‹ Nouveau cours de minéralogie, comprenant la description de toutes les espèces minérales avec leur applications directes aux artsChapitre 25 sur 69 · TROISIEME DIVISION · texte numérisé non relu

TROISIEME DIVISION

Groupement» réguliers d'individus appartenant à dei espèce* différente!.

Ce n'est pas seulement dans les cristaux de même nature et de même forme que Ton observe une tendance à se grouper d'une manière Tégulière,* ces deux conditions de l'identité dans la forme et dans la composition chimique ne sont pas tellement absolues, qu'il ne puisse y avoir quelque régularité dfens le groupement, quelque rapport constant dans les positions relatives de deux ou de plusieurs cristaux, de forme et de structure différentes, surtout s'il y a dans ces cristaux, à défaut d'identité, au moins une certaine analogie dans la forme et dans la composition; s'ils offrent dans leurs angles un certain degré de rapprochement, et appartiennent à cette catégorie de cristaux que nous caractériserons plus loin, et qu'on nomme plésiomorphes.

La staurotide, qui cristallise en prisme droit à base rhonibe, et le disttiène, qui cristallise en prisme oblique à base parallélogrammique, se montrent souvent, dans les roches du Saint-Gothard, groupés selon leur longueur, de manière que les axes de leurs prismes soient parallèles, et que, de plus, la face M de clivage du disthène corresponde à la face o (ou gx) de la staurotide, laquelle est la troncature de l'arête aiguë du prisme fondamental. Ces minéraux sont ttfus deux des silicates simples d'alumine. On trouve aussi au Saint-Gothard des cristaux de fer oligiste, du système rbomboédrique, en tables hexagonales, sur les bases desquelles se voient de petits cristaux de rutile ou de titane oxydé rouge, en prismes droits à base carrée, terminés par des sommets à quatre faces. Ces petits cristaux sont disposés par faisceaux parallèles, perpendiculairement aux bords des hexagones, et par conséquent les axes de ceux qui ont des directions différentes font entre eux des angles de 60 et de 1200; de plus, le plan de jonction est parallèle à l'une des faces les plus ordinaires des cristaux de rutile, celle qui correspond au clivage le plus facile.

Les deux pyrites de fer, dont l'une est cubique, et l'autre pris-

GROUPEMENT RÉGULIER DES CRISTAUX.. 3l5

matique, ont été. trouvées à Littmitz en Bohême, groupées ensemble, de manière que Tune des faces du cube soit parallèle à la section passant par la petite diagonale du prisme.

A Baveno, sur le lac Majeur, on voit sur de gros cristaux d'orthose rouge de chair, de petits cristaux blancs d'albite, qui sont avec les premiers en position presque parallèle.

L'amphibole et le pyroxène, qui cristallisent en prismes obliques à base rhombe, et dont les formes et les compositions ont de tels rapports, qu'on a souvent cherché à identifier les deux espèces, se groupent souvent par couches prismatiques, ou par lames planes superposées, de manière que leurs axes principaux soient parallèles , en même temps que les sections diagonales. C'est ce que Ton voit dans les porphyres pyroxéniques des monts Ourals, où des cristaux ayant la forme du pyroxène présentent intérieurement un noyau de la même substance, avec une écorce ou enveloppe prismatique d'amphibole , qui se reconnaît aisément par ses clivages. Ces cristaux mixtes, par la diminution graduelle du noyau pyroxénique, passent insensiblement à la substance appelée ouralite, dont la forme extérieure est encore celle du pyroxène, tandis qu'elle présente à l'intérieur, dans toutes ses parties, la composition qui appartient en propre à l'amphibole. Dans la serpentine de la Baste, au Harz, on voit de même des cristaux de pyroxène diallage, ayant une écorce d'amphibole hornblende. La même chose s'observe dans l'euphotide de la Yalteline, où l'on a pris la hornblende pour de l'hypersthène, espèce particulière de pyroxène ; dans les hypérites ou hypersthénites du Tyrol et de la Saxe, où un véritable noyau d'hypersthène est recouvert d'une écorce amphibolique. La smaragdite des euphotides est aussi un composé de lames pyroxéniques, parallèles à Taxe principal et à la diagonale horizontale, et alternant avec des lamelles amphiboliques , qui, tantôt, ont une position cristallographique semblable , et tantôt, au contraire, se groupent par une de leurs faces prismatiques M avec la section des premières, qui correspond à la diagonale horizontale de leur prisme.

CHAPITOE VL

DES nfPEBFECnOMS DBS CMSTJWOL

Jusqu'à présent , nous avons toujours supposé dans les oris* ; qui faisaient l'objet de nos études, cette régularité et oetâe symétrie qu'ils oot en effet, tant qu'ils sont dans leur état Donnai» etque représentent toujours les figures ou les modèles dont on an sert dans les démonstrations relatives aux faits et aux théories sjiii les concernent. Mais des influences locales, des causes perturbatrices de divers genres, qui agissent pendant la périoste d'Accroissement du cristal, s'opposent à ce qu'il en soit toujouns ainsi ; elles déforment le cristal, en rendant inégales des faceatt des arêtes, qui devraient être égales; elles altèrent ces faces t est empêchant qu'elles soient parfaitement lisses et continues. Ge sont ces diverses sortes d'accidents! ou d'imperfections que las enstaux peuvent nous offrir, soit dans l'aspect général de leur forme, soit dans (es conditions physiques de leurs faces, que nous allons étudier en oe moment Nous considérerons en premier lieu les altérations de la forme, et nous traiterons ensuit» des modifications que peuvent subir les faces.

$ i. Déformations des cristaux par accroissement inégal.

Remarquons d'abord qu'un cristal composé, une combinaison comme celle du cube et de l'octaèdre, peut , sans cesser d'êtf* régulier, subir des changement» notable» dans son aspect, par le seul fait de la variation de distance, par rapport au centne» . des faces d'une même sorte, soit les faces, cubiques, soi t les faces octaédriques. Si les deux espèces de faces sont à peu près à la même distance , elles seront pour ainsi dire en équilibre , oons le rapport de leur étendue relative, et l'on aura le cubo«ootaèdre dit symétrique (fig. 35, pi; II), dans lequel les faces du cube sont des carrés égaux, et les faces de l'octaèdre des triangles équilatéraux. Mais si les faces de l'octaèdre sont plus éloignées, c'est-à-dire si elles ont pris relativement moins d'accroissement, le cubo-octaèdre ressemblera à un cube légèrement tronqué sur ses angles (fig. 34); les faces de l'octaèdre seront de

nfFumcnow naa cjumux. **y

petits triangles, et les faces du cube auront la forme d'octcsm* symétriques. Si ce sont, au contraire, les faces de l'octaèdre qui prédominent, elles présenteront la forme d'un hexagone symétrique, tandis que les faces du cube reprendront la forme quadrangulaire (fig. 36). Dans tous les eas de ce genre, il y a conservation de la symétrie, et simplement changement de figure •

liais si, par suite d'un accroissement inégal, non uniforme» plus rapide pour certains côtés que pour d'autres, accroissement du genre de celui dont nous avons déjà eu occasion de parler, pages 45 et 46* les laces d'un même ordre viennent à varier entre elles de distance et d'étendue relative, à combien plus forte raison l'aspect de la combinaison éprouvera-fril de modifications, qui, dans ce cas, seront toutes irrégulières? U résulte** d'une. pareille cause, des déformations sans nombre, dont tffau* que le minéralogiste soit prévenu, pour se tenir en garde contre le» erreurs qu'elles peuvent occasionner; car il arrive souvent que la première vue d'un cristal lui donne l'idée d'une forma et d'une symétrie tout autres que celles qui conviennent à son système cristallin. Mais, lorsqu'on s'est rendu compte de pareils défauts de forme, on peut toujours les reconnaître dans la pratique, les corriger par la pensée, et rétablir les choses dans leur état normal.

Ces déformations des cristaux proviennent : i° de l'étendue inégale que présentent fréquemment Les faces de même ordre* certaines d'entre elles ayant pris un accroissement démeawé M* dépens des autres; a° de la disparition complète d'une ou plusieurs de ces faces, ce qui est la conséquence de ce que nom Tenons de dire : car si certaines faces peuvent empiéter sur d^aur tres, au point de réduire celles-ci à un état rudimentaire, elle* peuvent par cela même les foire évanouir complètement; 3° enfto, de ce qu'un cristal est souvent resté incomplet, a été réduit à une portion de son contour latéral, quelquefois même à un ncul de ses sommets* par suite de son implantation sur les pa* Astis de la cavité ou du vase où il s'est formé , ou bien par suite 4» «on groupement avec d'autres cristaux de la même espèce*

Nous nous bornerons k citer ici deux seuls exemples de pflg ML Le premier sera fourni par les cristaux ordinaires de l'alun, gui affectent la forme de l'octaèdre régulier (£g. 41» pi» XM)« Quand ces cristaux se développent plus dans une direction ta» cwontale que dans le seps de leyss deux -autre* dimension*, H§ prennent la foeme <Fuu octaèdre allongé (6g. 4^ qu'iM> ajppeJk

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octaèdre cunéiforme, parce que deux de ses pointements sont remplacés par des coins. Quelquefois l'accroissement du cristal a été très-faible dans le sens perpendiculaire à deux faces octaédriques, et plus rapide dans les autres sens, et le cristal offre l'un des aspects que Ton voit fîg. 43 et 44 5 H ressemble à une tranche de l'octaèdre. Le quarz-hyalin, quand il est cristallisé régulièrement, présente la forme symétrique que Ton voit fig. 45 : c'est celle d'un prisme hexagonal régulier, terminé par des pyramides à triangles isoscèles. Mais, par suite d'un accroissement irrégulier, il semble quelquefois s'être allongé dans le sens de l'un de ses axes secondaires, et devient cunéiforme, ou parait avoir été comprimé d'avant en arrière, comme l'indique la figure 46. Dans d'autres cas, cette apparence d'allongement se manifeste dans une direction oblique à l'axe, et l'on a l'aspect trompeur, ou la variété de forme nommée par Haùy sphaltoïde, que représente la figure 47- Le quarz est une des espèces dans lesquelles ces sortes de déformations sont les plus habituelles; elles sont si nombreuses, qu'un ancien auteur, Scopoli, s'est plu â les décrire, et en a fait le sujet d'un ouvrage spécial fort étendu.

S s. Stries des faces cristallines.

Passons maintenant à l'examen des imperfections, ou plutôt des modifications dans la texture et dans l'aspect des faces cristallines. Il y a beaucoup de cristaux dans lesquels les faces se présentent à l'œil comme des plans parfaitement lisses et continus, et, à cause de cela, on a fait de cette condition l'état normal ou l'état de perfection des cristaux. Cependant, il en est un grand nombre dont la forme générale est d'ailleurs régulière, mais dont les faces, examinées de près, laissent voir des interruptions, des inégalités en creux ou en relief, et même des courbures. Tous ces accidents des faces cristallines ont été pris pour des imperfections. Toutefois, parmi ces accidents, il en est un beaucoup plus généra] qu'on ne le croit communément, et qui mérite une attention particulière; car, il est bien moins une irrégularité dans les cristaux qu'une nouvelle manifestation de leur structure intérieure et des lois mêmes de la cristallisation. Nous voulons parler du phénomène des stries, qui, étant toujours d'accord avec la symétrie du cristal (non pas seulement sa symétrie apparente et purement géométrique, mais bien cette symétrie réelle que nous avons définie précédemment), facilite les moyens de la re-

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