Le mispickel compacte, en masses amorphes
VARIÉTÉS DE MÉLANGES
Le mispickel argentifère, Woisserz des Allemands. La proportion d’argent est généralement assez faible pour ne point influer notablement sur les caractères extérieurs du minéral. Selon Jordan, un mispickel argentifère, de la mine Félicité, à Andreasberg, contenait sur 100 parties : Fer, 36,44; argent, so \arsenic, 55, et soufre, 8,34.
Le mispickel cobaltifère (Kobaltarsenkies ; ; Danaïte). Dans certaines variétés de mispickel, une partie du fer est remplacée par 6 à 9 pour cent de cobalt, comme on le voit par l'analyse de la danaïte de Franconia, dans le New-Hampshire, que nous avons donnée ci-dessus, et par celle d’une variété de Skutterud en Norwège, où Schéerer a trouvé 9 pour cent de cobalt. Selon M. Dana, le minéral des Etats-Unis, auquel on a donné son nom, possède toutes les propriétés du mispickel, et doit lui être réuni. On doit aussi placer dans la même espèce le Plinian de Breithaupt, que les recherches chimiques et cristallographiques de Plattner et de G. Rose ont démontré n’être rien autre chose qu’une variété de mispickel. |
Un autre minéral, que Breithaupt a décrit sous le nom de Glaukodot, n'est qu’une danaïte, beaucoup plus riche en cobalt,
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et dans laquelle la proportion de ce métal peut s'élever de 24 à 30 pour cent. Si le fer disparaissait entièrement, on aurait un arseni-sulfure de cobalt, parfaitement isomorphe à Parseni-sulfure de fer, et qu'il faudrait placer à la suite du mispickel, en lui conservant le nom de Glaukodot. Ses formes sont sensiblement les mêmes que celles de l'espèce que nous décrivons ; l'angle du prismé est de 1 12°36. Seulement le clivage, qui est parallèle à la base, est beaucoup plus net que dans le fer arsenical. On trouve ce minéral sous la forme de veines dans un schiste chloriteux, entre Huasco et Valparaiso au Chili, avec de la cobaltine, du cuivre pyriteux, du quarz et de l’axinite. On le rencontre aussi à Orawicza, dans le Bannat, avec du calcaire spathique jaunâtre.
Gisements et usages.— Le mispickel est tantôt disséminé dans les roches granitiques, schisteuses ou serpentineuses, ou dans les filons pierreux qui les traversent; tantôt il se rencontre dans les filons et les amas métallifères de diverse nature, et particulièrement dans ceux d’étain, à Altenberg, Geyer et Ehrenfriedersdorf en Saxe, à Zinnwald et Schlackenwaïd en Bohème, et dans le Cornouailles. On le trouve aussi, mais plus rarement, dans les filons An à et plumbifères de la Saxe (Freiberg, Braunsdorf), et c’est de là que viennent les variétés qui renferment de l'argent. Quant à celles qui sont riches en cobalt, elles proviennent surtout des environs de Skutterud, en Norwège.
Le mispickel est recherché pour la préparation de l’arsenic, de Pacide arsénieux et du sulfure d’arsenic; la variété nommée Weisserz est employée, avec d’autres minerais, pour l'extraction de l'argent; et celle qui est cobaltifère, pour se procurer le smalt ou bleu de cobalt. : |
18e Esrice. CHALKOSINE,
Syn, : Cuivre Ve Haüy; Kupferglanz et Kupferglas, EE, ef Hausmann.
Le sulfure de cuivre GuS, auquel Beudant a donné le nom de Chalkosine, et que les minéralogistes allemands nomment Kupferglanz (Cuivre éclatant), ou Kupferglas (Cuivre vitreux), a cela de remarquable qu'il est souvent intimement mélé avec le sulfure d'argent AgS, ou l’argyrose de Beudant ; et ce mélange intime des deux sulfures s'explique parfaitement bien par l'isomorphisme des deux sulfures, ou mieux, par leur iso-dimor-
Lee
phisme. Car, au premier abord, ces sulfures semblent être hétémorphes, l’un d’eux, le sulfure d'argent, cristallisant toujours, quand il est seul, sous les formes du système cubique, et l’autre, le sulfure de cuivre naturel, toujours sous les formes qui dérivent du prisme droit à base rhombe. Mais on a reconnu que chacun d’eux était dimorphe, et que les deux formes de lun pouvaient être mises respectivement en parallèle avec les deux formes de l’autre. La chalkosine en effeta été obtenue artificiellementen octaèdre régulier (Mitscherlich ; G. Rose) ; et d’un autre côté, la stromeyérine, qui n’est que du sulfure d'argent mélangé de sulfure de cuivre, a été observée à Rudolstadt en Silésie, sous les formes de la chalkosine : ce qui prouve que le sulfure d'argent cristallise comme elle, au moins quand il est en présence du sulfure cuivreux. Ainsi donc, chaque espèce est capable de cristalliser sous deux formes, mais dont l'une s’observe bien plus fréquemment que l’autre, et celle qui est habituelle dans la première espèce n’est pas celle qui est la plus ordinaire dans la seconde. Telle est la manière de se rendre compte de l’apparence d’hétéromorphisme qu’elles présentent, malgré la ressemblance de leurs compositions chimiques.
Caractéres essentiels de la Chalkosine.
Composition chimique : G&uS, ou monosulfure de cuivre, con- tenant en poids les proportions suivantes : cuivre 79,75, et soufre 20,27. É
Système cristallin : L’orthorhombique.
Forme fondamentale : Prisme droit à base rhombe de r10°35, dans lequel les trois axes rectangulaires a, b et c sont entre eux comme les nombres 0,974, 1 et 0,582. Ce prisme, représenté fig. 185, pl. 27, par la modification g°, passe à la forme d'un prisme hexagonal pmg! (fig. :86), qui, vu la petite différence qui existe entre l'angle du premier prisme et celui de 120°, simule parfaitement un prisme hexaèdre régulier. Aussi Hauy et la plupart des cristallographes ont-ils cru pouvoir rapporter les formes de la chalkosine au système hexagonal. Mohs, par la mesure des angles et l'observation des formes simples et des groupements, a montré que cette détermination du système cristallin n’était pas exacte, et que les formes de la chalkosine dérivaient d’un prisme rhombique, très-rapproché du prisme limite de 120° et de 60°.
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Caractères distinctifs.
GéomÉTRIQUES. — Les cristaux de la chalkosine rappellent tout-à-fait les formes du système hexagonal, et s'offrent le plus “souvent sous l'apparence de tables hexagonales, plus ou moins épaisses, implantées seules sur diverses gangues ou bien réunies en druses à leur surface. Des groupements par hémitropie, et avec entrecroisement, sont fréquents dans cette espèce.
Des clivages prismatiques ont lieu parallèlement aux pans
m, M, mais ils sont peu nets et ne se reconnaissent bien par leur chatoiement, que lorsqu'on les fait mouvoir à une vive lumière.
Paysiques. — Densité, de 5,5 à 5,8. — Dureté, de 2,5 à 3. Cassure conchoïde et inégale. Très-tendre et très-fragile : il est mou, et se laisse jusqu’à un certain point couper par un instrument tranchant, surtout lorsqu'il est mêlé de sulfure d'argent.
Aspect : Le gris de fer, plus ou moins sombre, ou le gris de plomb noirâtre, souvent avec une teinte bleuâtre à la surface, qui généralement est peu brillante, mais elle acquiert un vif éclat par la rayure.
CHimiques. — Sa composition normale n’admet que le cuivre et le soufre; mais, dans beaucoup de variétés, une partie de cuivre est remplacée par une proportion d'argent équivalente. Le cuivre sulfuré est tellement fusible qu’il fond à la simple flamme d’une bougie, quand il est en petits fragments. Il colore en bleuâtre la flamme du chalumeau; traité avec la soude, il donne un bouton de cuivre. Soluble dans lacide azotique : la solution devient bleue par l’additien de lammoniaque en excès, et précipite du cuivre sur une lame de fer.
Analyses de la chaïkosine :
Sibérie, De Rothenburg,
par Klaproth. par Ullmann.
Cuivres... . à 70004000 100
Per RU D 2) NN ne DE PROS te 1950 4 40
Analyse de la chalkosine de Tellemark, par Scheerer:
CHIYDES 0 D SON CO Se TD SOU ee UN Re 4 AQU
L’échantillon de Norwège, analysé par Scheerer, lui a paru
avoir une structure cubique ; et il a conclu de cette observation - que le sulfure de cuivre est dimorphe.
VARIÉTÉS
Formes déterminables.
Modifications sur les arêtes : g”, hï, bt, b?, bÿ, — sur les angles : e'}s, et.
Les principales formes simples et combinaisons observées dans la chalkosine, sont les suivantes :
La chalkosine en prisme hexaëdre, presque régulier, pm 9° (fig.186).—Incidence demsurm = 110°35"; de msur g =120°137. Dans lé Cornouailles, dans‘les mines de Redruth, et de Cooks- Kitchen, elle se présente en tables hexagonales, empilées les unes sur les autres parallèlement à leurs grandes faces, de manière que le groupe offre une apparence de structure lamelleuse.
2. La chalkosine trapézienne, p b'e'ls (fig. 187). En tables hexagonales, offrant des biseaux dans leur pourtour. Incidences de b? sur b?, 148°20’; et 65°40° aux arêtes horizontales. — els sur e 3 — 65048; e‘l5 sur We 1/1700.
3. La chalkosine uriannulaire, Haüy, pb'et; semblable à la précétiente, mais les faces des biseaux sont moins inclinées sur les bases. e! sur et — 54°20° — b! sur b! (à l'endroit des arêtes horizontales) = 125°22°.
4. La chalkosine en prisme hexagonal, modifié sur les arêtes horizontales, avec une double bordure sur celles qui correspondent aux pans m du prisme fondamental. p mg! e* b*Lÿ (fig. 188).
5. La chalkosine, en prisine octogone, avec une triple bordure de facettes sur les arêtes état du prisme rhombique:pmg" het b'b?b° (fig. 189). Incidence de ht sur m— 149°47. Cette variété répond à celle à laquelle Haüy a donné le nom de doublante.
Les cristaux de chalkosine sont rarement simples : ils sont ordinairement groupés régulièrement entre eux, suivant deux lois différentes. Le plus souvent le groupement se fait de manière que l'axe de révolution soit normal, et le plan d’hémitropie parallèle à une face m du prisme de 119°35; il se répète avec parallélisme ou inclinaison des plans d’hémitropie successifs, en sorte que le minéral peut offrir des groupes tout-à-fait semblables à ceux de larragonite et de la céruse. Plus rarement, les
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cristaux se groupent deux à deux en croix, comme on le voit. fig. 190 : dans ce cas, l'axe de révolution est perpendiculaire, et le plan d’hémitropie parallèle à une face du rhomboctaèdre bÿ, | Les deux individus, semblables chacun à ceux de la variété dite trapézienne, sont des combinaisons ternaires des faces m, b et et}s, simulant des tables hexagonales avec une double rangée de facettes disposées en anneau ; mais la double pyramide, produite par ces facettes, a des angles à la base de deux valeurs différentes (65°28’, et 65245’). Les axes des deux cristaux, et par conséquent aussi les faces basiques p, p’, forment un angle de 88°9° d’un côté, et 91°5 1° de l’autre côté : ces axes sont donc à peu près perpendiculaires l’un sur l’autre.
Les formes du cuivre sulfuré ont été décrites par Haüy comme étant rigoureusement hexagonales, et cette manière de voir a été partagée par Beudant et Dufrénoy, bien que depuis longtemps Mohs ait parfaitement établi, par la mesure des angles, comme par l'observation des formes simples et des groupements, que la forme primitive est un prisme rhombique, mais un prisme très-rapproché du prisme-limite de 120° et de 60°. L’exactituce de cette détermination est admise aujourd’hui par tous les mi-
néralogistes.
VARIÉTÉS DE FORMES ET DE STRUCTURES ACCIDENTELLES
1. Chalkosine lamellaire, ou feuilletée. Cette structure est due, non-seulement à un véritable clivage, maïs surtout à une accumulation parallèle de cristaux laminiformes. En Cornouailles.
2. Chalkosine compacte, ou vitreuse. C’est le minerai vitreux, qui est la variété la plus commune, la plus abondante, et la plus précieuse au point de vue industriel. Elle est souvent mêlée d'oxyde rouge de fer.