Chalkosine pseudomorphique
a. Spiciforme. Vulgairement Cuivre, et Argent en épis. Elle est en petites masses ovales, aplaties, relevées par des saillies noirâtres en forme d’écailles; elle ressemble à un petit cône de pin, ou à un épi de graminée, qui aurait été fortement comprimé ; aussi, parmi les naturalistes, les uns attribuent Porigine de cette variété à des portions de cône du genre Cupressus, que la matière de la chalkosine aurait remplacées, tandis que les autres pensent que les types de la pseudomorphose sont les épis d’un gramen du genre Phalaris. Ce cuivre sulfuré est moins pur que les autres,
et il est souvent argentifère, ce qui explique la dénomination particulière qu’on lui donne quelquefois d'argent en épis. Ce cuivre spiciforme se trouve à Frankenberg, en Hesse. |
b. Xyloïde, en tiges ligneuses, minéralisées par le sulfure de cuivre. Dans le Mansfeld ; et dans le Bannat, en Hongrie (mines de Moldawa et de Szaska). |
Gisements et usages. — La chalkosine est en général une substance accidentelle des différents gîtes de cuivre pyriteux, dans le Cornouailles, la Hesse, le Mansfeld, le Bannat, etc.; mais ce n’est que dans les mines de lOural et de l’'Altaï, en Sibérie, que cette substance devient abondante, et qu’elle est l’objet d’exploitations particulières, : tandis qu’au contraire Île cuivre pyriteux manque là presque entièrement et semble y avoir été remplacé par le sulfure simple de cuivre. La chalkosine sy présente en
amas, en filons, en rognons disséminés dans les schistes cristallins primitifs, dans les roches de transition, et dans les dépôts les plus anciens du sol secondaire. Les plus beaux cristaux de ce minéral viennent des mines des environs de Redruth, au Cornouailles, et c’est ce qui lui a fait donner quelquefois Le nom de Redruthite; 1à, le minerat se présente en filons, comme aussi dans les mines des environs de Freiberg, en Saxe. Les variétés compactes se rencontrent disséminées dans des lits, sous forme de plaques ou de rognons, dans le Bannat de Temeswar, dans les monts Ourals et Altaï; dans le Mansfeld, la Thuringe et la Hesse, au milieu du schiste bitumineux, dit Kupferschiefer. On. trouve encore la chalkosine dans le district de Siegen ; dans les mines de Kupferberg et de Rudelstadt, en Silésie; en Suède, en Norwège et dans d’autres contrées. | |
Le cuivre sulfuré est un des minerais de cuivre les plus purs et les plus riches. Il forme quelquefois des amas ou des flons très-puissants qui renferment aussi du cuivre rouge ou cuivre oxydulé, du cuivre pyritéux, de la malachite, etc.
En fondant ensemble du cuivre et du soufre, ou bien par la simple fusion du sulfure de cuivre naturel, on peut obtenir ce sous-sulfure cristallisé sous la forme de l’octaèdre régulier, comme M. Mitscherlich l'a fait voir le premier; ce fait a été confirmé ensuite par les observations de MM. Gustave et Henri Rose. Le sous-sulfure de cuivre est donc une combinaison chimique qui admet le dimorphisme. -
Sous le nom de Digénite, Breithaupt a décrit un cuivre sulfuré, qui parait être composé de deux sulfures, savoir : le so us-
RHOMBIQUES. : on
sulfure GuS dont il vient d’être question, et le honda Cus. Ce nouveau sulfure, dont la cristallisation n’est pas connue, est d’un gris de plomb noirâtre, très-tendre, et d’une densité égale à celle de la chalkosine ; il est formé, sur 100 parties, de 71 de cuivre et de 29 de soufre. On le rencontre, avec la chalkosine cristallisée, à Sangerhausen, en T'huringe, et avec la cuproplumbite dans le Chili. | La substance nommée Harrisite, de la mine de Canton, en Géorgie, paraît être identique par sa composition avec la chalkosine, et cependant elle présente une apparence de clivage cubique; on a supposé, à cause de cela, qu’elle pourrait bien être une pseudomorphose provenant de la galène, qui aurait con-
servé des traces de la division mécanique, propre à cette dernière substance.
19e Esprit. STROMEVÉRINE.
Sy," Siberhupferglanx, Hausmann ; Sulfure | de cuivre et d'argent de Bournon; Cuivre sulfire argentifère.
Cette substance, d’un aspect métallique et d’un gris de plomb ou d’acier noirâtre, fragile, molle et brillante dans sa cassure, n'est qu'un mélange isomorphique des deux sulfures d'argent et de cuivre; elle cristallise comme ie sulfure de cuivre naturel. On a trouvé en effet à Rudelstadt, en Silésie, des cristaux de stromeyérine qui présentaient les formes ordinaires et même les groupements caractéristiques de la chalkosine ; ce n’est donc qu'un cuivre sulfuré mêlé de sulfure d'argent. Maïs, parce que le mélange paraît se faire à proportions atomiques égales, de manière à pouvoir être représenté par la formule GuS + AgS, la stromeyérine doit être considérée comme une espèce intermé-. diaire, qui est à l'égard des deux sulfures simples, ce que la dolomie est aux carbonates simples de chaux et de magnésie. On a trouvé, en effet, dans les variétés provenant des mines de Schlangenberg, en Sibérie, et de Rudelstadt, en Silésie, des proportions qui se rapprochent beaucoup de li composition normale, correspondante à la formule ci-dessus, et qui conduit aux rapports suivants : sur 100 parties, argent 92,9, cuivre 31,4, et soufre 15,7. On voit que ce minerai est très-riche en argent, et les mineurs le désignént par le nom d'argent gris, déjà donné par eux à d’autres minerais de cuivre argentifères (chalkosine argentifére; tétraédrite argentifère).
La densité de la stromeyérine est de 6,25, Sa dureté de 2,5. Sa cassure est imparfaitement conchoïde, et presque plate. Elle fond aisément au chalumeau en un globule gris, assez éclatant, qui communique aux flux ordinaires les couleurs caractéristiques du cuivre, et qui, traité avec du plomb par la coupellation, finit par donner un bouton d’argent. Elle est soluble dans l'acide azotique : la solution précipite du cuivre sur une lame de fer, et de l'argent sur une lame de cuivre.
Analyses de la stromeyérine :
De Schlangenberg, ‘De Rudelstadt, par Stromeyer. par Sander.
ARR ee Donne nes Al RO de Lo. O0 RU Ci VON D due de iii 04 Doule. Don dr Lies: + 10,02
D’autres analyses, faites par Domeyko et Lampadius sur des cuivres sulfurés argentifères venant du Chili et des environs de Freiberg, montrent que les proportions entre les deux sulfares composants peuvent osciller beaucoup, en s’écartant plus
ou moins, dans un sens ou dans l’autre, de la composition moyenne que nous venons d'indiquer, ce qui s'explique naturellement par l’isomorphisme des deux sulfures.
D’après Domeyko, dans les minerais du Chili, la teneur en argent varie entre 3 et 29 pour cent. Lampadius à trouvé, dans un cuivre sulfuré de la mine Junge hohe Birke, près Freiberg, une quantité de sulfure d’argent égale à 18,5.
Si la stromeyérine d'Europe et de Sibérie s'accorde par sa forme cristalline avec la chalkosine, il paraît qu'un autre cuivre sulfuré argentifère, trouvé à Jalpa au Mexique, ressemblerait au contraire par la sienne à largyrose, et cela sans doute parce que ce dernier sulfure est en quantité prédominante. D'après une analyse de Richter, sa composition peut être représentée par la formule GuS-+3Ag$ ; ou, en poids, par les proportions suivantes : argent 71,76; cuivre 14,02 ; et soufre 14,22. Ce minerai, qui a été examiné et décrit par Breithaupt, sous le nom de Jalpaïte, cristallise en cubes et en octaèdres réguliers. .
La stromeyérine serait un minerai très-précieux, si elle était plus abondante; mais elle n’est guère connue qu'en petites masses, le plus souvent compactes, qui proviennent des mines de Schlangenberg, près Kolyvan, en Sibérie, où elle accompagne
RHOMBIQUES. 379
le cuivre sulfuré et le cuivre pyriteux. Les variétés cristallisées, qui sont d’une extrême rareté, viennent de Rudelstadt en Silésie. On la trouve aussi au Chili, dans les mines de San-Pedro, et de Catemo; et à Combavaila, au Pérou. Elle a été décrite pour la première fois et distinguée comme Apte particulière par Stromeyer.
Après la stromeyérine, vient un petit genre fort naturel, composé de trois espèces isomorphes, qui se rapportent à la formule trés-simple r?S$'. Ce sont des sesquisulfures de trois métaux rhomboédriques, le bismuth, l'antimoine et larsenic.
20e Esricr, BISMUTHINE.
Syn. : Wismuthglanz, Werner; Bismuth sulfure.
Substance d’un aspect métallique, d’un gris de plomb ou d’un gris d’acier clair, tirant sur le blanc d’étain; et présentant quelquefois une nuance de jaunâtre ou des teintes irisées à sa surface ; cristallisant en prismes allongés ou en longues aiguilles, comme le sulfure d’antimoine avec lequel il est isomorphe ; ces prismes ou aiguilles sont fortement striées dansle sens longitudinal; ils dérivent d’un prisme rhombique droit, de 01°, clivable ayec beaucoup de netteté, comme celui de la stibine, dans le sens de la petite diagonale et longitudinalement. Des cristaux artificiels de sulfure de bismuth, observés par G. Rose, lui ont donné pour valeur de l'angle du prisme fondamental, 90°40°. Phillips avait déjà remarqué le parfait accord du sulfure artificiel avec le sulfure naturel, sous le rapport de la cristallisation.
Comme la stibine (ou l’antimoine sulfuré), elle est composée, suivant la formule Bi?S°, de deux atomes de bismuth et de trois atomes de soufre : ou a bien, en poids, de bismuth 81,5, et soulive 4015,
Analyses de la bismuthine :
De Riddarhyttan, De Rezbanya.
par H. Rose. par Wehrle.
Bismuth\ ss R@OR, à ul rt : F0:n6
Pouire. Un MD... 0 1020
La bismuthine a une densité de 6,5 ; sa dureté est faible et inférieure à celle du calcaire ; elle est de 2,5 au plus. Indépendamment du clivage longitudinal et diagonal, qui est d’une
grande netteté, il y a des traces de clivages basique et prismatique. Le prisme fondamental porte souvent des indices de modifications sur les arêtes verticales; et les stries ne sont que le résultat d’une combinaison par alternance de ces facettes avec celles du premier prisme.
La bismuthine est fusible à la “Ha flamme d’une bougie ; fondue sur le charbon, elle entre en ébullition, éclabousse, et projette des gouttelettes incandescentes, couvre le charbon d’oxyde jaune, et donne pour résidu un globule de bismuth. Elle est soluble lentement dans l'acide azotique; la solution est troublée par une addition d’eau, et précipite en noir par les hydrosulfates. |
La bismuthine se rencontre nement sous la forme de longues aiguilles rhomboïdales, striées sur leur longueur, que lon peut comparer à celles de la stibine : ces aiguilles présentent quelquefois une face perpendiculaire à l’axe, et des traces de clivage parallèlement à cette face; ces aiguilles sont quel- ’quefois très-déliées, et presque capillaires. On la trouve en petites masses, engagées dans diverses gangues, et ayant une texture lamellaire ou fibreuse. C’est un minerai très-rare, qu’on trouve dans les filons ou dans Îles couches des terrains primitifs : à Bastnaës, près de Riddarhytta en Suède, où il accompagne la cérite et le cuivre pyriteux; à Johann-Georgenstadt,'Altenberg et Schneeberg en Saxe; à Joachimsthali en Bohême, où il s’associe au bismuth natif; à Bieber, dans le Hanau; à Redruth et Botallack en Cornouailles : et à Calbeckfell en Cumberland.
1! faut bien se garder de confondre avec le sulfure simple de bismuth, comme l'ont fait plusieurs minéralogistes, des minerais de bismuth qui contiennent du nickel, du plomb, du cuivre et de l'argent, et qui, pour la plupart, appar tiennent aux sulfures multiples. Tel est le Nickelwismutholanz, dont il a déjà été ques-. tion dans ce volume (voyez page 344); et les substances désipnées sous les noms de Nadelerz, de W ismuthsilbererz, de Wismuthbleierz, de Kupferwismutherz, qu'on trouvera plus loin rangées selon l'ordre méthodique dans la série des sulfures multiples ou sulfo-sels. C’est à tort que Haüy les avait placées par appendice dans l'espèce que nous venons de décrire.
RHOMBIQUES. 387
91e Espèce. STIBINE (Beudant.)
Syn. : : Antimoine sulfuré, Haüy ; Antimonit, Haïdinger:; Stibnite, Dana; Anéimonglanz; Grauspiessglanzerz, Wie et Hausmann ; Sfibium, Plin., Stibi et SCimmé, rs
Caractères essentiels.
Composition chimique : Sb°S? ; en poids : antimoine, 72,77 :
soufre, 27,23. | : : ( Forme fondamentale : Rhomboctaèdre droit, de 109°167,
108°10’, et 110058”; fig. 26, pl. 20 Mob) a
Caractères distinctifs.…
GÉOMÉTRIQUES. — Forme primitive ou noyau Hotte: le prisme rhombique de 90°45 (fig. 27), dans lequel h :b= 1 : 0,685. Ce prisme a même hauteur que l’octaèdre fig. 26, et ses. pans circonscrivent celui-ci en touchant ses arêtes latérales.
Clivage : très-net, parallèlement à la petite diagonale de la forme primitive ou à la face k° (fig. 28); des clivages heaucoup moins sensibles s’observent parailèlement aux Bee b' de loctaèdre, fig. 26, et aux faces pm du noyau, fig. 27.
Stries : Les pans m, m sont fortement striés dans le sens longitudinal ; ce qui dénote dans les cristaux une tendance à prendre l’apparence bacillaire ou cylindroïde. Les faces des octaèdres, qui proviennent des modifications sur les arêtes b, 6, sont quelquefois striées horizontalement; et il en est de même de la face principale de clivage.
Cassure : imparfaitement conchoïdale.
Les cristaux sont généralement allongés dans le sens de leur axe ; les faces de leurs somrnets ont rarement de la netteté; et ils se présentent habituellement sous la forme aciculaire ou spiculaire (Spiessig.). De là lesnoms de Spiessplanzerz, Spiessglaserz, sous lesquels ce minerai est connu en Allemagne, et ceux de Spiessglanz, Spiessqlas que les Allemands ont donnés au métal même qui en provient. | Paysioues. — Dureté : 2. tendre: les lames minces, données par le clivage, sont légèrement flexibles. — Densité : 4,6.
Aspect : éclat métallique, quelquefois très-brillant. Couleur
d’un gris de plomb, tirant sur le gris d'acier. Par suite d’une altération superficielle, il est quelquefois orné des plus belles
382 | SULFURES ET SÉLÉNIURES nn
couleurs d’iris. Sa poussière est d’un gris noirâtre, et tache fortement le papier, comme le graphite. :
Crimiques. — Très-facilement fusible : il fond à la simple flamme d'une bougie; sur le charbon, il fond, en s’entourant d’un dépôt blanc, en répandant des vapeurs blanches et une odeur sulfureuse, et il finit par disparaître entièrement. Il donne par le grillage dans un tube ouvert un sublimé d'acide antimonieux mêlé d'oxyde d’antimoine. Il est attaqué par l'acide chlorhydrique, avec dégagement de gaz sulfhydrique; par Pacide azotique, avec formation d’un précipité blanc, soluble dans l’acide chlorhydrique, dont il est ensuite séparé, quand on étend d’eau la dissolution.Il est encore attaqué par une solution bouillante de potasse caustique, laquelle dépose par le refroidissement une poudre rouge brune (Kermès minéral). Analyses de la Stibine : | Par Proust. Par Brandes.
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VARIÉTÉS
Formes cristallines.
Modifications sur les arêtes : ht PhD sur les angles : aÿ a* {b' b'1s h'l2) qe b'Ia pile.
Combinaisons.
1. Stibine quadrioctonale, Haüy; mb!. La figure 28, pl. 20, moins les facettes h!. b! sur b! = 108210; b! sur m — 145°29/.
2. Stibine sexoctonale, Haüy; m h! b! (fig. 28) h° sur m 124037. | ;
3. Stibine en prisme à six pans, terminé comme la variété précédente, par un sommet pyramidal, mais plus surbaissé. m ht b? (Gg. 29). b5 sur b° = 144018"; 143049; 51°45; 0° sur m = 110952. |
En ajoutant aux deux variétés précédentes les faces g quon observe très-rarement, on aurait les variétés dioctaèdre et binotriunitatre de Hauüy.
4. La variété sexoctonale, plus huit facettes à — (6° b ‘ls pile), fig. 30, pl. 20. Les facettes ? prolongées formeraient un octaë-
RHOMBIQUES. | 383
dre plus aigu que celui des faces b!. On aperçoit encore d’autres petites facettes Z!, qui produiraient un quatrième octaèdre, et qui résultent de la loi (b! b'ls h'le),
De plus, on AP pus us certains cristaux quatre facettes, provenant de la loi a*, ou a”, et qui par leur prolongement donneraient un prisme pos band horizontal, situé PAPE à la petite diagonale de la forme primitive. «° sur 4° = 113930 ; et a" sur d' = 127°51°.
Formes et structures accidentelles.
Stibine cylindroïde ; en gros canons cannelés, dont la cassure longitudinale offre une face de clivage d’un poli très-vif, et qui se réunissent souvent en faisceau. Il en est qui ont plus d’un centimètre d'épaisseur, et dont la cassure a tant d'éclat qu'on leur a donné le nom d’antimoine spéculaire. En France, dans le département du Puy-de-Dôme. :
Stibine aciculaire, en aiguilles rayonnées, tantôt épaisses et tantôt déliées, souvent accompagnées de barytine. En France; en Hongrie.
Stibine capillaire ; le Federerz de Werner, en partie. En filaments soyeux, d’un gris sombre, entremêlés et souvent comme feutrés. On a longtemps confondu avec cette variété une substance d’un gris-bleuâtre, en petites fibres agglomérées, dans laquelle M. Henry Rose a reconnu la présence du plomb en quantité notable, et que nous décrirons plus loin sous le nom de Federerz de Wolsberg, ou de plumosite. — A Freiberg, et à Braunsdorf, en Saxe; et à Stollberg, dans le Harz.
Stibine lamellaire, en petits cristaux aciculaires, mêlés entre eux, et présentant dix facettes dans tous les sens.
Stibine compacte, d’un gris de plomb, et oïfrant une certaine analogie d'aspect avec plusieurs minerais de manganèse, dont elle se distingue aisément par les caractères pyrognostiques.
L’antimoine sulfuré passe par épigénie, et en conservant sa forme et même sa structure, à d’autres espèces qui seront décrites à leur place, C’est ainsi que par une oxydation partielle il se transforme souvent en kermès, ou en antimoine oxy-sulfuré rouge, dont la teinte d’un rouge mordoré approche quelquefois du rouge de la cochenille. Lu une oxydation ultérieure, il se change en oxyde blanc d’antimoine (valentinite ou exitèle), ou bien en ocre jaune d’antimoine, soit anhydre, soit hydraté.
Haüy rapportait à cette espèce plusieurs minerais contenant du sulfure d’antimoine, mais combiné avec d’autres sulfures, et qui, pour cette raison, doivent prendre place dans la série des sulfures multiples : tels sont, entre autres, la Bournonite, qu’il appelait antimoine sulfuré plumbo- -cuprifère ; et le Schwarzspiessglaserz de Weïner, ou antimoine noir. Il rangeait aussi à côté de la stibine le Nickelspiessglaserz de Werner, que nous avons décrit ci-dessus sous le nom de Ullmannite.
Gisements et usages. — L'antimoine sulfuré, quoique peu abondant dans la nature, se rencontre cependant assez communément dans quelques pays, pour y être un objet d’exploitation : c’est en effet le principal, et l’on pourrait presque dire le seul minerai que l’on recherche pour lextraction de lantimoine. 1} constitue à lui seul des filons, généralement peu étendus, dans le sol granitique et dans les terrains schisteux cristallins (Auvergne ; Maroc; Hongrie, etc.); plus rarement il se rencontre en veines ou en amas au milieu des terrains secondaires (mine de Perette, près de Monte-Cavallo, en Toscane). Le sulfure d’antimoine est assez abondant en France, dans le département de l'Isère, et en divers points du pourtour du grand plateau central : on le trouve en filons, qui traversent le granite et le gneiss, dans le Cantal, le Puy-de-Dôme (mine de Pontgibaud), la Haute-Loire, la Lozère, et enfin l'Ardèche où est la mine bien connue de Malbosc. On le rencontre aussi à Wolfsberg, et Clausthal dans le Harz; à Mobendorf et Braunsdorf, en Saxe: à Michelsberg et Przibram, en Bohême; à Kremnitz, Schemnitz et Felsôbanya, en Hongrie. Enfin, il existe aussi en Angleterre, dans le Cornouailles. hs
Le principal emploi de l’antimoine sulfuré est celui qu’on en fait pour en extraire lantimoine métallique, dont nous avons fait connaître les usages particuliers, page 236. Pour extraire de ce minerai le métal qu’il renferme, on le traite de la même manière que la galène; ou bien on le grille à l'air libre, et l’on réduit ensuite l’oxyde qui s’est formé, à laide du charbon; ou bien, on le traite par le je à une température modérée. L’antimoine ne se volatilisant qu’à la chaleur blanche, on l'obtient à. l'état de fusion, et on le coule dans des moules sphériques ; c’est ordinairement sous cette forme arrondie qu'il est livré au commerce. On emploie aussi quelquefois le sulfure en nature, et à ! cause de la propriété qu’il a de tacher les corps blancs en gris de plomb, on le fait entrer, avec le sraphite, dans la composition des crayons communs de mine de plomb.
” RHOMBIQUES. 385
22e Espèce. ORPIMENT,
Syn. : Arsenic sulfuré, Haüy ; Auripigmentum, Pline : Rauschgelb : Gelbe Arsenblende; Hausmarn et Naumann.
\Caractéres essentiels.
Composition chimique : As?S’; en poids, soufre 39,10, et Às — 60,90.
Système cristallin : V’orthorhombique.
Forme fondamentale : Le rhomboctaèdre (fig. 126, pl. 10), dans lequel a: b:c= 0,67 : 1: 0,60, suivant les mesures de Mohs; et dont les angles dièdres sont : 131°36; 94°20”; et 10526’.
Caractères distinctifs.
GÉomÉTRIQUES. — Forme de clivage incomplète : un clivage trés-net a lieu parallèlement à la section principale qui passe par la petite diagonale; de simples indices s’observent parallèlement à la grande diagonale: Les faces du clivage le plus parfait sont striées verticalement. Les cristaux se divisent en lames avec la même facilité que ceux du gypse.
Puysiques. — Densité : 3,48. — Dureté : tendre et Bose, en lames minces, sans élasticité, comme le gypse.
Aspect extérieur : demi-transparent, ou seulement translucide sur les bords. Eclat nacré, métalloïde sur les faces du clivage le plus net, résineux ou gras sur les autres faces. Couleur d’un jaune citron ou jaune orangé très-vif : la surface des James offre souvent des reflets d’un jaune doré; la couleur de la râclure est la même, seulement un peu plus pâle.
Crimiques. — Les mêmes que ceux du sulfure rouge d’arsenic ou réalgar, avec cette différence qu'il donne par sublimation dans le tube fermé un dépôt cristallin de couleur jaune.
Analyses : | | Par: Kiaproth. Par laugier.
Soufre, . à ‘Se é +» à 38 CR CRE RCE 38, I 4 AfSOnIC, D RAT PO GS PL Ste à 6-86
RU jose con emaennt Jezmeces
Si l'on compare les analyses précédentes de l’orpiment à celles du réalgar, on voit que ces deux substances sont composées des
Cours de Minéralogie. Tome li. 25
. mêmes éléments dans des proportions différentes; mais la différence des pyôportions, qui n’est que de 6à 7 Paur. en relativement à l’arsenic, a paru assez faible à une époque où les méthodes analytiques étaient moins parfaites qu’elles ne le sont maintenant, et où les résultats des analyses n'étaient ni discutés ni contrôlés à l’aide de la théorie atomique, pour qu'elle pût être regardée par Haüy comme accidentelle; aussi ce minéralogiste confondait-il les deux substances en une seule espèce, ne voyant dans l’orpiment qu’une variété particulière de couleur, produite par laltération du réalgar. La facilité avec laquelle cette dernière substance se dt à la lymière, et passe à un état terreux, semblait venir à l'appui de cette manière de voir. Mais aujourd'hui, il n’est plus permis de conserver le moindre doute sur la différence de nature de ces deux COFpPS, qui se distinguent et par leur forme cristalline et par leur composition chimique. La théorie atomique a démontré la réalité de la différence que montrent leurs analyses, en l’expliquant : on voit, en effet, par les formules que nous avons données, que pour une même quantité d’arsenic, savoir deux atomes, il ya un atome de soufre de plus dans l’orpiment que dans le réalgar. Tel est le fondement de la distinction des deux espèces.
VARIÉTÉS
Formes déterminables.
Les cristaux d’orpiment sont très-rares, et peu nets de forme, À cause de leur peu de dureté, et de la tendance qu'ils ont à s’arrondir. Aussi ne peut-on regarder que comme approximatives les mesures d’angles et la détermination qui en ont été données par Mohs. D’après lisomorphisme bien connu de lantimoine et de l'arsenic, et analogie de composition de la stibine et de Porpiment, ces deux substances doivent être isomorphes; leurs cristaux appartiennent évidemment au même système cristallin ; ils offrent un autre rapport de ressemblance dans ce clivage à peu près unique et d’une grande netteté, qui se montre en eux parallèlement à l'axe; mais jusqu'à ie les formes extérieures que l’on connaît dans les deux espèces, et qui sont en petit nombre, ne fournissent aucune donnée suffisante pour confrmer ces premières indications relativement à leur isomorphisme. Il y a lieu d’espérer que les observations ultérieures, en aug-
RHOMBIQUES. | 387
mentant et rectifiant nos connaissances sur la cristallisation de ‘ces deux corps, finiront par mettre ce fait hors de toute contestation. |
Les cristaux d’orpiment sont Héaéraleinent des prismes à quatre ou à six pans, terminés par des sommets semblables à ceux des cristaux de topaze. Le prisme pmm, fig. 20, pl. 19, circonscrit latéralement à loctaèdre fondamental, se montre sur le plus grand nombre de ces cristaux, et c’est pourquoi plusieurs cristallographes l'ont adopté pour forme primitive, en réglant ses dimensions sur celles de l’octaèdre, Dans ce prisme, les pans m, m font entre eux l’angle de 117249; et le côté b de la base est à la hauteur h à peu près comme 13 : 23. La figure 21 représente une des formes secondaires, rapportée au prisme précédent. Dans ce cristal, l’un de eeux qui ont été décrits par Mobs, l'incidence de 9° sur gŸ =70°20"; et celle de o sur o dansun des sommets —83°37. La face g° est parallèle à la petite diagonale, et par conséquent dans le sens du clivage le plus parfait. Les cristaux d’orpiment viennent de Tajowa, près de Neusohl, en Hongrie, où ils sont engagés dans une marne ferrugineuse, avec des cristaux de réalgar, de quarz et de calcaire spathique.
FORMES ET STRUCTURES ACCIDENTELLES
1; Orpiment lamellaire. En petites masses composées de lames nacrées, qui se détachent facilement les unes des autres, et en se déchirant pour ainsi dire, comme les lamelles du talc ou du gypse nacré. | 5
2. Orpiment granulaire. En masses approchant plus ou moins dé Ja compacité, et présentant toujours cependant des grains assez distincts.
3. Orpiment testacé ou oolühique. En “buis testacés, aggrégés ensemble comme les oolithes calcaires. A Obhlalapos, en Transylvanie.