‹ Nouveau cours de minéralogie, comprenant la description de toutes les espèces minérales avec leur applications directes aux arts (volume 2)Chapitre 59 sur 120 · GRAPHITE · texte numérisé non relu

GRAPHITE

Usages,-^ Le principat^emploi du graphite, est de servir à la fabrication des crayons dits de mine de plomb. Celui de Borrowdale en Angleterre , qui est d'une finesse et d'une pureté extrêmes, est la variété la plus propre à cet usage^ et la seule qu'on puisse employer pour les crayons fins. On n'a besoin de loi faire subir aucune préparation : il suffit de le scier en ba* guettes carrées^ excessivement minces, que l'on introduit ensuite dans des rainures creusées dans du bois de cèdre, de genévrier ou de cyprès. Ces crayons simples sont rares, et toujours fort cbers : leurs qualités essentielles sont de se laisser tailler sans te briser, d'être à la fois moelleux et fermes. La poussière qui provient de la préparation des baguettes , broyée avec de la gomme ou de la colle de poisson , sert à composer des crayons communs» qui ont moins de ténacité, mais qui sont encore as« ME bons, lorsqu'ils ont été fabriqués avec du graphite bien pur. Afffès les crayons de graphite anglais, ceux qui méritent la préftrence se confectionnent avec les variétés de graphite que Ton tire de Passau en Bavière. La principale exploitation de graphite eD France existe dans le département de l'Ariège : le graphite s'y trouve en grosses masses compactes. On en exploite aussi en Piémont et en Espagne. C'est toujours avec le minéral réduit en poudre et mêlé à des matières agglutinantes, que se font les crayons dans ces divers pays; on y ajoute quelquefois du sulfure d'antimoine. Ces crayons sont durs et ne présentent jamais cette finesse que l'on recherche dans les crayons anglais.

Mêlé avec de l'argile, le graphite de Bavière sert à former les creusets dits creusets de mine de plomb ou creusets noirs de Passoti, qui résistent bien au feu et sont particulièrement employés par les fondeurs en cuivre. Broyé avec de la graisse, il forme une espèce de pommade onctueuse, qui sert à adoucir le frottement des engrenages ; on en frotte la fonte et la tôle, pour les préserver de la rouille; on en couvre les poêles de terre, afin de leur donner l'aspect de la fonte; enfin on l'emploie à vernisser la grenaille ou le plomb à giboyer, et l'on soupçonne qu'il entre ^ans la composition du vernis particulier dont les Anglais se servent pour garantir leurs canons et leurs caronadesde fer, de l'action de Tair et de la pluie.

Cours de Minéraloqie. Tome IL il

1^8 COMBU8TIBIA8 GHlBBONNEUZ.

AppiNDiGE. — CHARBONS FOSSIUESi

On sait qu'il existe* dans l'intérieur de la teire des matan énormes de matières combustibles, d'une importance immeoip pour les arts métallurgiques et l'es diverses branches de Piadu»trie. Ces combustibles minéraux, ou plutôt fossile», sont connin sous les noms d* anthracite, de houille^ de lignUe et de tombé,. Leur étude appartient, presque exclusivement, à la géologie et à la chimie : ce n'est que par une sorte d'habitude et de toléranèa qu'on les range encore parmi les espèces minérales pro ment dîtes, dans les classifications qui se rapportent au règne î r| nique, car ils échappent entièrement aux règles ordinaii spécification^ ne possédant en eux-mêmes ni traces de stmc cristalline, ni composition chimique définie. Ils ont tous é demment une origine organique, et proviennent de vëgéc enfouis, dont les détritus, accumulés et tassés sous les eaux, i subi une décomposition spontanée, une sorte de pourriture h mide> et sont arrivés avec le temps, et sous certaines conditi s de pression et de température, à un état d'altération m

moins avancée, qui fait seul aujourd'hui leur différence.

En effet, si l'on vient à comparer attentivement leurs pMh priétés et leur composition chimique, à celles du boift^ comsM l'a fait M. Regnault, on reconnaît sans peine qu'on peut ordon* ner la série de leurs variétés de telle sorte, que l'on passe psv degrés du bois à la tourbe, de la tourbe au lignite, du ligîûte à la houille, et de celle-ci à l'anthracite.

Dans les tourbes et dans les lignites, qui appartiennent am terrains modernes et aux terrains tertiaires, la structure Qvgt^ nique est souvent conservée d'une manière si parhiite, qu'on ae peut élever aucun doute sur leur origine végétale ^ mais, dans les combustibles des terrains plus anciens, on ne reconnaît plus en général les traces de Torganisation primitive; on ne trouml plus en eux que des masses noires, brillantes, compactes ou schisteuses, donnant une poussière d'un noir plus ou moîds brun : ce sont les houilles et les anthracites. Ils sont rares dans les terrains secondaires, où on les rencontre parfois dans les étages moyens (terrains triasique et jurassique); mais ik sont très-abondants dans les terrains primaires ou de transition, et leur présence est même si fréquente dans les parties supérieures de ces terrains, que ces étages sont généralement connus sous

Hide inthraxifère et de terrain houtUer, la houille

I lé] itj M] ticulièrement le plus éïewé de ces étages, et l'ai t te ae. contrant d'ordinaire dans l'étage, immédia-

(jpL' ^én la structure propre aux plantes ne soit plus Il \le dans ces deux sortes de combustibles, cependant

r 0 jne ^ 3 n'est pas douteuse : car^ outre qu'on a pu

( Iq )is,< i la houille même des traces d'organisation \- le ( m 'oscope^-on trouve habituellement dans les coule gros et de schiste qui accompagnent les bancs de houille, i dans ks feuillets schisteux qui souvent alternent avec

de houille prQ|Hie ht dite, des empreintes de plantes teint :tê, qu'il a i fecile aux botanistes d'indiquer les faq les I appartiennent, et de rétablir en quelque la !d époques anciennes. On trouve même souvent es n; ,de véritables tiges dont les parties ligneuses, oH it eneore tous les caractères de l'organisation végétale, sont tellement changées en un charbon parfaitement semblable à celui qui forme des couches au-dessus ou au-dessous.

On voit combien, à raison de cette communauté d'origine qui les rapproche^ il peut être utile d'étudier parallèlement et d'une manière comparative, les différentes espèces de combustibles minéraux. Ce travail a été fait avec beaucoup de soin par M. Regnault; ce chimiste a fait voir que l'analyse élémentaire de ces combustibles rend facilement compte de leurs diverses propriétés, et peut indiquer les usages auxquels chacun d'eux se prête le mieux.

Tous sont formés^ en général, d'un élément fixe (le carbone), auquel se joint une quantité plus ou moins grande d'éléments gazeux (hydrogène et oxygène). Les houilles renferment aussi de l'azote, mais en proportion généralement très-faible. Les diverses propriétés de ces combustibles dépendent des quantités, tant absolues que relatives^ des deux premiers éléments gazeux, Foxygène et l'hydrogène. A mesure que le combustible est plus ancien, ou la décomposition de la matière organique plus avancée^ la proportion de ces deux gaz diminue graduellement, et la quantité de carbone augmente. De plus, la quantité d'oxygène diminue du bois à la tourbe, de la tourbe au lignite, à la houille et à l'anthracite^ tandis que la quantité d'hydrogène demeure à peu près constante pour tous ces combustibles. Il suit de là qu'on combustible est d'autant plus moderne, qu'il contient plus

l8o COHBTITIBLU CHUtBOIfnDZ.

degizetqaelerappondel'oiygëDeàl'hjdrogfeiie «tplusân^^^' Au contraire, plu» il s'éloigne de i'ëpoque actuelle, plm il o-*' riche en carbone, et par conséqueDt son pouvoir calonfiqi^^*- ' croit d'autant, car la chaleur produite dépend de la quanti^^^ de carbone contenue dans un poids déterminé de combnitiN^^^ * Les combustibles dont nous parlons, peuvent se distîii(;n^^^^ entre eux par les difFërences qu'ils présentent, lorsqu'on leic(n^^*~* ùdére sous les divers points de vue de la composition ëlémeiK- " taire, de la distillation en vases clos, de la calcination k l'aL -*~ pendant huit à dix minutes, et enfin de la combustion proloDgéeS'' C'est ainsi que M. Reguault a procédé dans son travail, étudlan < avec soin les substances gazeuses qui se dégagent pendant lA première opération, et la nature du coke qu'elle fournil, en— luantla perte en matières volatiles, qui a lieu pendant la seeo examinant les caractères particuliers de la combustion, et dea cendres qui en proviennent. Nous donnons dans le tableau i Tant te résumé des principaux résultats qu'il a obtenus.

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CHARBONS F0MILB8.

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