‹ Nouveau cours de minéralogie, comprenant la description de toutes les espèces minérales avec leur applications directes aux arts (volume 2)Chapitre 60 sur 120 · CA · texte numérisé non relu

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l83 GOMBCSTIBLBS GHAJUM»IM£DX.

Des qnatre combustibles que nous yenons âfél ' o tîveinent, c'est la houille qui est le plus important, le

est plus abondamment répandue, qu'elle donne à poids beaucoup plus de chaleur que le bois ou charbon ordinairt^ e* que ses variétés nombreuses peuvent être assorties à Une fei d'usages dans les arts et dans TécoDomie domestique. Penonne n^ignore en effet que ce combustible est aujourd'hui pour les nations civilisées une source précieuse et intarissable de cfaBleiBV de lumière et de force industrielle. Pendant longtemps, ces trésors de la terre sont restés enfouis dans ses profondeurs, par que les peuples qui les possédaient n'en connaissaient pu valeur. C'est la science seule qui leur en a révélé tonte l'im tance, en leur donnant les moyens de les mettre k profit tenant la houille est considérée partout comme l'une des pi cipales substances qui forment la richesse minérale d'un pa Sous ce rapport, elle ne le cède qu'aux minerais de ferries mi d'or et d'argent ne viennent qu'en troisième ligne.

Au point de vue économique, les anthracites ne sont qv des termes extrêmes de la nombreuse série des houill variété qu'on appelle souvent houille anthraciteuse^ où honilte sèche sans flamme. Les houilles ordinaires ou houilles propiement dites n'en diffèrent, comme le montre le tableau précédent, que par la quantité de matières volatiles qu'elles perdent II calcination en plein air. Tandis que la perte de poids qu'éproa de cette manière l'anthracite, ne va qu'à 5 ou lo p. loo, celle qQC dans les mêmes circonstances donnent les houilles proprem* dites peut aller de 20 à 4o p. 100, selon les diverses qualités. Par la distillation en vases clos, l'anthracite ne fournit presque rien, et se change en un coke pulvérulent : les houilles donnent au contraire à la distillation, outre de l'eau, des gaz combustibles et de l'ammoniaque, une quantité plus ou moins grande de matière bitumineuse ou de goudron minéral. C'est par cette matière bitumineuse dont la proportion est variable, que les houilles se distinguent surtout des anthracites, qui ne sont pour ainsi dite que des houilles sèches sans bitume, et presque réduites naturellement à l'état de coke : car, le charbon provenant de la dntîllation de la houille, et auquel on a donné ce nom particulîerp ressemble beaucoup par son éclat métalloïde aux anthracites proprement dits; seulement, il est plus ou moins dur ou poreux, plus ou moins boursoufQé, selon les diverses qualités du combustible.

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e 00 rant comme un des termes extrêmes de la $érie

I, on a donné quelquefois à l'anthracite le noco de

8 éc tfe» k raison de son aspect métalloïde. Cette variété

dtj le a d'ailleurs pour caractères diatmctife, de s'allumer

ilement et de brûler presque sans flamme ni fumée, tandis

àss autres houilles (ifûlent facilement avec une flamme

che, en répandant une fumée noire et une odeur bitumi-

fl Celles-ci présentent en quelque sorte deux combustions

qoi se succèdent sans <se confondre : la première, qui

laeà la substance bitumineuse et aux autres matières vola-

I est celle qui se fait avec flamme, fumée et odeur, et qui a

"lésÊdu le coke; la seconde, qui vient après et ne produit

]il8i qu'une flamme bleue tiès-courte^ est due au coke même,

ne laisse pour résidu que des cendres scoriacées. Les an-

Ib ûtes ou houilles anthraciteuses ne sont susceptibles que

de ce dernier fçenre de combustion.

Les houilles proprement dites dégagent par calcination une

(Quantité plus ou -moins grande de matières volatiles et de gaz

Inflammables. Avant de se décomposer, elles subissent souvent

i«D eomii»encement de fusion : elles se gonflent, et se ramollis-

-fodt à un tel point que les fragments -ise collent entre eux, et le

•charbon restant ou coke présente alors l'aspect d'une masse

-boorsoufllée. C'est cette propriété qui les rend si précieuses pour

^'travail de la forge du maréchal, car il en résulte qu'il se

^Ibrme, au-devant de la tuyère des soufflets, une sorte de pont

HïVL de voûte ardente, sous laquelle le fer est ég^ement chauffe

à f abri de l'air extérieur.

Par la distillation en vases clos, elles donnent le gaz de i'é- -clairage, qui se compose d'un mélange d'hydrogène protocarboné, 4l'hydrogène bicarboné, et de quelques autres gaz. Le pouvoir -éciairant des houilles n'est point en rapport direct avec leur^facolté calorifique, car il dépend de la quantité de matières volatiles qu'elles renferment : les meilleures houilles pour l'éclairage ne sont donc pas celles qui donnent le plus de chaleur. Le pouvoir calorifique est proportionnel à la quantité de carbone que contient le combustible, plus celle de l'hydrogène qui peut se troui^er en excès à l'égard de la proportion nécessaire pour trans- 'fbrmer en eau tout l'axygèae. La fusibilité des houilles parait dépendre aussi du rapport de l'hydrogène à l'oxygène: dans les •parties volatiles; elle est d'autant plus grande, que l'excès dont ttoas v^enons 4e parlerj'est|>l«s considérabk.

l84 GOMBUgTIBLlg CHÀEBOinnUZ.

Diaprés leurd applications aux arts ou leurs diverses qoaliléi, on peut distinguer parmi les houilles, cinq vBTÏètiB principahi: 1^ les houilles sèches, sans flamme ou à courte flamme, ontfavcites ou houilles anthraciteuses : elles sont d'un noir métalloïde, quelquefois irisées à leur surface, et brûlent difficilement, avec une flamme très-courte, sans fumée et san%pdeur: leur combustion ns marche bien que quand on les emploie en grandes masses» dani des fourneaux ou sur des grilles qui puissent donner accès à de forts courants d'air. Elles ont l'inconvénient d'éclater au feu» et de se réduire en poussière qui» en se tassant, intercepte le pa^ sage à l'air. Elles ne servent que dans les travaux en grand dei fonderies, des verreries et des fours à chaux. — i^ Les honil grasses et dures, dont la composition se rapproche le plus de celle des anthracites : elles donnent un coke métalloïde bo1I^ . soufflé» mais moins gonflé et plus dense que celui des houiUei maréchales. Elles sont les plus estimées pour les opérations m^ taliurgiques qui exigent un feu vif et soutenu, et donnent le meilleur coke pour les hauts-fourneaux. — 3^ Les houil grasses maréchales , d'un beau noir et d'un éclat gras caractéristique : ce sont les meilleures pour la forge» parce qu'elles sont collantes, et qu'elles produisent une grande élévation de température; leur flamme est courte» leur coke très-boursoufflé. — 4^ Les houilles grasses à longues flammes ; elles donnent en général un coke boursoufflé, mais beaucoup moins que celui des houilles maréchales ; elles sont recherchées pour les fourneaux à réverbère, pour le chauffage domestique» et pour la fabrication du gaz d'éclairage. — - S'' Les houilles sèches à longues flammes : ce sont celles qui contiennent le plus d'oxygène et se rapprochent le plus deslignites; elles donnent un coke non boursoufflé et à peine fritte, produisent beaucoup moins de chaleur que les variétés précédentes, et ne sont bonnes que pour la cuisson^ et pour les chaudières d'évaporation.

On voit par cette classification des diverses variétés de houille, que les meilleures» qui sont les houilles grasses» occupent le milieu de la série, et qu'elles peuvent passer aux houilles séchas de deux manières, soit en se rapprochant des anthracites par la prédominance de plus en plus grande du carbone, soit en marchant vers les lignites par l'augmentation progressive de la quantité d'oxygène.

La pyrite de fer est souvent disséminée» en quantité plus ou moins grande, dans les bancs de houille, comme elle Test dans

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le lignites : sa présence nuit à la qualité de ce combus- I q alors, devient impropre au traitement des minerais de ità plusieurs usages économiques. Cette pyrite, par la propriété qu'elle a de se décomposer au contact d'un air humide, tead à désaggréger la houille, et par la chaleur que développe cette décomposition chimique, cause souvent Finflammation Qtanée du combustible, soit dans la houillère même, soit d es magasins où on le conserve. Quelquefois aussi il se déurellement des houilles grasses, de Thydrogène protodni é, que les mineurs appellent grisou ou gaz inflammable (vo ci-dessus page 1 5o), et qui, en se répandant et en s'accumt dans les galeries de mines, y donne souvent lieu à de stes explosions , et devient un des plus grands obstacles à fei )itation des houillères.

Les lignîtes sont des combustibles charbonneux de couleur noire ou brune, provenant de tiges de végétaux ligneux; ils présentent fréquemment dans leur tissu fibreux, des traces évidentes de cette origine. Ils s'allument et brûlent facilement avec flamme, fumée noire et odeur bitumineuse, sans se boursonfBer, en donnant un charbon semblable à la braise, et des cendres terreuses analogues à celles de nos foyers. Par la distillation en vases clos, ils dégagent, comme le bois, de l'eau, de l'acide acétique, et une matière bitumineuse, et le charbon qui reste conserve la forme du morceau dont il provient. Ces combustibles sont bons pour le chauffage, comme pour la cuisson des briques et de la chaux.

Les tourbes sont des matières brunes ou noires, présentant un tissu spongieux, dans lequel on reconnaît souvent un entrelacement de parties organiques filamenteuses. Ces matières brûlent facilement avec ou sans flamme, en répandant une fumée et une odeur analogues à celles des herbes sèches , et en abandonnant, après une première combustion, une braise très-légère. Après une combustion prolongée, elles laissent un résidu de cendres légères , qu'on emploie en agriculture pour amender les terres. Les tourbes servent au chauffage domestique, dans les contrées où elles abondent, et elles se prêtent généralement à tous les usages auxquels le bois lui-même peut servir. Souvent ou les carbonise dans des fourneaux convenablement disposés, et l'on substitue leur charbon à celui du bois proprement dit.

On sait que les tourbes se forment journellement dans les

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marais des z6nes tempërëos, par l'acciiniularion et le tafsemem sous les eaux des débris des plantes herbaeëes, qui sont conti- | nuellement submergées^ comme les sphaignes et les tonferm. On peut en suivre la formation graduelle, en partant de la8Ct^ face où les plantes sont encore fraîches et vivantes, et en allait vers les parties inférieures du dépôt, où elles se montrent dans un état d'altération plus ou moins avancé.

Bien que, diaprés la comparaison générale que nous venom de fiaire entre les quatre principaux combustibles fossiles, il demeure évident qu'on ne peut pas voir en eux de véritaUtt espèces minérales, cependant on est dans l'habitude de les présenter et de les décrire comme telles dans les traités mtnéndogiques, parce qu'ils existent en grandes masses dans l'écoree da globe, au milieu des minéraux proprements dits, et qn*iis y ont été en quelque sorte comme minéralisés par les transformât! qu'ils y ont subies. On range donc ces prétendues espèces parmi les substances minérales, au lieu de renvoyer leur histoire i la géologie et à la chimie ; on expose séparément leurs caractères généraux, on partage chacune d'elles en variétés » et après ceh on indique leurs gisements et leurs applications comme à For^ dinaire. C'est ce que nous allons faire ici pour nous conformer à l'usage, mais le plus brièvement possible, et en évitant de répéter les détails que déjà nous avons donnés sur chacun d'eux dans les considérations qui précèdent.

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