Le platine ferrifère, de couleur foncée, et d’une densité
au plus égale à 17. H contient jusqu’à 12 et 13 pour cent de
fer, et il est souvent magnétique; à Sn dans les monts Ourals.
2. Le platine polyxène, de Hausmann; ainsi nommé, parce qu'il donne en quelque sorte dans sa masse l'hospitalité à un grand nombre de métaux rares, tels que le çalladium, l’osmium, liridium, le rhodium et le ruthénium. La découverte de la plupart de ces métaux a été la conséquence de celle du platine lui-même. Nous avons déjà eu l’occasion de parler des quatre premiers, et nous reviendrons bientôt sur l’iridium, pour le considérer à part. Le ruthenium, découvert par Claus en 1843, dans le platine de l’'Oural, est un métal gris, analogue. à l'iridium ; mais sa densité est beaucoup plus faible, 9 environ; et il suxyde facilement lorsqu'on le chauffe au contact de l'air. Il se trouve en très-petite quantité dans certains grains de platine, dont la dissolution laisse un résidu, qui en contient de 1 à 1 1/a pour cent. L’osmium iridifère en renferme quelquefois de 3 à 6 pour cent. — Le platine polyxène est très-commun dans les monts Ourals et dans la Colombie. Outre les métaux que nous avons cités, on y trouve aussi du fer et des traces de cuivre et de manganèse. | | + 3. °Be platine aurifère. C'est le platine natif presque pur, allié seulement à une très-petite quantité d’or, ce qui fait qu’il est soluble dans l’eau régale sans laisser de résidu. Sa densité varie de 18 à 20. Il n'est pas magnétique: Wollaston l’a découvert dans les sables aurifères et bhatitiférés du Brésil.
4. Le platine iridifère (voyez plus loin Zridium platinifère).
Gisements, préparation et usages du platine. — Pendant longtemps le platine n’a été trouvé qu’en grains ou en pépites disséminés dans les terrains de transport anciens, et dans les mêmes sables, quarzeux et ferrugineux, que ceux qui renferment l'or et le diamant : seulement il y est beaucoup plus rare que l'or. C’est ainsi qu’on l’a rencontré d’abord avec lor en grains, dans la Nouvelle-Grenade en Colombie, dans les provinces de Choco, d'Antioquia et de Barbacoas. On l’a retrouvé ensuite au Brésil, dans les provinces de Minas-Geraeset de Matto-Grosso, avec l'or et le diamant; puis à Haïti (Saint-Domingue), dans le lit de la rivière Jocky; à l'ile de Bornéo, dans les monts Ratoos ; et dans la province d’Ava (empire des Birmans), au milieu des sables de lIrawaddi.
Enfin, vers 1825, on l’a découvert sur les pentes orientales des monts Ourals, à Kuschwinsk, Newjansk, Bogoslowsk, Miask,
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et depuis, sur le versant occidental, à Min. Tagilsk, où est actuellement le grand centre d'exploitation du platine en Europe. Ge métal y est en si grande abondance, qu’on en a fait une monnaie ayant un cours légal en Russie, Les grains ordinaires du platine de l’'Oural varient depuis la grosseur de Ja poudre de chasse ; jusqu’à celle de la graine de chanvre. Cependant on trouve quelquefois des pépites ayant la grosseur d’un œuf de pigeon ; et plus rarement encore, on en trouve quelquesunes d’un volume plus remarquable. De des plus grosses, provenant de l'exploitation de Nischne-Tagilsk, pesait o kilogrammes et demi. Les grains de platine sont le plus souvent isolés, mais quelquefois on les trouve engagés dans des fragments de serpentine ; | ils sont ordinairement accompagnés de grains d’iridosmine, de fer chromé, de fer magnétique, de be titané, de zircon, de corindon et de spinelle. Enfin, comme nous l'avons déjà dit, ils sont presque toujours intimement alliés à l'or ou au fer, et à ces métaux rares qui sont comme les congénères du platine et forment son cortège habituel, le palladiun, l’osmium, le rhodium, liridium et le ruthenium.
On a aussi trouvé, mais en petite quantité, du platiné dans l'Amérique septentrionale, en Californie, au Canada, et dans KR. Caroline du Nord. Il existe, selon Dôbereiner,dans le sable aurifère du Rhin; et selon MM. Gueymard et Berthier, on en trouve des traces dans les minerais de plusieurs filons des Alpes françaises, notamment dans la bournonite, les cuivres gris, le fer oligiste métalloïde, et le fer by draté brun. |
L'origine du platine, qui se rencontre avec l'or et les diamants dans les terrains de CRPARONE anciens, a été longtemps | fort problématique, et l’on n’avait pas encore de notions bien, arrêtées sur le gisement primitif de ce métal, lorsque M. Bous- : | singault : annonça l'avoir trouvé en place avec l'or natif dans des. filons de quarz hyalin et de limonite, traversant une roche de. syénitce ou de diorite. C’est dans les filons aurifères de Santa Rosa de Osos, province d’Antioquia en Colombie, qw’il a fait cette découverte intéressante : la gangue des Ha se compose. principalement de fer hydraté, qu il suffit de broyer, pour en. obtenir ensuite, par le lavage, l'or et le piatine qu’il contient. Les . grains d’or et de platine, retirés de la poudre, étaient sembla-. bles, pour la forme et pour l'aspect, à ceux que l’on recueille. dans les sables du Choco. On a cité aussi des grains de platine disséminés dans ces roches quarzo- -micacées, nommées itacolu-
mütes au Brésil, et au milieu desquelles on a pareillement trouvé Vor et le diamant ; ce qui explique la présence simultanée de ces trois substances précieuses dans lés matières arénacées qui proviennent de la destruction de ces roches. En Sibérie, MM. G. Rose et Leplay ont vu que les sables aurifères et platinifères se trouvaient toujours dans les vallées ouvertes au milieu des roches serpentineuses, que quelquefois le platine adhérait encore à des fragments de serpentine, et que la richesse des sables était d’autaut plus grande, qu’ils étaient moins éloignés des roches de cette nature, encore en place. Il paraît donc trèsprobable que le platine tire son origine des serpentines et diorites, et qu'il est ainsi le résultat de phénomènes éruptifs particuliers.
Les sables platinifères sont débarrassés, par le lavage, des corps les plus légers : on traite ensuite le résidu métallique de cette première opération par {e mercure, pour en extraire l'or par lamalgamation. Ce qui reste alors, est ce que lon nomme dans le commerce la mine de platine, dans laquelle ce métal se trouve encore associé par mélange intime, ou par une simple aggrégation mécanique, avec les substances que nous ayons déjà nommées, le palladium, le rhodium, l'iridium, etc. Cette mine de platine est alors traitée par la voie humide : on l'attaque d’abord par l'acide azotique pour enlever le palais, s’il yen a; puis, par l’eau régale, qui dissout le platine à l’état de chlorure. La solution obtenue est traitée ensuite par le chlorhydrate d’ammoniaque (ou chlorure ammonique), qui donne un précipité jaune de chlorure d’ammoniaque et de platine. Ce précipité, calciné au rouge, donne une masse grise et spongieuse de platine, qu'on appelle éponge ou mousse de platine. Le platine peut aussi être obtenu, par voie humidé, sous la forme de précipité chimique très-divisé, qu’on nomme noir de platine. Le platine, quand il est ainsi à un grand état de division, jouit de propriétés chimiques très-remarquables : il coendense les gaz en trèsgrandes quantités ; par ce genre d'action qu’on a appelé catalytique, il s’'échauffe au contact d’un mélange de gaz capables de s'unir entre eux, et détermine leur combinaison. La mousse de platine peut se ramollir à une certaine température et se laisser forger comme le fer; en rapprochant ses parties par le martelage, on la transforme en platine malléable,
La propriété dont jouit le platine de résister au feu le plus violent, d’être inattaquable par la plupart des acides, et par
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