COMBUSTIBLES MÉTALLIQUES
Ces substances se distinguent de celles de la première classe par le genre de combustion qui leur est propre, par leur nature chimique, et par les caractères physiques qu’elles offrent souvent d’elles-mêmes, ou qu’elles acquièrent toujours après une préparation convenable. Toutes en effet ont un éclat particulier qui les caractérise, l'éclat métallique, ou bien, si elles ne le présentent pas immédiatement, elles peuvent l’acquérir aisément par la simple action du brunissoir, ou par la réduction au moyen du chalumeau. Elles sont toutes formées de métaux proprement dits (ou métaux lourds), isolés ou combinés soit entre eux, soit avec des métalloïdes (ou éléments non métalliques) non combureñts : de cette composition générale, il résulte qu’elles sont susceptibles de combustion, dans le sens qu’on attache à ce mot en chimie. Les combinaisons des métaux avec l'oxygène, le chlore et les autres éléments comburents, viendront après, mais elles seront rejetées dans la classe suivante, pour y être placées à côté des autres substances incombustibles. De cette manière, la seconde et la troisième classe du règne minéral se trouveront parfaitement en rapport avec les distinctions que la plupart des chimistes établissent entre les corps, lorsqu'ils les divisent en Corps combustibles et en corps brûlés.
Les combinaisons avec l'oxygène et le chlore étant donc exclues de la seconde classe, il en résulte encore un caractère général, que nous avons indiqué ailleurs, et que nous devons rappeler if: c’est que les substances de cette classe ne sont pas ‘capables de se dissoudre immédiatement dans les acides, et qu’elles ont besoin pour cela de se combiner préalablement avec l'oxygène ou avec le chlore : aussi faut-il, pour les rendre solubles, les traiter par l'acide azotique ou par l’eau régale, qu’elles décomposent en partie, afin d’enlever à ces acides l’élément comburent qui manque en elles. Deux métaux résistent à
l'action de tous les acides connus: ce sont l'iridium et le rhodium. Deux autres, le platine ét l'or, exigent pour se dissoudre } emploi de l'eau régale, qui est un mélange d'acide chlorhydrique et d’acide azotique. Mais à ce petit nombre d’exceptions près, toutes les autres substances métalliques peuvent être traitées par l'acide azotique, dans lequel elles se dissolvent en donnant lieu à un dégagement de vapeurs rutilantes.
Ajoutons encore aux caractères précédents, que les substances de la seconde classe sont généralement très-denses, opaques pour la plupart, et douées d’une couleur propre, qui reste vive après la trituration de la masse. On verra bientôt qu’elles ont aussi des manières d’être géologiques, qui sont à peu près les mêmes pour toutes. Cette classe qui renferme tous les métaux usuels, avec leurs principaux minerais, ceux du moins qui sont de nature combustible, se divise en quatre ordres ou grands genres chimiques, savoir : un ordre des métaux natifs, un ordre des métaux alliés ou combinés avec l’arsenic, l’antimoine ou
le tellure, et deux ordres de métaux minéralisés par le sélénium et le soufre, l’un composé des séléniures et sulfures simples, et l’autre des séléniures et sulfures multiples.
Er Onpre. MÉTAUX NATIFS.
(Métaux libres, où simplement mélangés, sans proportions définies.) - Je Tribu. RHoMBOÉDRIQUES.
* Gazolytes.
dre Espèce. OSMIUM IRIDIFÈRE. O6,lr.
Syn. : Iridium osmié, ou Iridosmine; Osmiure d’iridium.
Substance métallique d’un blanc d’étain ou d’un gris de plomb, le plus souvent en grains irréguliers, aplatis, quelquefois en petites tables hexagonales, qui sont des prismes hexaëdres tronqués sur toutes les arêtes des bases. Les tramcatures prolongées forment un dirhomboèdre, dont les anglesont de 124° à la base, et de 127°36° aux arêtes terminales, Ces petits cristaux offrent un clivage basique assez net. Ils sont très-peu ductiles, ou même presque cassants. Leur dureté — 7 ; leur densité varie de 19,5 à 21. Îls sont composés d’osmium et d’iridium, dans des proportions très-variables ; en effet, les analyses
RHOMBOÉDRIQUES. 393
de Berzélius conduisent aux formules suivantes : Ir Os, Ir Os, Ir Os; et une autre analyse de Thomson, relative à une variété du Brésil, semble Des un autre rapport, dans lequel le premier métal serait à son tour en quantité prédominante. Sil y a réellement combinaison définie entre les deux métaux, on est obligé d'admettre plusieurs espèces, deux au moins, dont l’une, correspondante à la première formule de Berzélius, contiendrait 50 °/, d'osmium, et l’autre, représentée par la seconde formule Ir Os, contiendrait 75) du même métal. C’est en effet à cette manière de voir que se sont arrêtés la plupart des minéralogistes, et entr'autres M, Haïdinger, qui désigne la première espèce (Ir Os) par le nom de Newjanskite, et la seconde (Ir Os”) par celui de Sisserskite. |
Mais, si l’on rapproche ce fait de la variabilité des proportions dans cet alliage naturel, de celui de l’unité de forme cristalline, établi par les recherches de M. G. Rose (1), on est amené à ne voir dans ce minéral qu’un simple mélange entre deux métaux isomorphes, qui conserve la même forme, quelles que soient les proportions des composants.
M. G. Rose à reconnu en effet que les trois composés Ir Os, IrOs®, Ir Os", analvsés par Berzélius, avaient une seule et même forme, celle du prisme hexagonal modifié sur les arêtes des bases, que nous avons indiquée plus haut, et, de ce fait, rapproché de celui qui se rapporte à la composition, il a conclu fort naturellement que losmium pur et Piridium pur doivent avoir aussi la même forme.
Dans tous les cristaux chservés par lui, les troncatures des arêtes horizontales étaient inclinées sur l’axe de 31°33; et si l'on remplace les arêtes terminales alternatives du dodécaèdre par des facettes tangentes, qui seront de même inclinées à l'axe de 31°33, ces facettes prolongées formeront entre elles un rhomboëdre de 84°52”, peu différent de celui de l'arsenic (85°4) et de ceux des autres métaux rhomboédriques. Une telle coïncidence rend fort probable le point de vue adopté par lhabile cristaïlographe ; et nous regarderons avec lui le rhomboëdre de 84°52°, dont l'axe principal = 1,41, comme étant la forme primitive commune de losmium et de liridium. On sait d’ailleurs que ces deux métaux ont sensiblement le même poids atomique : le rhomboëdre de 84°52? étant pris pour forme fondamentale,
(1) Ueber die Krystallform der rhomboedrischen Metalle, par G. Rose. Berlin,
Cours de Minéralogie. Tome I, | 15
le prisme et le dodécaèdre sont alors des formes dérivées, représentées la première par le signe di, et la ne par . ez (1). | D’après les raisons que nous venons de déduire, nous considérerons l’osmium iridié comme un simple mélange, à proportions variables, dans lequel losmium est ordinairement en quantité atomique prédeminante, et qui prendra place naturellement en tête de la tribu des métaux rhomboédriques, à côté. de l'arsenic, dont il se rapproche beaucoup par sa forme cristal: line. Si lon aimait mieux y voir plusieurs combinaisons définies, et par conséquent plusieurs espèces, comprises sous le nom générique d’osmiures, et correspondantes aux variétés principales, que nous allons distinguer dans un instant, e’est dans le second ordre de la classe des métaux, celui @es arséniures et autres composés analogues, qu’il faudrait reporter ces mêmes espèces, en les plaçant à côté des arséniures et antimoniures de nickel.
VARIÉTÉS PRINCIPALES
. Osmium iridifère, de couleur sombre; Iridosmium , Hausmann, Sisserskite, Haidinger. D’un gris de plomb ou d’acier; en cristaux granuliformes ou en petites tables hexagonales, avec un anneau de facettes autour des bases, et un clivage sensible parallèlement à celles-ci. PS=53:,2. CRRppSIER chimique : Îr Os’, ou IrOs'; ou en poids, avec’la première formule : Os—75, et Ir— 25; et avec la seconde, Os = 80, Ir—20o, Ces variétés sont les plus riches en osmium. À une haute température, elles dégagent une forte odeur d’osmium, c’est- à-dire des
(4j On verra plus loin que l’iridium natif eristallise aussi en cube, et qu’il est, par conséquent, dimorphe. 1! en est de même du palladium, et il se pourrait hien faire que tous les métaux rhomboédriques et cubiques fussent dans le même cas, c’est-à-dire que tous les métaux des deux tribus seraient isodimorvhes-entre eux. M. G; Rose fait remarquer avec raison l’analogie de forme des métaux rhomhoédriques avec certains oxydes de la formule R? 03, tels que le corindon, le fer oligiste, te fer titané, loxyde antimonique et l'acide Ar sé nieux, parmi lesquels il en est auelques-uns qu’on a observés aussi sons les feuhes des deux systèmes : on sait que la forme ordinaire du corindon et du fer oligiste est un “homboëèdre d’à peu près 860, très-voisin de ceux des mélarx rhomboédriques; ct, comme l’osmium té ils offrent souvent pour forme secondaire, le même prisme hexagonal, terminé par un dodécaèdre de même ori= gine. M, G. Rose fait éncore une observation assez curieuse : c’est que les oxydes dont iles radicaux appartiennent plus particulièrement à la série rhomhoédrique, sont ceux qui cristallisent le plus ordinairement dans l’autre système, et vice versd.
RHOMBOÉDRIQUES. | 227 vapeurs d’acide osmique qui ont une odeur pénétrante et caractéristique. Chauffé sur le charbon avec le chalumeau, le minerai devient noir, et donne en même temps l'odeur dont ils'asit; avec la flamme de l’esprit-de-vin, il devient très-brillant, et colore cette flamme en rouge-jaunâtre. Il se trouve avec le platine dans les sables des monts Ourals, à Sissersk, Nischne-Tagilsk et Catherinebourg; mais il y est beaucoup plus rare que la variété suivante, On le cite aussi dans l'Amérique septentrionale, en Californie. | |
2. Osmium tridifère, de couleur claire. Osmiridium, Hausmann; Newjanskite, Haidinger. Minerai d’an blanc d’étain, en petites tables hexagonales, offrant la même forme et le même clivage que le précédent. P.S— 19,5.— Composition chimique : Oslr, ou en poids : Os = 49, r—/7, avec un peu de rhodium et de fer. Infusible au chalumeau, et ne développant pas par lui-même l’odeur d’osmium sur le charbon; mais fondu avec le nitre dans le petit matras, il dégage des vapeurs odorantes, et se réduit en une masse saline de couleur verte, qui, dissoute dans l’eau et chauffée, donne un précipité bleu d'oxyde d’iridium. Li
On trouve cette variété, qui est la plus abondante, dans les sables aurifères des monts Ourals, à Newjansk et Kuschwinsk; et aussi dans l'Amérique méridionale, avec l'or et le platine, au Brésil, dans la province de Minas Geraës, et à la Nouvelle-Gre. nade, dans la province de Choco. On Île cite encore comme existant à Bornéo, dans la mer des Indes. C’est dans ce minerai que Smithson-Tennant a découvert en 1803 les deux métaux auxquels il a donné les noms d’osmium et d’iridium, le premier aiusi nommé à cause de l'odeur qu’il développe, et le second, à cause des couleurs variées que présentent ses combinaisons salines. L’osmium est un métal qui se rapproche beaucoup des métalloïdes par ses propriétés chimiques.
2e Espice. ARSENIOC.
Syn. : Gediegen Arsenic; Scherbenkoboid; Arsen.
Caractères essentiels.
Composition chimique : As, où arsenic pur, un des corps simples, que ses propriétés physiques peuvent faire considérer comme un métal, mais que ses combinaisons chimiques rapprochent des métalloïdes.
Forme cristalline fondamentaie : le rhomboëdre aigu de 854 (d’après G. Rose), dont l'axe principal = 1,4025, les axes secondaires étant pris pour unité. Breithaupt, qui le premier a déterminé les formes de l’arsenic, avait adopté, pour forme primitive le rhomboëèdre tangent b° (fig. 16, pl. 19), dont l'angle au sommet est de 114°..
Caractères distinctifs.
Géomérriques. — Clivage très-net et très-parfait PE RE lairement à l'axe principal, ou parallèlement à la troncature a’, base des prismes hexagonaux. Cette face de clivage est trèsbrillante dans les cristaux artificiels. Des clivages imparfaits s’observent parallèlement aux faces des otbobdie P et b!. Par la combinaison de ces différents clivages, on peut obtenir à volonté des rhomboëdres simples, des solides octaédriformes (homboëdres basés), et des tétraèdres s (pyramides droites à base équilatérale).
Puysiques.— Densité : 5,8.— Dureté : 3,5.— Ténacité : tréscassant. — Cassure inégale, à grain fin. Aspect extérieur : opaque, d’un éclat métallique, et d’un gris de fer ou de plomb dans les cassures fraiches; mais noircissant promptement à l'air par la formation d’un sous-oxyde à la surface. |
Crimiques. — Sous la pression ordinaire, entièrement volatil, sans se fondre. dans le tube fermé; la vapeur d’arsenic est incolore, et a une odeur d’ail très-caractéristique; pour développer cette odeur, il suffit de projeter une pincée de poudre d’arsenic sur un charbon incandescent. La vapeur d’arsenic se dépose toujours dans la partie froide des tubes sous forme d’enduit cristallin gris-noirâtre : il est done facile d'obtenir larsenic cristallisé par voie de sublimation. Volatile à l'état d'oxyde blanc dans un tube ouvert par les deux bouts : on obtient ainsi des vapeurs blanches d’acide arsénieux, qui se condensenten une matière cristalline blanche et vitreuse. Attaquable par Pacide azotique qui l’acidifie en se décomposant en ae après quoi il se dissout dans l'excès d’acide.
L’arsenic natif est rarement parfaitement pur; il est souvent mélangé de quelques centièmes d’antimoine ou de bismuth; et quelquefois d’un peu d’arséniure d'argent ou de cobalt.
: RHOMBOÉDRIQUES. : Doc
VARIÉTÉS
Formes cristallines.
Modifications sur les arêtes : 6 — sur ies angles : at, eh.
L’arsenic natif présente rarement des cristaux déterminables; ses formes ont été la plupart observées sur des cristaux artificiels. |
1. Le rhomboèdre primitif P ; et le même basé, P a’ : observés par Breithaupt, P sur P— 8524; P. sur at = 121249.
2. Le rhomboëdre équiaxe b', simple ou basé; observé par le même — b’ sur = 11350 :;-b! sur a = 141.
3. La première variété, basée, augmentée du rhomboëdre aigu els et Soffrant sous la forme de tables hexagonales à bords bisellés : P eat — e"l3 sur el 3035 ; els sur a = 112°23?. Souvent les cristaux se groupent deux à deux par juxtaposition, ou par entrecroisement, le plan de jonction étant parallèle â une face de b!. Le rhomboëdre e!, qui serait le premier terme de la série descendante des rhombhoëdres tangents, différerait peu par son angle du rhomboëèdre els, que M. Rose s’est cru obiigé d’admettre, parce que les arêtes d’intersection de ses faces avec celles du rhomboëdre P ne sont pas parallèles entre elles,
Formes indéterminables.
Dans la nature, l’arsenic présente rarement des cristaux déterminables; il s'offre presque toujours en cristaux prismatiques allongés, dont il est difficile de déterminer la forme, et constituant les variétés qu’on nomme bacillaires et acieulaires ; les baguettes et aiguilles, engagées dans de la dolumie ou du calcaire spathique, sont tantôt parallèles et tantôt radiées.
On rencontre aussi l’arsenic en concrétions tuberculeuses, ou mamelonnées, composées.de couches qui se recouvrent les unes les autres, à la manière des lames qui composent les coquilles, ce qui lui a fait donner le nom d’arsenic testacé.
Il forme quelquefois à la surface de différentes pierres, des enduits minces, à éclat métallique (arsenic spéculaire). — Ces pierres sont toujours des portions de salbande de filon, en sorte que le minerai semble devoir son poli et son éclat au frottewent des parois du filon contre la roche encaissante.
pure on Îe rencontre à l’état rennes composant de petites masses à grains plus ou moins fins, ou à texture compacte.
Une variété de mélange avec le bismuth, nommée Arsenglanz, et trouvée près de Schneeberg et de Marienberg en Saxe, a été considérée à tort comme un arséniure de bismnuth, les deux métaux étant isomorphes entre eux.
Gisemenis et usages. — L'arsenie ne forme presque jamais de filons particuliers, mais il se rencontre fréquemment dans les filons d’argent sulfuré, de cuivre gris, de galène, et surtout dans ceux qui renferment les minerais arsenifères de cobalt et de nickel. On le trouve en France à Allemont, dans le département de l'Isère, et à Sainte-Marie-aux-Mhies, dans les Vosges. Il est assez commun dans les mines du Harz, de la Saxe et de la Souabe.
Les usages de l'arsenic métallique sont très-bornés. On le fait entrer dans quelques alliages; et l'on s’en sert pour faire périr les mouches, en le mettant en poudre dans une assiette que lon recouvre d’eau. On l’emploie aussi à la préparation de loxyde blanc, qui est un poison trés-violent. Mais, en général, on le rejette dans les grands travaux métallurgiques, où il serait nuisible, en modifiant d’une manière fâcheuse les propriétés des autres métaux; on l’éloigne aussi des usages domestiques, où il pourrait être dangereux, à cause de He facilité avec laquelle il s’oxyde.
3e Espèce. TELLURE,
Syn. : Gediegen Tellur ; Sylvan:; Sylvanite.
Le tellure présente de grandes analogies avec lantimoine sous le rapport des caractères physiques; mais ses propriétés chimiques le rapprochent davantage du sélénium et du soufre. Il n’a encore été trouvé qu’à Facebay, près de Zalathna, en Transylvanie, disséminé dans le quarz de certains filons aurifères. On l’avait remarqué depuis longtemps et on le désignait sous les noms de Æurum paradoxum, et de Metallum problematicum ; mais ce n’est qu'en 17598 que Klaproth détermina rigcureusement sa nature et ses propriétés chimiques. W. Phillips et G. Rose ont fait connaitre ensuite ses formes cristallines.
Caractères essentiels.
Composition chimique : Te, où tellure, un des corps simples de la chimie,
RHOMBOÉDRIQUES. 23
Forme cristalline fondamentale : le rhomboëdre aigu de 86°57?, très-voisin de ceux de l'arsenic et de l’antimoine, entre lesquels il est compris. L’axe principal de ce rhomboëdre — 1,32098. | sa | Caractères distinctifs.
GÉomMÉTRIQUES. — Selon chape des clivages existent parallèlement aux faces du rhomboëtre tangent b! à 119°, analogue à celui que l'on observe souvent dans larsenic et dans l’antimoine ; mais ils sont peu distincts; un clivage plus net aurait lieu parallèlement à la base des prismes nn a. Ces clivages sont difficiles à apercevoir dans les cristaux naturels, à cause de leur extrème petitesse. La structure cristalline est plus apparente dans les cristaux de la même substance auon peut obtenir artificiellement, soit par la fusion, soit par la décomposition spontanée d’une dissolution de tellurure de potassium ou d’ammonium dans l’eau. M. G. Rose a observe des clivages trèssensibles paraïlèlement aux pans d’un prisme hexagonal; et selon lui, le clivage basique serait beaucoup moins parfait.
Puvsiques. — Densité 6,2. — Dureté 2,5; tendre et fragile. Aspect extérieur : opaque et métallique, d’un blanc d’étain ou d'un gris d'acier.
Crimiques. — Très-fusible au chalumeau ; volatilisable dans ‘le tube fermé, en formant dans le haut du tube un dépôt de matière grise. Quand on le grille dans le tube ouvert par les deux bouts, il répand une fumée blanche, s sans odeur si le minéral est pur ; cette famée forme à l'extrémité du tube un dépôt d'oxyde tellurique, qui, après le refroidissement, se présente sous l'aspect d’une poudre blanche ou jaune de paille; mais si l’on chauffe de nouveau l'endroit où cette poudre s’est déposée, elle se fond en gouttelettes limpides ou incolôres. Cet oxyde a aussi la propriété de communiquer aux bords de la flamme du chalumeau une belle couleur verte. Brülant sur le charbon, avec cette même flamme verte, et en laissant un dépôt blanc, bordé de rouge. Soluble dans l'acide acétique, qui le fait passer à l’état d'oxyde, en dégageant des vapeurs rutilantes; soluble aussi dans lacide sulfurique concentré, mais sans oxydation; ki solution est d’un rouge bleuâtre, et il en est précipité par l'eau
à l’état métallique.
… D’après les analyses de Kiaproth et de Pest, le tellure natif se compose presque entièrement de tellure pur, avec quelques
traces seulement de fer et d’or. Dans une des'analyses de Klaproth, la proportion du fer s’est élevée jusqu’à 7 pour cent.
Ce minéral, jusqu'ici fort rare, ne se rencontre qu’en petites masses grenues, au milieu des gangues quarzeuses ou arpileuses des filons aurifères de la Transylvanie; dans les cavités du quarz, on voit quelquefois de petites géodes, tapissées de cristaux presque microscopiques de tellure, entremêlés de cristaux d’or et de quarz hyalin. Ce sont à les seuls cristaux connus de ce minéral. Ces cristaux ont ordinairement la forme d’un prisme. heéxagonal, tronqué sur toutes les arêtes des bases. C’est en prenant les idée alternatives, parmi celles qui forment ces deux anneaux de facettes terminales, que M. Rose a chtenu le rhomboèdre de 86957, qu’il adopte pour forme primitive. Le même savant à observé dans les cristaux artificiels, des prismes hexagonaux, terminés par un rhombhoèdre, beaucoup plus aigu, de 71°51°. La galène, la blende, la pyrite et l'argyrose accompagnent souvent ce minéral. Le seul lieu où il existe en quantité un peu notable, est la mine Maria Loretto à Facebay, près de Zalathna, en Transylvanie.
** Leucolytes.
4e ESPÈcE. ANTIMOINE.
Syn. : Gediegen Spiesglas, Werner; Rhomboedrisches, Antimon, Mots Stibium, Linn.
Le nom d’ antimoine se rencontre dans les ouvrages des alchimistes du x1° siècle ; mais par ce nom, ils désignaient surtout le minerai gris que nous appelons stibine, ou sulfure d’antimoine. Ce fut Basile Valentin, qui, au xvu° siècle, en retira le métal, qui était pour lui le régule d'antimoine, Ce métal a été trouvé ensuite à l’état natif par Swab dans la mine de Sala, en Suède, et retrouvé dans celles de Catherine Neufang, près d’Andreasberg au Harz, et d’Allemont en Dauphiné. L’antimoine natif et le sulfure d’antimoine ont pour caractères communs de donner par le grillage sur le charbon, une fumée blanche épaisse, qui se condense promptement et forme autour de la matière d’essai un dépôt blanc, cristallin, fusible et volatil (o (oxyde d’antimoine). Ce sublimé, mis dans le petit imatras de verre, se volatilise d’un point à un autre du tube, aussitôt qu’on dirige sur lui la flamme du chalumeau ; il est attaquable par l'acide chlorhydrique, et la solution donne par l'acide sulfhydrique un précipité jaune-
RHOMBOÉDRIQUES. 233
orangé (sulfure d’antimoine hydraté), et par l’eau un précipité blanc, formé en très-grande partie she es NA
Caractères essentiels.
Composition chimique : Sb, un des corps simples de la chimie. Forme cristalline : Le rhomboëèdre 87°35 46 Rose) — axe principal : à = 1,3068.
Caractéres distinctifs.
GéomÉrriques. — Forme fondamentale et la plus ordinaire : le rhomboëdre de 87°35.Cest celle qu’on obtient ordinairement par la fusion du dun
Clivages : Un clivage trés-net a lieu perpendiculairement à l'axe; d’autres clivages, un peu moins parfaits, mais encore trèssensibles, s’observent paralièlement aux faces du rhomboëdre b* de 1158. Ces différents clivages, en se combinant entre eux, donnent des solides octaédriformes, qui ne sont que des rhomboëdres basés, et non pas, comme on le crovait autrefois, des octaëdres réguliers. On aperçoit encore des traces de clivage parallèlement aux faces du premier rhomboëdre aigu e* de la série des rhomboèdres tangents; et à celles du second prisme hexagonal d’. En tout: dix directions de clivage.
Stries: les faces terminales, ou basiques, offrent une disposition de stries triangulaires. Les faces de clivage parallèles à P sont striées hofizontalement, et aussi dans le sens de leurs arêtes d'intersection . |
Paysiques. — Dureté: 3,5. Aisre et facile à réduire en poudre ; ayant une cassure lamelleuse, à raison de sa grande tendance à la cristallisation. Densité: 6,':5.Celle de lantimoine du commerce est 6,702. Couleur, blanc d’étain, Gu d’a rgent. Eclat métallique, joint a opacité.
Caimiques. — Fusible à + 4259; et très-peu volatil à une haute température. À la chaleur rouge, il s’embrase et brûle sans flamme, en répandant une fumée épaisse d'oxyde antimonique, et déposant sur le charbon des fleurs d’antimoine. Attaquable par l'acide azotique étendu, en formant un précipité blanc immédiat (sous-azotate d’antimoine), qui, étant chauffé sur lé charbor, se réduit à l’état d'oxyde antimonique, et en reproduit
tous les caractères, Colorant légèrement !la flamme du chalumeau en vert. | | \; :
Composition chimique : L’antimoine natif est presque de l’antimoine pur, avec quelques traces d’argentet de fer; quelquefois cependant il est mélangé d’arsenic,. avec lequel il est isomorphe; et ce mélange constitue une variété particulière, sous Île nom d’antimoine arsenifére.
Analyse de l’antimoine natif d'Andreasberg, par Klaproth :
AUDIO. 0 2 0.00 Argent. . e e ° e e e e e e e e ‘e : e 1,00 à Fer. e s e e 2 e L} °. 3 e e 2 L 3 e e e 0,25
09,29 VARIÉTÉS
Formes cristallines.
Modifications sur les arêtes : b!, d'.
sur les angles : a!, «?, et. |
Incidence de & sur a? = 144°24/; de e’ sur e = 69°237.
1. Antimoine cristallisé. Les cristaux naturels sont ordinairement des combinaïsons de P, a°, a?, mais le plus souvent groupés, de manière que le plan de jonction est une face de bf. Le groupement se répète souvent entre plusieurs cristaux, sans qu’il y ait changement dans la loi, et il se forme ainsi des groupes symétriques, ayant pour point de départ un cristal central (cris-
taux d’Andreasherg). | :
Mohs prétend l'avoir observé en petits rhomboëltes aigus, groupés confusément sous forme sphéroïdale. Ces rnomboëdres de 69°23° représentent le premier rhomboëdre aigu de la série des rhomboëdres tangents, que donne la forme fondamentale. Mais cette variété s’obserwe trés-rarement (à Andreasberg, au Harz). Le plus souvent, l'htimoine ne soffre qu'en petites masses grenues ou lameilaires, en rognons composés de lames courbes, disséminés dans les matières pierreuses des filons.
Il est facile de l'obtenir artificiellement à l’état cristallin : il suffit pour cela de le faire fondre, de le laisser refroidir peu à peu, et de décanter après la solidification de la surface, la partie encore liquide qui occupe le centre. Quand on verse celle-ci dans uu vase conique, pour la laisser ensuite se refroidir, elle se prend en un culot, qui présente à sa surface une cristallisation
RHOMBOÉDRIQUES. 235
en étoiles, dont les rayons branchus partent de Vaxe du cône, et peuvent être comparés pour leur forme aux feuilles de fougère. Cette disposition se remarque dans tous les pains d’antimoine du commerce. Les formes les plus simples que lon ait pu obtenir par la fusion de l'antinmoine, sont : 1° le rhomboëdre basé, de 117°8’, avec des facettes correspondant aux clivages surnuméraires, que nous avons indiqués plus haut; 2° et le plus ordinairement, le rhomboèdre aigu, de 85°35°. Ce rhomboèdre étant très-voisin du cube, cela explique comment d'anciens auteurs ont pu dire que l’antimoine leur avait offert des cristaux cubiques. C’est parce que ce rhombhoëdre est le plus commun, que M. Rose l’a choisi pour forme fondamentale de l’antimoine ; et ce choix a entrainé celui des rhomboëdres correspondants, dans les autres espèces isomorphes.
2. Antimoine natif amorphe. En petites masses irrégulières, ou réniformes.
APPENDICE
Antimoine arsenifêre. Arséniure d’antimoine, Beudant; Arsenik - Antimon, et Arsenik - Spiessglanz, des: auteurs allemands ; Antimoine testacé, des anciens minéralogistes. Mélange d’antimoine et d’arsenic, dans des proportions variables. L’ el moine et l’arsenic étant isomorphes entre eux, il est difficile d'admettre une combinaison parfaitement définie entre ces deux éléments; aussi les analyses de Mongez, de Thomson, de Steinmann, et de Rammelsberg, indiquent-elles pour la proportion d’arsenic, des quantités qui varient depuis 3 jusqu’à plus de Go pour cent. Nous considèrerons donc ce miuéral comme une simple variété de mélange de l'espèce qui nous occupe.
Cette variété ne se rencontre qu’en masses testacées, qui pre-. sentent dans leur cassure des couches curvilignes, et rappellent assez bien la forme et la texture de certaines coquilles. Sa couleur tire sur le gris de plomb ou d’acier; et sa surface est quelquefois recouverte d’un enduit terreux, d’un noir brunûtre. Il se disungue de l’'antimoine natif, en ce qu’il répand par le choc, ét surtout par l’action du chalumeau, une odeur d’ail plus ou moins sensible. On ne la trouve que dans quelques-unes des localités où se rencontre l'antimoine pur (à Allemont en Dauphiné; à Przibram en Bohème, et Andreasberg au [arz).
Gisements et usages. — L’antimoine du commerce est d’un blanc d’étain tirant sur le bleuâtre. Celui de la nature a souvent
236 | MÉTAUX NATIFS, une nuance jaunâtre ou gris de perle, mais seulement à la superficie. Quelquefois, il est accompagné d’oxyde sn ro terreux, provenant sans doute de l’'altération qu'il a éprouvée dans le sein de la terre.
L’antimoine natif se trouve dans les filons qui traversent Îe gneiss et le phyllade, particuliérement dans ceux qui renferment des minerais arsenifères. Il y est accompagné d’arsenic natif, de stibine ou antimoine sulfuré, de discrase ou argent antimonial, de galène, etc. On la trouvé d’abord, en petites masses lamellaires, engagées dans un calcaire saccharoïde, à Sala, en Suède. On l’a retrouvé ensuite à Allemont, dans le Däuphiné, où il accompagne l’antimoine arsenifére ; il y est souvent revêtu d’une croûte terreuse d'oxyde d’antimoine. Plus tard, on l’a rencontré dans plusieurs mines des environs d’Andreasberg, au Harz; à Przibram, en Bohême; à Villarica, au Brésil; à Cuencame, los Pozuelos, au Mexique; et dans le Connecticut, aux Etats-Unis.
L’antimoine est un métal cassant, qui à l’état de pureté n’est d'aucun usage. Il rend les métaux avec lesquels on le combine, plus cassants et plus durs, qu'ils ne le sont naturellement, ce qui fait qu’on l’emploie principalement à l’état d’alliage. Il entre avec le plomb dans la composition des caractères d'imprimerie ; avec l’étain, dans celle des couverts et de la vaisselle, dont ce dernier métal forme la base; dans la composition de l’alliage, appelé métal du prince Robert, qui est dur, d’un blanc d’argent, et susceptible d’un bean poli, Enfin, il sert à la préparation de plusieurs médicaments, entre autres de l’émétique, qui est un tartrate de potasse et d’antimoine, du kermès officinal ou de la poudre des Chartreux, du soufre doré, du verre d’antimoine, etc.
L'antimoine natif étant d’une grande rareté, c’est un autre minerai (le sulfure d’antimoine, ou la stibine) que l’on exploite, pour en extraire ensuite le métal. Comme on le verra à l’article de ce minerai, la France est un des pays qui produisent le plus d’antimoine, et elle pourrait encore accroître ce genre de production, si cela devenait nécessaire.
RHOMBOÉDRIQUES. . 339
9e Espèce. BISMUTH. ,
Syn. : Gediegen Wismuth, Werner ; Bismuth natif, Haüy.
Ce métal était connu des anciens, qui le confondaient avec le plomb et avec l’étain; Agricola l’a désigné pour la première fois par le nom de Bisemutum ; Stahl et Dufay en ont reconnu les propriétés distinctives. À Pétat pur, il ressemble beaucoup à l'antimoine ; mais il est d’un blanc-rougeûtre, il est cassant et facile à pulvériser, et a beaucoup de tendance à cristalliser. On l’obtient aisément sous forme cristalline, en faisant fondre du bismuth dans un creuset; lorsque le métal est fondu, on le laisse refroidir, et dès que la surface du métal est figée, on perce la croûte, et l'on décanté la partie encore liquide. Après le refroidissement, on brise le creuset, et on le trouve tapissé à l’intérieur de cristaux, dont la forme ressemble à ceux du sel marin. Ces cristaux, comme ceux de lantimoine fondu, paraissent être des cubes, dont les surfaces seraient excavées en trémies, avec cette différence que les lames qui les composent, ne sont pas complètes, comme celles du sel marin, mais présentent en certains endroits, vers leurs bords, des interruptions et des inflexions qui imitent les dessins dits à la grecque. Ces cristaux ont été pris généralement pour des cubes; mais ce ne sont que des rhomboëèdres, légèrement aigus ou cuboïdes, de 87°40’, suivant M. G. Rose, et par conséquent presque identiques avec ceux de l’antimoine.
Caractères essentiels.
Composition chimique : Bi, un des corps simples de la chimie. Forme fondamentale : le rchomboëdre de 85°40° (G. Rose). — Axe principal : 1,3035.
Caractéres distinctifs.
Géomérriques.— Forme habituelle : le rhomboëdre de 85°%40 ; c'est celle que l’on obtient, lorsqu'on fait cristalliser le métal par fusion et refroidissement. Clivages : les mêmes que dans l’antimoine natif, à l’exception de ceux qui, dans cette dernière espèce, sont parallèles aux pans de l’un des prismes hexagonaux. Les plus nets sont ceux qui sont parallèles aux faces du premier rhomboëdre aigu et, de 69°28; et à la base af. Ce dernier cli-
vage, qui tronque un des angles du rhomboëdre euboïde, sans se répéter sur tous les autres, rend impossible l'admission du cube, comme forme primitive de l'espèce. Les clivages les moins sensibles sont parallèles aux faces du rhoiwboëdre tangent b, | dont l'angle est de 117°13.
indépendamment des formes cristallines que nous venons d'indiquer, M. Haidinger cite encore un rhomboëdre aigu d’environ 71°, qu'il aurait observé sur des cristaux artificiels : c’est probablement le rhomboëdre eh, COÉESDOR AB à celui qui existe dans l’arsenic.
PaysiQues. — Dureté : 2,5. — Densité : 9,8 ; peu malléable et
même cassant. — Couleur : le blanc avec un reflet rougeâtre.
Éclat métallique, joint à l'épacité.
Crianques. —Fusible à 2649; il fond à la simple flamme d’une bougie; comme l’eau, il se dilate au moment de la solidification; se volatilisant à la chaleur blanche. Chauffé à l'air, il brûle avec une flamme bleuâtre, en répandant des famées jaunes qui couvrent le.charbon. 11 est soluble dans l'acide azotique, avec dégagement de gaz nitreux : l'addition d’une certaine quantité d'eau pure le précipite en blanc de ses dissolutions par les acides. Rte
Le bismuth naturel est rarement pur : il est presque toujours mélangé d’une certaine quantité d’arsenic; plus rarement, il s’allie au tellure, et quelquefois au sélénium et au soufre, On le trouve ordinairement à l’état lamellaire, ou sous forme de ramifications, qui présentent les structures palmée ou penniforme, et qui sont disséminées dans le quarz ou le jaspe, dans le calcaire spathique où la barytine. Il se rencontre principalement dans les filons arsenifères, argentifères et cobaltifères, à Bieber dans le Hanau; à Wittichen, en Souabe; à Joachimsthal, en Bohême ; à Schneeberg, en Saxe; à Bishberg et à Bastnaës, en . Suède. On en trouve aussi des traces dans la mine de plomb de Poullaouen, en Bretagne, et dans la vallée d’Ossau, chaîne des Pyrénées.
Le principal usage du bismuth consiste dans les alliages qu'on en fait avec diverses substances métalliques, entré autres avec l’étain, auquel il donne plus d’éclai et de dureté. Il est un des composants de lalliage fusible de D’Arcet. On a proposé de l’'employer dans l’étamage des glaces, et de le substituer au plomb dans l'essai de rente à la coupelle.
RHOMBOÉDRIQUES. 239 APPENDICE. 2
Bismuth tellurifère. Syn. Tellurure de Bismuth ; Bornine, Beudant ; Tétradymite, CAL à Tellure sélenié bismuthifère, Haüy. — Argent molybdique ; Molybdän-Silber, Werner.
Caractères essentiels.
Composition chimique : Bi, Te; Bismuth et Tellure, métaux isomorphes alliés en proportions variables, et mêlés quelquefois d’un peu de soufre et de sélénium (x).
Forme cristalline : le rhomboëdre aigu de 6=°; dont le rhomboëdre tangent diffère peu du rhomboëèdre fondamental du bis-
muth. :
Caractères distinctifs.
GéomÉrriques. — Forme dominante : rhomboëdre basé; clivable, avec beaucoup de netteté parallèlement à la base, qui montre des stries dans trois directions. Les cristaux sont des combinaisons de plusieurs rhomboëdres aigus, parmi lesquels on en remarque un de 81°; ils sont rarement simples, mais forment des groupes de deux individus, ayant pour plan de jonction une face tangente à l’une des arêtes culminantes du rhomboëdre fondamental. Le groupement peut se répéter sur les trois arêtes, qui aboutissent à un même sommet, et on a alors le groupe de quatre individus, fig. 36, pl. 13 (voyez 1° vol., p. 210), lequel a fait donner à la substance lé nom de tétradymite.
Paysiques.— Densité: 7,5.— Dureté: 1,5; tendre; flexible, en lame mince. Eclat, métallique. Couleur, le gris de plomb, ou le blanc d’étain.
Caimiques. — Fusible au chalumeau, en dégageant quelquefois une odeur de sélénium {variété de Tellemarken), et réductible sur le charbon en globule métallique, qui l’ertoure d’une auréole d'oxyde orangé. Dans le tube ouvert, il donne un sublimé blanc d'oxyde de tellure. Il est attaquable par l’acide azotique, quelquefois avec séparation d’une petite quantité de soufre; la solution précipite par addition de l’eau, et par l'azotate de baryte.
(1) On verra plus loin que le soufre et Parsenic, lorsqu'ils sont en présence et qu'ils cristallisent ensemble, peuvent se remplacer lun l’autre, ce qui peut faire supposer qu'ils deviennent alors isomorphes. Il en est probablement ainsi du soufre et du sélénium à l’égard du tellure, dans le cas dont il s’agit.
La variété argentifère de Deutsch-Pilsen, improprement appelée argent molybdique, devient brune, avant de se fondre dans le tube ouvert.
Analyses.
De la Bocrnine de Schubkau {tétradymite). | | a Par Wehrle. Par Berzélius.
Bisous. 4 0. 2» 60,0 4... : 168,30 Lellareil ip SAONE Je 36:08 ST a ro Sélénium. . . . .. traces. . gangue 0,75 | JA 99,42 De Ia Bornine de Deutsch-Pilsen (Molybdänsilber). Par Wehrle.
BRIE Oro TOM A ee. 0 “Soutre et Sélénium, 1. . 0 "0,33 DARÉBR eue ea à à 2,07 95:29 VARIÉTÉS.
Bornine cristallisée ; en rhomboëdres basés, simples ou groupés régulièrement; en lames hexagonales, à pans alternativement inclinés dans un sens et dans l’autre.