‹ Nouveau cours de minéralogieChapitre 59 sur 166 · PER · texte numérisé non relu

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avoir trouvé que la ee est Relais à l'axe, : que les ge plans de cette base différent de 120°. Malgré cela, la plupa des cristallographes allemands sont d'accord pour considére au moins provisoirement, ces cristaux comme dérivant du prisme hexagonal régulier, et comme appartenant réellement l'espèce dont il s’agit ici. Dans cette hypothèse, la division la melleuse à à laquelle se prêtent quelquefois ces cristaux, peut êtr prise pour un véritable clivage, qui aurait lieu d'une manièr assez nette parallèlement à FÈ La PHYSIQUES. — Densité. 1,8 à 2,4. — Dureté: entre 1 et 2. Ten ô dre, rayée par presque tous les corps, et tachant les doigts flexible, lorsqu'il est en lames minces ; doux et gras au touche Cassure : généralement écailleuse, quelquefois compacte. Aspect extérieur : opaque; ayant un éclat métallique, et un couleur d’un noir de fer ou d’un gris d’acier foncé. Poussièn noire. ; CHnmiQues. — Fusant avec le salpêtre ; brûlant très- difficile : ment au feu d'oxydation du chalumeau. Ne donnant aucun matière volatile à la distillation, et ne contenant aucune trag d'hydrogène dans sa composition.

Comme il laisse presque toujours après sa combustion un certaine quantité de cendre, qui contient beaucoup de fer, u peu d'oxyde de titane, de silice et d’alumine, on a pensé pen dant longtemps que c’était une combinaison de charbon et d fer, un fer percarburé; mais les recherches de M. Karsten on prouvé que le graphite n’était que du carbone, dans un certai état d’aggrégation, et mélangé accidentellement de particule étrangères ; que le fer entre autres ne pouvait y être chimique ment combiné, puisque le graphite en poudre qu’on laisse digé rer avec de l’acide chlorhydrique ne développe aucune tra@ d'hydrogène, et que l'acide contient le fer dont il s’est empañt à l'état de ferrate d’oxidule. On connaît d’ailleurs aujourd’hu du graphite naturel, qui donne à peine quelques traces de cen: dres, quaud on le brûle : tel est celui de Barreros, au Brésil. En: fin, on sait que Le fer, dont la quantité a varié beaucoup dan les graphites qui ont été analysés, est tout-à-fait nul dansles grâs : phites artificiels, qui se forment pendant le traitement des mi- . nerais de fers dans les hauts-fourneaux. Ces graphites ne sont, | comme on l’a prouvé, qw une variété de charbon pur, qui se sa

are de la fonte de fer orme refroidie, et qui cristallise en lamelles micacées, tout-à- fait semblables au graphite naturel | poux Pepe |

lice par Prinsep, du graphite de Borrowdale, en Angleterre. De l’'Hymalaya. De Ceylan Crariété cristallisée),

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100,0 100,0 ‘114800 | Varrérés. 1. Graphite cristallisé, en petites lames hexagomales, modifiées sur leurs arêtes ou sur leurs angles. à Ticonderoga, New-York et Rhode-fsland, dans l'Amérique du Nord, au Groenland ; à Pargas, en Finlande; à Ceylan, etc.

2. Graphite écailleux, en petites lames ou écailles brillantes, dun blanc d'étain, entassées confusément les unes sur les au-

3. Graphite Le composé de feuillets ordinairement courbes, qui se détachent difficilement, et cependant permettent | - la division de la masse dans le sens parallèle à leur stratification.

4 Passau.

- 4. Graphite terreux ou compacte. En masses grises ou d’un noir mat, à grains très-fins, prenant de l'éclat par le frottement. C'est surtout cette variété que l’on emploie dans les arts. À Borrowdale, en Cumberland.

ÿ. Graphite incrustant. — En enduit, ou en pellicules superficielles à la surface ou dans les fissures des roches quarzeuses. Vallée de Chamouny, en Savoie.

Gisements. — Le graphite se rencontre généralement dans les terrains de cristallisation, granitoïdes et schisteux, surtout dans ceux qui sont stratifiés, comme les terrains de pneiss, de miscaschistes, de calcaire sacchatoïde et de schiste arpgileux; il y est disséminé sous la forme de rognons, de lamelles, de veinules ou de petits lits, et semble, dans un grand nombre de roches schisteuses, avoir pris la place du mica ou du tale. Il recouvre ou pénètre quelquefois certains schistes, auxquels il donne une couleur grise ou noire, un éclat plus ou moins métalloïde, et la propriété de tacher. On le trouve aussi dans de véritables roches de sédiment, telles que des psammites (au Giebichenstein , près de Halle en Saxe; à Cumnock, dans lAyrshire, en Ecosse): mais c’est toujours alors dans le voisi-

nage des roches éruptives ou métamorphiques, et souvent dan: celui des grands dépôts d’anthracite ou de houille.

On a observé le graphite au milieu du granite, dans les Pyré nées, aux monts Labour et Barbarisia, et près d’Ursovia ; en Sa voie, au mont de Fouilly, dans la vallée de Chamouny; et: Ticonderoga, dans l’état de New-York, aux Etats-Unis. — Dan la syénite, à Pinheiro, en Portugal; à Friederichswärn, en Nor wège; et dans l’état de New-York. — Dans les porphyres, ou less traps amygdalaires, au Harz et en Angleterre. — Dans les sers pentines ou diorites, aux environs de Barèges, dans les Pyrés nées. — Dans le gneiss, à Hafnerzell et Griesbach, près Passau,e en Bavière ; dans les Alpes du Saint-Gothard ; à Ceylan ; à Bal timore et dans le Massachusetts, aux Etats-Unis d'Amérique. 4 Dans le micaschiste, en Écosse et aux États-Unis. — Dans les” phyllades intermédiaires, près de Morlaix, en France; à Bor rowdale, en Cumberland, dans des filons qui traversent des, schistes ardoisiers, et des masses de porphyres pétrosiliceux : 11 y est associé au spath brunissant et au quarz. — Dans les schistes cristallins de l’époque jurassique, avec les anthracites des Alpes au Col du Chardonnet. — Dans les calcaires blancs saccharoïdes à Wunsiedel en Bavière, à Pargas, en Finlande, au Vésuve; € Rénsylvanie, et dans les états de New-York et de New-Jersey, @ Amérique. |

De Bournon a observé un graphite naturel, qui, ayant ét | chauffé sur place par une houillère embrasée, en Ecosse, s’étai divise par le retrait en petites colonnes à plusieurs pans. |

Annotations.

Le graphite a, par sa forme, son aspect et sa manière d’être plus ordinaire, de grandes analogies avec la molybdénite 0! le sulfure de molybdène. Indépendamment des caractères che miques, tels que la coloration de la flamme du chalumeau en, vert, et l'odeur sulfureuse, qui feront toujours reconnaître faci lement le sulfure de molybdène, on a un moyen bien simple di distinguer ces deux corps d’une ressemblance si parfaite. Pass avec frottement sur le papier ou sur un test de faïence ou dl

porcelaine blanche, le graphite y laisse des traits plus ou moins

nets, qui sont de sa propre couleur, c’est-à-dire d’un gris partie culier que tout le monde connaît, puisque c’est celui du crayon. ordinaire; la molybdénite produit sur les mêmes substances), des traits d’une teinte verdâtre. |

Usages. — » Le principal emploi du graphite, est de servir à la fabrication des crayons dits de mine de plomb. Celui de Borrowdale en Angleterre, qui est d’une finesse et d’une pureté extrêmes, est Îa variété la plus propre à cet usage, et la seule qu'on puisse employer pour les crayons fins. On n’a besoin de lui faire subir aucune préparation : il suffit de le scier en baguettes carrées, excessivement minces, que l’on introduit ensuite dans des rainures creusées dans du bois de cèdre, de genèvrier ou de cyprès. Ces crayons simples sont rares, et toujours fort chers : leurs qualités essentielles sont de se laisser tailler sans se briser, d’être à la fois moelleux et fermes. La poussière qui provient de la’ préparation des baguettes, broyée avec de la . gomme ou de la colle de poisson, sert à composer des crayons . communs, qui ont moins de tenacité, mais qui sont encore as- . sez bons, lorsqu'ils ont été fabriqués avec du graphite bien pur. Après les crayons de graphite anglais, ceux qui méritent la pré- . férence se confectionnent avec les variétés de graphite que l’on | tire de Passau en Bavière. La principale exploitation de graphite en France existe dans le département de l'Ariège : le graphite | S'y trouve ën grosses masses compactes. On en exploite aussi en Piémont et en Espagne. C’est toujours avec le minéral réduit en poudre et mêlé à des matières agglutinantes, que se font Me crayons dans ces divers pays; on y ajoute quelquefois du sul fure d’antimoine. Ces crayons sont durs et ne présentent jamais - cette finesse que l’on recherche dans les crayons anglais.

Mêlé avec de l'argile, le graphite de Bavière sert à former les creusets dits creusets de mine de plomb ou creusets noirs de Pas- “sau, qui résistent bien au feu et sont particulièrement employés par les fondeurs en cuivre. Broyé avec de la graisse, il forme une espèce de pommade onctueuse, qui sert à adoucir le frottement des engrenages; on en frotte la fonte et ia tôle, pour les . préserver de la rouille ; on en couvre les poêles de terre, afin de leur donner l'aspect de la fonte; enfin on l’emploie à vernisser la grenaille ou le plomb à giboyer, et l’on soupçonne qu’il entre dans la composition du vernis particulier dont les Anglais se servent pour garantir leurs canons et leurs caronadesde fer, de action de l’air et de la pluie.

Cours de Minéralogie. Tome Il. 14

ArreDice, — CHARBONS SRE

On sait qu'il existe dans l'intérieur de la terre des masse énormes de matières combustibles, d’une importance immens pour les arts métallurgiques et les diverses branches de indus trie. Ces combustibles minéraux, ou plutôt fossiles, sont connus. sous les noms d’anthracite, de houille, de lignète et de tourbe. Leur étude appartient, presque exclusivement, à la géologie et. à la chimie : ce n’est que par une sorte d'habitude et de tolérance. qu’on les range encore parmi les espèces minérales proprement. : dites, dans les classifications qui se rapportent au règne inorga-. nique, car ils échappent entièrement aux règles ordinaires de. spécification, ne possédant en eux-mêmes ni traces de structure. cristalline, ni composition chimique définie. Ils ont tous évi. demment une origine organique, et proviennent de végétaux, enfouis, dont les détritus, accumulés et tassés sous les eaux, ont, subi une HÉOM DOATIQN spontanée, une sorte de pourriture Du mide, et sont arrivés avec le temps, et sous certaines conditions, de pression et de température, à un état d’altération plus 0 moins avancée, qui fait seul aujourd’hui leur différence.

En effet, si l’on vient à comparer attentivement leurs. pros, priétés et leur composition chimique, à celles du bois, comm Va fait M. Regnault, on reconnaît sans peine qu’on peut ordon, ner la série de leurs variétés de telle sorte, que l’on passe par, degrés du bois à la tourbe, de la tourbe au lignite, du lignité à la houille, et de celle-ci à l’anthracite.

Dans les ape et dans les lignites, qui appartiennent aux terrains modernes et aux terrains tertiaires, la structure orgaz, nique est souvent conservée d’une manière si par faite, qu'on ne, peut élever aucun doute sur leur origine végétale ; mais, dan les combustibles des terrains plus anciens, on ne reconnaît plu ! en. général les traces de l'organisation primitive; on ne trouy “in en eux que des masses noires, brillantes, compactes 0 schisteuses, donnant une poussière d’un noir plus ou moin$ : brun : ce sont les houilles et les anthracites. Ils sont rares dans, les terrains secondaires, où on les rencontre parfois dans les, étages moyens (terrains triasique et jurassique) \; mais ils ee. très-abondants dans les terrains primaires ou de transition, en leur présence est même si fréquente dans les parties supérieures de ces terrains, que ces étages sont généralement connus sous

jes noms as terrain anthraxifère et de terrain Hécitér la houille ; caractérisant plus particulièrement le plus élevé de ces étages, et l'anthracite se rencontrant d'ordinaire dans l'étage immédiatement inférieur.

Bien qu’en général la structure propre aux plantes ne soit plus reconnaissable dans ces deux sortes de combustibles, cependant leur origine végétale n’est pas douteuse : car, outre qu'on a pu

Saisir quelquefois dans la houille même des traces. d'organisation à l'aide du microscope, on trouve habituellement dans les couhes de grès et de schiste qui accompagnent les bancs de houille, | jusque dans les feuillets schisteux qui souvent alternent avec ceux de houille proprement dite, des empreintes de plantes tellement nettes, qu'il a été facile aux botanistes d'indiquer les familles auxquelles elles appartiennent, et de rétablir en quelque sorte la flore des époques anciennes. On trouve même souvent des plantes en nature, de véritables tiges dont les parties ligneuses, offrant encore tous les caractères de l’organisation végétale, sont partiellement changées en un charbonparfaitement semblable à celui qui forme des couches au-dessus cu au-dessous.

. On voit combien, à raison de cette communauté d’ origine qui les rapproche, il peut être utile d'étudier paralklement et d’une manière comparative, les différentes espèces de combustibles minéraux. Ce travail a été fait avec beaucoup de soin par M. Regnault ; ce chimiste a fait voir que l’analyse élémentaire de ces combustibles rend facilement compte de leurs diverses*pro- Priétés, et peut indiquer les usages auxquels chacun d’eux se prête le mieux.

. Tous sont formés, en général, d’un élément fixe (le carbone), auquel se Joint une quantité plus ou moins grande d’éléments gazeux (hydrogène et oxygène). Les houilles renferment aussi de l'azote, mais en proporuon généralement très-faible. Les di- Verses propriétés de ces combustibles dépendent des quantités, tant absolues que relatives, des deux premiers éléments gazeux, l'oxygène et l'hydrogène. À mesure que le combustible est plus ancien, ou la décomposition de la matière organique plus avancée, la proportion de ces deux gaz diminue graduellement, et la Quantité de carbone augmente. De plus, la quantité d’oxygène diminue du bois à la tourbe, de la tourbe au lignite, à la houille et à anthracite, tandis que la quantité d'hydrogène demeure à peu près constante pour tous ces combustibles. Il suit de {à œ un combustible est d’autant plus moderne, qu'il contient plus

de gaz et que le rapport de l'oxygène à l'hydrogène est plus élevé. Au contraire, plus il s'éloigne de fépoque actuelle, plus il est riche en carbone, et par conséquent son pouvoir calorifique

croît d'autant, car la chaleur produite dépend de la quantité de carbone contenue dans un poids déterminé de combustible.

Les combustibles dont nous parlons, peuvent se distinguer entre eux par les différences qu’ils présentent, lorsqu'on les con: sidère sous les divers points de vue de la composition élémentaire, de la distillation en vases clos, de la calcination à l'air pendant huit à dix minutes, et enfin de la combustion prolongée,

C’est ainsi que M. Regnault a procédé dans son travail, étudiant avec soin les substances gazeuses qui se dégagent pans la première opération, et la nature du coke qu'elle fournit, évaluant la perte en matières volatiles, qui a lieu pendant la seconde, examinant les caractères particuliers de la combustion, et des cendres qui en proviennent. Nous donnons dans le tableau sui: vant le résumé des principaux résultats qu’il a obtenus. 1

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: Des quan combustibles que nous venons d'étudier compara-. tivement, c’est la houille qui est le plus important, parce qu'elle est plus abondamment répandue, qu’elle donne à poids égs beaucoup plus de chaleur que le bois ou charbon ordinaire, et que ses variétés nombreuses peuvent être assorties à une foule d'usages dans les arts et dans l’économie domestique. Person n’ignore en effet que ce combustible est aujourd’hui pour les nations civilisées une source précieuse et intarissable de chaleur, de lumière et de force industrielle. Pendant longternps, ces tré sors de la terre sont restés enfouis dans ses profondeurs, parce que Îles peuples qui les possédaient n'en connaissaient pas la valeur. C’est la science seule qui leur en a révélé sue l’importance, en leur donnant les moyens de les mettre à profit. Maintenant la houille est considérée partout comme l’une des prine cipales substances qui forment la richesse minérale d’un pays: Sous ce rapport, elle ne le cède qu aux minerais de fer; les mines d’or et d'argent ne viennent qu'en troisième ligne.

Au point de vue économique, les anthracites ne sont qu ul des termes extrêmes de la nombreuse série des houilles, uné variété qu'on appelle souvent houille anthraciteuse, ou houillé sèche sans flamme. Les houilles ordinaires ou houilles propres ment dites n’en diffèrent, comme le montre le tableau précédent, que par la quantité de matières volatiles qu’elles perdent par la

calcination en plein air. Tandis que la ae de poids qu éprouvé

de cette manière l’anthracite, ne va qu’à 5 ou 10 p. 100, celle que dans les mêmes circonstances donnent les houilles proprement dites peut aller de 0 à 4o p. 100, selon les diverses qualités, Par la distillation en vases clos, l’anthracite ne fournit presque rien, et se change en un coke pulvérulent : les houilles donnent au contraire à la distillation, outre de l’eau, des gaz combustibles et de l’'ammoniaque, une quantité plus ou moins grande de ma tière bitumineuse ou de goudron minéral. C’est par cette matièré bitumineuse dont Ja proportion est variable, que les houilles se distinguent surtout des anthracites, qui ne sont pour ainsi dixe que des houilles sèches sans bitume, et presque réduites naturel: lement à l’état de coke : car, le charbon provenant de la distillation de la houille,.et auquel on a donné ce nom particulier, ressemble beaucoup par son éclat métalloïde aux anthracites proprement dits; seulement,.il est plus ou moins dur ou poreux, plus ou moins boursoufflé, selon les diverses qualités du com

bustible.

Enle considérant comme un des ! térmes extrêmes de la série des houilles, on a donné quelquefois à lanthracite le nom de houille éclatante, à raison de son SE métalloïde. Cette variété de houille a d’ailleurs pour caractères distinctifs, de s’allumer difficilement et de brûler presque sans flamme ni fumée, tandis que les autres houilles brûlent facilement avec une flamme | blanche, en répandant une fumée noire et une odeur bitumi- | neuse. Celles-ci présentent en quelque sorte deux combustions . distinctes qui se succèdent sans se confondre: la première, qui . est due à la substance bitumineuse et aux autres matières volatiles, est celle qui se fait avec flamme, fumée et odeur, et qui a pour résidu le coke; la seconde, qui vient après et ne produit plus qu'une flamme bleue très-courte, est due au coke même , elle ne laisse pour résidu que des cendres scoriacées. Les anthracites ou houilles anthraciteuses ne sont susceptibles ie de ce dernier genre de combustion.

Les houilles proprement dites dégagent par calcination une quantité plus ou moins grande de matières volatiles et de gaz inflammables. Avant de se décomposer, elles subissent souvent un commencement de fusion : elles se gonflent, et se ramollis- ‘ sent à un tel point que les fragments se collent entre eux, et le … charbon restant ou coke présente alors l'aspect d’une masse boursoufflée. C’est cette propriété qui les rend si précieuses pour le travail de la forge du maréchal, car il en résulte qu'il se forme, au-devant de la tuyère des amet une sorte de pont ou de voûte ardente, sous laquelle le fer est également chauffé à l'abri de l'air extérieur.

Par la distillation en vases clos, elles donnent le gaz de Pé. clairage, qui se compose d’un mélange d’hydrogène protocarboné, d'hydrogène bicarboné, et de quelques autres gaz. Le pouvoir éclairant dés houilles n’est ne en rapport direct avec leur faculté calorifique, car il dépend de la quantité de matières volatiles qu’elles renferment : les meilleures houilles pour l'éclairage ne sont donc pas celles qui donnent le plus de chaleur. Le pouvoir calorifique est proportionnel à la quantité de’carbone que con- … tient le combustible, plus celle de l'hydrogène qui peut se trou- …. ver en excès à l'égard de la proportion nécessaire pour trans- « former en eau tout l'oxygène. La fusibilité des houilles paraît ‘ dépendre aussi du rapport de lPhydrogène à l’oxygène dans les - parties volatiles ; elle est d’autant plus grande, que l’excès dont nous venons de parler, est plus considérable,

D'après leurs applications aux arts ou leurs diverses qualités, on peut distinguer parmi les houilles, cinq variétés principales :

1° les houilles sèches, sans flamme ou à courte flamme, anthra-.

cites ou houilles anthraciteuses : elles sont d’un noir métalloïde,

quelquefois irisées à leur surface, et brûlent fficilement,avec une. flamme très-courte, sans fumée et sans odeur: leur combustion ne. marche bien que quand on les emploie en grandes masses, dans. des fourneaux ou sur des grilles qui puissent dohner accès à de. forts courants d’air. Elles ont l'inconvénient d’éclater au feu, et. de se réduire en poussière qui, en se tassant, intercepte le passage à l’air. Elles ne servent que dans les travaux en grand des : fonderies, des verreries et des fours à chaux. — 2° Les houilles, grasses et dures, dont la composition se rapproche le plus de. celle des anthracites : elles donnent un coke métalloïde bour- : soufflé, mais moins gonflé et plus dense que celui des houilles. maréchales. Elles sont les plus estimées pour les opérations mé-.

tallurgiques qui exigent un feu vif et soutenu, et donnent le. meilleur coke pour les hauts-fourneaux. — 3° Les houilles,

grasses maréchales, d’un beau noir et d’un éclat gras caracté-,

ristique : ce sont les meilleures pour la forge, parce qu’elles sont.

collantes, et qu’elles produisent une grande élévation de tem-.

pérature; leur flamme est courte, leur coke très-boursoufflé. —

4° Les houilles grasses à longues flammes; elles donnent en gé-. néral un coke boursoufflé, mais beaucoup moins que celui des. houilles maréchales; elles sont recherchées pour les fourneaux | à réverbère, pour le chauffage domestique, et pour la fabrica-. tion du gaz d'éclairage. — 5° Les houilles sèches à longues flam- |

mes : ce sont celles qui contiennent le plus d'oxygène et se,

rAPpHAEAENt le plus deslignites; elles donnent un coke non bour-. soufflé et à peine fritté, produisent beaucoup moins de chaleur,

que les variétés précédentes, et ne sont bonnes que pour la cuis- |

son, et pour les chaudières d’évaporation.

On voit par cette classification des diverses variétés k houillel |

que les meilleures, qui sont les houilles grasses, occupent le mi-

lieu de la série, et qu’elles peuvent passer aux houilles sèches. de deux manières, soit en se rapprochant des anthracites par la. prédominance de plus en plus grande du carbone, soit en mar-. chant vers les lignites par l'augmentation progressive de la quan- |

tité d'oxygène.

La pyrite de fer est souvent disséminée, en quantité plus ou

moins grande, dans les bancs de houille, comme elle l’est dans

les amas de lignites : sa présence nuit à la qualité de ce combustible qui, alors, devient impropre au traitement des minerais de fer et à plusieurs usages économiques. Cette pyrite, par la propriété qu’elle a de se décomposer au contact d’un air humide, tend à désaggréger la houille, et par la chaleur que développe cette décomposition chimique, cause souvent l’inflammation spontanée du combustible, soit dans la houillère même ,#oit dans les magasins où on le conserve. Quelquefois aussi il se dégage naturellement des houilles grasses, de l'hydrogène protocärboné, que les mineurs appellent grisau ou gaz inflammable (voyez ci-dessus page 150), et qui, en se répandant et en s’accu- mulant dans les galeries de mines, y donne souvent lieu à de funestes explosions, et devient un des plus grands obstacles à lexploitation des houillères.

. Les lignites sont des combustibles charbonneux de couleur noire ou brune, provenant de tiges de végétaux Hans ils présentent fréquemment dans leur tissu fibreux, des traces évi- dentes de cette origine. Ils s’allument et brûlent facilement avec flamme, fumée noire et odeur bitumineuse, sans se boursouffler, en donnant un charbon semblable à la braise, et des cendres terreuses analogues à celles de nos foyers. Par la distillation en vases clos, ils dégagent, comme le bois, de l’eau, de . l'acide acétique, et une matière bitumineuse, et le charbon qui reste conserve la forme du morceau dont il provient. Ces com- . bustibles sont bons pour le chauffage, comme pour la cuisson . des briques et de la chaux. | Les tourbes sont des matières brunes ou noires, présentant un tissu spongieux, dans lequel on reconnaît souvent un entrelicement de parties organiques filamenteuses. Ces matières brûlent facilement avec ou sans flamme, en répandant une fumée et une odeur analogues à celles des Babes sèches, et en abandonnant, après une première combustion, une Bed très-légère. Après une combustion prolongée, elles laissent un résidu de cendres légères, qu'on emploie en agriculture pour amender les terres. Les tourhes servent au chauffage domestique: dans les contrées où elles abondent, et elles se prêtent généralement à tous les usages auxquels le bois lui-même peut servir. Souvent on les carbonise dans des fourneaux convenablement disposés, et l’on substitue leur charbon à celui du bois proprement dit.

On sait que les tourbes se forment journellement dans les "

marais des zônes tempérées, par l'accumulation et le tassemént sous les eaux des débris des plantes herbacées, qui sont continuellement submergées, comme les sphaignes et les conferves. On peut en suivre la formation graduelle, en partant de la surface où les plantes sont encore fraîches et vivantes, et en allant vers les parties inférieures du dépôt, où elles se montrent dans untétat d’altération plus ou moins avancé.

Bien que, d’après la comparaison générale que nous venons de faire entre les qUUEE principaux combustibles fossiles, il demeure évident qu’ on'ne peut pas voir en eux de véritables espèces minérales, cependant on est dans l'habitude de les présenter et de les décrire comme telles dans les traités minéralogiques, parce qu’ils existent en grandes masses dans l'écorce du globe, au milieu des minéraux proprements dits, et qu’ils y ont été en quelque sorte comme minéralisés par les transformations qu'ils y ont subies. On range donc ces prétendues espèces parmi les substances minérales, au lieu de renvoyer leur histoire à la géologie et à la chimie; on expose séparément leurs caractères généraux, on partage chacune d’elles en variétés, et après cela on indique leurs gisements et leurs applications comme à l’orbre C'est ce que nous allons faire ici pour nous conformer

à l'usage, mais le plus brièvement possible, et en évitant de répéter les détails que déjà nous avons donnés sur chacun d’eux dans les considérations qui précèdent.

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