III. TERRÀUtS SECONDAIRES
Les terrains secondaires sont essentiellement composés de formations marines, comprenant deux sortes de roches de sédiment^ des roches calcaires, remplies de débris organiques, et des roches arénacées ou matières de transport (grès, sables et argiles) alternaDt avec les premières, de telle sorte que^ dans les terrains infiSrieurs, les matières arénacées prédominent, et dans les supérieurs, les roches calcaires. Ces terrains s'étendent depuis le terrain bouiller exclusivement jusqu'à la craie blanche. Dans la partie inférieure sont des grès rouges avec des calcaires noirs ou gris-cendré; dans la partie moyenne, des grès ou marnes bigarrés, riches en amas de sel gemme et de gypse; dans la partie supérieure, sont les grandes masses calcaires^ connues sous let noms iVoolithe et de craie. On trouve en abondance dans ces terrains des fossiles remarquables, qui proviennent d'animaux marins dont la race est depuis longtemps éteinte, des ammonites» des bélemnites, des squelettes de sauriens gigantesques (ichthyosaurcs, plésiosaures, mégalosaurcs, etc.). 11 est rare qu'on y trouve des traces d'oiseaux et de mammifères.
laa LivnB iv.
7* Groupe. Terrain permien (ou pénéen)^ ainsi AOiBiiyë, ptorce qu'il est très-développé dans le gouvernement de Perm, en Roisîe, où il se compose d'une série de couches de çrèsr, de sohîtMiv ■ ^ de marnes et de calcaires, renfermant des amas de sel gemme | ^ et de gypse, et des mines de cuivre. Dans TAIIemaçne septentrionale, il se compose de deux étages principaux, séparés pur une couche peu épaisse de schiste bitumineux cuprifere. L*ëtage inférieur est celui du nouveau grès roui^^ /Fétage supérieur, eeloî | ^ au, calcaire pénéen.Ce dernier étage est complètement dépourra de matières utiles^ aussi bien que Finférieur : les minerais, que l'ov exploite, et qui consistent principalement en minerais decuÎTre, ne se rencontrent que dans le schiste intermédiaire, appelé à cause de cela schiste cuivreux (Kupferschiefer). Le grès c(aî lui sert de base, a été nommé par les mineurs allemands tùdÊ4i&' gende (fond mort) ; et le calcaire qui le surmonte a reçu le non de zechstehij qui veut dire roche indicatrice, parce qu'elle annonce le voisinage de la couche que les mineurs recherchent» pour en faire Fobjet d'une exploitation. En Angleterre, le calcaire pënéen est remplacé par de la dolomie, ou calcaire magnésien.
En France, le grès rouge proprement dit est recouvert par un autre dépôt de grès, appelé grès des Vosges^ qu'on a considéré comme une formation particulière. Il est traversé par des filons ferrugineux, et contient en outre des minerais de manganèse, de plomb et de mercure.
8^ Groupe. Terrain de trias. Ce groupe se compose de trois dépôts, minéralogiquement distincts, et qui semblent former, au moins en Allemagne, une sorte de triade ou d'association inséparable ; ces dépôts sont ceux du grès bigarré^ du nwschelkalk, et des marnes irisées. On leur a donné aussi le nom de terrains salifères, parce que c^est là que se montrent le plus habitnellement les amas de sel gemme dans la partie centrale de TEarope. A ce sel sont souvent associés des amas de gypse (sulfate de chaux hydraté) ou d'anhydritc (sulfate de chaux anhydre). En-' fin, dans l'étage supérieur se rencontrent encore des dépOti de lignite (Lorraine et Alsace).
L'étage inférieur ou le grès bigarré est un grès à ciment argileux, de couleur variée, et souvent bigarré de taches ou de bandes rouges^ jaunes, bleues, etc. L'étage moyen est un caleaîre compacte, d'un gris de fumée, contenant une grande ^antité de coquilles et autres fossiles, dont les plus caractéristiquee sôVt une espèce d'ammonite {ammonites nodosus)^ une espbee d'en-
BiANiÈRE d'Être des minéraux. io3
^ crine (encrinites moniliformis), plus quelques espèces de tërèfaratules, de peignes, d'huîtres et de trigonies. L'ëta£;e supérieur, celui des marnes irisées (ou du keuper), est formé par des marnes bigarrëes de rouge, de gris-verdàlre et de bleuâtre. II est riche en amas de combustibles et de sel gemme (Wurtemberg; mines 'de Vie et de Dieuze, en France). C'est aussi de cet étage que sortent les sources salées du Jiira. La galène en grains se trouve quelquefois disséminée dans les matières arcnacées du Trias ; les minerais de cuivre de Chessy, le chrome oxydé du Creusot, le manganèse oxydé de Romanéche, appartiennent aussi à ce terrain. ^
9* Groupe. Terrain jurassique. Ce terrain, qui est très-dëveloppé en Angleterre et en France, et dont les montagnes du Jura sont composées en très-grande partie, forme à la surface do no8l:ontinents de grandes zones, qui se succèdent les unes ai|x autres, et se composent de couches alternatives d*argiles, et de calcaires purs ou argileux, quelquefois compactes, mais le plus souvent à structure oolithique, circonstance qui a valu à ces terrains le nom de terrairts oolilhiques. Les argiles sont grises ou bleuâtres ; les calcaires ont des teintes foncées dans la partie inférieure ; ils sont généralement blancs ou jaunâtres dans les parties moyenne et supérieure. Ils fournissent de bonnes pierres lithographiques, des pierres à chaux hydraulique et d'excellentes pierres de construction. On trouve dans ce terrain^ des minerais de fer hydraté, dans deux positions très-différentes : dans Tune , le minerai est en couches réglées au milieu du terrain lui-même, et lui est par conséquent contemporain : c'est le fer hydraté oolithique. L'autre, qui est en amas superficiels, et quelquefois |)énètrc le terrain de haut en bas par des fentes ou des espèces de puits, appartient à une formation plus récente : on lui a donne le nom de fer pisolithique, ou de mine de fer en grains. On trouve encore dans ce terrain quelques amas ou filons métallifères, ou bien des couches imprégnées de minerais (oxyde rouge do fer, sulfure de mercure, et galène), des amas de sel gemme, de gypse et de dolomie, et quelques dépôts de combustibles charbonneux.
Ces terrains sont caractérisés, sous le rapport paléontologique^ par une grande abondance de reptiles sauriens (ichthyosaures, plésiosaures, ptérodactyles, etc.), d'ammonites à cloisons persilléeh, de coquilles bivalves des genres huitre, gryphée, trigonie, et par un grand développement d'échinides (oursins) et
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de polypiers. C'est là qu'a lieu la première apparition det bélemnites, et qu'on a observé pour la première fois des débris de mammifères.
On partagée les terrains jurassiques en deux systèmes, dont Tinférieur est le système du lias, et le supérieur est le système ooUthique; ce dernier se subdivise en trois étages : VooUthe in^^ férieure^ YooUthe moyenne , et Voolillie supérieure. Ces deux sy»témes diffèrent beaucoup entre eux par leur physionomie et leur composition minérale. Le lias ou calcaire à g^rypbées arquées, est un calcaire arf;ileux, de couleur foncée et souvent bleuâtre (pierre bleue de la Bourf^ogne). 1) repose sur des f;rè8 qui, dans certains endroits, deviennent feldspai biques (arkoses), et renferment alors des minéraux cristallisés, et des minerais en ro{;nons. L'oolitbe inférieure est souvent comme p(^trie de globules de fer bydraié; elle offre ensuite une couche d'argile, que les Anglais nomment la lerre à foulon, parce qu'elle sert à dégraisser les draps qui sortent de leurs fabriques, et, au-dessus de cette argile, le puissant dépôt de la grande oolithe. C^est ce dépôt qui fournit la pierre de Caen , une des meilleures pierres de construction.
L'étage de l'oolithe moyenne comprend deux assises ou deux groupes distincts de couches : le groupe oxfordien, comprenant des couches d'une argile bleue (argile d'Oxford et de Dives), et le groupe corallien (ou coral-rag)^ formé de couches qui renferment une grande quantité de coraux. L'oolithe supérieure se subdivise aussi en deux groupes distincts : le groupe kimméridien, comprenant des couches d'argile bleue ou jaunâtre (argile de Kimmeridge et de Honfleur), et le groupe portlandien, formé de couches calcaires, qui fournissent une très-belle pierre de construction (la pierre de Portland).
lo* Groupe. Terrain crétacé inférieur. Ce terrain se compose en général de calcaires , de marnes et d'argiles , de grès et de sables ferrugineux. Il se divise en trois étages : Vétage néocomienp ou wealdien; l'étage du grès vert, et celui de la craie tufeau. L'étage néocomien consiste généralement en dépôts marins, com* posés de calcaires, de marnes et d'argiles, avec couches subordonnées de sables ferrugineux. Ces couches contiennent des échinides, des nautiles d'espèces caractéristiques, et des ammonites de grande taille, à tours de spire séparés. En quelques endroits, ce dépôt marin est remplacé par une formation correspondante de dépôts lacustres ou fluviatiles (formation wealdienna
MANiÈRB d'Être des MimlRAUz. io5
des Anglais). Des minerais de fer se rencontrent en France dans les parties sableuses de Fëtai néocomien (minerais de fer de Wassy et de Saint-Dizier). L'ëtaf[e du {jrès veri contient une marne bleue (gault), puis des sables ou grès verts, colorés par des grains de glauconie ou de silicate de fer. L'étage de la craie tufeau est caractérisé par des coucb.es de craie (calcaire friable ou terreux); cette craie est verte inférieurcment (craie verte, ouglauconieuse); mais dans les parties supérieures, elle est grise, grossière, sableuse ou marneuse (craie tufeao, proprement dite). Elle renferme des silex cornés, de couleur blonde. Les principaux fossiles qu^on y rencontresont des ammonites, des grypbées, des huîtres, etc.
1 1* Groupe. Terrain crétacé supérieur. Ce terrain, formé de dépôts exclusivement marins, se compose, dans le nord de la France et en Angleterre, de diverses couebes d'un calcaire tendre et friable, appelé craie blanche^ ou craie proprement dite ^ qui présente dans les environs de Paris une puissance de plus de deux cents mètres. Les premières couebes sont sans silex, mais dans sa partie supérieure, la craie blancbe renferme des rognons de silex pyromaque, disposés par séries planes, ou formant des espèces de lits interrompus. Sa stratification, généralement peu distincte, est indiquée par ces lignes de silex, qui sont très-apparentes dans les escarpements. Elle abonde en mollusques et en zoophytes, parmi lesquels on remarque surtout, comme caractéristiques, certaines espèces de hélemnite, d'buitre, d'oursin, etc. Dans le midi de la France, la craie cbange d'aspect: elle devient plus compacte et plus dure, et quelquefois elle perd tout-à-fait sa couleur blancbe : là elle se distingue par une grande abondance de coquilles de la famille des rudistes (bippurites, radiolites).