, non nohis ; sed nomini tua da gloriam.

1er p. Dieu S3ul peut appeler au ministère apostolique. Pe quoi s'ci^il it ? d'exercer le plus divin des empois; d'eue la lumière du monde.. ,- le je' de la terre... d'êlre l'!iornn>rt de lu droi'.e de Dieu, poiii" la suiiclifn aiion du monde. Josu> lui même a dû êire appelé : Christus non, Sf^mefipsum clarifi'avit ut Pontifex fieret. Un homme peui-il êire assez témérnire pour usurper celle g'oire?

Ile p. Dieu seul doit désigner à chacun de ses ministres son emploi particulier. Les mmisièi'es sonl différents, aussi tJien que les opérijlion> de rE>prii suint. A tous les ouvrier? il e>l dit : Ite et vos in vineam meam ,• mais !e maître dé^i'^:ne a chacun son travail Jésus se renferine diins rencfinle de la Judée, parce que telie est la volonté de son Pèi-e.

111e V. Dieu seul fait fructifier les travaux de ses ministres. Malheur à nous s: nous nous arrêtons à cette criminelle pensée: C'est moi, ce sont mes talents, mes industries... qui ont converti les pécheurs!.. S nous voulons des succès, attendons-les unitjuemenl de la grâce, sans négliger la coopération que Dieu exige de I olre zèle : A'o5 loquimur foris ; ipss intellf-ctum aperit, ipse tenet, ipse nwvtt, ipse cedifïcat — Qui mantt in me et ego in eo, hic fert fructim multuni.

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