CII.V.N V II K ( Cannabis saliva, fam
des Cannabinées). Le Chanvre (lig. 259) est originaire de l'Asie; il est cultivé de temps immémorial daus l'ancien inonde pour l’usage si important qu’on fait des libres de son écorce, qui nous fournit le (il dont on fabrique la toile, et par suite le papier. Le fruit du Chanvre (chènevis) renferme une huile siccative d'une saveur désagréable, mais douée de propriétés sédatives. C’est avec les feuilles du Chanvre «pie les Orientaux préparent la substance (analogue à l'opium) connue sous le nom de haschich.
Emilie lier parle en ces termes des produits du Chanvre et du Houblon : « Suhstanlia a mai a in JJunmli floribus... » Je traduis : Les fleurs du Hou-
Fig. 269. — Chanvre {Cannabis sativuj.
Sommité fleurie de l'individu mâle.
CHAPELET. — CHARACÉES. 255
blon sont couvertes de granules farineux de saveur amère et de nature résineuse (petits organes glanduleux d’une forme régulière intéressants à examiner au microscope). C'est cette substance qui communique 5 la bière ses propriétés légèrement narcotiques. La bière plait surtout aux populations d’uu naturel placide et circonspect, habitants flegmatiques des climats froids où le soleil trop pâle refuse de faire mûrir le raisin. — Au contraire, un soleil ardent surexcite le penchant des Asiatiques à se saturer de délices immodérées. Ils retirent du Chanvre une substance narcotique, dont les propriétés agissent sur le cerveau avec plus d’intensité que l 'opium : le haschich stimule les tempéraments épuisés ; il chasse la tristesse des convoitises inassouvies, mais le sentiment de gaieté qu’il provoque est un sentiment hébété ; il endort et jette le dormeur dans l’extase des rêves les plus extravagants de volupté.
c hapelet, precatorium, monile. — En chapelet (inoni/t/orr/f ta), sedit d’un organe qui présente une série de renflements globuleux séparés par des étranglements profonds.
CH VIt.YCI.KS. Plantes acolylées (Cryptogames) considérées par Endlicher comme constituant une famille appartenant il la classe des Algues; mais placées plus généralement parmi les Cryptogames acrogènes (s’accroissant par le sommet), et regardées, malgré la simplicité de leurs organes végétatifs (tiges composées de cellules tubuleuses), comme supérieures aux Algues par la structure toute spéciale de leurs organes reproducteurs. Elles vivent, du reste, dans les eaux douces ou sauimltres, complètement submergées, comme les Algues, et présentent l’aspect de certaines Algues filamenteuses. — Par leurs caractères spéciaux, les Characées constituent une classe ; cette classe ne renferme qu'une famille, et cette famille ne comprend que deux genres ( Nitella et Chara).
Les organes des deux sexes existent dans les Characées, soit réunis sur le même individu (espèces monoïques), soit, plus rarement, séparés sur des individus distincts (espèces dioïques). — L’organe reproducteur femelle des Chara est l'analogue de la ihèque d'un Lichen, du sporange d’une Fougère, de l’archégoue d'une Mousse, mais il ne contient qu’une seule spore, et change peu de forme en passant de l’étal ovulaire à l’état de fructification. On lui donne ordinairement le nom de sporange. I-e sporange d’uu Chara (fig. 260) se compose d’une tunique crustacée recouverte d'une enveloppe adhérente formée de petits tubes rapprochés, décrivant une spirale et se terminant au sommet du fruit par 5 dents coniques; l’intérieur (fig. 261) est occupé par une grosse spore adhérente à la tunique crustacée. Ce fruit se détache d'une seule pièce à la maturité, et ne s’entr ouvre qu'il l’époque de la germination |iar la déchirure de ses parois à sou sommet. — L'organe reproducteur mâle des Chara est l’analogue de l’anlhéridie des Mousses et de celle des prothalles des Fougères (on lui donne quelquefois le nom de zoothèt/ue); ces anlhéridies sont de forme globuleuse et de couleur rouge. En voici une nouvelle description : Un pédicelle formé d’une cellule cylindrique produit à son extrémité huit tubes secondaires rayonnants; du sommet de chacun de ces rayons part, en rayonnant, une série de tubes soudés constituant une plaque triangulaire crénelée; de là, huit plaques triangulaires crénelées qui s’engrènent bord à bord (comme les os du crâne) pour former
CHAIIAI Kl. S.
une petite sphère creuse, de couleur rouge (celle couleur est duc à des granules colorés renfermés dans les tubes transparents). Du centre de cette capsule ou anlhéridie, c’est-à-dire du point duquel partent les huit rayons, parlent aussi, eu grand nombre, des tubes cloisonnés très-lins (fig. 262), qui remplissent la cavité de la petite sphère creuse. Chaque article de ces tubes cloisonnés contient un anthérozoïde filiforme, euroulé en spirale, qui porte, vers sa partie antérieure.
Fig. 260.— Sporange ( fortement grossi )
d’un Char a.
Fig. 261. — Coupe longitudinale ( fortement grossie) du sporange d’un Chara,
Fig. 262. — Groupe des tubes cloisonnés dont chaque article renferme un anthérozoïde (fig.
fortement grossie).
deux longs cils en forme d'antennes. Ces animalcules s'échappent de leurs cellules et nagent capricieusement dans le liquide; ils arrivent sans doute au jeune s|x>rangc à la faveur du mucilage dont les anthéridies sont souvent entourées, et de l’eau dans laquelle la plante vit submergée. Ces anthérozoïdes, qui sont d'une extrême ténuité, ont été parfaitement étudiés, décrits et figurés par notre savant et habile algologuc, M. G. Thurcl.
|j,‘s organes de la végétation des Characécs sont assez simples. Dans le genre jXilella, ils se composent de tubes monocellulaires dont chacun constitue un entre-nœud; de chaque articulation (au niveau de chaque diaphragme) part un verticille de rameaux également tubuleux, souvent dicholomcs ou polychotomes. Dans, le genre Chara, les tiges princi|>ali-s sont comme renforcées d'une enveloppe adhérente, par un rang de petits tubes accessoires (ayant l'aspect des colonnettes qui décorent les piliers gothiques) un peu courbés en spirale. Ces tubes sont pleins d'un liquide dans lequel des granules très-fins circulent eu suivant les parois du tube de bas en liant par un côté, et en redescendant du côté opposé (pour remonter et redescendre indéfiniment : mouvement de gyration). Ces cellules de beaucoup d'autres plantes présentent une circulation analogue. Souvent les tiges des es|ièces du genre Chara sont encroûtées d’une incrustation calcaire.
La disposition des organes de la fructification est assez variée, selon les espèces. Dans les Chara proprement dits, l'organe femelle (sporange) est situé au-dessus de l'appareil mâle (anlhéridie) ; dans les Nitclla, cette disposition relative est inverse. Dans les Chara, lespetits groupes, composés chacun d'une seule anthéridie surmontée d'un seul sporange (entouré d’un involucre latéral de ramuscules nommés bractées), sont disposés le long de la face interne des rameaux qui constituent les verticiiles supérieurs; dans les .Xitrlla, les rameaux fructifères soûl souvent dicliulomes ou itolycliolomes, et les organes de la fructification sont situés au niveau de l'angle des bifurcations, ou quelquefois au niveau