IMPERFECTIONS DES CRISTAUX. 22Î
à la surface par un de leurs angles solides. Les faces, dans ce cas, paraissent comme chagrinées : telles sont relies qui forment les bases des prismes d'émeraude verte, provenant des mines de la Colombie.
§ 3. Courbure des faces. — Cristaux à faces creuses.
Un autre genre d'imperfection que les cristaux peuvent nous offrir, consiste dans les diverses sortes de courbure qu'on observe parfois dans leurs faces. Déjà nous avons signalé cette courbure superficielle, qui résulte de la cause même qui produit les stries, lorsque les petites bandes planes qui les composent, varient progressivement de largeur. Les cristaux de diamant, de gypse et de calcaire fournissent de nombreux exemples de ce genre d'accident.
Mais il y a aussi des courbures profondes, qui s'étendent dans toute la masse cristalline, parce qu'elles consistent dans une incurvation générale des lignes du réseau et des couches du cristal. Cette courbure est tantôt convexe, tantôt concave, quelquefois elle est à double courbure. Les cristaux de calcaire, surtout lorsqu'ils sont mélangés de carbonates isomorphes, les cristaux de pyrite arsenicale, nous offrent de beaux exemples de ce dernier cas : il y a des pyrites qui sont contournées en forme de S ; des spaths perlés, qui le sont en forme de selle ; il y a des prismes de quarz, qui sont tordus ou courbés en arc.
Dans d'autres cas , la courbure n'atteint pas les couches internes : elle n'est que superficielle, comme dans le cas que nous avons considéré tout d'abord ; mais elle provient de causes extérieures , tout-à-fait étrangères à la cristallisation, de causes physiques ou chimiques, qui semblent avoir opéré un commencement de fusion ou de dissolution du cristal, ou de causes mécaniques qui en ont usé la surface. Telles sont les courbures que Ton observe dans certains cristaux granuliformes, comme ceux de chondrodite, de grenat colophonitej, de pyroxène coccolithe, de hornblende des volcans, d'amphibole pargasite, d'apatite moroxite, etc.
Enfin, il est des cristaux dont les faces sont comme creusées de cavités, tantôt irrégulières, et tantôt régulières en forme d'entonnoirs ou de trémies. La forme du cristal n'est remplie que d'une manière incomplète par la substance , dont les molécules se sont concentrées vers les plans passant par le centre et par les arêtes. Elles ont produit ainsi des cloisons, d'où résulte une
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êtme de carcasse où de crtatal à jour. Lorsqu'on examine *veft *oin les parois de ce» cloisons matérielles, on remarque souvent qu'elles sont en forme de gradin descendant, phénomène analogue à celui que nous ont offert les stries superficielles. C'est le cas des trémies de sel marin, des cristaux rhomboédriques du bismuth et de l'antimoine. Les octaèdres réguliers de l'alun et de l'oxyde rouge de cuivre, les pyramides du quarz hyalin, nous offrent de beaux exemples de ces cristaux evidés, et presque réduits à leur» arêtes, qui sont alors très-régulièrement fermées.