Wôhler et H. De ville ont prouvé que ces cristaux ne
que des combinaisons d'azoture de titane et de cyanure de
; ils ont établi en même temps que le titane ne sadrait se
tenir à Tétat métallique aux températures élevées, à causé
prande affinité pour Tazoïe de l'air. Le titane pur, qu'ils
pu obtenir, en le mettant à l'abri du contact de l'air, est
poudre d'un gpris foncé.
np Tribu. Cubiques.
7« Espèce. Meroube.
^i.:G9dUgen Quecksilber, Werner; Mercure natifs Haûj. Vulgairement vif argent, ou Mercure coulant. En latin : Hydrarffyrum.
Métal blanc, liquide à la température ordinaire^ et ayant alors nnedensitéde 18,596; se solidifiant à une température de — 4o°j et formant alors un métal solide, malléable, blanc et brilbnt, et ressemblant beaucoup à l'argent. Ce métal figé, étant priiavec la main, lui fait éprouver une sensation douloureuse, imparable à celle que produit une brûlure; en se solidifiant, ■ devient plus dense; à une température peu inférieure à — ^0% «I densité est de i4,5. De — J^o° jusqu'au-delà de 100®, le mercure liquide se dilate uniforméuient, et pour cbaque degré d'élévation en température, d'une fraction de son volume égale à
-=ïx-« 11 l>out à 35o** du tbermomètre à air, et se volatilise
nmplètement. En le solidifiant à l'aide d'un mélange réfrigé- «Dt, on peut l'obtenir cristallisé : ses cristaux sont des octaèdres éguliers, ou des rbombododécaèdres. Il a la propriété de dis- Dudre l'or et l'argent, ce qui permet de l'employer, comme
us le dirons bientôt, à rextraction de ces métaux dans certains U. Le mercure qu'on trouve à l'état natif dans la nature, est mvent mêlé d'une petite quantité d'argent ; qu'on en sépare
ëment par la distillation.
Le mercure natif se rencontre accidentellement dans les mines mercurci où il parait être constamment le produit de la dé-
a44 MÉTAUX NATIFS
composition du cinabre ou sulfure rouge de mercure, qui b minerai le plus abondant et le seul exploitable, et peut aussi du chlorure de mercure, qui est infiniment plus rare, le trouve souvent en petites gouttelettes, adhérentes aux rais, de Tintërieur desquels il semble suinter, et queiquefeil gouttelettes se rassemblent en petites masses fluides da cavités de la roche. On peut donc s'attendre à trouver du cure coulant, partout où le cinabre existe en grandes a par conséquent dans les mines d'Aîmaden, province delà] che, et d'Almadenejos, province des Asturies, en Espi , dans celles de Ripa, en Toscane, où le minerai se trouve filons ou veines dans les terrains anciens; et aussi, dans ta célèbre dldria en Carniole, et dans celles beaucoup moins portantes de la Bavière rhénane , où le minerai est d dans des couches de calcaires, de marnes ou de grès, de Tépc jurassique.
On a cependant trouvé des globules de mercure dans des i ches plus, modernes encore, et sans qu'on ait pu découvrir ju 'J présent de dépôts de cinabre dans le voisinage : mais on supp £riors que le minerai de mercure est caché dans Tin teneur sol, et Ton explique la présence du mercure natif et quelqi celle du chlorure de mercure dans les couches superfic par la volatilisation de ces substances à travers les fent terrains sous-jacents. C'est ainsi qu'on trouve des gouttel> de mercure, quelquefois avec traces de chlorure, au pied i Cévennes, aux environs et dans Tintérieur même de la ville Montpellier, dans des marnes de l'époque tertiaire la plut é rieure; on en cite encore dans un gisement semblable au: environs de Saint-Affrique, vers l'escarpement occidental plateau de Larzac; à Peyrat-le-Château, aux environs de li moges, dans un sol détritique, et à Ménildot, près Saint-Lô département de la Manche. Enfin, on en a trouvé jusque des couches diluviennes, près de Lunebourg, et de la ville d Lisbonne.
Le mercure natif est en trop petite quantité, pour < puisse en tirer parti. Tout le métal que réclament les Ix de rindustiie, est fourni par les mines de Cinabre; c'est uniquement du sulfure de mercure que s'extrait ce métal, par procédé des plus simples, qui consiste à distiller le ni après l'avoir mêlé à la limaille de fer ou de la chaux. Le s'unit au fer ou à la chaux, et le mercure seul se volatiUse. .
CUBIQUES. !l45
ploie le mercure à l'extractioti des métaux précieux,
procède dit de Vamalgamation. Certains minerais terreux
neux contiennent naturellement une grande quantité
d'argeot à Tétat de particules invisibles : on les pulTérise
les mêle avec du mercure, qui Forme un amalgame avec
taux précieux. On soumet ensuite la masse pâteuse à un
qui entraîne les parties terreuses, et il ne reste plus que
ime, qui est beaucoup plus pesant. On le soumet à la
ion : le mercure se volatilise, et l'argent reste libre. Si le
contient de l'argent minéralisé par le soufre^ on le mêle
tlement avec du sel marin, afin qu'il puisse se former du
ire d'argent, et avec un principe actif nommé meufistralt
nt du sulfate de cuivre, et on le grille dans un fourneau
erbère; ou bien, on abandonne le mélange à l'air, pendant
rs mois, après l'avoir fait piétiner par des cbevaux, pour
re la matière plus homogène. Ce dernier procédé, par lequel
ifite l'emploi du combustible, est employé en Amérique. Par
ition américaine, on perd en général i,3 partie de
e pour 1 partie d'argent obtenu.
On emploie encore le mercure à d'autres usages importants,
i la construction des baromètres et des thermomètres, la
ion de certains médicaments très-actifs, et celle de dif-
dliages, qui portent le nom particulier d*amcdgames. Uni
I, le mercure constitue le tain, qui sert à l'étamage àen
APPENDICE. BlBROUlUB AMOBimFiMM.
IfB. : Amalgame naturel d'argent; Hydrargyrure ^argent; Mercure
argenfalj Haûy; Arquérite, Domeyko.
Ce inéral, composé de mercure et d'argent dans des raptr irariables, a été considéré cependant comme une ion des deux métaux; mais, à cause de cette variation COI tée dans les proportions, et de l'isomorphisme des taux, nous ne saurions y voir qu'un alliage^ dans lequel ni Untôt l'un, et tantôt l'autre des deux éléments, sale mercure dans les variétés anciennement connues sous mercure argental, et l'argent dans la variété du Chili, e jirquérite par MM. Domeyko et Berthier. l chimique : Ag, Hg.
/ mtale : le cube. Cette Forme est quelquefois do-
a46 METAUX NATIFS
minante dans le mercure ar|;ental, mais le rhombododécaèdn présente bien plus souvent ce caractère. Pans la variété nommée Arquérite^ c'est au contraire l'octaèdre qui est la forme habituelle.
Le mercure ar{j;ental, de Moscbcl-Landsberg, dans la B^ vière rhénane, est formé, d'après Klaproth, de i atomes de mercure et de i atome d'argent; ou en poids : de Hg;= 64f et Ag = 36. Une autre variété, analysée par M. Cordier, a donni 3 atomes de mercure pour un d'argent , ou Hg = 72^5 et Ag = 27)5. La variété nommée Arquérite^ qui vient de la riche mine d'argent d'Arquéros, dans la province de Coquimbo, aa Cbili, est composée au contraire dans des proportions inverses des deux métaux; M. Domeyko, qui l'a fait connaître et Ta analysée, a trouvé 6 atomes d'argent pour un de mercure^ ou en poids : Ag >= 86,49, ^^ ^^6 ^ i3^5i. Celle-ci n'est donc qu'une variétë d'argent mélangé de mercure, qui, par tous ses caractères physiques, se rapproche bien plus du premier métal que du second. Aussi, elle nous parait devoir être placée, comme variété da mélange, à la suite de l'argent natif; et nous n'eu parlons ici que pour mémoire. Voyez plus loin argent natif.
Le mercure argental est une substance d'un blanc d'argent, d'une dureté = 3p; d'une densité presque égale à celle dume^ cure natif, et il est un peu cassant. 11 se décompose par l'action du feu, et donne du mercure par la distillation dans un tube; si on le chauffe au chalumeau sur le charbon, il laisse sor celui-ci un globule d'argent. A l'aide du frotteaient, il communique au cuivre une teinte argentée. Il se dissout facilement dans l'acide azotique.
Le mercure argental se présente quelquefois en masses amo^ phes, en plaques minces ou en enduit à la surface des roches ou gangues qui renferment les sulfures de mercure ou d'argent; mais le plus souvent, il s'offre sous la forme de cristaux très-nets, appartenant au système régulier. En prenant pour ferme primitive le cube^ dont nous représenterons les faces par p, les modifications qu'on observe dans la série cristalline, sont les suivantes :
Modifications sur les arêtes : 6^, 6 '*.
— sur les angles : a\ a*, a '*, et i = a^, a '•, a '*;
les formes simples, qui, en se combinant entre elles, composent les formes observées jusqu'à ce moment, sont donc : le cubai le
ouBiQtms. 247
xe rfaomboïflal, Toctaèdre régulier, l6 trapézoèdre ap-
shoèdre, un octaèdre pyramide, un cube pyramide, et
un dodécaèdre pyramide ou scaléïioèdre. Nous avons
les angles qui caractérisent les diverses formes (i** vol.,
ii3 et suiv.). C'est le rhombododëcaèdre 6^, qui est la
dominante la plus habituelle. Une des formes secondaires
rencontre le plqs souvent, est la variété appelée informe
lâîiy, et qui a pour signe pa^b^ : c'est le dodécaèdre, tronqué
tes ses arêtes, et sur les six angles à quatre faces. Haiiy à
BOUS le nom de sextiforme une combinaison de six des
B Qples, indiquées ci-dessus : cette forme composée, en
tosaut complète, aurait 122 faces.
Vt minéral ne se trouve qu'accidentellement, comme le mcr-
f, dans les gîtes de mercure ; et on le cite dans un assee
nombre de lieux. Les plus beaux cristaux viennent de
:1 et de Moschel-Landsberg, dans la Bavière rhénane;
a, dans le comitat de Gomor, en Hongrie ; et d'Almaden,
gne. On cite encore Tamaiglime d'argent en France, à
mt, dans le département de l'IséPe; en Suède, à Sala; en
^ à Kolywan, dans les monts Altaï.
8e ESPÈCE. PI.OI
SyD. : Blei, en allemand ; Lead, en anglais.
Métal d'un gris-bleuâtre, d'un éclat métallique très-vif dans
a cassure; d'une densité = 1 1,44- Très-mou, se coupant facile-
: au couteau, et laissant sur le papier des traces d'un gris
lloîde; très-malléable à froid ; pouvant être réduit en feuilles
nces par le battage, et étiré à la filière en fils déliés, d'une
fne flexibilité. 11 se ternit promptemcnt à l'air. 11 fond à la
ërature de 335°, et donne des vapeurs à la chaleur rouge.
ut obtenir le plomb cristallisé par fusion, en opérant
I : pour le bisqiuth. Les cristaux sont peu nets : il est facile
ependant de reconnaître que ce sont des octaèdres réguliers,
tés. les uns dans les autres, de manière à représenter à
près une pyramide quadrangulaire. Le plomb fond aisément
le charbon, qu'il couvre d'une auréole d'oxyde jaune. Il est
nble dans l'acide azotique; sa dissolution est précipitée en
par l'acide suif hydrique et les sulfures alcalins : ce précipité
etC du sulfure de plomb. Une lame de fer, plongée dans la
ioQi précipiieraît le ploaib à l'état métalliqu6.
a48 MÉTAUX NATIFS
L'existence du plomb natif est encore un peu problématique; elle est admise cependant par difFërents minéralogistes, qui la regardent comme tout-à-fait accidentelle, et provenant de la réduction, dans des circonstances particulières, de quelques portions de sulfure ou d'oxyde de plomb. On ne le trouve qu'en plaques minces ou en petits globules, engagés dans diverses sortes de gangues. C'est ainsi qu'un savant danois, M. Ratbkéi * l'a observé au milieu des laves de l'ile de Madère. On Ta trouvé récemment dans un oxyde rouge de plomb, près d'un dyke basaltique en Irlande. On le cite encore en Angleterre, à Alstonmoor, dans la galène, et à Bristol, dans le calcaire carbonifère. Le plomb est employé à de nombreux usages, soit à l'état métallique, soit à l'état d'oxyde (litbarge, massicot, minium). La facilité avec laquelle il se laisse mouler, laminer et granuler* le rend extrêmement précieux par lui-même. Allié à l'antimoine, * il sert à faire les caractères d'imprimerie; allié à Tétain, il produit la soudure des plombiers. Les oxydes sont employés dans la peinture, et dans l'art de* fabriquer le cristal et le flint-glass; il fait la base de plusieul^ sels utiles, tels que la céruse, l'acétate de plomb, etc. C'est du sulfure de plomb (ou de la galène), que l'on extrait tout le métal que réclament les besoins des arts et de Tindustrie. Nous dirons quelques mots de la métallurgie du plomb, lorsqu'il sera question de cet important minerai, le seul qu'on puisse exploiter avec avantage.
9« Espèce. Arobiit.
Syn. : Gediegen SUber, Wemer; Native SUb&r, des Anglais;
Argent natif, HaOy.
Métal blanc, prenant par le poli un vif éclat qui ne se ternit pas à l'air, à moins que celui-ci ne renferme des vapeurs sulfurées, auquel cas le métal devient noir; plus dur que l'or, mais plus mou que le cuivre ; assez tenace, très-malléable, et trèsductile, susceptible d'être réduit en feuilles extrêmement minces et en fils d'une grande finesse; ayant une densité de. io,5; unis dureté de 2,5 à l'écbelle de Mohs. 11 se laisse limer et couper avec facilité. Il ne fond qu'à la cbaleur blanche : on estime la température de sa fusion à environ looo^ du thermomètre à air. 11 jouit, quand il est fondu, d'une propriété remarquablet qu'on nomme le rochage : il absorbe une proportion considérable d'oxygène, qu'il abandonne pendant le refroidissement
CUBIQUES. a49
avant sa solidification ; et le gaz, en se dégageant, soulève et lance souvent avec force une portion du métal. L'argent fondu donne des vapeurs sensibles à la température du feu de forge ; il se vaporise plus promptement^ lorsqu'on le porte à la haute température qu'on obtient entre les deux charbons qui terminent les conducteurs de la pile, et dans ce cas sa vapeur parait verte. On peut le faire cristalliser par voie de fusion, et on l'obtient sous la forme de cubes et d'octaèdres réguliers. Il est solu-
à froid dans l'acide azotique. La solution colore la peau en
f et dépose de l'argent métallique .sur une lame de cuivre;
donne par l'acide chlorhydrique, un précipité blanc de 'ure d'argent, attaquable par l'ammoniaque, et qui, à la
ière solaire, passe rapidement au bleu et au noirâtre. L'argent natif est composé d'argent presque pur Ag^ mais quelquefois il est allié k une certaine proportion de cuivre , de
rcureou d'or. Cette circonstance s'explique naturellement par Tis >rphisme bien connu entre ces métaux et l'argent, et surtout entre l'argent et le cuivre, qu'on voit si souvent se remplacer l'un l'autre. D'après M. Berthier, l'argent de Curcy, près de Caen, contient jusqu'à lo pour cent de cuivre.
L'argent natif est souvent cristallisé sous les formes ordinaires da système cubique, mais ses cristaux se réunissent presque toujours en séries ramifiées, représentant des dendrites ou des réseaux qui pénètrent les matières pierreuses des filons, où on le rencontre presque toujours associé au sulfure et au chlorure d'argent, qui sont les principaux minerais de ce métal. Indépendamment du cube, que nous prendrons pour forme primitive, on observe parmi ses formes simples, l'octaèdre régulier a\ le trapézoèdre a^ le dodécaèdre rhomboîdal 6^, et l'hexa-tétraèdre 6*. C'est le plus souvent l'octaèdre qui domine; et quelqueibis le dodécaèdre, ou le trapézoèdre. Les cristaux sont souvent réyni» par hémitropie parallèlement à une des faces de l'octaèdre régulier. M. G. Rose a signalé une mâclefort remarquable, parmi les cristaux venant de la mine deKonsberg, enNorwège: cette mâcle est formée d'après la loi précédente, mais avec certaines particularités : les individus réunis sont des combinaisons binaires du trapézoèdre et de l'octaèdre : mais, par suite de la disparition de certaines faces dans chacun d'eux et de l'allongeinent du groupe dans le sens d'une des arêtes de l'octaèdre, celui-ci présente l'apparence trompeuse d'un prisme à huit pans, teroiinë par des pyramides à six faces.
abo MÉTAUX ITATIFS
Indépendamaient des variétés cristallîsée ^ dentritùiue^ nmnileuse et réticulée, rar£;ent natif nous offre encore les yariétësjififorme et capillaire; il se présente en effet assez fréquemment en filaments contournés, et recourbés en anneaux, ou bien en filets très-déliés, imitant de petites touffes de cbeveux. Ces filftmcnts n'ont rien de cristallin , et ressemblent à une substance fondue et visqueuse, qui se serait fif][ée après avoir passé par des fissures ou des ouvertures plus ou moins étroites.
Quelquefois aussi, l'argent se montre dans les filons, ou dans les terrains qui proviennent de leur destruction, en masses d'an volume et d'un poids plus ou moins considérables. Les minei du Potosi et de Konsber^; en ont fourni souvent des blocs arrondis ou pépites qui pesaient /\o, 60 et 1 00 kilog^rammes; plus rarement, le poids de ces masses s'élève à un ou plusieurs quintaox. Kn k8.'54, la mine de Konsber[j; en a donné une de 7 quintaux et demi; on prétend même, qu'au quinzième siècle, dans nne mine des environs de Sclineeber{;, on aurait trouvé un bloc d'a^ g^ent natif mêlé d'argent sulfure, dont le poids était de pins de cent quintaux. Au rapport d'Agricola, le duc Albert de Saie ayant visité la mine, se fit servir à dîner sur ce bloc, en se vantant que sa table valdit mieux que celle du puissant empereur Frédéric. Dans ces divers gisements, l'argent contient des traoet de fer. d'antimoine et d'arsenic, outre les métaux précieux dont nous avons parle, et qui peuvent s'y mêler en quantité plui considérable, étant isomorpbes avec lui. L'argent natif est souvent recouvert d'un enduit sale et noirâtre, qui le dépare, et qu'on fait disparaître par la raclure.
Enfin, l'argent se rencontre encore disséminé assez abondamment, mais en particules imperceptibles, dans des argiles ferrugineuses qui remplissent les fissures des filons argentifères (à Allemont, en Daupliiné), ou qui sont accumulées à la partie supérieure des filons d'Huelgoat, en Bretagne, où on tes Résigne par le nom de ietTes rouges, ou des filons de l'Amérique équinoxiale, où elles sont connues sous les noms depeicos et de colorados. Les gisements de Targent natif ont beaucoup d'analo* gie avec ceux de l'or; il y a toutefois cette différence, que l'argent est plus rare dans les terrains détritiques et d'alluvion, et plos commun au contraire dans les filons ou mines souterraines. *
Les gangues pierreuses de l'argent natif sont : le calcaire spatbique, le quarzet la barytine 'sulfate de baryte). Les principales mines où l'on trouve l'argent natif en filons, sont celles 4e Konp^
CUBIQUI9. 35 1
eD Norwège , où il est très-abondant , et forme presque à il toute la richesse du gite ; celles du Potosi, dans la repude lk)livia ; de Stncof ou Schlangenberp, , en Sibérie ; aelsfiirst, de Schneeberg et Johanngeorgenstadt, en Saxe; \i himsthal, en Bohême; d'Audreasberç, au Harz; d'Allet» dans le département de Tlsère, en France, et de Sainte- &-auz-Mines^ dans les Vosges.
L'ar{;ent natif n'est point le seul minerai que l'on exploite, ' en retirer ce précieux métal ; on l'extrait encore du sulcFarçeot (argyrose), du chlorure d'argent (kérargyrite), et de Iques autres minerais appelés argents rouges et noirs, et qui des combinaisons du sulfure d'aqjentavcc les sulfures d'an- )ine et d'arsenic. On retire encore une notable quantité d'art, de certaines galènes, qui en contiennent des proportions éralement assez Faibles i^ l'état de mélange, et qui sont dites : cela argentifères (voyez Galène), Le traitement méiallurgide ces différents minerais se réduit à deux procédés, «{ui stent : l'un à dissoudre l'argent par le moyen du plomb, p rlequelil a une grande affinité, lorsque les deux métaux sont àrétat de fusion; l'autre, à l'amalgamer avec le mercure, après Pafoir préalablement amené à l'état de chlorure, en grillant le Oiiaerai mêlé avec du sel marin (voyez ci-dessus, p. ^^o).
Sî Ton fait abstracdon des minerais de plomb et de cuivre argentifères, dont nous parlerons plus loin, la France n'a possédé jusqu'à ce moment de mioes d'argent proprement dites, que dans deux départements, et encore sont-elles aujourd'hui presque entièrement épuisées ou abandonnées : h Allemont,dans flsère, et dans les Vosges, à La Croix et à Sainte-Marie-aux- Hines. La mine d'AlIcmont (ou dcsChalanches) consiste en mi» lierais d'ar{;ent très-riches, disséminés dans une argile d'un gris- OoirAtre, qui reuiplit des fentes et des cavités au milieu des roches talqueuses et amphibol iques. Dans les Vosges, les minenja d^arf^cnt sont associés à des minerais de plomb et de cuivre aigeutiféres eu filons.
Les raines d'argent europ(iennes sont beaucoup moins importantes que celles du Nouveau-Monde : la plupart même ne sont que des mines de pload) ou de cuivre argentifère, auxqueb s'associent en petites quantités d'autres minerais d'argent. Les mines d'argent proprement dites sont celles de Kongsberg, en Norwège, où l'argent natif est le principal minerai (circonstp^ fort rare); celles de Saxe (Marienberg, Schoeeberg, Frei-
aSa MÉTAUX NATIFS
berg, etc.); celles du Harz, et celles de HoDg;rie (Schemniti, Kremnitz, Kœnifrsberg, etc.) : mais tous ces pays tirent aussi une grande partie de l'argent qu'ils produisent, des galènes argentifères. Ce sont les mines de Hongrie qui donnent les prodaiti les plus considérables : viennent ensuite les mines de Sa:>i^e, pain celles du Harz. La Prusse, l'Angleterre n'ont point de mines • d'argent proprement dites. L'Espagne n'offre plus guère que celle de Guanalcanal, dont le produit est très-faible. La quantité d'argent produite annuellement par les mines d'Europe est de 7^000 kilogrammes, ce qui n'est que la onzième partie de celle que fournissent les mines de l'Amérique espagnole. La Sibérie possède la mine d'argent de Sméof (ou Schiangenberg) dans l'Altaï: le produit de cette mine, et de quelques autres moins importantes du district de Kolywan, joint à celui des mines de Nertscbinsk, est de ^looo kilogr.
Les mines d'argent du Nouveau-Monde, qui sont, avec les mines d'or de la Californie, les plus importantes de ce continent, sont situées dans les Cordillières des Andes, principalement au Mexique, au Pérou et au Cbili. Les sommets de cette grande chaîne sont tracbytiques, mais ses flancs sont formés de grès et de calcaires secondaires assez modernes : c'est dans les calcaires que se rencontrent le plus souvent les filons d'argent , mais ils traversent aussi des roches d'épanchement et des roches métamorphiques, à structure plus ou moins cristalline. Le Mexique offre à lui seul plus de trois mille exploitations, réparties sur cinq mille filons ou amas de minerais d'argent. Les filons les plus riches sont ceux de Guanaxuato, de Zacatecas, de Catorce, de Batopilas, de Sombreretc, et de Real-del-Monte. Le filon de Guanaxuato , appelé veta madré , est maintenant la plus riche mine du monde entier : il a en quelques parties une puissance de 60 mètres , et on l'exploite sur une longueur de trois lieaes. La seule mine de Yalenciana, qui en fait partie, produit annuellement plus de huit millions de francs; les mines de Guanaxuato donnent à elles seules près du quart du produit total des mines du Mexique, lequel est maintenant, par année, de i33 millions de franc. Après les mines de ce district, nous citerons encore celles de Zacatecas, dont une, nommée la ueta grandCf est encore un filon de 22 mètres d'épaisseur. On trouve aussi au Mexique les minerais précieux, disséminés dans des argiles rouges, ferrugineuses, que les mineurs du pays nomment coloradoi*
Le Pérou est aussi très-riche en mines d'argent La rëpubli-
CUBIQUES. a53
aetaelle da Pérou possède les célèbres mines de Pasco (ou ocha), de Huantajaya, de Micui-Pampa, etc. Les seules de Pasco produisent ensemble 80000 kilogrammes d'ar- I année. La république de Bolivia, dans le Haut-Pérou, e la iameuse mine de Potosi, dont le minerai jadis était he : mais il s'est appauvri d'une maniée extraordinaire. gré cela, il est si abondant, que le Potosi est peut-être enla mine d'argent la plus ricbe du monde, après le filon re de Guanaxuato. Les mines du Pérou ont rapporté jus- ?iugt-cinq millions par an , et l'on a calculé que la seule aede Potosi a produit^ depuis sa découverte en i545, pour milliards d'argent. .
Le Chili a aussi des mines d'argent fort importantes à Arqueet Coquimbo, dans la province de Copiapo : le métal y est eomme à Pasco, disséminé en particules imperceptibles dans des minerais terreux et ferrugineux^ tout-à-fait analogues aux Colorados du Mexique , mais qu'on nomme Pacos dans l'Amérique du Sud.
Au commencement du xix" siècle^ les colonies espagnoles Iftient produit, depuis la découverte du Nouveau-Monde, c'esti-dlre en trois siècles et demi, 128 millions d? kilogrammes d'argent, quantité qui, réunie en une seule masse, formerait une iphère de 28 mètres de diamètre.
La quantité d'argent extraite annuellement du sein de la terre, est d'environ 800,000 kilogrammes, dont la valeur est de plus de 1 60 millions de francs, le kilogramme d'argent pur valant isa francs selon le tarif de i854; l'Amérique seule en fournit les neuf-dixièmes.
On emploie ce rnétal pour la fabrication des monnaies, des couverts et de la vaisselle plate, de certains vases et autres objets d*omement. L'argenture se fait par les mêmes moyens que la dorure : on sait que l'art de déposer les métaux en couches minces sur différents corps a subi une révolution depuis quelques années, et que les procédés électro-chimiques, découverts par MM. Ruolz et Elkington, ont mis pour ainsi dire les métaux précieux à la portée de tout le monde. On n'emploie pas l'argent pur pour fabriquer les monnaies et les bijoux : pour les monnaies, on se sert d'un alliage d'argent et de cuivre, dans lequel U y a neuf parties d'argent et i partie de cuivre; dans l'orfè- ▼rerîe^ l'argent est de même allié au cuivre, à deux titres difPérenU| et suivant des proportions que la loi détermine. Le but
qu'on se propose en alliant à l'argent une certaine quantité de cuivre, est d'en augmenter la duretë et la consistance } s'il étiit pur, l'argent serait trop mou, et ne conserverait pas longtemp les formes que l'art lui aurait données. On se sert en médedae de l'azotate d'argent fondu^ sous le nom de pierre infernale^ pour cautériser les plaies et les excroissances cbarnues.
ifif*
Chroïcotytes,
10« ËSVâCE. GUIVRB.
Syn. : Gediegen KupfeTy Werner; Native Copper, Phillips; ChaXkoê,
des Grecs; Aes Cyprium, PUn.
Métal rougeàtre, sonore^ très-ductile, attaquable par les acidei les plus faibles, et meute par l'humidité de l'air, qui le couvre d'un enduit vert, redoutable par ses effets, et connu sous le nom de verl-de-gris. Sa densité est de 8,5 : sa dureté = 3. C'est le plus dur et le plus tenace des métaux usuels, après le fer; et il est beaucoup plus fusible que ce dernier: il fond au blanc naissant^ à une température qu'on peut évaluer à 900° du thermomètre à air; et à une température plus élevée, il se vaporise, en colorant en vert la flamme du combustible. Ces effets se constatent asseï facilement avec le chalumeau ordinaire. Il est aisément soluble dans Tacidc azotique : la solution, de couleur verte ou vertbleuàtre, devient d'un beau bleu par l'addition de l'ammoniaque; et une lame de fer polie, plongée dans la liqueur^ se recoavre k l'instant d'une couche mince de cuivre rouge.
Le cuivre natif est composé de cuivre pur Cu, presque sans aucune partie étrangère. On le trouve souvent cristallisé, comme l'argent, sous les formes les plus ordinaires du système cubique, savoir : le cube, l'octaèdre régulier, le dodécaèdre rbomboidaU et plus rarement, les trapézoèdrcs à^ et a^, et les hexa-tétraèdres
6', et 6 '^ Comme dans l'argent natif, les cristaux sont presque toujours groupés par hémiédrie parallèlement à une face del'ciO' taèdre, déformés et allongés dans la direction de deux faces du dodécaèdre, ce qui leur donne une apparence prismatique. Dana des cristaux du Cornouailles, décrits par Lévy, la forme dominante des individus était celle de l'bexa-tétraèdre 6'*; et ce» cristaux, aplatis dans le sens de Taxe d'hémitropie, offraient l'aspect trompeur d'une double pyramide droite à six faces. Les cristaux du cuivre natif se réunissent souvent en ligne
ccjBiQuss. a55
Mte pour former des tiges et des ramifications, disposées sui- TOt ktlois propres au système rég[ulier. Les plus beaux cristaux de cette espèce sont ceux que fournissent les mines d'Elkaterinebourg, sur le versant oriental des monts Ourals, celles du Cor- Bouailles, en Angleterre, et surtout celles du Lac Supérieur, aux Etats-Unis. Dans cette dernière région, on a trouvé des cristaux tort nets, de la forme du dodécaèdre, qui avaient plus d'un pouce de diamètre. Palias et G. Rose ont observé de magnifiques crisi groupés en réseaux ou dendrites, et engagés dans un cale, qu'on peut enlever aisément à Taide de l'acide cblorhydrique pur, dans les mines de Turjiusk, près de Cogoslowsk, daos la partie nord de l'Oural. Ces cristaux sont de couleur louge de cuivre, et souvent parsemés de nuances superficielles jaune ou de brun. Ils n'offVent point de traces sensibles de divafre.
Indépendamment de ces variétés cristallines, le cuivre natif offre encore quelques variétés amorphes : tout comme l'argent, il ae présente en plaques, en enduits, eu grains disséminés, et aouvent aussi en gros blocs ou masses arrondies, dont le poids peut «l'élever à plusieurs quintaux, et même à plusieurs tonnes (nines de TOural, et du Lac Supérieur).
Le cuivre natif est assez fréquemment disséminé dans des
n)ches de trapp amygdalaires, à Obcrstcin, dans la Bavière rhé-
'Mne, aux îles Féroë et aux îles Shetlands; c'est aussi dans le
*oiainage des roches de irapp et de serpentine qu'on le trouve
'^f les pentes de l'Oural, dans les mines de Turjinsk, près
^Çoftlowsk, et dans celles de Nischnc-Tagilsk ; et c'est encore
daos un gisement tout semblable, qu il se rencontre au Canada
'' clans l'Etat de l\lichic:an, aux Etats-Unis, sur les bords du Lac
^'''périeur. Penda::t longtemps le cuivre natif, considéré comme
"•■lierai particulier, n'avait joué (ju'un rôle assez secondaire: la
^ouverte du gisement du Lac Supérieur est venue lui donner
grande importance; elle est due principalement aux recber-
*^^« de deux amérhcains, MM. Douglas-lloughton et Jackson.
*■• Rivot, professeur de dociinasie à l'Ecoie des mines de Paris, a
^ît un voyage en Ainérique, pour aller étudier ce gisement, sur
■^«luel il a donné des rcusciguemeiits fort précieux (i). 11 a ob-
•^rvédeux gîtes particuliers, Tun à INixtrémité nord de l'Etat de
"*'»nhigan, sur les bords du Lac Supérieur, l'autre à File Royale,
(l) Voyage au Imc Supérieur, var M. llivot, professeur à l'Ecole des mines, ^îrii, Victor Dalmont, 1856.
a56 BfETAUZ NATIFS
située dans ce Lac. La constitution géologique est la même p les deux; le sol se compose : i° de conglomérats, de gras n et de couches de calcaire magnésien, de l'époque silurii inférieure ; 2^ de trapps ou de roches métamorphiques, amygdalaires, alternant souvent avec les calcaires ; 3^ çnfin, de rochei schisteuses et de granités, formant au centre des chaînons de montagnes, dont l'apparition a suivi le dépôt des autres terraini: car, les trapps et les calcaires sont relevés sur leurs flancs, lié géologues américains ont prétendu que le cuivre, accompaj souvent d'argent, était disséminé dans la roche trappéei suivant M. Rivot, le minerai se rencontrerait surtout dan8< filons qui coupent les couches tantôt parallèlement, et t t obliquement, et en dehors de ces filons, on ne trouverait presque aucune trace de cuivre; excepté dans les parties de la roche amygdalaire, qui sont altérées et très-poreuses. Les gites seraient donc postérieurs aux trapps et autres roches en couches, et auraient sans doute été produits par le remplissage ultérieur des fentes que le soulèvement des granités a déterminées. Au reste, la richesse des fiions, qui parait dépendre de la nature de 11 roche encaissante, est plus grande dans les parties qui tra^ sent le trapp et le calcaire, que dans celles qui coupent les 1 et les conglomérats. Les mines du Lac Supérieur ont fourni une seule année (i854), 235o tonnes de cuivre, pour une^ de 6,5oo,ooo francs.
Le cuivre natif ne contribue que pour une faible fractimà produire la quantité de ce métal qu'exigent les besoins du conimerce; la plus grande partie s'extrait de différents mineraisi oà le cuivre est combiné avec l'oxygène ou avec le soufre, i minerais, que nous étudierons chacun en son lieu, sont: la cuivre oxydé rouge, les cuivres carbonates vert et bleu (malâc 9 et azurite), le cuivre sulfuré noir, les cuivres pyriteux et paru | et enfin les cuivres gris ou fahlerz. Le traitement des -mi de cuivre qui ne sont point sulfurés est assez simple : il si de les chauffer, avec du charbon, dans un fourneau à rêver ra; on obtient ainsi, non du cuivre rouge immédiatement, n cuivre noir, que l'on soumet ensuite à une opération de r nage, beaucoup plus délicate. Le cuivre affiné s'obtient soitt forme de plaques appelées rosettes^ d'une belle couleur n ;e. Quant aux minerais sulfurés* leur traitement est long et t compliqué, ce qui est cause du prix élevé de ce métal. Noua n'i parlerons que quand nous aurons fait connaître la compositio de ces minerais.
•1 vineipaiiz usages du cuivre à l'état métallique consntent
fabrication des vases domestiques et des chaudières pro-
lux usines, dans le doublage des vaisseaux et dans la cou-
ire des édifices. Mais, à l'état d'alliage avec le zinc ou avec
), il se prête à des emplois beaucoup plus nombreux et
variés.
La France ne possède que les mines de Sain-Bel et de Ghessy,
le département du Rhône, dont le produit est peu considé-
i.La première a même cessé d'être exploitée. Dans ces deux
es, se trouvent des veines de cuivre pyriteux, traversant un
talqueux. A Ghessy, on a trouvé dans un terrain de grès,
recouvre ce schiste, des couches d'argile contenant une
de quantité de cuivre oxydé rouge et de cuivre carbonate
1, disséminés en rognons gros comme le poing, ou en mou-
I plus ou moins petites.
Ile Espèce. Fbm.
iffen Eisen, Wemer; Native Iron, Phillips; Fer natif, Hafiy; Su 4f des Grecs; le Ferrum des Latins; le Mars des alchimistes.
n chimique : Fe, corps simple.
i Uine : l'octaèdre régulier, avec un clivage eu-
sans contredit le plus important de tous les métaux,
'industrie humaine retire le plus d'avantages, et, à
' ^rais, c'est-à-dire de combinaisons avec les principes
< Fs, il est répandu dans la nature avec une abon-
I tionnée à son utilité. Mais le fer pur ou presque '
I itat libre ou natif, est extrêmement rare, et ne se
ie ans des circonstances de gisement tout-à-fait par-
res est donc obligé de l'extraire, par des opérations
lurg , de ses divers minerais , qui heureusement se
atrc] ns toutes les classes de terrains, et par conséquent
tien à tous les modes et à toutes les époques de for-
n. Au e fer est-il connu de temps immémorial , et l'art
xtraî de le mettre en œuvre a suivi pas à pas les pro-
^ tion, dont il est presque une condition indispen-
. s'applique à une multitude d'usages, pour lesquels
lun autre corps ne pourrait le suppléer entièrement. Il sur-
f en effet tous les autres métaux par sa ténacité et sa dureté,
et aussi par son élasticité, lorsqu'il est à l'état d'acier.
CùUTS de Minéralogie. Tomo II. 17
%i% METAUX irATI?8
A Fëtat de pureté, le fet est d'un gris métallique clair» tirant parfois sur le blanc d'argent; sa cassure est ordinaireoieDt gr^ nue, et quelquefois lainclleuse. Sa ténacité est telle» qu'on pe«t le réduire en fils d'un très-petit diamètre, qui eligent, pour M rompre, un poids considérable. Sa dureté est de ^^b; sa deotité, de 7,8. Il jouit au plus haut degré de la propriété magnëciqui et lorsqu'il est à l'état d'acier, ou bien de combinaison avec dae faible proportion d'oxygène ou de soufre , il peut acquérir oa présenter naturellement des pôles, et conserver pendant te tamps plus ou moins long la faculté d'agir à la façon des aimanli: aussi, est-il Tàme de la boussole, cet instrument ai préctiB&i pour l'art nautique. «
Le fer ne fond qu'à une température extrêmement élevée, Il plus haute de celles qu'on peut produire dans des fburneanxà vent. On peut l'évaluer par approximation à i5uo" du theroMimètre à air. 11 est infusible au feu du chalumeau ordinaire; mais il jouit d'une propriété bien remarquable, c'est de se ra* mollir au feu de forge ordinaire , ce qui permet de lui donner alors toutes les formes imag;inable8. Il s'oxyde facilement à Flûr humide et se rouille, c'est-à-dire se couvre d'une couche ocreoie de peroxyde de fer hydraté. L'acide azotique le dissout, éi b solution précipite en bleu par le cyano-ferrure jaune de pbtesium.
Le fer natif ne se présente jamais sous la forme de criatAix complets, mais seulement en masses, à la surface dèsqnellâ en aperçoit quelquefois des traces de cristallisation. C'est sortoèl dans les variétés nickélifères ou fers météoriques, que cette dt" constance se remarque. Ces masses, souvent cellulairea, mo trent dans leurs cavités, des lames saillantes, de forme triai laire, qui sont parallèles aux faces d'un octaèdre régulier. ! le cas même où elles paraissent tout-à-fait compactés, on par le moyen des figures dites de fVidmanstâiten (voyez i*** ^ ., pag. 353), y faire apparaître des indices certains de la structure intérieure, des stries en rapport avec les plans d'un octaèdre ré" gulier, et l'on juge alors de la nature du système êristallin ces mêmes figures, qui ne sont rien autre chose que le ré \ de l'intersection mutuelle des stries. On a pu aussi obtenir cristaux de fer artificiels, et leur forme est venue confi 'J observations qui précèdent. En chauffant dans un tube de v< le du protochlorure de fer dans un courant de gas hydrôgènci < voit le métal former snr les parois du tube un dépôt bi
'CCÈlQtftS, ftSô
ÉMi de petits cristaux de ibr, de forme cnbîque et tMirMrminés. Le fer en barils présente quelquefois dans de petites cavités, renfermaot des squelettes d'octaër iliers. Celui qui a été pendant longtemps «oumis à l'acte "dialear blanche^ acquiert une texture lamelleuse, et rage cubique presque aussi parfait que celui de la galène, i^elques fers météoriques, celui de Braunau par exemple, en fiaturellement un clivage du même genre, avec une ide iieftetë.
lier natif ne se rencontre que très-rarement dans la nature; dlMis leè lient où on le trouve, il a toujours été produit par causes accidentelles. Relativement à son origine, on disdetnc sortes de fer natif: le fer naiiUetturiquey qui apparbien réellement en propre à notre globe , parce qu'il a été ilt anx dépens des minerais qu'on trouve à sa snrfece, et le tiatif météorique (ou sidérique), qui ne parait pas avoir une ne terrestre 9 parce qu'il se rencontre toujours dans ces es qoi tombent de l'atmosphère ou des espaces célestes, et ID nomme aérolUhes, ou parce qu'il forme à lui seul, à la kte du globe, des blocs erratiques, d'un caractère tout par- *, et qu'on est conduit à attribuer la même origine à ces s, car on en a vu tomber quelques-unes. Le fer tellurique Iftntôt pur^ tantôt aciéreux, ou combiné avec une petite proion de carbone; le fer météorique est presque toujours allié certaine quantité de nickel, en sorte que relativement à nposition chimique, on peut distinguer trois variétés de if:
I® Le fer natif pur.) ,, .
^ . - .. "^ [ Fers teliuriques. a® Le ter aciéreux. .) ^
3® Le fer nickel ifere : Fers météoriques.
Le fer métallique, à l'état de pureté, est tellement rare, que
icoup de minéralogistes ont contesté son existence. Il parait
I rendant qu'on Ta trouvé en concrétions nodulaircs, ou en
lctite8,%u milieu de minerais de fer oxydés à Gros-Kams-
' et à Eibenstock, en Saxe (Karsten). M. Schreiber en a ob-
'é dans un filon, à la montagne de i'Oulle, près d*Allemont,
I le département de Tlsère : il était en stalaciites, et enve-
lop : de fer limonite, de quarz et d'argile. Il est probable que
let '8 métalliques sont dus à la décomposition accidentelle de
aines parties du minerai qui leur sert de gangue. M. Mos-
r a découvert du fer natif parmi les produits des volcans» dans
a6o MÉTAUX NATIFS
un ravin de la montagne de Graveneire, près de Glérmont en Auvergne. On a trouvé aux États-Unis , prés du mont Canaan, dans le Gonnecticut, un filon de fer natif, large de deux pouces, au milieu d'un schiste micacé : ce filon est traversé par des feoil» lets de graphite, et borde des deux côtés par des salbandes deb même substance ; ce fer était exempt de tout autre métal. On le cite encore à Chotzen, en Bohême, en concrétions au n d'un calcaire contenant des pyrites, et sur les bords de la rivière Saint-Jean, dans l'Etat de Libéria, où il enveloppe, dit-on, des cristaux de fer magnétique. Le D^ Andrev^s a cherché à prouver que beaucoup de roches basaltiques contenaient un peu de fer natif en parties microscopiques.
Le fer aciéreux (ou acier natif) parait devoir son origine i Faction des feux souterrains, et c'est encore M. Mossier, que no citions tout-à-Fheure, qui l'a observé au village de Labousche, près de Néris, département de l'Allier, dans un lieu où il existé une houillère embrasée. 11 est en petits globules à sur face finement striée, au milieu des roches altérées par la com* bustion de la houille.
Le fer météorique est celui dont l'origine n'est point terres* tre, et qui se présente en masses métalliques , éparses à la sur face du globe (Meteoreisen), ou qui est disséminé en petitf grains dans des pierres tombées de l'atmosphère (Aérolithes; Meteorsteine). Ce fer n'est jamais parfaitement pur; il est presque toujours mélangé d'une certaine quantité de nickel, qi peut aller jusqu'à 20 pour cent, mais qui est souvent moindre et qui, dans quelques aérolithes seulement, semble complètement disparaître. Au nickel s'ajoutent quelquefois des traces c cobalt, de chrome et de manganèse : il est curieux de trouvi ainsi réunis, dans ce singulier gisement, tous les métaux con nus pour être notablement magnétiques à la température ordi naire.
1° Fer météorique en masses métalliques presque pures teoreisen). Ce fer contient toujours du nickel ; ses masses ao presque toujours caverneuses, et dans leurs cav'iiés se voie fréquemment des traces de cristallisation; ou bien, dans le ca^ contraire, on peut en faire naître à la surface par le procéd. de Wîdmanstâlten. Ces caractères le distinguent très-nettemec du fer tellurique, qui ne renferme point de nickel, et qui ( toujours en concrétions dépourvues de structure cristalliz
Parmi les blocs de fer natif nickélifère, qui ont été trouves
ia surface du sol en difFérents lieux, les plus remarquables sont les suivants: la masse de fer, tombée le 26 mai lySi au village de Hrascbina, près d'Agram, en Croatie, et qui pesait 35 kil. Vî (*)• — ^^^ masses de fer, de i5 et 20 kil., tombées le i4 juillet 1847, à Braunau, eu Bobême. — La célèbre masse de fer, dite de Paltas, trouvée par ce naturaliste ^r le haut d'une montagne, auprès de Krasnojarsk, dans le gouvernement de Jenisseisk, en Sibérie : elle pesait originairement jSo kilog. Cette masse était criblée de cavités, dans lesquelles se trouvait un minéral vitreux analogue au péridot olivine, et un peu de sulfure de fer. — La masse de fer nickélifère, découverte par Brard, à Caille, près Grasse, dans le département du Var, et que possède le Muséum de Paris. Cette masse, qui pèse 691 kilog., est tombée du ciel à une époque inconnue, qui doit être fort ancienne. Elle servait, depuis un temps immémorial, à amarrer les bâtiments : dans les trous dont elle est percée, étaient fixés des crochets de fer destinés à cet usage. L'analyse qui en a été faite, a constaté la présence du nickel, et des portions qu'on en a détachées, ont laissé des surfaces polies, sur lesquelles on distingue les octaèdres en partie saillants, et le réseau triangulaire destries qui caractérisent la structure des fers météoriques. — Nous citerons encore la grande masse de fer malléable que les naturels du pays exploitent depuis longtemps, sur les bords du Sénégal, en Afrique ; et les énormes masses de fer trouvées en Amérique : une de i5oo kilog., trouvée sur les bords de la rivière Rouge, dans l'Etat de Louisiane ; une autre de 7000 kilog., trouvée à Bahia, au Brésil; une troisième de i5ooo kilog., découverte àOIumba, dans le Pérou; une quatrième enfin de 20000 kilog., observée par Humboldt, et trouvée près deDurango, auMexique. 2** Fer natif, en grains disséminés dans les aérolithes ou P'^rres météoriques (Meteorsteine), qu'on a vues souvent tomber "^ l'atmosphère, où elles apparaissent sous la forme d'un globe ^^ Seu, qui se meut avec rapidité, et qui finit par faire explosion, ^^ Se séparant en divers éclats que la pesanteur précipite vers la ^®^e. Le firottement que ces pierres éprouvent en traversant les "^Utes régions de l'air, les échauffe au point de les rendre in- ^^ti descentes; elles subissent en même temps un comraence- ^^tit de fusion, qui les recouvre d'une croûte vitreuse de cou- Ci) M. Haidinger a publié en 1859 une notice très-intéressante sur la chute "^ ce fer météorique , dans le 35« volume des Mémoires de l'Académie impé^ ***^le des Sciences de Vienne,
a6a MÉTAUX natifs
leur noire, qu'on prendrait pour un vernis étendu sur lem surface. Â l'intérieur, elles présentent uue texture teireuse, quelquefois grenue, et une couleur d'un gris cendré, qui les fait ras-' sembler souvent à certaines roches terrestres, de nature volcanique (telles que les trachytes et les dolérites). C'est au milieu de cette pâte terreuse, que le for nickélifèrc est disséminé som la forme de grains plus ou moins fins, quelquefois imperceptibles à l'œil, mais qui deviennent sensibles lorsqu'on vient à limer la surface et à l'étudier à la loupe. Dans les pierres tombée^ depuis longtemps, ces parties métalliques se sont transformées en taches de rouille, par suite de leur exposition à Pair.
Quant à l'origine de ces pierres qui , par leur compcsition, paraissent être tout-à-fait étrangères à notre globe, l'opinion la plus probable et la plus généralement adoptée, est que ce sont des astéroïdes ou petits corps planétaires , ou mieux des amas de matière cosmique., disséminés depuis l'origine des choses dans les espaces célestes, où ils circulent à la manière des comètes, et dont plusieurs sont attirés dans la sphère d'attraction de la terre, qui les fait tomber à sa surface. Cette hypothèse a l'avantage de rattacher le phénomène des aérolithes à celui des étoiles filantes, qui semblent n'être que des corps analogues aqx aérolithes, se mouvant à de grandes hauteurs et avec une énorme vitesse, mais ne faisant que traverser rapidement les parties supérieures de notre atmosphère , sans y laisser d'autres traces de leur passage, que la traînée lumineuse qu'ils produisent par leur inflammation:
Nous nous bornerons à citer ici quelques exemples de chutes d'aérolithes, en choisissant celles qui nous paraissent pouvs<Hr offrir, à nos lecteurs un intérêt particulier, i® La pluie de pierres, qui a eu lieu près de la ville de L'Aigle, dans le département de rOrne, en France, le i5 mars 1 806 : elle a donné lieu à une enquête dirigée par M. Biot, et à un rapport très-remarquable de ce savant, fait à TAcadémie des Sciences de TIdstitut. — 1^ A Eûsisheim, dans le département du Haut-Rhin| on avait constaté la chute d'un aérolithe, le 7 novembre de l'année 1492* — 3^ A Alais, dans le département du Gard, une pluie de pierres a eu lieu le i5 mars 1806. — 4° Une autre à Juvenas, dans l'Ardèche , le i5 juin 1821. Le Muséum de Paris possède une de ces pierres, qui pèse l\i kilog. Le bloc dont elle a fait partie, et qui a été divisé par les ouvriers, après aon^ extraction du sol où il s'était enfoncé, pesait 9a kilog. —« 5* En-
CDBIQDM. ifi3
fin» tout récemment, à Aussud, fNris Montrejeau^ dans le dëpiur* tement de la Haute-Garonoe, on a constaté une nouvelle pluie de pierres, qui a fourni pour les collections, des échantillons 4(wEL volume considérable , et a donné lieu à des observation^ §ÊL k des recherches fort importantes. Les aérolithes ou météo*» rites pierreux sont en général .d^un poids beaucoup plus petit que les météorites métalliques que nous avons cités en premier lieu* Les plus volumineux ne vont guère au-delà de a à 3 qaintaux. Le nombre des chutes d'aérolithes, qui ont été ob« eervées, ou qui sont admises comme réelles par les historiens et les savants, s'élève maintenant à plus de 200. Le Musée impé^ liai de Vienne, une des collections les plus riches en pierres de ce genre, en possède aujourd'hui des échantillons, provenant ' de i4o localités distinctes, avec l'indication précise de la date de leur chute^ ou au moins de l'époque de leur découverte. Parmi les aérolithes qui viennent de pays autres que la France, nous nous bornerons à citer ceux de Stannern, en Nontvie, tombés le 28 mai 1808, et qui ont la plus grande analogie avec l'aérolithe de Juvenas; et celui de Blansko^ en Horafie, tombé le aS novembre i833.
Depuis quelques années , un grand nombre de travaux ont
été entrepris par les chimistes et les minéralogistes, dans le but
de découvrir la véritable composition minérale des aérolithes ;
,et l'on est arrivé à quelques résultats intéressants > en soumet-
tint ces pierres à une double analyse, d'abord mécanique, et
ensuite chimique; en séparant avec soin les parties magnétiques
de celles qui ne le sont pas , et les parties solubles des parties
û^eolubles. On a reconnu ainsi que les aérolithes étaient en gé-
^^tA des mélanges de différentes combinaisons chimiques, la
P^Mpart connues déjà parmi les produits naturels de notre globe,
^^ quelques-unes paraissant être des composés nouveaux.
Parmi les combinaisons métalliques qu'on y découvre, nous *^%erons d'abord, comme la plus caractéristique et la plus commune, le fer nickélifère : nous avons déjà dit que, dans cet al- ^^e naturel, la proportion du nickel peut aHer jusqu'à so pour ^^nt. Ces parties métalliques agissent fortement sur l'aiguille ai« ' Gantée. On a reconnu cependant qu'il existe des aérolithes sans ^r métallique : le fer y est à l'état de pyrite magnétique, de pyrite ordinaire, ou de fer chromé. A cette catégorie particulière apjMirtiennent les aérolithes de Juvenas et de Stannern. Mais dans le plus grand nombre des pierres tombées du ciel, le fer métail-
a64 MÉTAUX ITATIFS
liqua existe en grains, et, dans ce cas, il est toajom mêle de nickel. Ces parties ferrugineuses sont plus ou moins abondantes) et par la variation du rapport qui existe entre elles et les : pierreuses, on conçoit qu'il puisse s'établir une sorte de p entre les mëtéoriteh pierreux et ceux qu'on nomme métalliqu et qui, comme le fer de Pallas, peuvent renfermer des part vitreuses dans leurs anfractuosités. Après le fer nickëlifère, les combinaisons métalliques qu'on observe dans les aérolitbes, sont: la pyrite commune et la pyrite magnétique, que nous avons d^à mentionnées, et un phospbure double de fer et.de nickel, reconnu par Berzëlius.
Les combinaisons du fer, à l'état salin, sont : le fer magnitique et le fer chromé. Les aérolitbes renferment aussi quelques parties combustibles, dues à des combinaisons du soufre et da carbone. On a même voulu établir, sous le nom de météorUu charbonneux^ une division particulière parmi les pierres météoriques : mais, on ne connaît guère qu'un seul exemple de ces météorites charbonneux , et encore parait-il douteux aux yeux de quelques minéralogistes. Parmi les pierres tombées à Alais en 1806, se trouvaient, dit-on, des météorites spongieux, fritblés» d'un noir teroe, et tachant les doigts comme le charbon. Analysés par Vauquelin et Thénard, ils ont fourni, avec les éléments ordinaires des aérolitbes, une certaine proportion de soufre et de carbone, n'allant pas au-delà de quelques centièmes, et ont donné lieu à une perte assez considérable , qu'on peut expliquer par la disparition d'un composé combustible ou volatil. Quant à la partie pierreuse, qui forme le fond de ces aéro* lithes proprement dits, on a reconnu qu'elle se composait le plus généralement de péridot olivine, qu'on a reconnu quelquefois à sa forme cristalline; de certaines espèces de feldspath, qui sont l'oligoclase, le labrador et l'anorthite ; d'amphigène, et de pyro* xène augite, ou même de hornblende: toutes combinaisons qu'on est habitué à rencontrer dans les roches terrestres, et particulièrement dans celles d'origine ignée. Ainsi, selon H. Nordenskiold, l'aérolithe de Lontalax, en Finlande , aurait sa pAce teiTeuse, composée d'olivine, d'amphigène, et de pyrite magnétique. Selon M. G. Rose, l'aérolithe de Juvenas, que Mohs avait déjà comparé à la dolérite du mont Mcissner, en Hesse, serait formé d'augite, de labrador ou d'anorthile et de pyrite magnétique. M. Rammelsberg a trouvé dans celui de Blansko, un mélange d'olivine, d'oligoclase et d'augite.
CI7BIQUK8. d65
Mais, indépendamment de ces composés bien connus, on trouvé encore dans les aérolithes, des substances ou combinaisons cbimiques qu'on n'a point jusqu'ici rencontrées parmi les minéraux terrestres. Tel est le pbospbure double de fer et de nickel, reconnu par Berzélius daos l'àérolithe de Bobumilitz, en Bohême^ et auquel Haidinger a donné le nom de Schreibersite, Selon Lawrence Smith, cette combinaison serait très-commune dans les météorites d'Amérique, et elle répondrait à la formule Ni*Fe*P. M.^hepard a aussi indiqué, sous les noms de dyslydte, de sphénmke, d^apatotde , etc., des combinaisons nouvelles^ qu'il dit avoir reconnues daos plusieurs aérolitbes du nouveau ^t de l'aneien monde.
Le fer natif est beaucoup trop rare et trop accidentel, pour qu'on puisse le considérer comme un véritable minerai. Tout le fer employé dans les arts provient donc des combinaisons de ce métal avec d'autres corps: les seules qu'on puisse exploiter avec avantagée pour en extraire ensuite le métal, sont des oxydes, déshydrates ou des carbonates. Elles se réduisent à quatre: le Fer magnétique (ou Fer oxydulé de Haiiy), le Fer oligisle (ou Fer oxydé rouge), le Fer hydraté (ou Lioionite), et le Fer carbonate. Ces substances seront décrites plus loin, à la place que la méthode leur assi^jne, et avec tous les développements convenables. Nous nous bornerons ici à en donner une notion abrégée, avant de faire connaître les moyens par lesquels on peut en extraire le métal.
Le fer magnétique (ou mine noire en roche) est d'un noir brillant, quand il est en masse cristalline, et d'un noir pur dans sa poussière; il agit fortement sur l'aiguille aimantée. On le trouve en grandes masses, qui sont tantôt grenues, tantôt compactes ou terreuses. Ce minerai est très-riche: il renferme 7a pour 100 de fer,; il se traite avec la plus grande facilité, et donne un fer de la meilleure qualité. C'est avec ce minerai, provenant Jes mines de Suède et de Norwège, que les Anglais fabriquent kor excellent acier. 11 appartient exclusivement aux terrains de cristallisation, où on le trouve en amas ou énormes filons. Les exploitations les plus importantes de ce minerai, dans le royaume "C Suède, sont celles du Taberg en Smolande, de Dannemora ®^ Uplande, de Geltivara en Laponie, et d'Arendal en Norwège. ^û exploite des minerais semblables à ceux de la Suède, à Cogne et à Traverselle en Piémont. En France, le fer magnétique est ^^rare, et n'est l'objet d'aucune exploitation.
a66 MÉTAUX H4TIF8
* Le fer oligiste (ou fer oxydé rouge) est naturellement rouget quand il est en masses terreuses ou fibreuses, de là les ooms dt sanguinCy et lyitémalùe qu'il reçoit dans ce cas ; lorsqu'il est criir tallisé, il est métalloïde et d'un gris d'acier en masse, mais toujours d'un rouge fonce, lorsqu'on le réduit en poussière. Ce minerai est moins riche que le précédent, parce que le fersi'j trouve au maximum d'oxydation : c'est du fer peroxyde, contenant seulement 60 pour 1 00 de fer. On en exploite trois variétéi: le métalloïde j Vhémaiite rouge fibreuse^ et le compacte UthoUde (on mine rouge en roclie). L'hématite est en masses mamelonn à texture rayon née et fibreuse, comme celle du bois : c'est minerai assez riche, comparativement à ceux dont il nous reste à parler, et il est très-recherclié, parce qu'il donne d'excellente fonte. Il est malheureusement rare en France, où on ne le cognait guère qu'à Baigorry, dans les Basses-Pyrénées. Les exploitations les plus célèbres de fer oligiste, en Europe, sont celles de Tile d'£1be, dans la Méditerranée, et de Framant dans les Vosges» La première remonte à une époque fort ancienne ; du temps de Virgile, les mines de l'ile d'Elbe passaient pour inépuisables» et elles sont encore aujourd'hui excessivement riches. La France possède un gîte important de minerai rouge en roche, à La Voulte, dans le département de TArdèche.
Le fer hydroxydé ou Limonite est un minerai brun ou jaune de rouille, qui ne se distingue du précédent que par l'eau qu'il contient en plus, et par la couleur jaune de rouille de sa pou^ sière. C'est à cette espèce que se rapportent tous les minerais de fer de la France. Les variétés de cette espèce, que l'on exploite» parce qu'elles existent en grandes masses, sont au nombre de cinq: x^YliématUe brune ou noire, en masses mamelonnées fibreuses, comme l'hématite du fer oligiste, mais sans traces de couleur rouge : la surface des masses est brune, ou recouverte d'un vernis noir, luisant et quelquefois irisé; a^ la mine brune en roche, compacte et lithoïde; 3^ le fer hydraté ootUhique des terrains jurassiques, en masses composées de petits globules» comparables à des œufs de poisson ; 4*^ 1^ variété pisolUhiquB (mine d*i fer en grains), des terrains tertiaires ou d'aliuvîon, en globules bruns de la grosseur d'un pois, libres ou réuaîs eB masse solide par un ciment argileux; 5^ le fer limoneux (misa de fer des marais), eu masses ocreuses d'un jaune de rouille.
L'hématite brune a la propriété de donner de l'acier de forge, comme le fer spathique dont nous allons parler, el q[u'<lie
CIZBIQCl$. 967
omffpaçoe frëquemmcnt. On l'exploite à Ranoié^ dans le àéparlenaDt de TAriège, dans les Pyrénées, et dans les Alpes daupbi- ■l^iws. La mine brune en roche est exploitée dans plusieurs dUpftrteinents en France (le Gard, rArdèche, l'Ariège, la Mop ), etc.). Le fer en grains est pour la France une source iné- ] able de richesses. Il y forme des dépôts superficiels, générade faible épaisseur, mais qui s'étendent sur des provinces "es. Cest surtout dans les contrées où les calcaires oolithiconstituent le sol, qu'on le trouve en plus grande abone. Il est placé à la surface, ou il remplit des fentes et des ités irrégulières de ces calcaires, à la formation desquels il anger; car il appartient à l'époque des terrains tertiaires» 0 ne à une époque encore plus récente. Ce minerai est tn, surtout dans les départements de la Haute-Saône, de ute-Marae, du Haut-Rhin et de la Moselle ; c'est lui qui nte les usines de la Normandie, du Berry, de la Bourgogne, de Franehe-Copaté, et entre autres la célèbre fonderie du Cki t. On trouve au milieu même des calcaires oolithiques, ne autre variété de fer hydroxydé, qu'on nomme aussi oolitbifiM, à cause de sa structure : ce minerai ne se distingue pas seolement du précédent par la petitesse de ses grains, mais encore parce qu'il est en couches régulièrement intercalées au nOieu des terrains jurassiques, et que par conséquent il appartient à leur époque de formation : il contient souvent des coquilles fossiles, et donne un fer d'assez mauvaise qualité. Quant aa fer limoneux, il n'est point exploité en France : mais il l'est en Allemagne, et surtout dans le nord de l'Europe.
Le fer carbonate est d'un gris jaunâtre et forme des masses tantôt cristallines, tantôt compactes et terreuses, qui s'altèrent plus ou moins facilement par une longue exposition à l'air, devenant d'abord brunes ou noires, puis d'un brun-jaunàtre, et se ébangeant aussi en fer hydraté. liCS variétés de cette espèce que Pon exploite, se réduisent à deux, savoir : la variété spathique, la variété terreuse ou Ulhoide, Le fer spathique (ou mine d'a- ') est cristallisé, comme le calcaire de même nom, et se clive ] illement dans trois directions, en donnant des fragments forme rbomboédrique, qui se rapprochent beaucoup par la ir de leurs angles, de ceux du carbonate de chaux. Ce mili riche en fçr, très-facile à fondre, et donne de l'acier C pnt. ir existe en filons à Baigorry, dans les Basses-Pyré-
i ite de nombreuses forg^ catalanef déni lai dépar**
a68 MiTAUZ NATIFS
tements voisins. On le trouve aussi en grandes masses à ADevard» dans le département de Tlsëre, et on l'emploie pour la fabrication de l'acier de Rives. Le fer carbonate, terreux ou 11thoïde, est appelé minerai de fer des houillères^ parce qu'on le trouve disséminé en petits lits et le plus souvent en rognons, au milieu des argiles et des grès du terrain houiller. Ce minerai, quoique d'une valeur intrinsèque assez faible, est néanmoins très-précieux à cause de son abondance, et parce qu'il est dans le voisinage d'un combustible qui peut servir à son traitement métallurgique. Il est très-commun dans les houillères de l'Angleterre, et c'est presque le seul minerai de fer de ce pays, dont les usines à fer livrent annuellement une quantité de produits à peu près triple de celle que donnent toutes les forges de la France. Il existe aussi en assez grande abondance dans quelques parties du territoire français, notamment à Saint-Etienne, dans le département de la Loire, et à Aubin, dans le département de l'Aveyron. Enfin, on l'exploite depuis longtemps en Allemagne, dans le Palatinai et la Silésie.
Tels sont donc les différents minerais employés à la fabrication du fer, savoir : le fer magnétique et le fer oligiste, dits minerais de montagne, dans les usines de la Suède, de la Norwège et de la Haute-Italie; le fer limoneux dans celles de l'Allemagne septentrionale, le fer en grains et le fer spathique dans celles de la France, et le fer carbonate lithoïde dans les nombreuses fonderies de l'Angleterre.
De ces divers minerais, on retire le fer sous Tuii des trois états suivants : l'état de fonte ou de fer cru, l'état de fer malléable (fer forgé ou en barres), et l'état d^acier. Pour convertir le minerai dans un de ces produits, on le prépare à la fusion par des opérations diverses, telles que bocardages, lavages, grillages, etc., qui ont pour objet de le diviser, de le séparer autant que possible des parties terreuses qu'il renferme, d'en chasser l'eau et l'acide carbonique, et de le transformer en oxyde pur. Cela fait, on le porte dans un fourneau de foute, appelé hauUfoumeaUj où on le dispose par couches avec un combustible charbonneux (charbon de bois, ou coke) et souvent avec un fondant argileux ou calcaire ; puis on soumet le tout à l'action du feu, soutenu et animé par le vent d'une machine soufflante. Il se produit alors deux opérations : la première consiste dans la réduction de l'oxyde en matière métallique fusible (fontej, qui se rassemble dans le creuset du fourneau^ cette réduction a lieu par le char-
bon, OU plutôt, comme Ta prouvé M. Leplay, par le courant de gaz oxyde de carbone qui se forme, et qui est un corps réducteur, comme Thydrogèue, à une haute température; il enlève alors au minerai son oxyg;ène, dont il est très-avide, et se transforme en acide carbonique. La seconde opération, est la séparation des matières terreuses, qui s'écoulent sous la forme de scories par une ouverture placée au bord supérieur du creuset. Ijorsque celui-ci est plein de fonte, on la coule dans des moules de sable ou dans un sillon tracé sur le sol de la fonderie, en débouchant un trou que Ton a ménagé vers le fond du fourneau.
La plus grande partie de la fonte, ainsi obtenue, sert à alinter les forges, où on Fépure, en la refondant, et la maintet longtemps liquide au contact de Tair, pour qu'elle soit 8 ise à une action oxydante. La fonte n'étant qu'une comison du fer avec de petites quantité d'osyde non réduit, de carbone et de silicium, par cette action longtemps prolongée, le carbone se dégage à l'état d'acide carbonique, le silicium chaugé en acide silicique se combine avec l'oxyde de fer qui se reproduit à la surface, ou avec celui qui était resté mélangé dans la foDte, et forme avec eux des silicates fusibles qui se séparent à l'état de scories; la fonte passe ainsi peu à peu à l'état de fer proprement dit.
L'autre partie de la fonte, après avoir éprouvé souvent une nouvelle fusion dans des fours à réverbère, est coulée sur des moules de différentes formes, pour être employée immédiatement dans l'industrie ou l'économie domestique, et constitue la fonte moulée du commerce. C'est avec cette matière qu'on exécute les marmites, les chenets et plaques de cheminée, les bombes, les canons de rempart, et les grandes constructions en fer, telles que coupoles, ponts, chemins de fer, etc.
Malgré cette énorme consommation de la fonte en nature,
l'opération qui en absorbe le plus, est la fabrication du fer: car,
presque tout celui qu'on emploie dans les arts, provient de la
'oote qui a été affinée ou épurée dans un fourneau semblable à
*^Qe forge ordinaire (fourneau d'affinage), et qu'on a ensuite
^^iréesous le martinet ou entre des cylindres. En remuant la fonte,
Sl^e Ton obtient liquide au moyen du charbon, sous le jeu des
^Ufflets, on sent se former des grumeaux, que l'on rassemble
^'^ une masse appelée loupe : puis on soumet cette masse, afin
^ ^Q rapprocher les parties, à l'action du martinet ou des cylin-
^"fo uitAtt lETA^IPS
dr68, et Y)n finit par Tamener à Tctat de Fer forge, en pitceà pin ou moins grosses.
Quant à Tacier, qui est le troisième produit des minerais de Fer, il se fait communément avec le fer forgé, que Pon tient lon{;temp8 soumis à une haute température dans des caisses âe briques, bien fermées, où on Ta disposé par lits alternatif^ avee de la poussière de charbon. L'acier produit de cette iniinîfarèie nomme acier de cémentation, Crest uue combinaison dé fëir et de carbone, qui se distingue de la fonte par une pilus* grande pureté, par la propriété de se laisser forger et limer, et d'acquérir un grand degré de dureté et d'élasticité par la trempe. L*acîér de cémentation cassé en petits morceaux, que l'on place dam dés creusets trës-réfractaires, et chauffé fortement dans desïbuh à courant d*air, est susceptible de se fondre et d'-élte coulé Aïi^ des Ungotières. C'est ainsi qu'on se procure Vacfér Jbndu^ipi reçoit le plus brillant poli, et avec lequel on fabrique les ratoiii, les bijoux et les parures d'acier.
Lorsqu'on a des minerais riches et de facile fusion, téb qtie certaines hématites, et surtout les fers spathiques, on peut obtetiir du fer malléable du premier feu, et par conséquent économuér beaucoup de temps et de combustible, en évitant l'opération qui a pour but de changer le minerai en fonte. Pour cela, on place immédiatement celui-ci dans le creuset même de la forge, oà l'on aurait afBné la fonte, si l'on avait suivi le procède ordinaire. Ce nouveau procédé est usité depuis longtemps en Catalogne 6t dans les Pyrénées: il s'appelle yb»i te à la catalane,
La fonte qui provient de l'hématite et du fer spathiqueest susceptible de donner directement de l'acier, et non du fer« quand on la traite convenablement, en évitant de brûler tout le carbone qu'elle renferme. On voit donc que les minerais de fer peuvent produire immédiatement, soit de la fonte, soit du tst, soit de l'acier.
La France possède actuellement plus de cent mines de fbr propi'ement dites, dont soixante seulement sont en explottation. 11 existe environ cent forges catalanes en activité dans aeuf 'départements voisins de la chaîne des Pyrénées, et quatre à cinq cents hauts-fourneaux, répandus dans quarante-six départements. Ceux où la fabrication du fer a le plus d'importance, sont : la Haute-Marne, la Haute-Saône, SaÔne-ei-Loire, la Côte-dWr, les Ardennes, la Moselle, la Meuse, la Nièvre, le Cher, le Doiibs, la Dordogne, l'Indre et l'Eure. L'une des fonderies les plus vastes
«Mlle ddCnstièôt^ dëpartément Ae SâÔiiê-\ét-LàiV*ë. Le tiBUlkp
déhifoùte S^éxëciite daiis qQàrânte-trbiè départëmrât^; parmi
elson'doit citer en première ligne la Seibe et h tlliônè.
{ hX au travail du glnos f(pr, il se fait dahs de nothbreu^éb
qui ont poUr objet la (ahricatioil du fîl-de-Fer, de la tôl'é,
Fèr-blàbb, de l'acier, etc. Le nombre des ouvriers qui bht
è^ttsteoce attachée à Tindustrie du fer, s^ëlëve à plud dte cent
Le fer est véritablement le métal par excelleiice : il constitué
i seul- la plus çrande partie d\e là vàleuir cr^^ée par l'exploi-
i des ftiitaei dàn^ les états d'Europe. La France tire i5b
ions de ses ui^îneé à fer, et à peine quelques millions de ses
"cë rïiines. L'Angleterre produit, en fonte et en fer, une ^ialétlV
\6o millions, tandis que tous les autres métaux ne figurënl èJQè
petit 5o millions. L'Allemagne, qui eât le pays des gtandé tirà-
Htti de mine, produit 4^ millions de fer et de fohté, é'eSt-à-'diré
8b potir cent de la valeur totale créée par ses nombreuses explût-
tltions. On voit que les usines à fer de l'Angleterre produîsébt
une quantité de fer dont là valeur est presque triple de celle qd'é
donnent toutes les forges de la France. On estime qu'en Europe
le total du produit du fer fabriqué annuellement, monte à plus
de 600 millions de francs, valeur qui dépasse de beaucoup celle
du produit des mines |l'or et d'argent du Nooveatt-Moiide.
Nouveau métal découvert en i8o3, par Wollaston, dans le piatlne brut du Choco,près Popayan, dans l'Amérique méridionale^ et retrouvé ensuite à l'état natif ou presque pur, dabs leS sables aurifères et platinifères du Brésil et des monts Ourals. Ce métal a une. couleur blanche ou d'un gris d'acier clair, comme le platine : il est ductile et malléable; il prend on beau poli par le travail, et présente alors un éclat très-viF; sa dureté est de 5; sa densité de 1 1,8. 11 est infusible par lui-même au chalumeau, mais fond aisément avec le soufre; en continuant de chauffer, le soufre se dégage, et Ton obtient un globule de palladium. 11 è^ înattâc^iiahie par l)eaùcoup d'acides, hiai^ f'acide azotique lé dissout, en prenant une teinte de rouge brun fonfcé.
Le palladium natif est le plus souvent en paillettes, oM en' grains composés de fibres divergentes; tnais, selon IVl. Haidingér, on rencoi^tre quelquefois parmi ces gfaibs, de petits oétàèdi'és
réguliers, en sorte que le système de cristallisatioa admis pour cette espèee, est le rë{julier. Cependant, Zincken prétend avoir trouvé près de Tilkérode, au Harz, sur des lamelles d'or contenues dans un diorite, du palladium en petites tables hexagonales, très-brillantes et clivables avec netteté parallèlement à leurs pans; c'est sur cette observation que s'est appuyé M. 6. Rose, pour dire que le palladium est dimorphe. Le palladium natif est sensiblement pur, il est seulement mêlé d'un peu de platine et d'iridium.
De £;randes quantités de ce métal ont été extraites des sables platinifères du Brésil ; et il a été préparé en grand par M. Bréant à Paris. Le garde-uieubles de la Couronne possède une coupe de palladium, pesant plus d'un kilogramme. A l'état d'alliage blanc, composé d'une partie de palladium et de six parties d'or, il est employé pour la construction des échelles des instruments de précision; il forme la partie graduée du fameux cercle mural de l'observatoire de Greenwicli, et celle d'un des grands cercles de l'observatoire de Paris. Les dentistes font usage d'un alliage- du même genre pour la pose des dents artificielles.
APPENDICE. — Paixadiuii AmurÉRE.
On a trouvé dans la roche aurifère jiommée lacotinga, à Gongo-Socco, province de Minas-Geraes au Brésil, un palladiam aurifère, ou plutôt un or palladifère de couleur pâle, contenant 25 pour cent de palladium. Une autre variété de mélange da palladium avec l'or et avec l'argent, en petits grains cristallins» existe de même au Brésil, dans la Capitainerie de Porpez : elle a reçu le nom de Porpezite, et aussi celui ô^Auro-poudre. Elle contient, sur 100 parties, 10 parties de palladium, 86 parties d'or, et 4 d'argent. Cette variété serait mieux placée à l'or, sous le nom d'or palladifère et argentifère.
13» Espèce. Rhodhim (Aurifère).
Sya : Rhodium^Gold,
Le rhodium, allié avec l'or, existe en petites quantités dans la plupart des minerais de platine; il a été reconnu comme un métal particulier, par WoUaston en i8o4, qui lui a donné son nom, à cause de la couleur rose de ses dissolutions salines. C'est ui;i métal gris, comme le platine, mais plus difficile à fondre que
CCSIQDBS. 173
ee dernier mëtal. Les acides oxydants et Teau régale ne Tatta* qoent pas, quand il est pur : mais, il se dissout dans Teau régale, quand il est allié au platine. Il devient encore soluble quand on le fond avec le bisulfate potassique. Un mélange de nitre et de potasse l'attaque aussi à la chaleur rouge, et le change en sesquioxyde, que Ton obtient sous la forme de poudre noire.
Le rhodium aurifère se rencontre dans le sable platinifère de Choco et de Barbacoas, près Popayan, en Colombie. La mine de platine, provenant de ces localités, en contient environ 3 pour cent. Del Rio le mentionne comme existant aussi au Mexique. Ces variétés de mélange renferment de 34 à 43 pour cent de riiodium. Leur densité est de 16. Celle du rhodium pur n'est que de 10,6.
14e EspicB. Or.
Syo. : VAurum, des Latine ; le Gediegen GM, des AUemandi: *
Caractères essentiels.
Composition chimique .-corps simple, métallique Au, presque pur; mélangé quelquefois d'une certaine proportion d'argent; avec des traces de cuivre et de fer.
Forme cristalline fondamentale : le cube.
Caractères distinctifs.
Géométriques. — Cristallisé sous les formes ordinaires du système régulier. — N'offrant point de clivages sensibleso
Physiques. — Dureté : 3,5, tendre, très-maliéable, et en même temps très-tenace. — Densité : 19,37, quand il est parfaitement pur. Celle de l'or natif varie entre 17 et 19,4*
Couleur : le jaune pur de l'or, mais passant quelquefois à des nuances plus pâles, comme le jaune de laiton. Réduit à l'état de lame très-mince, il paraît vert par transparence.
Chimiques. — Ne s'oxydant point à l'air, comme la plupart des métaux usuels. — Inattaquable par tous les acides, excepté par l'eau régale, qui seule peut le dissoudre. La solution obtenue au moyen de cette liqueur, précipite en pourpre par le chlorure d'étain. Le mercure dissout l'or, aussi bien que l'argent. U est fusible seulement à une température très-élevée, qu'on évalue à 1200^ du thermomètre à air; non volatil au feu de forge. Sous le feu du chalumeau, il fond aisément en un globule. Avec le sel de phosphore, l'or pur n'éprouve aucun chan-
Cours de Minéralogie. Tome IL 18
374 MÊTAOX HATIFS
gement, et laisse à la perle vitreuse toute sa transparence. D i est pas de même de Tor arg^entifère, dans lequel la proportion d'argent varie depuis i jusqu'à 4o pour cent. A la Samme ^ réduction, l'or argentifère colore le sel de phosphore en jaune et le rend opaque. Quand il ne contient pas plus de ao p cent d'argent, il est aisément attaqué et décomposé par 1 régale, avec précipité de chlorure d^argent. Si la teneur en gent est plus considérable, et qu'on fonde le minerai avec dn plomb, en traitant ensuite par l'acide nitrique, l'argent et le plomb seront dissous en même temps, et l'or sera mis enliberté.
L'or est distingué de tous les autres métaux par sa belle couleur jaune, par une densité considérable, et une grande ma bilité. Il pèse dix-neuf fois autant que l'eau, à volume égal» fm à peu près deux fois autant que l'argent : sa densité ne le cède qu'à celles du platine et do l'iridium. 11 surpasse tous le3 métaui par sa ténacité, qui est telle, qu'un fil de 3 millimètres de diamètre supporte un poids de aSo kilogrammes, sans se rompre. Sa malléabilité e^t si grande, qu'on peut l'employer en dorurCi c'est-à-dire par couche d'une minceur extrême. Sa dureté assez faible, ce qui fait qu'on a besoin, pour en former l'or monnayé et l'or de bijoux, de l'allier avec une certaine quantité de cuivre ou d'argent, dont la proportion est réglée par la loi etga* rantie par le contrôle; on sait que la monnaie d'or renferme on dixième de cuivre. Il est remarquable encore par son inaltérabilité à l'air, et sa résistance à l'action des .acides ordinaires. C'est sur cette dernière propriété que se fonde l'essai parlapîMK de touohe, dans lequel l'acide azotique sert à dissoudre le enivre ou Targent, sans attaquer l'or. Le mercure, au contraire, pouvant dissoudre ce dernier métal, on a recours au procédé de l'amalgamation pour retirer les plus petites particules d'or, dei minerais réduits en poudre, ou des minerais natui*ellement te^ reux qui en renferment.
L'or ne se rencontre guère dans la nature qu'à i'état métallique (ou natif), et à l'état de simple alliage avec une certaine proportion de cuivre ou d'argent, qui modifie plus ou moins sa coukor. On le rencontre encore quelquefois, mais bien rarement, combiné avec le tellure, et à l'état de composés définis (voyei TellururesV Quelques minéralogistes ou chimistes ont voulu considérer aussi les alliages d'or et d'argent comme des combinaisons véritables, et par conséquent comme des espèces particulières. Mais, les proportions varient tellement, que nous ne
saurions y voir qu'un mélange indéfini de deux* métaux de cristallisation semblable. Ce mélange, qu'on dësi£[ne souvent sous le nom (Teiectruni^ sera donc placé à la suite de For, comme une variété de cette espèce, produite par des substitutions iso- InorpUiques. Commençons par décrire les variétés pures de l'or •liàtiFr •"■'■ • . ;. .
VARIETES
Formes crislalUnes.
Modifications sur les arêtes : 6^, 6*.
~ sur les angles : a*, a*, i = 6* 6*/« 6V*.
Les formes simples ou combinaisons principales, observées jparmi les formes cristallines de l'or natif, sont les suivantes :'