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Bornine granulaire; en grains isolés ou agprégés

Sous le rapport de la composition, on peut distinguer trois variétés principales :

La bornine sulfurifère (ou la tétradymite), qui ne renferme que du tellure, du soufre et du bismuth (variétés de Schemnitz et du Brésil). |

La bornine sélénifère (Selenwismuth), découverte par Esmark, en Norwège.

La bornine argentifère (anciennement l'argent néhbdinits (Molybdänsilber) de Deutsch-Pilsen, en Hongrie. Cette variété s'éloigne un peu des précédentes par ses caractères physiques, et notamment par sa pesanteur spécifique, qui est un peu plus considérable (8,4 selon Wehrle). Aussi, quelques minéralogistes en font-ils une espèce à part. La seule analyse de ce minéral que l’on possède jusqu’à présent, et qui a donné une perte d’à-

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peu près 5 ‘, n’est guère propre à confirmer la justesse de ce point de vue; car, si l’on admettait que ce qui manque à cette analyse est du tellure, la composition qu'elle représenterait alors serait presque à Le identique avec celle de la tétradymite.

La bornine est une substance très-rare, qui n'a encore été trouvée qu'en très-petite quantité, et dans un petit nombre de localités seulement. La variété dite tétradymite existe à Schubkau, près de Czernowitz, et non loin de Schemnitz, en Hongrie, sur les bords de la Gran, dans les fissures d’un conglomérat trachytique. On la trouve aussi près de Rezbanya, et suivant M. de Kobell, près de San-José, au Brésil, dans un calcaire saccharoïde, avec pyrite magnétique. La variété sélénifère a été trouvée en Norwège, à Tellemarken, avec la chalkopyrite et la molybdénite ; dans la Westmannie, en Suède, à Bastnaës et Riddarhyttan, dans les gites cuprifères du terrain de gneiss, avec cériteset chalkopyrite. La bornine argentifére se rencontre à BürsônY, ou Deutsch-Pilsen, où elle est accompagnée de pyrite et de calcaire brunissant, et à Pojana, en Transylvanie; on la trouve aussi à Kakova, dans le comitat de Gomôr, en Hongrie.

IT Tribu. QuaDRATIQUES.

Ge Espèce. ÉTAIN. Sn.

Syn. : Zinn, en allemand; Tin, en anglais.

Métal blanc, très-malléable, ayant une dureté — 2, et une densité = 7,2. Il fond très-aisément à 228°, mais il est peu volatil. Il a une grande tendance à la cristallisation : on peut le faire istallisor par fusion, et aussi par la décomposition, à l’aide de la pile, du chlorure d'étain. L’acide azotique l’oxyde facilement et le transforme en acide stannique Sn.

L'existence de l’étain métallique dans la nature est encore problématique. On prétend lavoir trouvé dans les mines d'étain du Cornouailles ; et il se rencontre, dit-on, en petits grains d’un blanc-prisâtre, dans les sables aurifères de Miask, dans les Monts-Ourals. Cet étain natif est mêlé d’une petite quantité de plomb.

La cristallisation de ce métal a été Fo par M. Miller, sur des cristaux artificiels, déposés par un courant voltaique. Ces cristaux sont de petits octaèdres à base carrée, tronqués sur

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les arêtes des bases; formant par leur réunion deux à deux des ‘hémitropies, dans lesquelles le plan de jonction est une des faces de la pyramide ; un grand nombre de petits groupes semblables se disposent à la file, et composent une tige rectiligne, qui d'ordinaire ne se Prise pas comme dans les dendrites des métaux cubiques. L'octaèdre de l’étain a pour angles à la base 57° 13”, et aux arêtes culminantes 140925 29°. Son axe principal a “pour ilot 0,3856.

L'étain est un, métal d’un bine d'argent, dété il’ est pur, mais qui se ternit aisément à l'air, et passe alors au grisbleuâtre ; il est très-fusible, plus dur et plus ductile que le plomb; il développe une odeur caractéristique par le frottement, et fait entendre, lorsqu'on le plie, un craquement qu’on nomme le cri de l’étain. C’est le plus léger des métaux usuels. Allé au plomb, il constitue la soudure des plombiers et ferblantiers ; réduit en lames minces et amalgamé avec le mercure, il forme

le tain dont on double les glaces pour en faire des miroixs. L’é-

Hinape ordinaire consiste dans une couche mince d'état fondu, qu'on applique sur le cuivre. Le JET n'est que de la tôle (ou fer laminé) recouverte de la même manière.

C'est de l’étain oxydé que l’on retire tout le métal répandu dans le commerce (voyez oxyde d'étain). La France ne possède point de mines d’étain exploitables, bien qu’on ait trouvé des. indices d’oxyde d’étain dans deux localités, à Vaulry, dans le Limousin, et à Piriac, près du Croisic, sur les côtes de Bretagne: mais le minerai n’y est point assez abondant pour devenir l’objet d’une exploitation avantageuse. Les principales mines.d’étain sont situées en Asie, dans l’ile de Banca, et la presqu’ile de Malacca. Le Mexique est aussi très-riche en minerai d’étain, surtout dans les districts de Guanaxuato et de Zacatecas : celui qu’on y exploite principalement est de foxyde concrétionné, à l’état de sable et de gravier. En Europe, les mines d'Angleterre et surtout celles du Cornouaïlles, sont les plus importantes : l’étain oxydé s’y trouve en filons dans un schiste, qui est en même temps traversé par des filons de cuivre pyriteux. Après l’Angleterre, c’est la Saxe et la Bohème qui présentent les gîtes d’étain les plus remarquables. Ils sont tous situés dans l'Erzgebirge, chaîne de montagnes qui sépare les deux pays.

Le traitement métallurgique de l’oxyde d’étain est fort simple, puisqu'il suffit de le griller et de le fondre avec le contact du charbon, pour le réduire à à l'état métallique.

Un autre métal qui probablement viendrait prendre place à côté de l’étaih, sil était prouvé qu'il existât à l’état natif, car tout indique lPisomorphisme des deux métaux, c’est le titane. Pendant quelque temps, on a admis que le titane métallique se trouvait en petits cubes d’un rouge de cuivre dans les scories des hauts-fourneaux de Merthyr-Tydvil, dans le pays de Galles. Mais MM. Wôhler et H. Deville ont prouvé que ces crisiaux ne sont que des combinaisons d’azoture de titane et de cyanure de titane ; ils ont établi en même temps que le titane ne saurait se maintenir à l’état métallique aux températures élevées, à cause de sa grande affinité pour l'azote de l'air. Le titane pur, qu'ils ont pu obtenir, en le mettant à l'abri du contact de l'air, est une poudre d’un gris foncé.

IE Tribu. CuBiques.

7e Espèce. MERCURE.

Syn. : Gediegen Quecksilber, Werner ; Mercure natif, Haüy. Vulgairement vif argent, ou Mercure coulant. En: latin : Hydrargyrum.

Métal blanc, liquide à la température ordinaire, et ayant alors une densité de 13,596; se solidifiant à une température de — 40°, et formant alors un métal solide, malléable, blanc et brillant, et ressemblant beaucoup à l'argent. Ce métal figé, étant pris avec la main, lui fait éprouver une sensation douloureuse, comparable à celle que produit une brûlure; en se solidifiant, il devient plus dense; à une température peu inférieure à — 40°, sa densité est de 14,5. De — 40° jusqu’au-delà de 100°, le mercure liquide se dilate uniformément, et pour chaque degré d’énur en température, d’une fraction de son volume égale à EE . Il bout à 350° du thermomètre à air, et se volatilise complètement. En le solidifiant à l’aide d’un mélange réfrigérant, on peut l'obtenir cristallisé : ses cristaux sont des octaèdres réguliers, ou des rhombododécaèdres. IL a la propriété de dissoudre l'or et largent, ce qui permet de l’employer, comme nous le dirons bientôt, à l'extraction de ces métaux dans certains cas. Le mercure qu’on trouve à létat natif dans la nature, est souvent mélé d’une petite quantité d’argent, qu'on en sépare aisément par la distillation.

Le mercure natif se rencontre accidentellement dans les mines de mercure, où il paraît être constamment le produit de la dé-

composition du cinabre ou sulfure rouge ide mer cure, qui est le minerai le plus abondant et le seul exploitable, et peut-être aussi du chlorure de mercure, qui est infiniment plus rare. On le trouve souvent en petites gouttelettes, adhérentes aux minerais, de l’intérieur desquels il semble suinter, et quelquefois ces gouttelettes se rassemblent en petites masses fluides dans les cavités de la roche. On peut donc sattendre à trouver du mercure coulant, partout où le cinabre existe en grandes masses, par conséquent dans les mines d'Almaden, province de la Manche, et d’Almadenejos, province des Asturies, en Espagne, et dans celles de Ripa, en Toscane, où le minerai se trouve en filons ou veines dans les terrains anciens ; et aussi, dans la mine célèbre d’Idria en Carniole, et dans celles beaucoup moins importantes de la Bavière rhénane, où le minerai est disséminé dans des couches de calcaires, de marnes ou de grès, de l’époque jurassique.

On a cependant trouvé des globules de mercure dans des couches plus modernes encore, et sans qu’on ait pu découvrir jusqu’à présent de dépôts de cinabre dans le voisinage : mais on suppose alors que le minerai de mercure est caché sine l'intéricur du sol, et l’on explique la présence du mercure natif et quelquefois celle du chlorure de mercure dans les couches superficielles, par la volatilisation de ces substances à travers les fentes des terrains sous-jacents. C’est ainsi qu'on trouve des gouttelettes de mercure, quelquefois avec traces de chlorure, au pied des Cévennes, aux environs et dans l’intérieur même de la ville de Montpellier, dans des marnes de l’époque tertiaire la plus supérieure; on en cite encore dans un gisement semblable aux environs de Saint-Affrique, vers l'escarpément occidental du plateau de Larzac ; à Peyrat-le-Château, aux environs de Limoges, dans un sol détritique, et à Ménildot, près Saint-Lô, département de la Manche. Enfin, on en a trouvé jusque dans des couches diluviennes, près de Lunebourg, et de la ville de Lishonne.

Le mercure natif est en trop petite quantité, pour qu’on puisse en tirer parti. Tout le métal que réclament les besoins de l'industrie, est fourni par les mines de Cinabre; c’est donc ‘uniquement du sulfure de mercure que s’'extrait ce métal, par un pRacene des plus sinples, qui consiste à distiller le minerai aptes l'avoir mêlé à la limaille de fer ou de la chaux. Le soufre

s'unit au fer ou à la chaux, et le mercure seul se volatilise.

On emploie le mercure à l'extraction des métaux précieux, par le procédé dit de l’'amalgamation. Certains minerais terreux et ferrugineux contiennent naturellement une grande quantité d’or ou d'argent à l’état de particales invisibles : on les pulvérise et on les mêle avec du mercure, qui forme un amalgame avec les métaux précieux. On soumet ensuite la masse pâteuse à un lavage qui entraine les parties terreuses, et il ne reste plus que lamalgame, qui est beaucoup plus pesant. On le soumet à la distillatiou : le mercure se volatilise, et l'argent reste libre. Si le minerai contient de l'argent minéralisé par le soufre, on le mêle

préalablement avec du sel marin, afin qu’il puisse se former du chlorure d'argent, et avec un principe actif nommé mayistral, contenant du sulfate de cuivre, et on le grille dans un fourneau à réverbère; ou bien, on abandonne le mélange à l'air, pendant plusieurs mois, après lavoir fait piétiner par des chevaux, pour rendre la matière plus homogène. Ce dernier procédé, par lequel on évite l'emploi du combustible, est employé en Amérique. Par Lanalgamation américaine, on perd en général 1,3 partie de

smercure pour 1 partie d'argent obtenu. |

On emploie encore le mercure à d’autres usages importants, tels que la construction des baromètres et des thermomètres, la préparation de certains médicaments trés-actifs, et celle de difleon alliages, qui portent le nom particulier d un Uni

à l’étain, le mercure constitue le tain, qui sert à l’étamage des glaces. |

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