CIGUËS
.surtout les vaisseaux lymphatiques; elle active l’action absorbante des vaisseaux capillaires. On emploie avec succès l'emplâtre de Ciguë pour déterminer la résolution des tumeurs du sein et autres organes glanduleux. La plante pilée, et appliquée sous forme de cataplasme sur les tumeurs cancéreuses, en calme les douleurs lancinantes. A l’intérieur, on l'emploie sous la forme d’extrait, de teinture, de pilules, contre les aiïectious nerveuses dans les mêmes cas que la Belladone, cl contre les affections scrofuleuses. On en suspend remploi quand il se manifeste du trouble dans la vue et de l'engourdissement.
PETITE-CIGUË (Æthimi Ci/nupiimi ). (Jette plante (fig. 275), qui se trouve si communément dans les lieux cultivés, et dont la feuille présente une certaine ressemblance avec celle du Persil, a souvent occasionné de fâcheuses méprises. I.a Petite-Ciguë, lorsqu’elle est en fleur, se distingue aisément du Persil par son involucre unilatéral plus long que l’ombelle, rejeté en dehors et réfléchi; son fruit est globuleux, et ses carpelles hémisphériques. Chez le Persil, le fruit est presque didyme, et chacun des deux carpelles est oblong.
Les fleurs de la Petite-Ciguë sont blanches; celles du Persil sont d'un vert jaunâtre. Les feuilles de la Petite-Ciguë sont d'un vert foncé, les supérieures dépassent les ombelles;. les feuilles du Persil sont d’un vert lustré, les supérieures sont divisées en segments lanréolés-linéairos, et ne dépassent pas les ombelles fleuries. Les feuilles du Persil froissées exhalent une odeur aromatique; les feuilles froissées de la Petite-Ciguë, une odeur vireusc. — L ’Æthum Cynapium renferme une substance alcaloïde qui agit à la manière des poisons narcotico-âcres.
CiGUË-vtBEUSE ( Cicuta virosa). Cette plante dangereuse (lig. 276) croit dans les marais de l’Europe et de l’Asie. Il est peu de poisons dont les effets soient plus terribles cl mieux caractérisés ; le suc le plus vireux est contenu dans l’écorce du rhizome, qui est volumineux, charnu et cloisonné (par les déchirures de la partie médullaire). Ce soc est laiteux, d’un blanc jaunâtre devenant safrané par la dessiccation ; sa saveur est caustique, et sou odeur nauséeuse. Il se compose d'une substance résineuse unie à une huile volatile et à une matière sucrée. Ingéré dans l'estomac, il détermine une chaleur brûlante eu môme temps qu’une soif inextinguible, puis l'inflammation du tube intestinal, le hoquet, des spasmes, des vertiges, desuiouvcmeuts convulsifs, et enfin la mort. A l’autopsie, on trouve les organes tuméfiés, l'estomac et les intestins enflammés, érodés, et même spbacélés; les vaisseaux du cerveau sont gorgés de sang. — Les empoisonne -
Fic. 275. — Petite-Ciguc ( Æthusfi Ci/nnpium), sommité florifère (plante réduite).
«.IL. — C1NRAMOMEUS.
inents par les substances végétales, par la Ciguë, par exemple, doivont cire traités immédiatement par les vomitifs, puis par les laxatifs; on administre des potions huileuses pour favoriser les évacuations. On combat ensuite les
Fig. 276. — Ciguë vtreuse (Cicu/a vïrosa), feuille, ombelle et racine (plante trèa-réduite).
accidents inflammatoires et autres par les boissous émollientes, la saignée, les révulsifs, etc.
CIL, cilium. Cils, les poils cuurts et plus ou moins roides placés sur le bord d’uno surface, d'une feuille, d'un pétale, le long d'une arête (arista), sur les angles d'une tige, d’un fruit, etc.
CILIÉ, ciliatus. Bordé de cils.
«■B. — Voy. CrME.
Cimicinus (cime a, punaise ; en grec, imi;). Qui exhale une odeurde punaise ; ex. : les fleurs de l 'Orchis coriophora; la Coriandre ( Coriandrum saiivum), toute la plante â l’état frais exhale une forte odeur de punaise. — Cimicifuga. Genre de la famille des Rcnonculacécs, dont quelques espèces passaient pour avoir la propriété d'éloigner les punaises.
CINCHONACÉES. Sous-famille des Hubiacées caractérisée par : ovaire à loges multi-ovulées, loges du fruit à graines nombreuses. Le genre le plus célèbre de ce groupe est le genre Cinchuna, Quinquina (voy. ce mot). Citons encore les genres Rnndeletiu , Bouvardia, //induit i, Gardénia, (Jxyantkus, Rurchellia.
Cinctus. Entouré de, ceint de.
Cinerascens. Qui tend au gris cendré, d'uu gris cendré pûle ou blanchâtre. Le mot cinerescens, qui serait plus latin, n'est pas employé dans ce sens, parce qu’il signifie ; tombant en cendres.
Cinerens. D'un gris cendré.
Cinnabarinta. D'un rouge orangé vif, couleur de ciunabre, vermillon.
Cinnamumeus. Dont l’odeur rappelle celle de la cannelle (Cinnamomum).
ClHCtACtLS. — CIRIt.lt.
CIRCÉACÉES. famille de plantes dicotylées dialypétales, à ovaire adhérent, souvent rattachée comme section à la famille des Onagrariées, et renfermant le seul geure Circœa. Les Circiea sont de petites plantes herbacées, à Liges grêles, à souche vivace, croissant dans les bois frais et humides: le C. lutetiana n’est pas rare aux environs de Paris. — Les caractères de ce genre, ou de cette famille, sont les suivants : feuilles opposées, dentées, sans stipules, fleurs disposées en grappes maigres terminales. Tous les organes de la fleur sont par deux : Le calice, à tube adhérent, est à limbe biGde ; la corolle est ii deux pétales épigyues; les étamines, 2, sont insérées au niveau des pétales; le style indivis est à stigmate bilobé. Le fruit est composé de 2 carpelles soudés au tube du calice; ces carpelles ou loges sont monosperntes. La graine, suspendue, est dépourvue de périsperme et est à embryon droit.
Circinalis , Circulât us. Enroulé en spirale du sommet à la base. — Folia circinalia, feuilles roulées en crosse (ex. : les feuilles jeunes des Ùrosera, les frondes des Fougères, etc.).
CIRCINÉES (Feuilles), folia circinata. Se dit de feuilles et frondes enroulées eu crosse peudaut la préfoliaison.
i iR(OMf:HtA( t:. ambitus = circurnductio = circumferentia. Ligne qui limite un cercle, cl par extensiou, ligue qui limite une surface quelconque.
riRtovstRtniov, circumscriptiu. Étendue limitée par une circonférence. S'emploie aussi comme synonyme de circonférence, mais en considérant la ligne de contour comme matérielle et non comme idéale.
Circulons. Circulaire, qui a la forme d’un cercle. — Embryo circulons
— annularis, embryon annulaire : par exemple, celui des Chéiiopodiées.
Circumdatus. Environné, entouré par.
Circumductio=Circumferentia, circonférence.— Circum/lexus, en cercle.
Circumnexus. Environné, enveloppé.
Circumtcissus. Qui semble coupé circulairemcnl; ex. : le péricarpe de certains fruits. Ces fruits sont désignés sous le nom de pyxide, à leur maturité.
— Circumscisse deliisceus, s’ouvrant à la manière des pyxides. (Le fruit est une pyxide chez les Anagatlis, les Hyoscyamus, etc.)
Circumscriptiu, circonscription. — Circumscriptus. Qui est circonscrit par une circonférence.
CIK1ER ( Myrica cerifera, fam. des Myricées, détachée de celle des Amcntacées). Arbrisseau aromatique-résineux, très-abondant dans les marais de l'Amérique du Nord, oti son parfum purifie, pendant les chaleurs de l’été, l'air des marécages. Il a l'aspect du ,\l. Gale, commun dans nos marais dit nord de l’Europe. Ses fruits bouillis (renfermés dans un sac) laissent mouler à la surface de l’eau une substance oléo-résineuse verdâtre, qui a la consistance de la cire et dont ou fait quelquefois des bougies. la lueur de ces bougies est faible et d uue nuance verte peu agréable; on n'emploierait ce mode d’éclairage que faute de pouvoir s'en procurer un autre. — Deux Palmiers de l'Amérique du Sud : le Ceroxylon nndicolu (qui habile les hauts plateaux de la Bolivie et du Pérou), et le Copernicia cerifera, arbre du Brésil, fournissent une cire plus abondante et plus estimée. La meilleure parait être celle du Ceroxylon, qui se dépose, dit
CIRRUS. — CI STI N tl-.S.
M. le comle Jaubert, par couches de 5 i 6 millimètres d'épaisseur, à la surface des cicatrices laissées sur le tronc de l'arbre par la chute des feuilles. I.a cire du Copcmicia cerifcra est uue exsudation des feuilles ; on la mêle à la cire des abeilles.
Cirrus (1), vrille. Organes filiformes qui terminent certains pétioles, le rachis de certaines feuilles composées-peunécs (fig. 277), certains pédoncules, etc. (ils résultent, en général, d’une sorte d’élongation de ces organes), et s'entortillent
Fie. 277. — Feuille terminée en vrille du Lalhyrus lalifolûu.
en spirale autour des corps voisins. — Cirriferws , Cirratus. Qui est muni de vrilles, qui émet des vrilles. — Cirriformis. En forme de vrille. — Cirrosus. Qui tend à passer à la forme de vrille, qui s'enroule comme une vrille sans avoir la forme d’une vrille (ex. : les pétioles des feuilles chez certaines Clématites).
CISTES. Espèces du genre Cisius (F. des Cislinées). — Le Ci si us ladani férus est une plante officinale. Cette espèce appartient à la région méditerranéenne; elle est rare en France et abondante en Espagne. On recueillait autrefois le suc résineux sécrété par l’écorce de plusieurs espèces du genre Cisius sous le nom de Indanum (du persan lailan). Celte résine est associée à une petite quantité d’une huile volatile; elle est douée de propriétés excitantes. La falsification de la résine dite Indanum avec des résines d'origines diverses cl d’un prix inférieur a sans doute été cause de l'abandon de cette substance.
CISTINÉES. Famille de plantes dicolylécs gamopétales, à ovaire libre, assez voisine des Violariées. Les Cislinées sont des plantes herbacées et pins ordinairement encore sous-frutescentes, des arbustes très-rameux. Elles se plaisent dans les lieux arides, et brûlés par le soleil, des contrées tempérées de l’hémisphère horéal ; elles sont abondantes surtout dans la région méditerranéenne ; un certain nombre habitent l'Amérique du Nord. Iæs Helianthemum appartiennent presque exclusivement à la flore d'Europe. Il en est d'annuels; le plus grand nombre, à souches vivaces, forment de jolies touffes ornées de fleurs jaunes ou blanches, et décorent les coteaux pierreux ou sablonneux en friche; quelques espèces embellissent les pentes rocheuses des Alpes. Mais la famille des
(1) On doit écrire cirrus, et non cirrhm, ainsi qu’on l’écrit par erreur en botanique et en météorologie, ce mol étant essentiellement latin (il signifie proprement boucle de cheveux) et n’ayant nullement une étymologie grecque.
CIIRINUS. — CITROUILLE.
Distillées brille surtout dans le genre C iftus. C’est un s|iectacle ravissant (|ue de voir les innombrables toulTcs de Cistes, d’espèces variées. <|ui couvrent les collines pierreuses de la Provence, constellées, au printemps, de myriades de fleurs blanches ou roses: les pétales, très-caducs, se détachent vers le déclin du jour; de nouvelles Ocurs s’épanouissent charpie matin. Dans l'Amérique du Nord, les lléliauthèiues ont pour équivalents les Ijechea, cl les Cistes se retrouvent près des Hudsoniu.
I.es caractères de la famille des Cislinécs sont les suivants : Tiges et feuilles souvent pubescentes, quelquefois visqueuses. Feuilles simples, entières, ord. opposées, rarement en spirale, ord. péliolécs, munies de stipules. Fleurs en faussesgrappes terminales, en cymcs ombelliformes ou solitaires, jaunes, blanches ou roses. Calice à 5 sépales, libres, persistants, les 2 extérieurs ord. plus petits, quelquefois nuis, les 3 intérieurs à préfloraisou contournée. Corolle à 5 pétales, libres, très-caducs, émarginés, à préfloraison contournée en sens inverse du calice. Etamines eu nombre indéfini, hypogyues, libres, à filets filiformes. Ovaire libre, à placentas pariétaux ou prolongés en demi-cloisons lamelliformes. Ovules plus ou moins nombreux, droits ou semi-rélléchis. Fruit capsulaire, cartilagineux ou ligneux, ord. uniloculaire ou incomplètement pluriloculairr, à 3-5 carpelles, rarement 6-10 ; styles soudés en un style filiforme. Graines pins ou moins nombreuses, très-petites, arrondies, pourvues d'un |)érisperme mince contenant un embryon courbé, plié, replié nu en spirale, rarement presque droit ; radicule dirigée vers le point opposé au hile, rarement dirigée vers le hile.
Citrimu. De couleur citrine, couleur de l’écorce de citron, d’un jaune pâle.
CITRONNELLES. Plusieurs plantes dont les feuilles froissées exhalent une odeur agréable d'écorce de citron : l'Aurone (Artemisia Abrotanum, Composées), la Mélisse, ( Me lissa officinalis, Labiées), la Verveine odorante ( Lippia citriodora , Vcrbénacées). — L’huile de citronnelle est obtenue par la distillation de P Andropugon Scluenanl/ius, Graminée des Indes orientales et du cap de Bonne- Espérance.
CITRONNIER ( Citrus medicn, famille des Auranliacées). L’acidité du fruit (citron) du Citronnier n'a rien que d’agréahle. Coupé en tranches, ce fruit fournit, par infusion ou par macération dans l’eau, avec addition de sucre, une boisson tempérante, agréable aux malades, et d'un usage vulgaire pendant les chaleurs de l'été, la: sur pur du citron, avec addition de quantité suffisante de sucre, constitue le sirop de citron. La partie de l'écorce de citron ou d'orange qui renferme l'huile volatile, enlevée avec soin et. unie à un poids égal d'alcool, constitue, après une longue macération, une conserve dont quelques gouttes suffisent pour aromatiser un verre d’eau sucrée cl le transformer eu limonade. La Bergamote, dont l’écorce est employée par les parfumeurs à la préparation d'un parfum très-usité, est une variété à pulpe non acide du Citronnier. L'écorce de la racine du Citronnier a été regardée comme fébrifuge. — Couleur citron {citrimu), couleur jaune pâle de l'écorce du fruit du Citronnier. — Le bois de Citronnier, qui est de couleur jaune, est employé dans la tabletterie.
CITROUILLE (Cucurbita l’e/io, C. maxima et C. moschata, famille des Cucurbitacécs). Voy. Potiron.
UtKNAIN (DS ST-elERKE'.
CLAIX). — CLADODE.
('Mo ou L'Indou, dans les mots composés dérives du grec, signifie branche ou rameau.
« I. Allons:, cladodium. Les feuilles réduites, dans leur étal normal, a un pétiole aplati, portent le nom de phyUnde (feuille déformée); par analogie on a donné (iMartius) le nom de cMorle (rameau déformé) aux rameaux qui, dans leur étal normal, simulent des feuilles en raison de leurs formes anormales et leur couleur verte. Les cladodes présentent une certaine analogie de forme et même de structure avec les rameaux des végétaux qui se développent sous Pin-
Fio.278 C/ailmte Fig. 279. — Rameau chargé Fig. 280. — Sommité de tige
florifère d'un /%/- de cladotlea à pointes pi- d'un (ynintiu (clntlwlïs articulés,
hmthus. quantes du Petit - Houx charnus).
(Ruscus aculeat ma).
fluence du phénomène tératologique de la fasciation (ou expansitilé); mais les rameaux fasciés sont irréguliers et ont une tendance à s élargir intleliniment, et jusqu'au |M>inl de se partager en plusieurs rameaux ordinairement parallèles; tandis que les cladodes sont des organes normaux à extrémité arrondie ou même aiguë, et dont la forme est régulière et constante pour une même espèce.
Un des exemples les plus vulgaires de plantes à cladodes est le Petit-Houx (/(utcus aculeatus) (lig. 279), dont les feuilles sont réduites à de très-petites écailles, et dont les ramusculcs fructifères, verts, comprimés-aplalis, déformé ovale-aiguë, affectent sur les tiges la disposition cl l’aspect de feuilles normales.
, Vers la partie moyenne de ces cladodes, se développe un bourgeon florifère produisant fleur cl fruit. Le genre PhyUanthus ou Xylophylla (tribu des l’hyllan-