‹ Nouveau cours de minéralogieChapitre 104 sur 166 · TR · texte numérisé non relu

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De ces analyses calculées en atomes, il résulte que le kermès est un oxy-sulfure d’antimoine, de la formule indiquée plus haut, et contenant:

Oxvde d’antimoime:.::,,1.1:1at. 30,14 Sulfure d’antimoine. . . ... :2 at. — 69,80

VARIÉTÉS

On peut distinguer deux variétés principales de kermès : le kermès en aiguilles cristallines, et le kermès en enduits pelliculaires, dit mine d'amadou.

Kermès aciculaire en aiguilles d’un rouge sombre, groupées ordinairement en gerbes ou en étoiles, et passant souvent à la forme capillaire; associées quelquefois à du kermès en masse terreuse où pulvérulente, pouvant présenter des nuances différentes, dues à une altération superficielle.

Le kermès cristallisé se trouve dans les filons, et particuliérement dans les gites de minerais antimonifères et arsénifères. Il est presque toujours accompagné de quarz, et de stibine à la surface de laquelle on le rencontre même en enduit terreux, ce qui fait penser que dans ce cas il a pu résulter de la décomposition du sulfure. — Il se rencontre particulièrement en aiguilles ou en cristaux déterminables à Braünsdorf, près de Freyberg, en Saxe, où il est sur le quarz, accompagné de stibine; à Horhausen, dans le pays de Nassau, où on l’a trouvé dans les cavités d’un fer hydraté brunâtre; à Michelsberg et Przibram, en Bohème; et à Pernek, près de Malaczka, en Hongrie. On la trouvé aussi à Péreta, en Toscane, et à Allemont, dans le département de l'Isère, en France, où il est accompagné d’antimoine natif et de calcaire spathique.

2. Kermès pelle (Zundérerz, mine d’amadou). En enduits minces, composés de fibres capillaires entrelacées et comme feutrées, et formant des plaques tendres, flexibles, qui ont quel-

que ressemblance avec des morceaux d’amadou.On en din deux sous-variétés : le zundererz clair, d’un rouge de cerise sale, ou d’un rouge brunâtre; et le zundererz sombre, d’un brun ou gris noirâtre. Ces minerais ont avec le kermès des rapports tels, : que la plupart des minéralogistes allemands les ont considérés comme des variétés de ce minéral, mélangées d’une certaine quantité d'argent et de plomb. Mais le manque d’analyses exactes laisse de l'incertitude sur la justesse de ce rapprochement, et rien ne prouve même que les deux variétés du zundererz, la claire et la sombre, s’accordent dans leur composition essentielle. Le zundererz accompagne presque toujours la galène et les sulfures argentifères, et il renferme habituellement une proportion d’argent assez forte, pour que les mineurs du Harz le considèrent comme mine d’argent, et lajoutent aux autres minerais qu’ils recherchent, pour en extraire ce métal. Une variété de zundererz a donné à M. Du Ménil 4,67 d’argent pour cent, avec une proportion considérable de plomb et de fer Sommes de Schweiger, 1821, p. 457).

Le zundererz sombre se trouve dans les filons arg ventifères d’Andreasberg, au Harz, et principalement dans les mines dites Katharina-Neufang, Samson, Gnade Gottes, Abendrôthe, avec l'argent rouge. Le zundererz de couleur claire se trouve dans les filons de galène des environs de Clausthal, notamment dans les mines Caroline et Dorothée. On le cite encore avec la stibine et la hournonite à Wolfsberg, près de Stoliberg.

IVe Tribu. RHOMBOËDRIQUES.

25e Espice. CINABRE.

Syn. : Mercure sulfuré, Haüy; Cinnabaris, Théophr.; Zinnober et Mercurblende, des naturalistes atlemands.

Caractères essentiels.

Composition chimique : Monosulfure de mercure, Has. — Composé, en poids, de mercure 86,29, et soufre 13,71.

Système cristallin : Le rhomboédrique proprement dit, avec tous les caractères qui distinguent ce système à formes hémiédriques.

Forme fondamentale : Le rhomboëdre aigu de 71°48° (fig. 274;

RHOMBOÉDRIQUES. 395

pl. 30). Ce rhomboëdre a cela de remarquable, qu'il offre à peine de simples indices de clivage parallèlement à ses faces (1), tandis qu’il se divise trèsnettement parallèlement aux pans d’un prisme hexagonal.

Caractères distinctifs.

Géomérriques. — Les cristaux de ce minéral'sont généralement fort petits et réunis en druses; leurs formes manifestent ordinairement le type rhomhoédrique d’une manière très-prononcée, comme on le voit par les figures 275 et 276, qui représentent les plus ordinaires: ce sont des combinaisons de plusieurs rhomboëdres, étagés les uns sur les autres de manière à former des zônes de facettes, auxquelles s’ajoutent les pans ou les bases d’un prisme hexagonal, savoir de celui qui, par sa position, correspond à celle des rhomboëdres dont nous venons de parler. Quelquefois les bases de ce prisme prennent assez de développement pour que les cristaux ressemblent à des tables de forme triangulaire, plus ou moins épaisses, mais généralement aplaties. Il est très-rare que la forme du prisme hexagonal devienne dominante, au moins dans les cristaux d'Europe : cette circonstance s’observe au contraire, suivant Haüy, dans ceux qui proviennent de la Chine ou du Japon. de

Des stries horizontales se montrent sur les faces de la plupart des rhomboëdres composants. Ces petits cristaux se groupent souvent deux à deux d’une manière régulière, les axes principaux des deux individus étant parallèles, et ceux-ci tournés l’un par rapport à l’autre de 60° : tantôt le groupement a lieu avec juxta-position seulement, et par les faces basiques, tantôt il a lieu avec entrecroisement et coïncidence des axes principaux.

La cassure des cristaux est inégale, et imparfaitement conchoïde.

Puysiques. — Densité : de 8 à 8,2. — C’est une des densités les plus fortes qu'on ait observées dans les minéraux doués de transparence. — Dureté : de 2 à 2,5. Ce minerai, comme on le voit, est assez tendre; il est doux, ou semi-ductile, se laissant facilement entamer par le couteau, lorsqu'il est pur. |

Aspect:ce minéral a plutôt l'éclat adamantin que l'éclat de diamant, et il est transparent ou du moins translucide, comme

(1) Haëy! qui les mentionne, avoue qu’ils ne sont sensibles que dans les fractures observées le soir à la hinere d’une bougie.

la blende, avec laquelle il a une certaine ressemblance extérieure : aussi l’a-t-on appelé quelquefois blende rouge (Rubinblende). Sa couleur est le rouge de cochenille, avec des nuances diverses ; mais, sur certaines faces, la réflexion de la lumière est si vive, qu'elles présentent une apparence métalloïde, qui tire sur le gris de plomb. La couleur de la poussière est le rouge écarlate. |

Electricité : le cinabre est un assez mauvais conducteur du fluide électrique. — Il acquiert Pélectricité négative à l’aide du frottement, lorsqu'il est isolé.

Réfraction : suivant M. Descloizeaux, le cinabre a un axe de date réfraction positif, comme le quarz; et, comme ce minéral aussi, il possède des propriétés optiques particulières. Les: anneaux que l’on observe avec des lames perpendiculaires à l’axe, au moyen de la lumière polarisée convergente, ont tous les caractères de ceux que l’on voit dans un quarz hyalin de moyenne épaisseur : la croix noire ne pénètre pas dans la plage centrale ; et cette plage colorée se contracte, ou se dilate, avec les anneaux qui l'entourent, suivant qu’on fait tourner l’analyseur de gauche à droite, ou de droite à gauche; enfin, si l’on interpose une lame de mica d’un quart d'onde, on obtient des spirales tout-

à-fait comparables à celles d’un quarz lévo-gyre placé dans les | mêmes conditions, ét le sens de leur enroulement est parfaitement en rapport avec le sens dans lequel on obtient Ia contraction ou la dilatation des anneaux. Ces phénomènes ne peuvent se voir que dans des lames très-minces, au moyen du microscope polarisant d’Amici. M. Descloizeaux a conclu de ses observations, non-seulement que le cinabre est doué, comme le cristal de roche, du pouvoir rotatoire, maïs encore que ce pouvoir y est beaucoup plus intense (1). Jusqu'à présent, on n’a point observé dans les cristaux de cinabre, de traces d’hémiédrie rotatoire, comme on en observe dans les variétés plagièdres du quarz. Mais ce fait négatif ne s'oppose en aucune façon à ce qu’on ne puisse admettre dans les cristaux de cinabre un genre de structure analogue à celui que nous avons admis pour le quarz. Les facettes plagiédrales ne sont, dans le quarz lui-même, qu’un signe purement accidentel de ce genre de structure intérieure ; et la corrélation qui, selon nous, doit exister entre la

(1) De l'Emploi des propriétés optiques biréfringentes en Minéralogie, par M. Descloizeaux; Ann. des Mines, tome XI, page 261.

S À # Lai ; À RHOMBOÉDRIQUES . 397

cristallisation et la polarisation rotatoire aura lieu toujours, et dans toutes les variétés, même en l'absence du signe extérieur, si par cristallisation nous entendons ici cette structure interne, qui est la cause du phénomène optique, en même temps qu'il rend possible le développement de modifications plagiédriques, sans faire toutefois de leur existence une condition nécessaire.

Caimiques. — Volatil sans résidu sur le charbon, avec dégasement d’odeur sulfureuse; volatil sans décomposition dans le tube fermé ; dans le tube ouvert, il se sublime en partie à l'état de sulfure, en partie à l’état de mercure revivifié, avec des vapeurs d'acide sulfureux. Il se dissout complètement dans l’eau régale, tandis qu'il est inattaquable par les acides azotique et chlorhydrique : la solution précipite sur une lame de cuivre une poussière grise, qui en argente la surface.

Analyses du cinabre :

Du Japon, De Neumarktel, en Carniole,

par Klaproth. | par le même.

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Mereuro, lui A6 he 100000

La couleur rouge du cinabre se retrouve, avec des nuances différentes, dans trois autres minerais métalliques, dont il sera toujours facile de le distinguer. Ces minerais sont : le réalgar, l'argent rouge, et le plomb rouge ou chromaté. Le réalgar est volatil, comme le cinabre : mais sa poussière est le jaune oransé, et il donne l’odeur d’ail sur un charbon incandescent ; les deux autres minerais ne se volatilisent pas complètement. L'argent rouge donne au chalumeau un bouton d’argent; le plomb rouge a une poussière de couleur aurore. Il existe encore un minerai métallique de couleur rouge : c’est le rutile, mais sa densité n’est que la moitié de celle du cinabre, et il n'éprouve point d’altération par la flamme du chalumeau.

VARIÉTÉS

Formes déterminables.

Modifications sur les arêtes : non encore observées.

— sur les angles : af, «?, aÿ, a’, a’; 1, e?, e*, e'lh, Les combinaisons les plus ordinaires sont les suivantes : 1. Le cinabre prismatique, e*a!. Cest un prisme hexagonal

ps du premier ordre. Nous citons cette variété de forme d’après Haüy.

2. Le cinabre trirhomboédrique, pdhe a! (fig. 396; si 30): c’est une combinaison de trois rhomboëdres, dont les faces sont étagées les unes sur les autres, et auxquelles s’ajoutent les bases ou faces horizontales, Parmi ces rhomboëèdres domine celui qu'on adopte comme forme primitive. Cette variété est celle à laquelle Haüy a donné le nom d’octoduodécimale. — Incidence de p sur p=71°48"; dep sur a? 1 5298’; de a 12 sur a?= 17293"; de & sur a! — 146°3%’; de p sur a! = 110°49.-

de D; autres variétés fort communes, qui se rapprochent de la précédente, et qu’on pourrait appeler encore trirhomboëédriques, en regardant les six faces verticales €? comme représentant un terme particulier de la série des rhomboëdres, sont celles qui se composent de deux rhomboëdres combinés avec les faces de la variété prismatique. Une d'elles, qu’on voit fig. 276, est la variêté progressive de Haüy, dont le signe est p ds a e*. Incidence de psuraÿ = 157°20’; de aÿ sur a! = 133°23/; dep sur = 159°17°.

Le rhomboëdre à est quelquefois remplacé par le rhomboëdre al. On a alors la variété mixti-unibinaire de Haüy, ainsi appelée par lui à cause de son signe pa a e?. Incidence de p sur a l2= 15208"; de al sur a /2= 11026’; de a°/2 sur a! = 138034.

Si, dans cette dernière variété, on remplace le rhomboëdre primitif p par le rhomboëdre a*, on a la variété nommée par pl bibisalterne, dont le signe est a* a'ha*e?, Le rhomboëdre a jouit de cette propriété d’être semblable au rhomboëdre tangent où équiaxe, qui serait re par la loi bi, et qu’on n’a pas encore observé. Incidence de 4 sur & — 92°28"; de a* sur

alk= 168031; de a' sur €? = 142°55?.

VARIÉTÉS DE FORMES ET DE STRUCTURES ACCIDENTELLES

1. Cinabre granulaire. En masses grenues d’un rouge foncé, très-pesantes, renfermant assez souvent de petites lamelles cristallines, qui se croisent en différents sens.

2. Cinabre fibreux. Rare dans la nature; le sulfure dé mercure artificiel, cristallisé par sublimation, présente presque toujours ce genre de structure.

3. Cinabre compacte. Modification de la variété granulaire, d’un rouge foncé tirant sur le brun ou le noirâtre.

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4. Cinabre puluérulent (vulgairement vermillon natif). D'un rouge vif, lorsqu'il est pur; mais il est souvent mélangé avec des matières argileuses. Cette variété terreuse est sans adhérence : elle tache fortement les doigts, lorsqu’on la touche. À Wolfstein, dans le Palatinat, elle recouvre en couches minces le fer hydraté brun.

5. Cinabre bituminifère (Lebererz). Variété impure, mêlée d’une certaine proportion de substances charbonneuses ou bi- : tumineuses, avec une quantité plus ou moins considérable de matières terreuses; d’un rouge sombre, ou d’un brun passant au noirâtre, donnant une odeur bitumineuse, par l’action du feu. On en distingue de trois sortes : |

a. 1e compacte, d'un rouge brunâtre (Dichtes-Lebererz).

b. Le schisteux, Ploinable (Schieferiges Lebererz; Branderz). Cest, à proprement parler, un schiste bitumineux, d’un noir-brunâtre, imprégné de cinabre, et composé essentiellement d’'Idrialine (voir page 197), avec quelques partes terreuses et pyriteuses; ce schiste s’enflamme et brûle; de là le nom de Branderz (minerai combustible) que lui donnent les Allemands. On l'appelle aussi Idrialite, à cause de la substance particulière Fiat il renferme. Se trouve à Idria, en Carniole.

, Le testacé, d’un brun de foie, ou d’un noir brunâtre Te d’ écailles courbes et concentriques, dont les surfaces de séparation sont quelquefois très-éclatantes (Schaaliges-Lebererz). Plusieurs échantillons laissent voir des stries concentriques, assez distinctes et semblables aux stries d’accroissement des coquilles. Ce genre d'observation, joint à la présence du bitume Idrialine, a pu déterminer quelques minéralogistes à considérer cette variété comme devant son origine à des corps organiques, pénétrés en partie ou remplacés entièrement par du cinabre. On la trouve à Idria, où che est connue des mineurs sous le nom de Korallenerz. ..

La variété bitumineuse du cinabre (le Lebererz, ou le mercure hépatique) se rencontre en masses puissantes, et constitue Vun des principaux minerais de la célèbre mine de mercure d'Idria, en Carniole, dans l’ancien royaume d’Illyrie. Sa couleur et sa richesse en mercure varient beaucoup : contient-elle une forte proportion de cinabre, elle est d’un rouge brun; mais elle s'appauvrit souvent au port de n'être plus qu'un calcaire ou un schiste noirâtre, pénétré de cinabre, dont la présence ne peut se reconnaître, sans le secours des essais, que dans les points

oo SULFURES ET SÉLÉNIURES SIMPLES

où le sulfure s’est concentré; et cette concentration a eu lieu surtout âutour de ces corps qu'on a supposé avoir été des coque lorsque la roche en contient.

Gisements et usages. — Le cinabre présente dans la nature deux genres de gisements, qui paraissent avoir eu une même origine. On le trouve 1° en filons, en veines ou en amas, dans les terrains schisteux cristallins, et dans le sol de transition; 2° disséminé dans des couches de grès, des schistes marno-bitumineux et des calcaires compactes des FPOAUES secondaires inférieure et moyenne.

On exploite à Ripa, près de Serravezza, en Toscane, des filons et des veines de cinabre au milieu d’un stéaschiste; l’ensemble de ces veines, d’après une notice de M. d’'Hombres Firmas, a de 7 à 8 décimètres d'épaisseur. Le cinabre y est souvent

à l'état cristallin, et rassemblé entre les feuillets blanes de quarz et de talc de la roche schisteuse. Ce sîte, dont l'exploitation est nouvelle, a acquis déjà quelque célébrité; il paraît résulter d’une imprégnation très- irrégulière et bien PONCNÈRES à la roche. qui le renferme. ne

Les fameuses mines d’Almaden, dans la province de la Manche, en Espagne, appartiennent au sol de transition : le cinabre s’y trouve sous la forme de plusieurs fillons parallèles entre eux et étendus de manière que leur direction concorde avec la stratification inclinée des grès et schistes siluriens, au milieu desquels ils sont enclavés. Ces filons, qui ont de 6 à 12 mètres de puissance, se lient à une roche métamorphique, et à des porphyres amphiboliques placés au-dessous du terrain stratifié. Le sulfure de mercure semble avoir été sublimé le long des plans de séparation des couches du terrain, et ie grès en a été comme imbibé par places. Les mines d’Almaden fournissent annuellement vingt-deux mille quintaux de mercure; outre ce gite prin-

cipal, l'Espagne en possède encore quelques autres, susceptibles | d'exploitation, en divers points de l’Estramadure : ils sont disposés le long d’une bande de terrains, qui, ts par Almaden,se dirige à peu près de l’est à l’ouest, jusqu’au-delà du bourg d’Almadenejos : ce dernier point est lui-même un centre important d'industrie minérale, |

Les dépôts de cinabre qu’on rencontre dans les terrains secondaires, sont plus nombreux peut-être que ceux des terrains plus anciens; mais leurs produits sont moins abondants. Les deux principales mines de ce genre, qu’on exploite en Europe,

RHOMPOÉDRIQUES. | 4o I

sont celle du pays de Deux-Ponts, dans la Bavière thénane, et celle d’Idria, en Carniole. On exploite du cinabre dans un grès et dans un Seti marno-bitumineux à poissons, qui appartiennent à la partie supérieure du terrain houiller, sinon à la formation pénéenne qui vient après, vers l'extrémité septentrionale du Mont-Tonnerre, dans une paitie de l’ancien Palatinat et de ancien duché de Deux-Ponts, notamment à Wolfstein, Stahlberg, et Moschel-Landsberg. La roche enveloppañte : renferme des restes de végétaux, et de nombreuses empreintes de poissous dont les écailles sont remplacées par du cinabre.

À Idria en Carniole, dans les provinces illyriennes, le mercure sulfuré est exploité dans des calcaires compactes et des schistes marno-bitumineux noirs, contenant quelques fossiles, qui font regarder maintenant cette formation comme étant de l’époque du Lias. On les avait assimilés pendant longtemps aux calcaires et aux schistes marno-bitumineux du terrain pénéen. Le minerai est surtout abondant dans le schiste, avec lequel il est comme pétri ou enlacé. Selon Dufrénoy, des coquilles auraient été, à Idria, transformées en mercure sulfuré, comme l'ont été à Moschel-Landsberg les écailles de certains poissons, le minerai ayant eu une sorte de tendance à se concentrer dans le voisinage des débris organiques.

Almaden, Idria, Moschel-Landsbers et Ripa sont aujourd’hui, en Europe, ki seuls centres d'exploitation pour les minerais de mercure, dont le principal est le cinabre. Le chlorure de mercure et le mercure natif ne font que s'associer au mercure sulfuré ; mais ils sont toujours en si petite quantité, qu'on ne peut les considérer comme de véritables minerais. Il existe encore du cinabre en beaucoup d’autres points en Europe; mais il y est en quantités presque insignifiantes. En France, on trouve du : cinabre à Ménildot, commune de la Chapelle-en-Suger, dans le : département de la Manche : ce gite a été exploité à trois reprises dans le siècle dernier, et a donné des produits assez notables de <a à 1742. On trouve encore des indices de mercure sulfuré

à La Mure, et à la monta ne des Chalanches près d’Ailemont, D le département de lebre: Nous avons dit ailleurs que quelques gouttelettes de mercure natif, trouvées récemment à Mint-Paul-dés Ponts, avaient donné lieu de penser: que les montagnes du Larzac renferment un gisement du précieux minerai dont nous nous occupons. Tout récemment, on a découvert du cinabre en Algérie, dans la province de Constantine;

Cours de Minéralogie. Tome I. 26

on l'a trouvé associé au sulfure d’antimoine et à l'oxyde antimonique, à Hamimate, et à Bou-Alessa, à quelques kilomètres seulement de la mine d’antimoine de Sensa. Il est disséminé en veines ou en petits amas dans des schistes marno-bitumineux noirs, qu'on rapporte au terrain crétacé, et qui rappellent toutà-fait les marnes dans lesquelles est renfermé le soufre en Sicile.

Les autres localités où l’on trouve encore du cinabre dans l’ancien Monde, sont : Neumärktel en Carniole; Windisch-Kappel en Carinthie ; Erzberg, près d'Eisenerz en Styrie; Horzowitz en Bohême; Schemnitz, Kremnitz, Szlana et Rosenau en Honorie; Dumbrawa en Transylvanie ; Hartenstein en Saxe ; Clausthal dans le Elarz, et Müsen en Westphalie.

En Asie, on a trouvé du cinabre dans l’Oural, et dans l’Altaï, en Sibérie; et l’on sait qu'il en existe des dépôts assez considérables dans les régions orientales et méridionales, au Thibet, en Chine et au Japon. Les mines de la Chine sont dans la province de Yun-Nan:il en est venu en Europe de magnifiques cristaux, remarquables à la fois par leur volume et la pureté de leurs faces.

En Amérique, on exploite des mines de mercure à Huanca- Velica, dans la partie sud du Pérou ; à Guallilinga, dans Îa province de Coquimbo, au Chili; entre Azogue et Cuença, en Colombie ; à Durasno, San-Onofre et San-Juan de la Chica, au Mexique; enfin, en Californie, où l’on a découvert tout récemment des mines de mercure, qu'on dit être très-abondantes. Deux mines y sont en cours d’exploitation : l’une désignée sous le nom de Guadelupe, Vautre par celui dé New-Almaden:; le minerai sy trouve, dit-on, en filons dans des schistes cristallins. Elles sont situées dans une montagne au sud de San-José, entre Monterey et la baie de San-Francisco.— Avant ces nouvelles découvertes, c'était l’Europe qui était en possession de fournir au Nouveau-Monde la pts grande partie (à peu près les 9/10) de la quantité de mercure qu'y réclament les procédés suivis dans ce pays pour l'extraction des métaux précieux.

On emploie quelquefois dans la peinture le cinabre naturel, sous le nom de vermillon natif : cet emploi est surtout assez ordi-. naire en Chine et au Pérou; mais, en Europe, la plus grande partie du cinabre dont on se sert en peinture, est le résultat d’une opération chimique par laquelle on combine du soufre avec du mercure; c’est du cinabre ou vermillon artificiel. Le principal usage du cinabre naturel est de servir à l'extraction du mercure. Le traitement du cinabre consiste simplement dans

RHOMBOÉDRIQUES. 4o3

une distillation du minerai mis en contact avec de la limaille de fer ou de la chaux. Le soufre s’unit au fer ou à la chaux, et le mercure seul se volatilise. On recueille ses vapeurs dans des

récipients où elles se condensent.

26e Esrice. MILLÉRITE (Haarkise).

Syn, : Nickel sulfuré; Nickel natif, Haüy; Pyrite capillaire ; Haarkies, Werner; Nickelkies, Hausmann; Harkise, Beudant ; Miliérite, Haidinbér: Naumana et Dana.

Substance d’un éclat métailoïde, et d’une couleur vert-jaunâtre, en aiguilles très-fines, et souvent même en filaments capillaires, très-fragiles; les aiguilles sont des prismes hexagonaux terminés par des sommets rhomboédriques ; les filaments sont souvent réunis en petites houppes, ou entrelacés d’une manière irrégulière. Ce minéral a été pris d’abord pour du nickel pur : c’est M. Arfwedson qui a établi sa véritable nature, en prouvant par son analyse qu'il renferme un atome de soufre pour un atome de nickel. Sa composition chimique est donc représentée par la formule simple NiS; en poids, elle est exprimée par les proportions suivantes : nickel 64,76; soufre 35,24.

C’est à MM. Brooke et Miller que l’on doit la détermination de la forme cristalline de cette espèce. Les plus larges cristaux, observés jusqu’à présent, avaient à peine un demi-millimètre d'épaisseur ; les plus nets et les plus déterminables viennent des mines de St-Austle, en Cornouailles; de Dowlais, près de Merthyr-Tydvil, dans le pays de Galles; et de la mine Sterling, dans Etat de New-York, en Amérique. M. Brooke a pu constater que les aiguilles du Cornouailles sont des prismes réguliers à six pans, avec des clivages sensibles, inclinés à l'axe, et parallèles aux faces d’un rhomboëdre. M. Miller a complété cette détermination, sur des cristaux de la mine Sterling, en montrant que angle du rhomboëdre fondamental est de 14498’; l'axe de ce rhomboëèdre étant égal à 0,329. Les cristaux observés par M. Miller étaient formés des faces primitives p combinées avec le second prisme hexagonal d°. M. Kenngott PS avoir observé aussi le prisme hexagonal de premier ordre e?, avec cette particularité bien remarquable, si-elle se confirme, que ce prisme se montre à l’état hémiédrique, c’est-à-dire comme prisme trigonal. Les clivages qui ont lieu parallèlement aux faces p sont d’une grande perfection.

4o4 SULFURES ET SÉLÉNIURES SIMPLES

La dureté de la millérite est de 3,5. — Les cristaux sont cassants, et cependant les longues aiguilles jouissent d’une certaine élasticité. Leur densité varie de 4,6 à 5,2. Leur couleur est d’un jaune de laiton, tirant sur le jaune dé bronze, ou sur le gris métallique, avec de légères teintes irisées.

Au chalumeau et sur le charbon, la millérite. fond en un globule noirâtre, attirable à l’aimant. Avec le borax, elle donne les couleurs du nickel. Chauffée dans le tube ouvert, elle dégage de l'acide sulfureux. Elle est complètement soluble dans l’eau régale, et la solution a une teinte verdâtre. Elle ne se dissout qu'en partie dans l’acide azotique chauffé : la solution est de couleur grise ou vert pâle : elle devient violâtre par l'addition

de l’ammoniaque. La miilérite est du sulfure de nickel généralement fort pur; mais une petite partie de nickel peut être remplacée par une proportion de fer équivalente.

Analyses de la Millérite :

De Johann-Georgenstadt, De Camsdosf, près Saalfeld,

par Arfwedson. . par Rammelsberg.

RO oo à 0. 5570 a PR do 2, on de 1,70 Éd on D ie 1,14

Ce minéral a été trouvé pour la première fois dans les filons de Johann-Georgenstadt, en Saxe, et Kiaproth, qui la examiné, y a reconnu la présence du nickel: il le considérait comme du nickel métallique, mêlé de cobalt et d’arsenic. Berzélius a mon-

ré, par des essais faits au chalumeau, que c'était un sulfure de nickel, dont Arfwedson a ensuite fait connaître la véritable composition. Ce minéral, toujours très-rare, a élé retrouvé cependant en plusieurs endroits : à Joachimstal et à Przibram, en Bohême; à Camsdorf, en Thuringe ; à Riechelsdorf, en Hesse; à Oberlahr, dans le Westerwald ; aux environs de Saarbrück et de Siegen. Il est accompagné, dans ces divers gisements, de quarz, de calcaire spathiquè, de fer spathique, de ealeaire brunissant, et de différents minerais de nickel, de cobalt, de plomb et d’argent. Il existe en Angleterre, Fe la mine de Huel-Chance, près de St-Austle, en Cornouailles; à Dowlais, près de Merthyr- -Tydvil, dans le pays de Galles, où il occupe des cavités dans des nodules de fer spathique. Enfin, on le rencontre aussi aux Etats-Unis, dans la mine Sterling de l'Etat de New-York, avec le fer spa-

RHOMBOÉDRIQUES. 405

thique, dont certains cristaux sont quelquefois traversés par des aiguilles de Millérite. |

27e Espicr. PYRRHOTINE (Pyrite magnétique).

Syn.: Fer sulfuré magnétique, Haüy ; Leberkise, Beudant ; Pyrrhotine, Breithaupt, Haïdinger, Naumann et Dana; Magnetkies, Werner et Hausmann.

Beudant a donné à cette espèce de pyrite le nom de Leberkise, tiré du mot allemand Leberkies, qui veut dire pyrite hépatique. Mais ce nom de Leberkies est appliqué en Allemagne à une variété de la marcassite, et par conséquent à une espèce toute différente. Il n’est donc pas possible de conserver ici la dénomination proposée par Beudant, et c’est pourquoi nous adoptons le nom de Pyrrhotine, qui rappelle la couleur caractéristique du minéral, et qui est adopté maintenant par le plus grand nombre des minéralosistes.

Caractères essentiels de la Pyrrhotine.

Composition chimique : Monosulfure de fer, FeS, mélangé de bi-sulfure FeS$? ; ou, selon plusieurs minéralogistes, combinaison définie des deux sulfures, représentée par la formule 6 Fes + FeS$?,. — D'après la première manière de voir, qui est celle du docteur Frankenheim, de Breithaupt et de Hausmann, la composition normale serait la suivante: soufre 37,33; fer 62,75; et l'espèce serait isomorphe avec la suivante, la greenockite. D’après la seconde manière de voir, qui est plus généralement admise, cette composition serait : soufre 39,6; et fer Ga,4.

Forme cristalline : Le système cristallin de la pyrrhotine est le système dihexaédrique, ou le systéme hexagonal à modifications holoédriques. La forme fondamentale est le dihexaèdre (ou dirhomboëdre), de 126°52? pour l'angle à la base commune des deux pyramides; ou bien, le prisme hexagonal, circonscrit à ce dihexaèdre, et dans lequel le côté de la base est à peu près égal à la hauteur: un clivage parfait correspond à la base de ce prisme ; des clivages moins sensibles ont lieu parallèlement à ses pans. Les cristaux.de pvrite magnétique sont fort rares : ils présentent la forme d’une table hexagonale, dont les bases sont entourées d’un anneau de facettes produites par les modifications a! sur les angles, et b'l sur les arêtes. Incidence de p sur

ble = 11634’; de b'R sur ba = 19605? dé p'eur 4730

Caractères distinctifs.

La pyrrhotine est une substance d’un éclat métallique peu prononcé, d’un brun de tombac ou d’un jaune de bronze mêlé de rougeàtre; la couleur de sa poussière est le noir grisâtre. Sa densité — 4,5. Sa dureté est inférieure à celle des autres pyrites ferrugineuses : elle varie de 3,5 à 4,5. Elle se laisse casser aisément; sa cassure est inégale, mais dans les échantillons cristallisés, elle a une tendance à être lamelleuse. Le tissu lamelleux qu'elle présente souvent, a été considéré comrae l'effet d’un clivage parallèle à la base : quelques minéralogistes ne veulent y voir que la conséquence d’une aggrégation d’un grand nombre d'individus, réduits à la forme de lames ou de feuillets. La pyrrhotine est magnétique par elle-même : elle exerce sur l'aiguille aimantée une action généralement assez faible. Cette propriété est due sans doute à la grande quantité de sulfure au minimum, qui entre dans sa composition. :

Chauffée dans le tube fermé, elle n’éprouve aucun changement; dans le tube ouvert, elle dégage de l’acide sulfureux, sans produire aucun sublimé ; sur le charbon, elle fond, à la flamme de réduction, en un globule noir, fortement magnétique. Eile est soluble dans l’acide chlorhydrique, avec dégagement d’hydrogène sulfuré, et en laissant surnager du soufre mis en liberté.

C'est sur ce dernier fait que l’on s'appuie pour établir que le fer ne peut être tout entier à l’état de monosulfure, et qu'une petite partie du métal doit être à l’état de bisulfure ou au moins de sesquisulfure ; mais il reste à déterminer si ce second sulfure est réellement combiné, ou simplement mélangé avec le premier. De là encore des incertitudes sur la véritable composition du minéral, et sur la question de savoir si on le considérera comme un sulfure simple, ou comme un double sulfure. Les opinions sont partagées à cet égard. Le docteur Frankenheim, et MM. Hausmann, Breithaupt, Kennpsott, ne voient dans la pyrrhotine qu'un monosulfure de fer, pouvant présenter quel-. quefois un excès de soufre, qu’ils expliquent par le mélange du minéral avec une certaine quantité de bisulfure. Breithaupt a. cherché à confirmer cette manière de voir par des raisons cristallographiques : il a montré que la pyrrhotine, par son dihexaëdre de 126°52”, pouvait être considérée comme isomorphe avec la greenockite, qui cristallise en une double pyramide hexago-

RHOMBOÉDRIQUES. | 0.

nale de 127°26, avec la millérite, et avec d’autres composés binaires de même formule, tels que l'iridium osmié, le kupfernickel, et lantimonickel, qui offrent aussi parmi leurs formes des dihexaëdres très-rapprochés de celui de la pyrrhotine. La plupart des minéralogistes, se fondant surtout sur les analyses de la pyrrhotine, qui paraissent mieux s’accorder avec l’autre manière de voir, admettent que sa composition chimique doit être représentée par la formule Fe’ Sÿ, qu’ils dédoublent, les uns d’une façon, les autres d’une autre. Beudant, Naumann et Dana

adoptent la formule complexe 6FeS + FeS$?; Ber zélius et G. Rose, la formule 5 FeS + FeS (1).

Analyses de la pyrrhotine :

{o De Treseburg, 2° De Bcdenmais, 30 De Fahlun, &o Du Brésil, au Harz, en Bavière, en Suède, par par Stromeyer. par H. Rose. par Plattner. : Schafgotsch,

Source... doz5.....: 113898. 12 «40,92 4 Med Per. , 59,00 . J. 60,92, 60,72, "9000

La pyrrhotine se présente, tantôt à l’état cha et avec une texture généralement lamellaire, tantôt à l’état amorphe, en petites masses compactes disséminées. Les cristaux sont petits et d’une rareté extrême : ceux qu'on trouve dans les terrains de cristallisation ont été observés et décrits par Hausmann et le comte de Bournon; mais, indépendamment de ces variétés telluriques, il en existe une autre qu’on peut appeler météorique, parce qu’elle se trouve dans les aérolithes ; M. G. Rose a remarqué dans l’aérolithe de Juvenas (voyez ci-dessus page 264), des cristaux annulaires de pyrite magnétique qu'il a pu mesurer et déterminer; et ses mesures ont offert un accord remarquable avec celles que l’on devait à De Bournon. La pyrrhotine se rencontre quelquefois altérée, et transformée par voie d’épigénie en hydrate de fer.

Cette substance appartient aux terrains de cristallisation, soit massifs, soit schisteux, où elle existe en petits amas, dans les filons ou dans les couches. On la trouve à Bodenmais en Bavière, avec la cordiérite et le feldspath orthose; à Breitenbrunn

(4) La première nous paraît plus probable que la seconde, parce qu’elle est susceptible d’une construction qui met le polyèdre moléculaire en rapport de symétrie avec la forme cristalline du minéral. Voir mon Mémoire sur la ma-

1851) © construire certaines formules atomiques. (Ann. des Mines, 17 cah,

et Geyer, en Saxe, avec la fluorine; à Treseburg et Andreasberg au Harz; à Kongsbere en Norwège, et à Fablun, en Suéde ; à Querbach et Reichenstein, en Silésie; en France, aux environs de Nantes, et près de Barèges dans les Pyrénées; en Angleterre, à Saint-Austle, dans le Cornouailles, avec des minerais de cuivre et d’étain; à Congonhas do Campo, au Brésil. Enfin, on l’a observée dans quelques aérolithes, entre autres ceux de Juvenas en France, et de Richmond en Virginie.

Suivant Lawrence Smith, un véritable monosulfure de fer existerait réellement dans d’autres aérolithes, et dans des masses de fer météorique, tombées dans l’état de Tennessee, aux Etats-Unis. Ce monosulfure aurait une densité de 4,75 ; et l’a-

nalyse qui en à été faite aurait donné les proportions suivantes : 36,4 de soufre et 63,6 de fer.

Schéerer a fait connaître une variété de M Rene de fer, mêlée de monosulfure de nickel, et qui devrait trouver place ici, comme variété de la nboune: ou bien à côté de la millérite, si sa structure cristalline ne semblait devoir l'éloigner de ces deux minéraux. Ce nouveau sulfure a été décrit par lui sous le nom de Æisennickelkies : il aurait pour caractères distinctifs un clivage octaédrique, qui devrait faire rapporter sa forme au système régulier, et une composition chimique qu’on peut représenter par la formule 2FeS+NiS. La proportion de fer qu’il contient s'élève à 41 pour cent. Si on en fait une espèce à part, d’après sa cristallisation, il devra être reporté plus haut, après la siegénite (page 344). Ce minerai est d’un brun de tombac clair; sa poussière est de teinte plus sombre; il n’est point magnétique. Il a été trouvé à Lillehammer, dans la partie sud de la Norwège, dans une roche amphibolique, où il est associé à la

chalkopyrite.

28e Espice. CREENOCKITE (Brooke et Connel).

Syn, : Cadmium sulfuré.

Lord Greenock a découvert, dans un trapp porphyrique. amygdalaire de Bishoptown, comté de Renfrew en Ecosse, de petits cristaux d’un jaune de miel ou d’un jaune orangé, qu'il a signalés le premier comme une substance nouvelle. MM. Brooke et Connel en ont donné, dans le journal de Jameson, une des-

RHOMBOÉDRIQUES. 409

cription détaillée et une analyse, et plus tard, MM. Breithaupt et Descloizeaux en ont déterminé les formes d'une manière Fes exacte et plus complète.

Caractéres essentiels de l’Espéce.

Composition chimique : CAS ; rmonosulfure de cadmium, contenant, en poids, sar cent parties : cadmium 97,6 et soufre 22,4.

Système cristallin : Le dirhomboédrique, ou hexagonal. — Forme primitive : re prisme hexaëdre régulier, dans quel un côté de la base est à la hauteur comme 418 : 689 (Descloizeaux). La forme dominante des cristaux est celle d’un prisme à six pans, portant sur les arêtes horizontales plusieurs rangées de troncatures, dont chacune, si elle atteignait tout son äéveloppement, donnerait une double pyramide à six faces isoscèles ; mais la partie inférieure des pyramides a toujours manqué comp'ètement dans les cristaux observés jusqu’à présent, lesquels étaient implantés sur la gangue par la base la plus large. Cette circonstance a conduit Breithaupt et quelques minéralogistes à considérer le système cristallin de la greenockite comme étant marqué d’un caractère particulier, celui d’une hémiédrie polaire, qui rendrait les denx sommets dissemblables, comme ceux de la Tourmaline. Breithaupt fait remarquer que la greenockite ne possède pas, comme cette dernière subS$tance, la pyroélectricité polaire. Il est probable que le développement incomplet de la forme a pour cause principale le mode d’implantation des cristaux sur la gangue. : |

M. Descloizeaux a observé quatre dihexaëdres produits par les lois 0/1, b'h, b', b2. Les deux pyramides b 1 et b! sont les plus habituelles, et la py ramide b' VE est celle qui offre le plus g grand développement ; ses faces sont ordinairement marquées de stries horizontales. Incidence de b'P sur b'P — 195°27; de b! sur bi 139940"; de p sur b'B= ; 17049 sde n sûr D =136025/: de ble sur bi = 122010; de 6° sur D? = 155°14°.

Un clivage tr tee a lieu perpendiculairement à l'axe prin-

cipal ou parallèlement aux bases. Suivant M. Brooke, il existe-

rait aussi des traces de clivage parallèlement aux pans du à PUR hexagonal.

La greenockite est jaune, mais passe quelquefois au brüni; elle a un éclat gras très-vif, et se rapprochant de l'éclat. da

mantin; ses cristaux sont transparents, surtout lorsqu'ils sont réduits en lames minces. Elle possède un axe positif de double réfraction. Sa dureté = 3,5; sa densité — 4,9. Chauffée dans le petit matras, elle devient rouge, mais elle reprend sa couleur jaune en se refroidissant. Réduite en poussière, elle se dissout aisément dans l'acide chlorhydrique.

Analyse de la greenockite :

Par Connel. Par Thomson.

Cadmium. n e e ER 77,30 e e e e e e 77,6

La greenockite ne s’est encore rencontrée qu’en petits cristaux disséminés dans un trapp amygdalaire, contenant des rognons de prehnite, de petits noyaux de calcaire et de terre verte, des cristaux de feldspath, et des lamelies de galène, dans les environs de Bishoptown, dans le comté de Renfrew, en Ecosse.

On a observé, parmi les produits de fourneaux, des cristaux artificiels de sulfure de cadmium, qui s'accordent dans tous leurs caractères principaux avec ceux de la nature.

296 Espice. GOVELLINE (Beudant).

Syn. : Cuivre sulfuré bleu ou indigo; Kupferindig, Freiesleben.

M. Covelli a découvert dans les fumaroles du Vésuve un sulfure de cuivre, de couleur bleu foncé, plus riche en soufre que la chalkosine, et dont la composition peut être représentée par la formule Cu. Il forme le plus souvent des enduits de petites lamelles hexagonales, et le plus souvent de simples enduits pulvérulents, qui tapissent l’intérieur des cellules ou la surface des laves. Les lamelles cristallines sont si minces, qu’on peut les détacher de la roche par le souffle. Elles sont friables, tachent les doigts, et ont un éclat submétallique. Ce minéral devant être considéré comme une espèce distincte, à cause de sa forme cristalline et de sa composition chimique, Beudant a proposé de lui donner le nom de Covelline, en l'honneur du savant Napolitain qui, le premier, a eu l’idée d'étudier les produits des fumaroles. MM. Freiesleben et Walchner l'ont appelé Xupferindig, à raison de sa couleur. Il a été retrouvé depuis dans di-

RHOMBOÉDRIQUES. ir

verses roches, dans un certain nombre de localités en Allemagne, notamment à Leogang, dans le Salzbourg, où il est cristallisé, et aux environs de Badenweiïler, dans le grand duché de Bade.

Les petits cristaux du Salzbourg, étudiés par Kenngott, lui ont offert les faces de deux pyramides hexagonales, combinées avec celles d’un prisme hexaèdre régulier : la plus aiguë des deux a ses angles à la base de 155024 ; et l'incidence d’une de ses faces sur une face de l’autre pyramide est de 150°25. Un clivage très-net et très-facile a lieu parallèlement à à la base; il présente un éclat légèrement perlé.

Ce minéral est opaque, d’un bleu indigo très-foncé, avec une poussière noire ;.il est tendre et facile à pulvériser; sa dureté = 1,9...2; sa densité — 4,6. Au chalumeau, il brûle avec une fine bleue; sur le charbon, il fond en bouillonnant,et donne

avec la soude un globule de cuivre; il est soluble dans l'acide azotique.

Analyses de la Coréline ‘ 1o Du Vésuve, 20 De Badenweiler, 30 De Leogang, par Covelli. par Walchner. par Kenngott.

Soufre, 4 420... : |, :d4364p. 041 Cuivres. 66,0 eu LL oem de 0006

Fonssn tot, Lu Ut 00 0, Plomb, : » ee sin 1,046 sn, »)

La Covelline se trouve rarement cristallisée en petits cristaux. tabulaires, le plus souvent en masses amorphes ou en masses sphéroïdales à surface cristalline. Elle existe dans le cratère du Vésuve, où Covelli Pa remarquée le premier, et où il la regarde comme produite par la réaction de lacide sulfhydrique sur le chlorure de cuivre. On la retrouvée depuis, en la désignant sous le nom de Kupferindig, avec d’autres minerais de cuivre, au milieu du schiste marno-bitumineux du terrain pénéen, dans le district de Sangerhausen, en Saxe, et dans quelques parties du Mansfeld et de la Thuringe; il existe en outre dans le pays de Bade, à Badenweiler, avec la chalkosine et la chalkopyrite; à Leogang, en Salzbourg, avec le calcaire spathique, dans un schiste argileux; on le cite encore comme se trouvant dans la

Forêt-Noire; dans le Harz; près de Kielce, en Pologne; et même au Chili,

Has. 0% SULFURES ET SÉLÉNIURES SIMPLES

30e Espèce. MOLYBDÉNITE.

Syn. : Molybdène Mure, Hay: Molybdangianz, Hausmann : : Wasserblei, Werner.

Substance d'aspect métallique, d’un gris de plomb, ressemblant, par ses caractères extérieurs et son peu de dureté, au gra- phite, et se présentant, comme celui-ci, en lames hexagonales

et en rognons disséminés dans les roches cristallines. +

Caractères essentiels.

. Composition chimique : Bi-sulfare de molybdène, Mo, composé, en poids : de 40,20 de soufre, et de 50,80 de molybdène. Système cristallin : Le dirhomboédrique?

Forme fondamentale : Le prisme hexaèdre régulier, de dimensions encore indéterminées. On cite des cristaux tabulaires de ce minéral, de forme hexagonale, avec des troncatures sur les arêtes des bases, qui présentent cette disposition annulaire, si commune dans les substances du système dihexaédrique. Cependant, il reste encore des incertitudes sur le système de cristallisation de la molybdénite. D’après M. de Kokscharow, ce svstème serait le rhombique, ou plutôt le klinorhombique, comme pour le minéral appelé clinochlore; M. Nordenskiôld eroit voir aussi dans les cristaux de molybdénite de Pitkaranda, des formes appartenant à ce dernier système, et l'examen de ceux qui proviennent de Auerbach a conduit M. Knox à émettre une opinion semblable,

Un clivage très-net et très-facile a lieu parallèlement à la . base des cristaux: les plans de clivage présentent des stries penniformes, comme on en voit dans quelques micas.

Caractères distincifs.

Dureté : de 1 à 5,5; c’est un des minéraux les plus tendres ; il recoit l'empreinte de l’ongle, et se laisse aisément couper; il est mou, ductile, et gras au toucher; il est très-flexible, quand il est en lames minces. Son peu de dureté fait qu'il tache le papier en gris métallique, à la manière du graphite; mais il se distingue de celui-ci par la nuance verdâtre tie traits qu'il forme sur la porcelaine.

RHOMBOÉDRIQUES. 4 4 13

Sa densité varie de 4,5 à 4,8. — Il est opaque, métallique, d’un gris de plomb bleuâtre ou rougeâtre.

Infusible au chalumeau, il colore la flamme en vert de serin:; sur le charbon, il donne par le grillage de Pacide sulfureux, et laisse une matière blanche qui est de l'acide molybdique : atta-

qué par l'acide azotique, il donne immédiatement un précipité

insoluble, formé de la même matière blanche. Ce précipité bleuit, lorsqu’ on le place encore humide sur une lame de zinc.

Analyse de la molybdénite :

Par Bucholz. Par Brandes. Par Seybert.

AUS. . 2 D AO 6 AO 0 DIODES OS 2 Se A

D'après Pleischl, il y aurait uu peu de sélénium dans la molybdénite de Schlackenwald. — La molvbdénite est souvent recouverte d’une substance jaune, ocreuse, et pulvérulente, qui

est de l’acide molybdique (Mo), provenant sans doute d’un commencement d’altération de la molybdénite.

La molybdénite est toujours cristallisée, soit en prismes courts, simples ou modifiés sur les arêtes de leurs bases, soit en lames

hexagonales, planes ou courbes, soit en petites lamelles agoré-

oées entre elles, ou disséminées isolément dans diverses roches. Kile appartient en général aux terrains de cristallisation, soit eranitiques, soit schisteux, où sa gangue la plus immédiate est ordinairement une matière quarzeuse. On la trouve aussi dans les gites métallifères que renferment les mêmes terrains, et surtout dans les filons d’étain. Elle est très-répandue, mais elle n'existe que bien rarement en quantité un peu notable. On la trouve dans le Cornouailles et dans le Cumberland, en Anpgleterre; en Saxe, à Altenberg, Geier et MR à Schlackenwald et Zinnwald, en Bohème; en France, dans le greisen stannifêre des environs de Limoges; en plusieurs points du département du Rhône et des Pyrénées; dans les Alpes du Dauphiné, de la Savoie, du Piémont et du Tyrol; au pied du Mont-Blanc, dans les roches du Talèfre, et dans les vallées de Chamouni et de Valorsine ; dans la mine de fer magnétique d’Arendal, en Norwègé, et dans celle de Bispberg, en Suède; à Pitkaranda, en Finlande, et à Adontschelon, près Nertschinsk, en Sibérie ; au Groënland, aux Etats-Unis, et au Brésil.

La molybdénite est employée quelquefois pour la préparation

d’une couleur bleue; mais elle sert surtout dans les laboratoires, pour la préparation de l'acide molybdique, ou pour l'extraction du molybdène. Le molybdène est un métal qui a beaucoup d’analogie avec le tungstène, et qui a été découvert par Scheele en 1778. En traitant un oxyde quelconque du métal, soit par le charbon, soit par l'hydrogène, on obtient le molybdène sous la forme d’une poudre grise qui prend léclat métallique sous le brunissoir. En élevant beaucoup la température, on est parvenu à l'obtenir en petites masses fondues, qui présentent l’aspect de l'argent mat; la densité du métal est alors de 8,6. Jusqu’à présent il est sans usages. Ce métal a plusieurs degrés d'oxydation, et quand on réduit partiellement par le zinc l'acide molybdique humecté d’eau, il se forme un composé bleu, qui est un oxyde salin, une sorte de molvbdate d'oxyde molybdique.

On a récemment annoncé la découverte d’un nouveau sulfure de molybdène, dont la composition serait MoS, et que M. Haidinger propose de nommer Pateraïte (3° OPPRRENEE à la Minéralogie de Dana, p. 14).

Ve Tribu. Apécomoreues.

Les substances dont la cristallisation n’est pas encore déterminée, et qui paraissent apparten“ à l’ordre des séléniures et sulfures simples, sont les suivantes :

1. Akanthite. Kenngott a décrit sous ce nom des cristaux en aiguilles rhombiques très-aiguës du sulfure d'argent AgS, cristaux qu’il croit pouvoir rapporter au système orthorhombique, et qui offriraient la seconde forme du sulfure d’argent naturel, sans mélange de sulfure de cuivre. Cette nouvelle espèce accompagne les cristaux cubiques du même sulfure, à Joachimsthal en Bohème. Elle est d’un noir de fer, opaque, avec l'éclat métallique. Sa densité est de 7,35 ; sa dureté de 2,5. Eile est ductile et malléable.

2. Onofrite. Minéral qui a à peu près l'éclat et la couleur du cuivre gris, et qu'on a trouvé à San-Onofre, au Mexique, dans

un filon, avec d’autres minerais de mercure. D'après l’analyse | qu’en a faite Henri Rose, c’est un séléni-sulfure de mercure, de la formule Hg (S, Se), contenant sur 100 parties, mercure 81,33, soufre 10,30, et sélénium 6,49. Il est en masses compactes ou grenues, sans aucun indice de clivage ; les minéraux pierreux

ADÉLOMOKPHES. 4a5

qui l’accompagnent, sont : le quarz, le calcaire et la barytine. On a retrouvé ce minerai de mercure à Zorge et à Clausthal, au Harz, avec une composition analogue : seulement le soufre est là remplacé presque entièrement par du sélénium. Il est mélangé au quarz d’une manière intime, et associé au cuivre pyriteux. À cause de la petite quantité de soufre que renferme cette variété, on pourrait la considérer comme une espèce à part, comme un séléniure simple de mercure Ho Se, et c’est ce que propose M. Naumann, qui lui donne le nom de Tiemannite, parce qu'elle a été découverte et signalée par M. Tiemann.

3. Volizine (Fournet). Substance découverte par M. Fournet, dans la mine de Rosières, près Pontgibaud, dans le département du Puy-de-Dôme, en petites masses sphéroïdales ou mamelonnées, ayant une structure composée de lames curvilignes; ces lames ont un éclat légèrement perlé. D'aprés l’analyse de M. Fournet, ce minéral serait un oxy-sulfure de zinc, de la formule 4 Zn S + ZnO. Les couleurs sont Le rouge de brique ou rouge de rose foncé, le brun et le jaunâtre; il est opaque, ou faiblement translucide sur les bords. Sa densité = 3,6 ; sa dureté = 4,5. Aù chalumeau et sur le charbon, il se comporte comme la blende ; il se dissout dans l'acide chlorhydrique, en dégageant des vapeurs d'hydrogène sulfuré. Il est composé de 82,8 de sulfure de zinc, et de 17,2 d’oxyde de zinc. On a retrouvé ce minéral aux environs de Joachimsthal, en Bohême, dans la mine nommée Elias, avec de la blende, de la galène, de l’argyrose et du bismuth natif. Enfin, M. Kersten la observé à l’état cristallin, dans les produits des fourneaux, où l’on traite des minerais de zinc, à Freiberg en Saxe, et à Altenau dans le Harz. Suivant le docteur Frankenheim, ces dernières variétés présenteraient les clivages en même temps que les formes hémiédriques de la blende.

IVe Onone. SULFURES MULTIPLES. (Sulfo-sels.) Fe Tribu. QUADRATIQUES.

re Esricr. STANNINE.

Syn. : Étain pyriteux; Étain suifuré, Haüy; Stannine, Beudant; Zinnkies, Werner. :

Substance métalloïde, d'un gris d’acier jaunûtre, tirant sur le . de bronze, ou sur le gris verdâtre du métal de cloche ; à poussière noire ; compacte ou à cassure granulaire, et offrant quelquefois, mais bien rarement, dans ses cavités, de petits cristaux en forme de prismes droits rectangulaires, qu’on a pris généralement pour des éubes ; il est probable néanmoins que ce sont plutôt des io droits à bases carrées. Sa densité est de 4,5; sa dureté, de 4; elle est fragile; sa cassure est inépale et imparfaitement conchoïde. C’est une combinaison coinplexe de sulfure d’étain, de sulfure de cuivre et de sulfure de fer, contenant, d'après lPanalyse de Kudernatsch, soufre 30,13; étain 27,53, cuivre 20,64, et fer 12,76. Une portion du fer est quelquefois remplacée par du zinc. Cette composition peut être tra-

duite en formule de plusieurs manières différentes.

Suivant Kenngott, on peut la ramener au type 8 RER 1R,

il] e s) R représentant du sesquisulfure d'étain et de fer, et r du sulfare

de cuivre; et comme cette formule est généralement celle des substances qui cristallisent dans le système régulier, son adoption pourrait justifier l’idée de ceux qui regardent comme des cubes, les indices de cristaux dont nous avons parlé ci-dessus. Dans ce cas, la composition de la stannine serait la suivante: Cus (Sn° 5, Fe°5”), À il y aurait quatre atomes de soufre pour deux de cuivre, un d’étain et un de fer.

M. Ramumelsberg regarde le fer comme étant dans ce minerai à l'état de bisulfure, et en partant de cette idée, il arrive à la formule Su? Fe + Cu’ Fe.

Enfin, MM. Kudernatsch et G. Rose, admettant au contraire .

que Pétain soit à l’état de bisulfure, dore la Lane

de la stannine par la formule très-simple (Eu+Fe eÿ Sn ique nous avons adoptée. D'après cette formule, la composition de Pétain:

QUADRATIQUES. à 4x7 pyriteux serait analogue à celle du cuivre pyriteux (ou de la Chalkopyrite), ce ne serait qu'un cuivre pyriteux stannifère, un cuivre pyriteux dans lequel le bisulfure de fer serait remplacé par le bisulfure d'étain. (Voir ci-après l’article de la Chalkopyrite.) La chalkopyrite cristallisant dans le système quadratique, et en octaèdres très-rapprochés du cube, on est conduit alors à considérer les petits prismes rectangulaires de stannine, non comme des cubes, mais comme des prismes quadratiques peu différents du cube ; ces prismes offriraient un triple clivage rectangulaire, que les auteurs ont pris pour un clivage cubique. La stannine est fusible au chalumeau, en couvrant le charbon d’une poussière blanche non volatile (oxyde d’étain). Elle est soluble dans l'acide azotique, en donnant un précipité blanc immédiat, qui peut se dissoudre à son tour dans l'acide chlorhydrique : cette dernière solution précipite en pourpre par le chlorure d’or (pourpre de Cassius). La première solution, la solution azotique, précipiterait en outre du cuivre, sur une lame de fer qu’on viendrait à y plonger; elle deviendrait bleue par

une addition d’ammoniaque, et précipiterait en même ? temps de loxyde de fer.

Analyse de la stannine :

: De la Stannine De Huel Rock, De la même, Du Mont-St.-Michel, de Zinnwald,

par Klaproth. par Kudernatsch. par Jhonston. par Rammelsherg, Poire. Jo, , 20,64, 300 PAIN. 20,3 à : . PO RO à +0 0000 PNIVIG 90,0 , . 20,00 à : |: 50,99 1 , 20 Don DO Ne ER 2 RAS POUR Aides nid, Rd

Cette substance, extrêmement rare, n’a été trouvée pendant longtemps qu'au Cornouailles, en Angleterre, où elle existe en petites masses, ou en veines quelquefois assez considérables, dans les filons de cuivre pyriteux qui traversent les filons plus anciens d'oxyde d’étain de la même contrée, et l’on remarque que c’est surtout dans les points de croisement des deux sortes de filons, qu'on a le plus de chance de rencontrer la stannine. On la trouve principalement dans la mine de Huel-Rock, paroisse de Sainte-Agnès, avec le cuivre pyriteux, la pyrite ordinaire et la blende; mais on la cite aussi au Mont-Saint-Michel, dans le même pays, où elle existe en petites veines au milieu du granite. Enfin, elle a été retrouvée plus récemment à Zinnwald

Cours de Minéralogie. Tome Il. 27

dans l'Erzgebirge, avec la blende et la galène. Parce qu'elle a souvent Paspect du bronze ou du métal de cloche, elle est désignée par les mineurs du Cornouailles sous le nom de bell-metal ore (mine du métal de cloche). Jusqu'à présent, elle est sans usages; si l’on venait à la rencontrer plus abondamment, on pourrait en obtenir par la fonte une sorte de bronze naturel, qui peut-être jouirait de propriétés intéressantes. Ce qu’on appelle dans Îles arts or mussif, est une combinaison artificielle de soufre et d’étain, qui sert à colorer le bronze, et à enduire les coussins des machines électriques, dont elle al les effets plus : énérgiques.

2e Esrkce CHALKOPYRITE,

Syn, : “ Cuivre pyriteux; Haüy; Pyrite cuivreuse; Mine de cuivre jaune ; Kupjerhies, Werner ; Towanite, Brooke et Miller.

Le plus commun de tous les minerais de cuivre, et celui dont on retire la plus grande partie du métal qui est répandu dans la circulation. C’est une combinaison du sulfure de cuivre avec le bisulfure de fer, dans un rapport tel qu’elle contient deux atomes de soufre pour un de cuivre et un de fer. Ce minerai est d'un jaune de laiton, tirant sur la couleur du cuivre doré, ou d’un jaune tirant sur le verdâtre. Sa surface s’altère fréquemment, et prend un aspect irisé, qui présente les nuances gorgede-pigeon.

Caractéres essentiels.

de te chine : Double sulfure de cuivre et de fer, de Ja formule (Cu + Fe Fe. Cette composition est analogue à celle

de la hausmannite Mn° Mn, et l’on verra que la cristallisation de la chalkopyrite a aussi beaucoup de ressemblance avec celle de cette dernière substance. Les proportions en poids sont les suivantes : soufre 35,37, cuivre 34,81 et fer 29,82.

Système cristallin : Le système quadratique, avec hémiédrie polaire, ou système sphénoédrique.

Forme fondamentale : Le prisme droit à base carrée, dans lequel le côté b de la base est à la hauteur %, comme 5 :7 (Lévy). Ce prisme passe par la modification D à un quadroctaèdre (g. 191, pl. 27), dont les angles sont de 109°53 et 108240, ét qui par conséquent se rapproche beaucoup de l’octaèdre régu-

QUADRATIQUES. | js 19

lier, ds tous les angles sont de an. Les différences entre les angles dfrespondants ne vont guère qu'à un demi-degré, et sont difficiles à apprécier avec le goniémètre d'application : ce qui explique l'erreur commise par Haüy, qui à rapporté les formes de la pyrite cuivreuse au système régulier.

Caractères distinctifs.

Géomérriques. — Les formes cristallines les plus habituelles sont : 1° des sphénoëdres simples, dont les faces font entre elles, à l'endroit des arêtes horizontales, un angle de 71°20; 2° des sphénoëdres modifiés sur leurs angles (fig. 192, pl. 27), et passant à l’octaèdre (fig. 191), lequel, dans ce cas, est toujours une forme composée; 3° enfin des quadroctaèdres (fig. 191), mais rarement bien proportionnés quant à l'étendue de leurs faces, dont l'inégalité rappelle les différences physiques qui Les distinguent. Ces octaèdres sont souvent groupés, par transposition, le: plan d’hémitropie étant paralièle à l’une de leurs faces. D’autres lois de groupement s’observent encore dans ce minéral, et la même loi se répète souvent un grand nombre de fois, de manière à produire des groupes très-compliqués. Des clivages assez distincts ont lieu parallèlemeut aux faces de l’octaèdre a" (fig. 193), dont l'angle à la base est de 126°11° ; il y à aussi un clivage parallèle à la base de la forme primitive, mais il est beaucoup moins net. Les cristaux sont généralement assez petits, et déformés par des allongements ou raccourcissements dans certains sens.

Paysiques. — Densité = 4,1 à 4,3. Dureté = 4. La chalkopyrite est cassante, à un faible degré ; sa cassure est inégale et ca faitement conchoïde. ;

Aspect :métallique; couleur: le jaune de bronze ou de laiton, avec une nuance verdâtre ; quelquefois le jaune d’or, avec des teintes irisées, qui se montrent par places, et qui sont dues à un commencement d’altération superficielle. La couleur de la poussière est noire. ; :

CHmiQuEs. — Fusible au chalumeau, en alles attirables à l’aimant, et qui, traités ensuite avec la soude, donnent un bouton de cuivre. Soluble dans l’acide azotique : la solution devient bleue par Pammoniaque, en même temps qu'elle donne un précipité abondant d'oxyde de fer.

: Analyses de la chalkopyrite

io Du Ramberg, 20 De Saint-Sauveur, 3° Du Monte-Catini,. dans le Sayn, dans la Lozère, en Toscane, 4o De Finlande , par H. Rose. par Berthier. par Bechi par Hartwall.

Doi. Join. : 560... . 36,10 24. 30,9 Cire. 0440 0.0. 400... 09,90 |: 92,00 Por JO. . . 9200 . . ." 20,99 445000 Sim, 0 0,27, à. 2.00... (6,964 4 as

VARIÉTÉS

Formes déterminables.

Modifications sur les arêtes : b!, b?, Là, b*, b'h.

— sur les angles : a!, à, a; als; (b' b's h'le),

Les principales formes simples, ou combinaisons connues, sont les suivantes : ;

1. La chalkopyrite octaèdre; en octaëèdres à base carrée, tantôt directs, et tantôt inverses, avec des valeurs d’angles différentes. Neuf de ces quadroctaèdres ont été observés, mais la plupart seulement dans un état de subordination à l'égard des octaèdres b!, a! et a, qui sont les plus ordinaires, et qui peuvent acquérir un développement complet.

Le premier, l’octaèdre b' (fig. 191, pl. 29), est un des plus communs, et se montre souvent sans aucune modification. Cest la forme admise comme fondamentale par les minéralogistes allemands, et que Haüy considérait comme étant l’octaèdre régulier ; mais Mohs et Haidinger ont reconnu que cet octaèdre est à base carrée, et que l’angle à la base est de 108°40?, tandis que l'angle aux arêtes culminantes est de 109°53’:les mesures de Phillips ont confirmé cette détermination.

- La figure 192 représente le même octaèdre sous l’aspect d’un tétraèdre à triangles isoscèles (ou sphénoèdre) épointé. Le sphénoèdre simple, résultant de l’évanouissement des faces D”, représenterait le tétraèdre que Haüy prenait pour forme primitive : mais, tandis que, dans l'opinion de ce savant, ce tétraèdre devait être le régulier, il offre réellement des angles de deux valeurs différentes, savoir : 71°20° aux arêtes horizontales, et 70°7° aux arêtes obliques. Cette forme se rencontre dans les mines de Baigorry, dans les Pyrénées, et de Sainte-Marie, dans les Vosges;

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