‹ Nouveau dictionnaire de botaniqueChapitre 100 sur 414 · CAROTTE. — CAROUBIER · texte numérisé non relu

CAROTTE. — CAROUBIER

CAROTTE {Daucus Carotn , fam. des Oinhcllifèrcs). La Carotte occupe tin des premiers rangs parmi les racines pivotantes alimentaires. La plante spontanée (lig. 187) est une des plus communes de nos prairies. A cet état, la racine est petite, dure et fibreuse, d'une saveur Acre et aromatique, et sans usage; cultivée, cette racine det ient volumineuse et charnue, contient en abondance une matière féculente unie II un suc aqueux sucré, A un principe aromatique et à une substance colorante de nature résineuse. Du reste, cette racine est indigeste pour les estomacs peu robustes. Le suc de la racine de Carotte crue est au nombre des médicaments diurétiques; c’est A Fig. t»7. — Ombelle de la Carotte

ce titre qu'il était employé dans (Daucus Cnrota).

le traitement de l’iclèrc (jaunisse). — Le Daucus gusnmifrr , plante de la région méditerranéenne, contient dans sa racine une substance résineuse abondante et est regardé comme vulnéraire.

C.MtontlKK ( Ceratonia Silii/ua ) (fig. 188). Arbre de la légion méditer-

ranéenne A très-beau feuillage, A fleurs apétales peu apparentes, de la famille des Légumineuses, section des Céraloniées. Le fruit (gousse coriace-chamue)

CARPELLE.

esl sucré; sa pulpe esi analogue à celle de la casse, on en prépare un sirop laxatif.

( «rpei.i.e. earpellum — carpidium. Un carpelle esl au gynécée (le pistil ou les pistils) ce qu'un sépale est au calice, un |>élale à la corolle, une étamine à l'androrée. Il est démontré d’une manière incontestable, par les anomalies

accidentelles nu'on rencontre assez fré-

VI quemment (et dans lesquelles le carpelle

« fM se présente sous la forme, soit d'une feuille 0 Jj S » pélaloïde, soit d’une feuille verte, et se

O rapprochant souvent alors de la forme des feuilles de la tige), que les organes dési- * 11 gnés sous le nom de carpelles, et qui

t'io. 189. — A, ovaire consistant en un constituent le vcrticille ou la spirale * ' ' d organes occupant la partie centrale

de la fleur, sont en réalité des feuilles modifiées.

Un carpelle isolé (fig. 189 et 190, c) se présente sous la forme d’une feuille pliée longitudinalement, et dont les deux bords, repliés et appliqués l’un sur l’autre, sont soudés dans toute leur longueur. Cette feuille à bords soudés

constitue un petit sac (ovaire) dont la paroi interne correspond à la face siqtérieure ou interne de la feuille, cl dont la paroi externe corres|x>nd îi la face inférieure ou externe de la feuille. Ce sac, cil général comprimé, présente une carène dorsale plus ou moins marquée, qui est le résultat de la nervure dorsale de la feuille, et une salure ventrale, qui résulte de la soudure des deux bords delà feuille (fig. 190, c:). Cette suture est quelquefois mince et tranchante; la carène dorsale est au contraire ordinairement obtuse. En général, la partie dorsale, et par conséquent la carène du carpelle, décrit une courbure prononcée ; au contraire la soudure des liords ou suture présente une ligne droite. — Bien que le carpelle puisse accidentellement revenir à la forme de feuille foliacée, il offre à son étal normal des caractères importants et des propriétés remarquables qui en font un organe tout spécial et dont la valeur physiologique est extrême. L’extrémité supérieure du carpelle sc termine par une partie glanduleuse constituant deux lignes parallèles qui représentent les bords de l’extrémité de la feuille carpel-

CARPELLE.

laire, ou constituent plus fréquemment une ligne courbée en fer à cheval par la réuuion à l'extrémité de la feuille carpellaire de ces deux lignes glanduleuses. Il arrive souvent que cette partie glanduleuse en forme de fer à cheval, se recourbant encore plus complètement et élaut dirigée presque horizontalement, prend l'aspect d’un disque plus ou moins large ou d'une tète presque globuleuse, mais échancréc du cùté qui correspond à la suture. Cette partie glanduleuse, quelle que soit sa forme, a reçu le nom de stigmate. Pendant la lloraison, elle sécrète un suc visqueux, et, grâce à cet enduit, relient à sa surface les granules polliniqucs (pollen) qui s’échappent des anthères sous une forme ordinairement pulvérulente. Ces grains de pollen, fixés à la surface du stigmate, émettent des prolongements (boyaux polliniqucs qui s'insinuent dans le tissu du stigmate et descendent dans la cavité du carpelle, où ils rencontrent des organes nommés ovules, dont nous allons nous occuper. La partie supérieure de la feuille carpellaire ne se termine pas toujours brusquement en stigmate immédiatement au-dessus de la cavité constituée par la soudure de ses bords ; très-fréquemment au contraire cette extrémité se prolonge en un petit cylindre plus ou moins grêle, plus ou moins long, quelquefois même Gliforme, qui se termine par le stigmate : ce prolongement cylindrique a reçu le nom de style. Quand le style est très-court ou n’existe pour ainsi dire pas, et que par conséquent le stigmate surmonte immédiatement la partie renflée du carpelle, le stigmate est dit sessile. — Les deux bords soudés (suturej de la feuille carpellaire présentent, dans la majorité des cas, deux lignes saillantes appliquées l'une contre l’autre à l’intérieur de l'ovaire ; ces lignes saillantes on reçu le nom de cordons placentaires, et leur ensemble le nom de placenta. Les cordons placentaires portent un seul ou plusieurs appendices filiformes courts, termiués chacun par un petit corps globuleux ou ovoïde. Ce petit corps globuleux est V ovule, destiné à devenir la graine; le pied filiforme qui le porte et qui part du placenta a reçu le nom de funicule (on le nomme aussi cordon nourricier et podosperme). — Quelle est la nature du cordon placentaire, du funicule et de l’ovule? Certaines anomalies accidentelles vont éclairer cette question. Plusieurs observateurs ont signalé et j’ai moi-même eu plusieurs fois occasion d’observer (citez le Urassica Napus, par exemple) des carpelles dont les ovules sont remplacés chacun par un petit bourgeon réduit souvent à sa première petite feuille. Chez quelques-uns de ces carpelles anormaux, on trouve toutes les transitions entre un ovule plus ou moins irrégulier et un ovule bien conformé. L’ovule a donc pour premier élément la première feuille ou foliole d’uu bourgeon ; le funicule est le pétiole ou pétiolule de cette foliole, et le cordon placentaire le résultat de la décurrencc des fuuicutcs ou

Fig. 191. — Nigelia arvensis. — A, ovaire jeune; B, ovaire passé à l'état de fruit. 5 carpelles, soudés à leur base, libres supérieurement, s’ouvrent par leur suture ventrale dans l’étendue de leur partie libre.

CARPELLE.

|iétioles des ovules. On a objecté à cette explication que des feuilles ne naissent pas sur des feuilles; or, que le carpelle étant une feuille, il ne saurait produire des feuilles. Je répondrai qu'il 11e s'agit pas de feuilles normales, mais de bourgeons (disposés comme les folioles des feuilles |>cnuécs des l’apiiionacées, par exemple). Ces bourgeons peuvent être comparés aux expansions foliacées qui se détachent de la face supérieure des feuilles dans une curieuse anomalie du Chou commun {Prussien olerncea), expansions foliacées qui paraissent être le résultat d’une sorte de dédoublement des nervures parallèle à la surface de la feuille; en vertu de ce dédoublement, les nervures, devenues libres, se terminent par un épanouissement foliacé qui rappelle, non pas une feuille, mais un bourgeon ou un rameau dont les parties appendiculaires se présentent souvent sous la forme d'une lame continue qui sedételop|>c en spirale autour d'un axe. Une feuille ne se termine jamais par un bourgeon ; une feuille peut cependant produire des Ixmrgeons : les feuilles normales produisent un bourgeon à leur aisselle (chez les feuilles longuement |>étiolces qui constituent l'enveloppe extérieure des bulbilles |>édirellés, ce bourgeon est entraîné jusqu’au limbe de la feuille où il a son insertion). Chez les feuilles capellaires, les bourgeons ovulaires naissent ordinairement sur les bords de la feuille, quelquefois à la base de cette feuille, rarement il sa surface (face supérieure). Voy. Ovule et Bulbe.

Les carpelles |ieuvent être considérés au point de vue du nombre des ovules qu’ils renferment ; si le car|ielle 11e renferme qu'un seul ovule, il est dit uniuvulé (ex. : A Usina, Uanuneulns, Potentilla)-, s'il en renferme plusieurs, il

est dit pluri-ovulé (ex. : Pisum, P hase» lus, Corydallif) ; s'il en renferme un grand nombre, il est dit multi-ounlé (ex. : Aconitum, Delphinium, yicotiana ) (fig. I9h). — Ils peuvent être considérés au |ioint de vue de leur nombre :

dans certains cas, ils sont en même nombre que les pièces dont se compose le verlicillc du calice ou de la corolle, constituent un verlicillc, cl sont disposés selon les lois de l'alternance, relativement aux pièces des autres verticilles de la fleur: c’est ainsi qu’ils forment généralement un vcrticille de cinq pièces chez les Nigelta (fig. 191, 192), les Sedum, etc,, et tm verticille détruis pièces chez un grand nombre de Monocotylédones (Liliacées [fig. 193], Amarvllidées, Iridées, etc.). Dans nn grand nombre de cas, soit normalement, soit accidentellement, le nombre des carpelles est moindre que celui des sépales ou des pétales; dans d'autres cas, il n’existe aucun rap|>ort numérique constant entre ces or-

Fie. 192. — Nif/effa dfiumscena.

Fruit mûr composé de 5 carpelles fermé» et soudés entre eux.

Fig. 193. — Ovaire à 3 carpelles soudés d’une Tulipe.

CARPELLE.

gants; dans ces différents cas, les carpelles sont disposés régulièrement au centre de la Oeur, sans rapport de situation avec les autres verticilles. Un cas normal fréquent est celui oit il n'existe qn’un seul carpelle (ex. : famille des Papilioncécs) (fig. 189). Non moins fréquemment les carpelles sont très-nombreux cl

constituent une spirale continue, indéfinie; l’axe de la fleur s’allonge généralement alors pour fournir aux carpelles un espace qui puisse suffire à leur développement {Magnolia [fig. 195], Frrujnrin, etc.). — Nous n’avons jusqu’ici considéré le carpelle que daus les cas où il est libre de toute' adhérence. Le carpelle ou les carpelles peureut être situés dans une cavité ou dépression de l’axe, et être libres dans cette cavité (insertion périgyne), ou être adhérents aux parois internes de celte cavité (insertion épigyne). les carpelles peuvent aussi être soudés entre eux de diverses manières. Eu général, les carpelles, disposés en une spirale allongée et indéfinie, sont libres; les soudures existent au contraire fréquemment dans les cas où les carpelles, plus ou moins nombreux (fig. 192, 193, 195, 196), sont disposés en verticille sur un même plan horizon-

Fig. 196. — Carpelles disposés en spirale d’un Magnolia. — p, carpelles; a } cicatrices laissées par la chute des étamines; plus bas, cicatrices laissées par la chute des pétales et des sépales.

tal, soit dans le cas où l’insertion de la corolle est hypogync, soit dans le cas où l’insertion de la corolle est périgyne; quant au cas où l’insertion est épigyne (car-

Fig. 195. — Sicutinnn Tnlmcum, Fig. 196. — Fruit du Fie. 197. — Coupe traniver- Ovaire à 2 carpelle» nmlli-ovu- Simtimta Tnlmcum, sale de l’ovaire adhérent du .

lés (coupe transversale] . i deux carpelles, à dé- Poirier.

hiscence seplicidc.

pelles soudés au tube qui les renferme), il va sans dire qu’il coïncide toujours avec la soudure des carpelles entre eux (fig. 197, 198). — Dans le cas de soudure des carpelles eutre eux, les carpelles peuvent être fermés chacun isolément, comme les car|>eHes libres, puis être soudés entre eux par leurs faces latérales.

Si l’on coupe en travers l’ovaire qui résulte de ces carpelles fermés et soudés, cet ovaire semble composé de hnjes (fig. 195, 1 97) : or chacune de ces loges correspond à un carpelle, et chaque cloison est constituée par deux lames ou feuillets

224 CABPID1UM. — CARPOPHORE.

soudés appartenant à deux car|>elles adossés. Dans ce cas, les cordons placentaires occupent ordinairement les angles internes des loges, et par conséquent les ovules sont insérés à ces angles {placentation tuile : chez l'orange et la pomme,

par exemple). Dans d’autres cas, les feuilles carpellaires, au lieu d'élrc pliées longitudinalement , comme chez les carpelles isolés, sont étalées comme les feuilles et les pétales, et sont soudées entre elles par leurs bords, de manière à constituer un ovaire conqiosé à une seule loge. Dans ce cas, les placentas se trouvent naturellement occuper les parois de la cavité, puisqu'ils appartiennent aux bords des feuilles carpellaires et correspondent aux sutures (placentation pariétale : chez la Violette, le Réséda, les Orchidées, etc.), Knlin, dans un petit nombre de plantes chez lesquelles l’ovaire, composé de plusieurs carpelles, est également uniloculaire, le placenta constitue au centre de la cavité une masse ovoïde recouverte d’ovules dans toute son étendue, et qui ne présente aucune connexion apparente avec les feuilles carpellaires ( placentation centrale : chez les plantes de la famille des Primulacées). Ce placenta central est considéré comme une dépendance de l'axe de la fleur; mais on a lieu de s’étonner que les ovules puissent être, dans des familles assez voisines, fournis, soit par des organes appendiculaires (des feuilles carpellaires), soit par un organe axile (la prolongation de l'axe de la fleur). — Voy. Déhiscence, Fruit, Gynécée, Ovaire, ovule, I’istll, etc.

Carpidium ~ Carpellum, carpelle. Voy. ce mol.

CARPOPHORE, rarpophorum. Chez le fruit mûr, on a appelé carpophore, l’organe qu'on désigne sous le nom de tjynophore chez l’ovaire. — Le carpophorc ou gynophore est un prolongement de l'axe du la fleur, qui élève la base de l'ovaire ou du fruit au-dessus du niveau de l'insertion des autres verticilles de la fleur. Chez les Crucifères, par exemple, l'ovaire est situé manifestement au-dessus du niveau des étamines, et il existe par conséquent un carpophore. Chez le S imutm ferruginea, plante du Brésil, un carpophore allongé éloigne le verlicille des carpelles du verlicille des étamines. Citez les Crucifères et chez le Simaha , le carpophore est un véritable entre-nœud allongé qui espace les deux

Etc. 199. — Armeria mnritima. Fruit composé «le 5 carpelles soudés (reconnaissables aux 5 styles), lin seul des 5 carpelles est fertile ; les autres sont à partie ovarienne rudimentaire (le fruit ost uniloculaire et monospenne] .

Fig. |98. — Fleur à ovaire adhérent du Melon. — A, entière ; tl, coupe longitudinale laissant voir deux carpelles, dont l'un ouvert.

CAKRïPHOBE. — CARTHAMt.

derniers verlicillcs de la fleur, landis que d’ordinaire la longueur de cet entrenoeud est inappréciable. D’autres gynophorcs sont le résultat de l'élongation d'eutre-nceuds différents de la fleur: les espèces du genre Lyrhnis nous offrent un exemple remarquable d’un entre-noeud allongé qui sépare le calice de la corolle, et par conséquent élève la corolle et l'ovaire au-dessus de l'insertion du calice; cher le Cleome /tenla/ihylla, un entre-nœud d’une grande longueur sépare le calice des étamines, et un autre espace sépare en outre les étamines de l'ovaire.

On nomme podogynes ou gynn/iode*, des carpopborcs qui ne sont autre chose qu'un rétrécissement de la base de l’ovaire, et non le résultat de l’élongation de l'enlre-uœud qui le sépare du vcrlicille des étamines. Le rétrécissement de la base de certains carpelles isolés, de certaines gousses de Papiliouacées, des follicules de VEranthis hiemalts, du fruit du Cappnris tpinosa (fig. 200), etc., constitue un podogync. Le carpopltore est uni à l'ovaire par une sorte d’arli-

Fig. 200. — Fleur du Câprier (Cappmn Fir.. 201. — Carpophore charnu npinosu), carpophore très-allongé. de la Fraise (fruit du Fragaria

irïtu).

culation ; le podogyne, étant une atténuation de l’ovaire, ne présente évidemment rien de semblable. — Dans le cas où il existe un très-grand nombre de carpelles, l'axe est nécessairement allongé pour fournir une surface suffisante !i leur insertion ; mus tous les verlicillcs ou toutes les spirales de la fleur étant contiguës, il n'existe point alors de carpophore, dans le sens que nous avons indiqué; on a néanmoins donné le nom de carpophore, et surtout de gynophorc, i t axe qui porte les carpelles, quand cet axe est volumineux et renflé, et surtout lorsque (chez le Fraisier, par exemple) cet axe se détache du réceptacle à la maturité, et que les carpelles s’y trouvent espacés entre eux (fig. 201). — On nomme cu/umelte, l'axe qui se prolonge entre les deux carpelles rapprochés qui constituent le fruit des OmbcUifères; gynobase, le corps charnu sur lequel repose l’ovaire chez les labiées et les Borraginées.

CAK I IIAMK, Safran-bâtard (Curthamus linitoriun, famille des Composées- Ginarocéphales) (fig. 202). Plante de l'Inde, depuis longtemps cultivée en Eu* GiaUAis (de bT.-riEim). 15

CARTILAGINEUX. — CARYOPHYLLÊES.

rope. Scs fleurs, connues sous le nom de rarthame, fournissent une belle couleur rouge en usage dans la teinture; on en préparait jadis un fard nommé rouge végétal ou rouge (T Espagne. «.... Nec minima apud mulieres gratia » est, (|uæ scite ab Ilispanis praparata Carthamina patientes geuas et décolora » labia pingentes, perpétuant juventutem et sanitatem mentiri pusse pulant. » (Endliclier.) Cette plante était comptée autrefois au nombre des purgatifs et des diurétiques.

Fie. 202. — Sommité fleurie (proportions tic. 203. — Sommité fleurie, feuille, racine, -, réduite») du Cartliame (Carthamus tinc~ fleur et fruit (proportions réduites) duCarvi

tonus). ■ ( Ciirum Carri).

CARTILAGINEUX, cartilaginosus. Qui a la consistance d'un cartilage (ex. : les écailles de l'involucrc chez beaucoup de Carduacées, les feuilles de Y Ertjngium cam/iestre et de 1’/; . marihmuni, etc.).

CABVI (Carum Carvi [flg. 203] , famille des Ombellifèrcs). Plante indigène, d’une odeur pénétrante et d'une saveur chaude et aromatique, analogues à celles de l’Anis; ses semences (diakènes) sont employées comme condiment.

CAHYOPHYÏ.LÉES. Famille de plantes dicotylées dialypétales, à ovaire libre (fig. 20(i et 205). La famille des C.aryophyllées comprend un grand nombre de genres et d’espèces de plantes herbacées annuelles ou vivaces, qui toutes appartiennent aux régions tempérées des dent hémisphères, mais surtout de l'hémisphère boréal. Celte famille est une des plus riches de la flore d’Europe : partout les Caryophyllées jouent un rôle dans les harmonies végétales qui nous entourent, rôle souvent modeste. Tel est celui des plantes de la tribu des

CéRYOPHYLLÊES.

ALSiNtES, petites plantes, généralement annuelles, à petites fleurs blanches, à feuillage grisâtre, communes dans les terres cultivées (les Spergtila, les Alsine : A. media, le Moumn-des-oiseaux), dans les terrains sablonneux incultes (les Holosteum , les Sagina, les Arenaria, les Cerastium), dans les bois humides

Fie. 204. — Sommité fleurie d'une Caryophyllée, la Saponaire

(Saponaria officinalis).

ou marécageux (les Stellaria, les Mœhringia, les Malachium , etc.). — La tribu des SiLÊPiÉES joue un ride plus brillant dans la nature, et laisserait, par son absence, un grand vide dans les jardins. L'Œillet (Dianlhus Caryophyllus) passe

Fie. 205. — Fleur de la Saponaire [Saponoria of/irinalù). Coupe longitudinale montrant lea rapports des diverses parties de la fleur entre elles.

Fie. 206. — Fleur et pétale isole, longuement onguiculé et muni d'une écaille c au-dessus de l'onglet n, du

Silene prnduta.

pour originaire de l’Orient; il fleurit, depuis des siècles, sur les murailles encore debout de nos vieux châteaux démantelés, et, d'âge en âge, est la fleur préférée des jardins les plus rustiques cl des plus élégants parterres. L’odeur suave de l’Œillet-Mignardise {Ü. p/umariw»), planté en larges bordures dans les jardins, ne fait-elle pas partie de la douce influence qui nous pénètre au premier soleil

CAIIVüPIIYI.LÈKS.

du printemps ? Kt les col leclions des variétés de l'Œillet-de-Lhine ou Œil-de- Clirist ( Dinnthm sinensis), et la (iroix-de-.lérusalem ( Lyrhnis rhalredonira), et la Coquelourdc ( Lyrhnis Cormaria), et l’Œillet-des-prés (L F/ox-eunili, à fleurs doubles), et le Silrne Armeria (vulg. Pattes-de-mouche) que la culture a laissé dans la gracieuse simplicité naturelle qui lui suffit dans les moissons de la Touraine ; toutes ces jolies plantes ne font-elles pas

f partie de l'héritage que nous a légué le temps passé? Les , plantes nouvelles auront-elles plus tard le charme de ces plantes anciennes qui ont impressionné nos premières années?... — Les Œillets sauvages : le Dùmtkus Carthusianorum, de la lisière des bois; le J), barbatus (Gg. 207), d'où sont provenues les charmantes variétés de l'Œillet-de-poëlc , on Jalousie, de nos jardins; le D. svjierbus, qui aime les prairies so.is-alpines ; le Fic ,)()7 neur /). eœsiut, qui forme de ravissantes touffes fleuries

Dianthm bnrbutus. sur les dunes sablonneuses de la Bretagne; le Sitene

nmuKt, dont les gazons serrés, constellés de petites fleurs roses, annoncent le voisinage des glaciers; le Melundrium silvestre, à fleurs rouges, qui aime les bois ombreux des montagnes ; le Silène i/tiinque-

Fig. 208. — Sommité fleurie d'un Ceraslium. (Les lettres indiquent l’ordre tit* succession des axes dont se compose la cyme diciiotome.)

ruinera, dont les jolis épis rosés décorent les terres, cultivées ou en friche, de la Provence; la Saponaire ( Snponnria n/firinalis), dont les charmantes touffes vertes, à fleurs d’un rose |ùle, embellissent les sables de nos rivières.

CARYOPHYEJ.ÊES.

et emaliissem de icur.s souches traçantes les jardins négligés (jardins rustiques qui ont bien leur charme, et que le botaniste préfère souvent aux parterres bien |>eignés.; le Behen-blanc ( Silene iiifluta), et le Melandriiimdioitvm, décorateurs des terrains en friche ; toutes ces jolies plantes, amies de notre enfance, sont des Caryophyllées.

La famille des Caryophyllées (à laquelle on a quelquefois réuni les Paronychiécs, que nous considérons comme famille distincte) se partage en deux grandes tribus ou sous-familles :

1“ Les SlLÊNÊES (lig. 206), caractérisées par le calice tuhuleux-gamosépale, deuté, par les pétales à onglet long (pour porter le limbe au dehors du tube du calice), et par la présence d’un gynophore ou prolongenfent de l'axe, au sommet duquel se trouvent insérés, élevés au-dessus de la base de la fleur, les («taies, les étamines et l’ovaire. Les genres principaux des Silénées sont : Üianthus, Sajtonarin, Gypsop/tila, Lychnis, Visrariu, Melandrium, Silene, Cucubalus.

2“ Les ALSiNÊES((ig. 20H>, comprenant les espèces dont le calice est à sépales libres ou presque libres; les |>étales à onglet court, insérés, ainsi que les étamines, sur un disque glanduleux qui entoure la base de l’ovaire ; l'ovaire n’étant pas élevé sur un prolongement de l'axe de la fleur. Les genres principaux des Alsinées sont : (plantes sans stipules) Holoêteum, ('erastium, Slellnria , Arenoria, Bu/fonia, Sagina, (’olubanthus, Queria, S/ierguia, Spergutaria ; — (plantes munies de stipules, Polycarpées) ptdyearjton, Orteyia. Læflingia, polycarpœa , e I e .

Les caractères généraux des Caryophyllées sont les suivants : Plantes herbacées, rarement sous-frutescentes. Tiges ord. dichotomes a articulations renflées. Feuilles opposées ord. scssiles, entières, souvent de forme linéaire, lancéolées, ovales ou suborbiculaires, ord. dépourvues (rarcm. pourvues) de stipules écailleuses. Fleurs en cymes terminales dichotomes, quelquefois en grappes unilatérales (par avortement), en glontérules, ou terminales, ord. hermaphrodites, régulières. Calice li 5 sépales (rarement ti), libres entre eux ou soudés en un tube denté. Corolle ord. à 5 pétales libres (rarement /;), hypogyucs, quelquefois élevée au-dessus du calice et insérée, avec les étamines et l’ovaire, au sommet d’un prolongement de l’axe de la fleur (très-rarem. nulle). Étamines insérées au niveau de la corolle, en nombre égal à celui des pétales) ou en nombre double. Ovaire à 5 carpelles (rarement 2), pluriloculaire (h styles libres, en nombre égal à celui des loges, stigmatifères à la face interne; pluri-ovulé, h ovules iusérés à l'angle interne des loges, courbés-réfléchis. — Fruit libre, à 5 (rarcm. 2) carpelles, élevé (ou non) au-dessus de la base du calice, sur un podogyne; capsulaire, polysperme, à 5 ou à 2 loges plus ou moins complètes, ou uniloculaire par la destruction des cloisons, s'ouvrant par des valves ou des dents représentant chacune l'extrémité libre d'une des feuilles carpellaircs; les dents sont quelquefois en nombre double par le fait de leur partage en deux, au niveau de la nervure moyenne (déhiscence septicidc et en même temps loculicide) ; rarement fruit charnu, bacciforme, indéhiscent. Graines ord. nombreuses, insérées à l'angle des loges, ou sur un placenta central qui résulte de la réunion des lignes placentaires épaisses ; le fruit est uniloculaire par suite de la résorption des cloisons qui

CARYOPHYLI.INÊES. — CASCARILLE.

existaient antérieurement. Un périsperme central est entouré par un embryon semi-annulaire ou annulaire (rarement plié ou droit).

CARYOPIIYI.I.IXKKS. Classe comprenant les familles suivantes : MÊSEMrriam iiEméks, Portulacacêes, Caryophylléës, Paronychiêes, Phytolaccacées. Ses caractères sont les suivants: Plantes dicottlées dialypétales. Calice ord. libre. Pétales et étamines en nombre défini ou indéfini, hypogynes ou périgyne*. Ovaire résultant de plusieurs carpelles soudés ordinairement à plusieurs loges. Ovules courbés- réfléchis. Embryon courbé ou annulaire, entourant un périsperme.

caryopse, caryopsis. Fruit sec contenant une seule graine qui est soudée de toutes parts avec un péricarpe mince : ce fruit a l'aspect d'une graine. — Ex. le fruit (nommé vulgairement grain) chez la famille des Gramiuées : le Froment, l'Avoine, le Mais, etc.

CASCARILLE (mot espagnol : petite-écorce). Le Crolon ammaticum et le C. Eluteria (fig. 209). Arbres de la famille des Euphorbiacées qui croissent aux Antilles. L’écorce sèche des rameaux est très-odorante ; c'est un médica-

Fig. 209. — Sommité florifère de l'Arbre -à -cascarille

(Croton aromaticum ; C. Eluteria).

ment tonique et astringent. La poudre de cascarille a été associée au quinquina comme fébrifuge; on la mêle quelquefois au tabac pour l'aromatiser. Cette écorce a été désignée dans d'anciennes pharmacopées sous le nom de quinquina-aromatique. Crolon Eluteria se rencontre aux Iles Lucayes, et il est abondant à Haïti. Ses feuilles froissées ont l’odeur aromatique de la Sauge ; on en prépare une infusion amère, stimulante des fonctions digestives.

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