‹ Nouveau cours de minéralogie, comprenant la description de toutes les espèces minérales avec leur applications directes aux arts (volume 2)Chapitre 65 sur 120 · TOUBBB · texte numérisé non relu

TOUBBB

Substance combustible, brune ou noirâtre, spongieuse, légère, formée dans les marais par l'accumulation des débris de planta aquatiques ; brûlant facilement avec ou sans flamme, en répandant une fumée analogue à celle des herbes siches» et laissant après la première combustion une braise très-légère. Sa texture varie suivant la profondeur du dépôt, et l'état d'altération plu ou moins avancée dans lequel se trouvent les parties organiquei dont elle se compose. On distingue comme variétés principales, les tourbes compactes, terreuses ou limoneuses, qui n'offrent plus que de rares débris reconnaissables, et les tourbes grossièrei, fibreuses ou mousseuses, dans lesquelles abondent les fragments de plantes visibles. On donne le nom de tourbe des marais, à celle qui ne contient que des végétaux terrestres, et celai de tourbe marine, à celle qui est composée en tout ou en partie de végétaux marins et notamment de fucus. L'altération des végétaux, qui produit la tourbe, les transforme, en grande partie, en substances particulières appelées ulmine, et acide tdmique.

Gisements et usages, — La tourbe est extrêmement abondante à la surface de la terre, dans tous les pays marécageux, qui sont

CHARBONS FOSSILES. igS

encore ou qui ont été anciennement occupés par des eaux douces. Dans ce dernier cas, elle se présente immédiatement aa-dessous de la terre végétale^ ou recouverte seulement d'une coache de sable et de limon. Elle couvre quelquefois d'immenses espaces dans les parties basses de nos continents (Hollande, Westphalie^ Hanovre, etc.), et forme aussi de petits dépôts dans . les hautes vallées et dans les gorges des montagnes. Les amas de tourbe sont souvent d'une grande épaisseur; la plupart sont sous l'eau; mais quelques-uns sont à sec, et recouverts par de belles prairies. Lorsque les tourbières sont ainsi masquées par h végétation, leur présence se manifeste par l'élasticité du terrain, qui tremble sous les pieds, surtout lorsqu'il est humide; nollesse est souvent telle qu'on ne peut y marcber sans y ncer.

On trouve au milieu des tourbières, des substances dénature variée; d'abord quelques substances minérales, entre autres k phosphate de fer terreux, qui enveloppe les racines et les tiges des végétaux qui entrent dans la composition du combustible. On prétend y avoir observé aussi des pyrites et du suUate de fer; mais, suivant Al. Brongniart, la plupart des tourbes nom« mëes pyriteuses sont de véritables lignites. On rencontre en outre dans les tourbières une grande quantité de coquilles d'eau douce, dont les animaux ont été décomposés en même temps que les matières végétales, ce qui est sans doute la cause de rpdeur désagréable que la tourbe exhale en brûlant. On y trouve aussi des débris de mammifères, appartenant en général aux espèces qui vivent encore sur les lieux; des troncs d'arbre, qui portent l'empreinte de la hache qui les a abattus; et enfin, différents monuments de l'industrie humaine : toutes circonstances ' qui prouvent que la tourbe est de formation moderne. On sait en effet qu'elle se produit journellement dans un grand nombre de lieux bas et marécageux.

On n'a cependant aucune donnée bien certaine sur le mode de formation de ce combustible, ni sur les causes qui font que certains marais en renferment, tandis que d'autres laissent pourrir les végétaux qu'ils nourrissent, sans pouvoir les transformer en tourbe. On remarque que les régions intertropicales en sont totalement privées, ce qui semble indiquer qu'une température élevée n'est pas favorable à sa production. Il parait qu'elle exige une humidité constante, une eau peu profonde, qui se renouvelle lentement, et ne disparaisse jamais complètement par les

Cours de Minéralogie, Tome IL 13

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chaleurs de l'été. Eofin la nature de la végét^Xlof^ <W^i if dans cette eau, a aussi une grande influence sur If fonnaii de la tourbe. Dans les contrées où elle est abondante, on peig en quelque sorte mettre les tourbières en coupe r^lée ci les bois : car, la tourbe étant extraite sur certains points, il i reproduit de nouvelle, qui s'accumulant d'année pu année, par remplacer celle qu'on a enlevée. La rapidité c)e cet^ 9r duction varie selon les pays : en Hollande^ elle n'exige que jtrçnte ou quarante ans ; mais, dans quelques parties de la France, ^e à cent années le terme de la régénération de la tourbe. Les plus grandes tourbières qu'il y ait en France, sont cd de la vallée de la Somme, depuis Saint-Quentin jusqu'à Abb^ ville. Il existe d'ailleurs des dépôts de tourbes dans plus de q rante départements ; et aux environs de Paris même, sur les de l'Essonne. L'exploitation de la tourbe est portée en Bo à un rare degré de perfection ; les Hollandais en font une ioh mense consommation, la bouille et le bois manquant dans } pays. Ils l'emploient à presque tous les usages auxquels le bois pourrait servir. On l'utilise, comme combustible, sous prois foi différentes: i^ à l'état brut ou naturel^ en briquettes façonni au loucbet, sorte de bêche particulière avec laquelle on l'extr^; 2^ à Tétat compacte, ou en masses fortement condensées ffft une pression considérable ; 3^ à Tétat carbonisé : le charbon c|^ tourbe produit une quantité de chaleur presque ^ale à Q^ffi que donne le charbon ordinaire. Les cendres de la tourbe •ç^ vent aussi, en agriculture, pour amender les terres sableuses- çt calcaires : on leur a reconnu la propriété de fertilisa singptièrement les prairies.

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