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Or rhodifère. — Voyez plus haut Rhodium aurifère

15e Espèce, PLATINE.

Métal d’un gris d’acier, tirant sur le blanc d’argent, et qui doit son nom à cette ressemblance avec un des métaux les plus connus; ce nom est un diminutif du mot Plata, qui désigne l'argent en langue espagnole. Les premières découvertes de ce métal ont eu lieu en 1735, dans les provinces de Choco et de Barbacoas, en Colombie. Il æété apporté en Europe, pour la première fois, en 1741, par don Antonio de Ulloa. Il se présente toujours, comme l'or d’alluvion, sous la forme de pépites ou de grains arrondis et comme roulés, plus ou moins volumineux,

mais en général fort petits, à surface rugueuse et même caverneuse, et dans les cavités desquels on aperoit quelquefois des traces’de cristallisation régulière : ce sont des indices de petits cubes, vu, plus rarement, d’octaèdres réguliers. |

… Le platine est malléable, mais très-peu dilatable. Il est infusible au feu le plus violent de nos fourneaux, et au chalumeau ordinaire ; mais il fond au chalumeau à gaz oxygène et hydrogène, ou entre les charbons qui terminent les conducteurs d’une forte pile. Il jouit, comme le fer, de la propriété de se laisser forger et souder à lui-même à la chaleur blanche. Il est inaltérable à l'air, inattaquable par les acides ordinaires, et ne se laissant dissoudre, comme l'or, que par l’eau régale; sa disso- Jution par ce liquide est d’un brun-rougeûtre. Il est attaqué à la

chaleur rouge par les alcalis solides ; il l’est aussi, mais difficile

ment, par les métalioïdes, tels que le soufre, le phosphore et l’ar-

senic; un peu plus facilement par le silicium, lorsqu'on le

chauffe avec un mélange de silice et de charbon.

Le platine a été regardé jusqu’à présent comme le plus lourd de tous les métaux, et par conséquent de tous les corps connus : il paraîtrait cependant que l’'iridium natif, un des métaux qui accompagnent ordinairement le platine dans ses gisements, aurait une densité plus considérable de 22,8 selon M. G. Rose, et même de 23,5 selon M. Breithaupt ; tandis que celle du platine

varierait de 16 à 21. Le platine natif étant ordinairement en

masses poreuses et comme cariées, et de plus fréquemment mélangé de fer, sa densité doit varier beaucoup, selon les différences de la structure ou de la composition : la densité du platine natif est, en moyenne, de 17,5; celle du platine fondu, de 10,7; et enfin, celle du platine purifié et écroui, de 21,5. La dureté du platine est de 4...5, à peu près égale à celle du fer. Ilse lamine et se laisse passer à la filière avec facilité, ce qui permet de le réduire en feuilles très-minces, et de le tirer en fils trèscléliés. Sa ténacité est considérable et ne le cède guère à celle du fer. !l recoit un beau poli, et conserve son brillant pendant très-longtemps. IL peut s’allier avec presque tous les métaux.

Le platine natif n'étant jamais parfaitement pur, mais ordinairement mélangé avec différents métaux isomorphes, on

peut, sous le rapport de la composition, FEU plusieurs variétés dans l'espèce :

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