CRAMPONS
dans les Méliacées. Le Cousso est un grand arbre touffu, b fleurs dioïques, b feuilles imparipennécs, qui n’est pas rare en Abyssinie. — Les habitants de l'Abyssinie sont généralement tourmentés par les vers intestinaux les plus redoutables, et notamment par le ténia. La nature, en leur donnant le cousso, a mis le remède à côté du mal. Ils font sécher les panicules de fleurs femelles, les réduisent eu poudre, cl eu avalent environ 31) grammes qu’ils arrosent d'une notable dose d'hydromel. Souvent ils associent au cousso, soit en poudre, soit en infusion, les plantes abyssiniennes suivantes, dont la plupart sont, comme le li rayera abyssinien, b la fois purgatives et vermifuges : l’Awlé ( Jasminum jloribundum), le Schchti ( Pirnunia abyssinien), le Tirnaha ( Verbascum Ternacha), le Tambuk ( Croton marrostachys), l'Affafalo (liryonia scrobirulata), le Mattereï (/ludd/eia /mlyslarhya), l’Adandash [Euphorbia depauperata) , et l'Eudor-Uorhen ( Euphorbia Petitiana et E. Schimperinna).
Le cousso a été essayé en France contre le ténia, soit en poudre (en Europe, la dose habituelle est de 15 grammes), soit en décoction; on en extrait une substance résineuse qu’on administre en pilules, b la dose de 50 centigrammes. — L'action du cousso est incontestable, les malades rejettent le ver pelotonné; malheureusement la tète et les premiers anneaux, qui sont liliformes, sont rarement expulsés et reproduisent le corps; puis la tête même étant expulsée, le médicament ne peut mettre b l’abri de la récidive. (Voyez le mémoire de SI. Eug. Fournier : Des teni juges employés en Abyssinie.)
CR AVI PONS, fulcra. Nom donné b des racines advenlives qui naissent dans toute la longueur de certaines tiges grimpantes; ce uom a été surtout appliqué aux racines advenlives (celles du Lierre, Iledera Hélix, par exemple) qui servent b fixer la lige lorsqu'elle grimpe contre une muraille ou contre un arbre (fig. 367). On a voulu voir dans ces crampons un organe particulier et différent des racines, parce qu'ils servent b fixer la plante et non b la nourrir; en effet, si l’on coupe la plante au-dessus du niveau du sol, les racines dites crampons n'absorbant pas de nourriture et ne pouvant suppléer aux racines enfoncées dans la terre, la plante ne tarde pas b périr. — Ayant remarqué que chez la variété du Lierre qui rampe dans les bois b la surface du sol, les crampons sont remplacés par de véritables racines qui s'enfoncent dans la terre et nourrissent la plante, j’ai couché sur le sol des rameaux de Lierre détachés d’une muraille, cl j'ai vu les crampons passer b l’état de racines. Les crampons du Lierre sont donc de véritables racines; quand ces organes s'appliquent contre une écorce, ils n'y puisent aucune nourriture (n'ayant point la structure des racines dites suçoirs des plantes vraiment parasites ou n’y trouvant qu’une alimentation insuffisante, ou nulle s'il s'agit d'une muraille), mais ils prennent l'aspect et jouent le réile de véritables racines lorsqu'ils se développent en contact avec le sol.
Fui. 367. — Fragment de tige de Lierre (Hed&ra ffelix) munie de crampons.
CRASSULACÉES.
Un grand nombre de plantes grimpantes s'accrochent aux corps voisins non par des crampons, mais par des vrilles (voy. ce mot). — Muni de crampons, fulcratus, odligatu», alligatns.
CRASSULACÉES. Famille de plantes dicotylées dialypélalcs, 4 ovaire libre, dont les espèces sont vulg. désignées (avec les Cactées) sous la dénomination de plantes grasses, en raison de leurs feuilles charnues. Cette famille, remarquable par la régularité de son type dorai, ne l'est pas moins par la beauté de ses Heurs : un grand nombre des plus belles espèces (des genres Sempervivum, Crassula, Horhea, Echeveria , etc.) enrichissent nos jardins et nos serres, où l’on se plait 4 les trouver groupées en nombreuses et brillantes collections, près des Cactées, des Aloès, des Stapclia, et des Euphorbia à tiges charnues. — La plupart de ces belles plantes sont originaires du cap de Bonne- Espérance ; nos climats tempérés de l'Europe, et surtout la région méditerranéenne, en offrent un assez grand nombre dont quelques-unes se plaisent dans les anfractuosités
Fig. 3G8. — Sommité de tige d'un Crassula à feuilles charnue» cordiformes.
Fig. 3<>9. — Crassu/acée, I e Srtlum acre. Plante fleurie, de grandeur naturelle.
des rochers des hautes montagnes. Les autres espèces se partagent entre l’Amérique, l'Asie et l'Australie. — Les Crassulacées se distinguent aisément par leurs carpelles nombreux (5 ou plus) des Saxifragées (à 2 carpelles), dont elles sont, du reste, très-voisines. — Deux genres exoliques, 4 carpelles soudés entre eux, constituent la sous-famille des Diamorphêes. Les Crassulacées normales sont 4 carpelles libres entre eux, et se divisent en deux tribus : 1° Isostêmonêes (étamines en même nombre que les pétales), comprenant deux sections : CrassulF.es (pétales libres), ex. genres Crassula (fig. 368), Tillwa, etc. , et RochÊées (pétales soudés en corolle gamopétale), ex. Jtoc/iea ; — 2“ Diplostémonêes (étamines en nombre double du nombre des pétales), comprenant deux sections : Sêdêes (pétales libres), ex. Sedum, Sempervivum, et Ombuucées (pétales soudés en corolle gamopétale), ex. Umbilicut, Cotylédon , Echeveria. — Qui n'a admiré, sur les vieux murs, les touffes jaunes du Sedum acre (Gg. 369) et les tiges 4 têtes dorées des .V. reflexum et elegans (remplacés en Provence par le S. maximum) ? Qui n’a remarqué dans les pâturages les panicules roses
CRASSUS. — CRÉNELURE. 343
du .S. Telephium (Orpin, Herhe-à-la-coupure) ? Qui n’a donné un regard au joli Sedum album (lig. 370), en traversant des sables brûlés par le soleil, on en suivant la berge des rivières? Qui n'a rêvé d’un toit de chaume fleuri et moussu, à cime frangée d’iris et de Joubarbe (Sempervivum teclorum)"!
Les caractères de la famille des Crassulacées sont les suivants : Plantes herbacées ou sous-frutescentes à tiges et à feuilles ord. charnues-succulentes. Feuilles ord. en spirale, rar. opposées ou verticillées, simples, entières, très-épaisses, sans stipules.
Fleurs hermaphrodites, ord. en cymes ou en grappes scorpioïdes disposées en cyme. Calice libre, à 5 sépales rar. plus. Corolle hypogyne, à |)éta!es en même nombre que les sépales, libres ou soudés inférieurement en tube. Étamines hypogynes ou soudées au tube de la corolle, en même nombre que les pétales ou en nombre double ; le premier rang alterne avec les pétales, le second avec le précédent.
Ovaire à carpelles ord. libres, terminés chacun par un style court, ord. en même nombre que les pétales, ord. pluri-ovulés. Ovules réfléchis, insérés à la suture ventrale des carpelles. Fruit ord. composé de carpelles libres, folliculaires, s’ouvrant par la nervure dorsale (bculicides). Graines très-petites, à périsperme mince renfermant un embryon droit.
Cramas, épais. Se dit des feuilles charnues (ex. : celles des Crassulacées, etc.). — Crassiusculus. Un peu épais.
CRATÉRIFORME, crateriformis. En forme de tasse hémisphérique.
création des espèces végétales simultanée (?) ou successive (?). Voy. Ages nu HÉC.NE VÉGÉTAI..
création primordiale pour chaque espèce d'nn seul (?) ou de plusieurs individus (?). Voy. Ages nu régne végétal.
Creber. Nombreux, abondant, qui foisonne. Se dit d'étamines en nombre indéfini.
crénocarpe, rremocarpus (mot peu usité) = Polakène, et mieux Polyakène. Fniit constitué par plusieurs akènes (voy. Akène) qui deviennent libres à leur maturité. Si le fruit n’est formé que de deux akèues, par ex. chez les Ombcllifères et les Rubiacées, on se sert du mot dialiène (voy. Diakène).
Crena. Cran, crénelure. — Crtnatura. Série de crénelures. — CremUa, Petite crénelure.
Crenatm. largement crénelé. — Crenulalus. Finement crénelé.
CRÉNELÉ, crenalus, crenulalus. Qui présente des crénelures.
( RÉNELI RE, crena, crenalura. Dents arrondies et obtuses que présentent certaines feuilles à leur circonférence, certains fruits sur leurs côtés ou leurs angles, etc. ; ex. : les feuilles du Lierre-terrestre ( G le chôma hederacea).
3,'lft CRÉPU. — CRESSON-DE-EONTAINE.
CRÉPU, crispas, crispât us = Crispé, Ondulé. Se dit des feuilles fortement ondulées, à ondulations elles-mêmes ondulées, découpées ou non en lanières courtes et frisées. Cette forme, qui est normale chez le fiume.r crispas, le Malva crispa, etc. , résulte de l’ampleur de la partie extérieure du limbe trop considérable relativement à l’étendue de la partie centrale du limbe. I.es feuilles des Nymphwa développées sous l’eau sont souvent ondulées-crépuesj j’ai rencontré le Phyteuma spicntum à feuilles accidentellement crépues. On a obtenu par la culture un grand nombre de variétés à feuilles crépues chez les plantes potagères. Ex. : le Chou-frisé (/irassica aleracea, var.), la Chicoréefrisée (Cichori um Endivia, var.), le Céleri-frisé ( Apium graveolens, var.), le Cerfeuil -frisé {Anlhriscus Cerc/olium, var.) et le Cresson-alénois-frisé ( Lepi ilium sativum, var.).
Crescenti-lobatus, cresccnti-pirmatus, crtscenti-pinnatisectus. Se dit des feuilles lobées, pennées, pennatiséquées, dont les lobes ou les divisions inférieures sont très-petits, les intermédiaires plus grands, et les terminaux trèsamples. La feuille lobée du Chêne-commun et celle du Sorbut Aria, ainsi que la feuille pennatiséquée du PolentiUa Anterina, présentent ce caractère. Plus rarement on observe la disposition inverse ( folium decrescenti-lobatum), où les lobes du sommet sont moins grands que ceux de la base (ex. : le Sorbus lalifolia).
CRESSON-ALÉXOIS ( Lepidium sativum, F. des Crucifères). Plante appartenant à la culture potagère. Le suc est doué de propriétés antiscorbutiques.
CRESSON-DE-I1RETAGXE, Cran-dc-Bretagne, Cranson. Plante potagère plus connue à Paris sous le nom de Raifort, le Cnchlearia Armoracia (famille des Crucifères). Sa racine, d’une saveur fortement piquante (la saveur du Cresson-alénois très-exagérée), entre dans plusieurs préparations culinaires. Celte plante mériterait (au point de vue de cette saveur presque irritante) le nom de S asturtium. — Dans le centre de la France, le nom de Raifort est souvent appliqué h la variété, à grosse racine napiforme, à écorce noire, à saveur fortement piquante, du Radis (Raphanus salivas var. niger, R. niger, Mérat).
CRESSOX-DE-CIIEVAL. Nom vulgaire du Veronica Beccabunga. Voy. Beccabom.a.
CRESSON -DE- FONTAINE (1 ) (Masturtium officinale, F. des Crucifères) (fig. 371). On connaît assez son usage culinaire. On en prépare des infusions, des sucs, des teintures alcooliques, des bières et des vins médicinaux. la; Cres-
(1) L’étymologie du mot cresson est très-douteuse : selon les uns, de etescere, erottre (rapidement) ; selon d'autres, du mot allemand Kresse ; le mot cran (Co-Mearia Armoracia), mot celte, pourrait aussi en être rapproché. — Le mol Natturtium était cmplojé par les Latins, et appliqué au lepidium sativum (vulg. Cresson-alénois), dont la saveur rappelle celte du Cresson-de-fonlaine (Nasturtium officinale). L’étymologie du mot Nasturtium est bien connue (nasus tortus , parce que sa saveur piquante tnunle-au-ncz ; en français du xvtc siècle, nasitort). l’n ancien commentateur de l’lino (Antoine du Pinel, 1615) s'exprime ainsi, en parlant de notre Lrpidium sativum (le Nasturtium des anciens) : «... Da- » vanLage le Cresson alnovs est dit des Latins Nasturtium pource qu'il fait tordre et fron- » cer le nez; aussi nos Français l'appellent Snsi-tort pour ceste même raison. Et de fait, • quand nos gens veulent remarquer de parole quelquo chose vigoureuse et qui esveille la n personne, ils l'appellent Nasi-tort. » — Voy. liait. Soc. bot. de France , Chatin, Note rue te C ici ton-dc- fontaine, tome V, p. 159.
CHESSON-DE-PARA. — CRISTA.
son et !e üorhléaria font la base du sirop dit anliscorbulique. Ces préparations sont administrée! avec succès, non-seulement dans l'afTeclion scorbutique, mais aussi dans les cas d'aiïcctinns scrofuleuses et dartrcuses.
Eic. 37 t. — C.reskon ilc-fon laine ( Scuturtium officinale).
CRF.SSOX-RE-PARA ( S/iilantlies oleraccn, famille des Couqiosées-corymbifères). Plante de l’Amérique tropicale (flg. 372), dont la saveur chaude cl piquante rappelle celle du Corhléaria. Elle est douée de propriétés antiscorbutiques.
Cretaceu», qui habite les terrains cra j eux.
crête, rrista. Nom donné à des appendices charnus de diverse nature et pouvant appartenir aux organes les plus différents.
Des fruits, des graines, etc., peuvent présenter des appendices en forme de crête ; des Ileurs, des inflorescences, peuvent présenter l'aspect d'une crête, etc. Le lobe moyen du pétale inférieur des l‘nli/galn est découpé en crête.
CREVASSÉ, rlmotus. Se dit de certaines écorces, de certains fruits, de certaines graines, dont la surface présente des fissures béantes ou des érailltircs, soit par suite de déchirures résultant des phénomènes d’accroissement, soit par suite de l'isolement de certaines parties laissant des intervalles Fie. 372. — c.rewon-de-Para " entre elles. (Spiùmthet olmtcea).
cribreux ou criblés (Vaisseaux; = Vaisseaux ponctués. Vov. Vaisseaux.
Cribrosus. Percé de trous comme un crible.
Crinitus, Présentant des appendices en forme de crins. — Criniformtt. En forme de crin.
CRISPÉ, cris/ Hts, cnspalus = Crépu = Ondulé. Vov. CRfcpu.
t'risla, crête. — < ris laïus. Qui présente une crête.
f'.RISTAUX. — CROTON.
( RINTtI X Les cristaux de différents sels, qu’on rencontre fréquemment dans les tissus végétaux, sont désignés sous le nom de rnphides.
Crocaius — Owens. De couleur de safran (Crocus), safrané ; d’un rouge orangé. Les stigmates du Safran fournissent une matière colorante de cette couleur.
CROCHU, ndunrus. Recourbé encrochet,onciforme(imrus, crochet, hameçon).
CROISÉES (Feuilles), folia dectissala. Fduilles opposées dont les paires se croisent alternativement à angle droit, de telle sorte que la tige présente quatre rangs de feuilles, bien qu'il ne se trouve que deux feuilles à un même niveau (ex. : Euphorbia Ijithyris).
CROISSANT (En forme de), lutiulalwt. Qui a la forme que nous présente le disque en partie non éclairé de la lune vers les époques de ses quadratures. Les lobes externes de l'involucre chez certaines espèces A’ Euphorbia sont en forme décroissant (ex. : les E. Lathyri s, Ptplus, etc.).
crosse (Prêfoliaison en). Feuilles roulées en crosse (folia cirrinalia), feuilles dont la partie supérieure est enroulée de haut en bas et en dedans (sur leur face interne), selon la nervure moyenne (ex. : les jeunes frondes chez les
Fougères et les feuilles chez les Drosera). — Les rameaux florifères sont enroulés en crosse chez les Borraginées : Myosotis, Heliotropium, etc.
Cettesorte d'inflorescence, quidérive de la cyme, est dite scorpioide.
CROTON. Le geure Croton, de la famille des Euphorbiacées, renferme, parmi scs nombreuses espèces, plusieurs arbres ou arbrisseaux de l'Inde et de la Chine, d'une certaine importance médicinale ou industrielle. — Le Croton Tiglium (flg. 373) est un sous-arbrisseau de l'Inde ; on extrait de ses graines une huile âcre employée en médecine, à l'extérieur comme rubéfiant, à l’intérieur comme émétique et purgatif drastique. — Le C. sebiferum, l'Arbre-à-soif, est cultivé aux Indes et en Chine. Le fruit, broyé, bouilli dans l'eau, laisse surnager une substance grasse qui sert il l’éclairage, et qu’on unit à la cire potir eu fabriquer des bougies. — Le C. lacciferum est un arbrisseau de l'Inde qui laisse exsuder de ses rameaux une résine employée comme vernis ou laque. — Le C. balsamiferum est un arbuste odorant de la Martinique, qui fournit un suc gommo-résineux ou baume employé à l’extérieur comme résolutif et pour la
Fie. 373. — Croton Tiglium , fleur cl fruit.
CRUCIATIM. — CRUCIFfcRBS. 347
guérison des blessures. — Le C. vnriegatum est aux ludes un arbuste ornemental à feuilles lancéolées panachées de vert et de jaune d'or.
Cruciatim (adv. ). En forme de croix, — Cruàatm , croisé. Se dit d’organes disposés en forme de croix.
CRUCIFÈRES. Famille do plantes dicotylées dlalypétales (fig. 374, 375 et 376), & ovaire libre, 4 la fois voisine des Papavéracées et des Capparidées, par le nombre quaternaire des sépales et des pétales, par la structure du fruit et par le manque de périsperme. Cette famille, presque exclusivement répandue dans les contrées tempérées, froides même, de l'hémisphère boréal, est, au point de vue du nombre des espèces, une des plus importantes de la dore d'Europe. A la famille des Crucifères appartiennent plusieurs des plantes potagères le plus anciennement cultivées et les plus vulgaires : le Chou (et ses nombreuses variétés).
Fie. 374. — Sommité florifère et fructifère Fie. 375. — Sommité florifère et fruit d'une d’une Crucifère siliqueute (le Barbarea Crucifère siliqueuse (le Si-ymbrium offivulgnris). cinale).
le Navet, la Rave (espèces du geure ürassica); le Radis ( Raphanus salivas); la Moutarde ( Sinapis nigra et S. albti); le Cresson (Naslurlium officinale)-, les Cocliléarias [Cochtearia officinal is et C. Armuracia), etc. — Des plantes 4 graines oléagineuses : le Colza et la Navette (espèces du genre Brassica), la Cameline ( Camelina saliva). — Une foule de jolies plantes cultivées, la plupart de temps immémorial, dans les parterres : la Giroflée-Quarantaine et Cocardeau [Matthiola anuun), aux fleurs parfumées ; le Violier ou Giroflée-de-murailles, Giroflée-jaune (Cheiranlhus Cheiri); la Julienne ( Hesperit matronalis), odorante pendant la nuit ; la Lunaire ou Miroir-de-Vénus (Lunaria vediviva ); le Thlaspi (Iberis umbcllata), la Corbeille-d'or [Alyssum calycinum), et autres. — Plus une multitude d'herbes vulgaires qui fleurissent au priutemps dans les prés (ex. : Cardamine prntensis); dans les bois montueux (ex. : üentaria); sur les talus gazonnés des escarpements des Alpes et des Pyrénées, au voisinage des
cRUCirfeRBS.
neiges fondantes, les panicules blanches de IMrnAi's al pin a et les petites touffes cespiteuses des Drnba pi/renaica, aizoiiles, nivalit, stellata et tomentosa ; sur le bord des eaux (ex. : Nasturtium palustre , amphibium , etc.); sur les collines pierreuses (ex. : g. Biscutella); sur les vieux murs ( Sisymbrium Sophia,
Fie. 376. — Sommité florifère et fruc- Fig. 377. - Sommité florifère d'une Crucifère lifère d'une Crucifère «iliculeuse (le siliculeuie, le Pa«lel (Italit hnctoria).
CapseUa B ur sa -pas ton s ).
S. ! rio , Diplotaxis muralis). Une des mauvaises herbes les plus communes est la Boursc-de-Capucin , Bourse-i-paslctir ( Cn/tselln Buna-pastoris) (lig. 376). Les caractères généraux de la famille des Crucifères sont les suivants . Plantes
Fin. 378. — Fleur (grossie) Ftc. 379. — Fleur (grossie',
deI7«ifù tinctoria. du Harharea vu/garù.
herbacées annuelles on vivaces, quelquefois à tiges indurées sous-frutescentes ; à sur. aqueux, un peu Scre (anliscorhutiqne). Racines souvent pivotâmes, quelquefois charnues. Tiges ordinairement rameuses, à feuilles simples, alternes, penninervées, souvent lyrées ou découpées, les inférieures quelquefois en rosette.
CRUCIFÈRES
atténuées en pétiole, les supérieures sessiles, quelquefois embrassantes -auriculées. Meurs hermaphrodites régulières (fig. 378, 379 et 380) (diagrammes de plusieurs de ces fleurs, lig. 382 à 387), disposées ordinairement en panicules ou en corymbes; ordinairement blanches, jaunes ou lilas, souvent odo-
Fig. 380. — Fleur de la Lunaire, le Lunarin biennis (Miroir-de- Vérnu).
Fie. 38t. — Androcée et gynécée de l 'Ahjstum soxatite (Curbeillcd'or).
rantes. Calice à 6 sépales libres, caducs, dont 2 extérieurs un peu prolongés à la base. Corolle à 6 pétales hypogynes, onguiculés, à limbe étalé en croix. Étamines 6, hypogynes, tétradynames (fig. 381) (un premier rang composé de deux
Fig. 382. — Diagramme Fig. 383. — Diagramme Fie. 381. — Diagramme d'une fleurdo Cheiran- d'une fleur de Lunaria d'une fleur de Capsella
thus (Giroflée-jaune). (Lunaire). (Bourse-à-pasteur).
étamines courtes opposées, alternant avec les (létales et paraissant opposées aux deux sépales extérieurs; et un second rang composé de quatre étamines longues, rapprochées en deux paires opposées l'une b l'autre, et continuant
Fie. 385. — Diagramme Fig. 386. — Diagramme FtG. 387. — Diagramme d'une fleur de Bunûu. d'une fleur de Flmcori'a. d'une fleur A'Ibtris.
l'alternance dans la symétrie de la fleur); à anthères allongées, dressées, bilobées, à lobes s'ouvrant longitudinalement. Glandes hypogynes en nombre variable. Ovaire composé de 2 carpelles soudés, biloculairc ou uniloculaire, poiysperme ou inonosperme. Ovule courbé, ou courbé-réfléchi ; stigmate bilobé. Fruit capsu-
CRUCIFÈRES
laire monosperme indéhiscent, ou polyspertne s’ouvrant par 2 valves, à déhiscence septifrage (le dos des carpelles se détachant de la base au sommet, et laissant persister les deux placentas pariétaux, unis par une mince cloison membraneuse;. Le fruit, s’il est allongé, est désigné sous le nom de silique (tig. 388),
Fie. 388. — Fruit {silique) d'un Bros sien (Chou; avant et après la déhiscence.
Fig. 389. — Graine (grossie) du Brus sien campcstris (Coïta) .
Fig. 390. — Graine (grossie)
du Farxetia clypeata.
Fig. 391. — Graine (grossie), l’embryon mis à nu, d’un Chciranthus inennus (Giroflée-rouge).
37(5); de là deux divisions : les Sili-
s’il est court, sous le nom de si tint h: (lig. queuset et les Siliculeutet. Graine (fig. 389, 390 et 391) dépourvue de périsperme, à embryon plié, rarement enroulé en spirale; à radicule rapprochée du
Fig. 392. — * troupe d’une silique et d'une graine de Crucifère (Br assied) à cotylédons condupliqués.
Fig. 393. — Embryon à radicule dorsale chez ta graine du Camelina sntiva , coupée transversalement.
Fig. 394. — Embryon à radicule dorsale chez la graine du Cnpseltn Bursa-p'istoris, coupée transversalement.
hile, tantôt couchée sur la commissure des cotylédons plans (radicule commissurale, colylédous accombants : Pleurorrhixées); tantôt appliquée sur la face dorsale de l’un des cotylédons (lig. 393 et 390), ces cotjlédons étant plans (radicule dorsale, cotylédons incombants : tVotorrbizées) ; ou les cotylédons étant
CRUCIFÈRES
alors pliés longitudinalement (cotylédons condupiiqués) de manière à embrasser la radicule (lig. 392) (radicule incluse : Orlhoplocées) ; ou les cotylédons étant linéaires et roulés en spirale (Spirolobées) ; ou enGn les cotylédons étant deux fois pliés transversalement (üiplécolobées).
La classification des genres de la famille des Crucifères, d’après ces caractères, n’est pas exempte d’inconvénients, la détermination n’étant possible que si l’on possède la plante en fruits mûrs et en graines (la graine coupée en travers avec le scalpel laisse voir les rapports de la radicule avec les cotylédons). La recherche est simplifiée de moitié si la forme du fruit, reconnaissable de bonne heure, a été prise pour caractère de premier ordre, pour grouper les genres en deux sous-familles : Siuqceuses et Siliculecses, la forme de la graine pouvant servir ensuite 5 la division de chacune des deux sous-familles en tribus. Citons, comme exemple de cette classification, la distribution de quelques genres indigènes.
1' Siliqueuses (lig. 37/» et 375), tribu des Pleurorrhizées ; ex. : genres Cheiranthus, Barbarea, Ara/ris, Denlaria, Cardamine, Nasturtium, Turritis; tribu des Notorrhizées : Sisymbrittm, Erysimum, fles/>eris ; tribu des Orthoplocées : Diplotaxis, Eruca, Erucastrum, Brnssica,Sinapis, Raphanus.
2° Siliculeuses (fig. 376 et 377). On peut, dans celte sous-famille, abandonner les caractères tirés de la forme de la graine pour l'établissement des tribus, et diviser en : I. Première tribu : Silicuie déhiscente è valves ne retenant pas les graines. Celte tribu se divise en 1" sous-tribu : Silicuie à valves comprimées parallèlement à la cloison (ce qui donne une cloison large), ex. Alyssum, Draba, C'ochlearia, Camelina; et 2' sous-tribu : Silicuie 5 valves comprimées perpendiculairement il la cloison (les valves étant alors pliées en carène et la cloison étroite), ex. Teesdalia, Tldaspi, Iberis, Ilutchinsia, Capsella, Lepidium. IL Deuxième tribu: Silicuie indéhiscente, se partageant rarement en valves qui retiennent la graine ; ex. Senebiera, Isatis, Neslia, Calepina, fiunias. — Telle est la classification empruntée en partie h celle établie par K. -P. De Candolle, que M. Cosson et moi avons proposée dans notre Flore des environs de Paris.
Toutefois la position de la radicule relativement aux cotylédons est loin de présenter, dans tous les groupes de la famille, la même valeur taxonomique; dans certains genres, d’ailleurs bien délimités ( Hutehinsia , C'ochlearia, Drnha, Sisymbriwn), certaines espèces sont à radicule dorsale, d’autres h radicule oblique, d’autres à radicule latérale. Aussi MM. Decaisne et Le Maout [Traité général de Botanique), conservant la tribu des Orlhoplocées (cotylédons condupiiqués longitudinalement et embrassant la radicule dorsale), ont-ils réuni en une seule tribu (tribu des Platylobécs : cotylédons plans , radicule latérale ou dorsale) les deux tribus Pleurorrhizées et Notorrhizées de De Candolle.
Dans leur nouveau Généra, MM. G. Bentham et J.-D. llooker, tout en employant avec De Candolle la forme du fruit comme caractéristique des divisions de premier ordre, et la forme de la graine comme caractéristique des divisions de second ordre, ont profondément modifié, dans leur délimitation des différents groupes, la classification candolléenne. Nous pensons, avec M. Eug. Fournier,
CRUCIFORME. — CBURA.
(|ue « les modifications introduites dans la classification des Crucifères par ces éminents botanistes, loin de simplifier l'étude de cette famille, sont de nature à en augmenter les difficultés, sans que la série proposée soit plus naturelle ». — Voyez Recherches sur lu famille îles Crucifères, par. M. Eug. Fournier (Bull. Soc. bot. de France, 1862).
I.a classification proposée par MM. Bentham et liooker est la suivante :
Série A. Silique allongée ou courte, déhiscente dans toute sa longueur ; cloison de la même largeur que les valves. Comprenant les tribus suivantes : Araridêks (genres : Matthiola, Chciranthus, Atekwthera, A’asturtium, Üarbarea, Arabie , Cardamine, Anastatica, etc.); AltssinEes {genres: Lunaria , Fursetia, Aubrietia, Yesicaria, Alyssum, Draba, Erophila, Cochlearia, etc.); SisvmhriÉES (genres : Schizopetalum , Hesperis, Malcolmia, Streptoloma, Sisymbrium, Conringia, Erysimum, Heliophila, etc.); Camêmnées (genres : Stenopetalum, /fraya, Camelina, Telnipoma, Subularia, etc.); Brassicêes (genres : Rrassica, S inapis, E rucastrum, Hirschfeldia , üiplotaxis, Eruca, Moricandia, Yella, Carrichtera, Succowia, elc.). — Série B. Silique courte, déhiscente dans toute sa longueur, cloison étroite. Tribus : Lëpioinêes (genres : Capsella, Senebiera , Ij'pidium, Aëthionema, Campyloptera, etc.); Thlas- PIDêes (genres : Uiscutella, Thlaspi, Iberis, l'eesdalia, Hutchimiu, Iberidella, etc.). — Série C. Silique courte (rarement allongée), indéhiscente, non articulée, souvent cruslacée ou osseuse, uniloculaire, monosperme (rarement dispenne), ou 2-4-loculaire à loges parallèles monospermes. Tribu : Isatidêes (geures: Feltaria, Clypeula, Isatis, Tauscheria, A es lia, Calepina, Myayrum, Euclidium, Uunias, Zilla, etc.). — Série U. Silique à deux articles transversaux, courte ou allongée ; article inférieur indéhiscent, vide ou h il oculaire longitudinalement, di- ou polysperme ; article supérieur indéhiscent uniloculaire monosperme, ou bi- ou pluriloculairc à loges parallèles ou à loges superposées. Tribu : Cakilinêes (genres : Crambe, Mnricaria, Rapistrum, Cakile , Enarthrocarpus, Erucaria, Morisia, etc.). — Série E. Silique allongée, non articulée, indéhiscente, cylindriqueou moniliforme, uniloculaire, polysperiue(à graines nombreuses) ou oiigosperme (à graines peu nombreuses), ou à plusieurs logettes 1-2-sériécs, monospermes, et se séparant à la maturité. Tribu : It aphani.es (genres : Ruphanus, Raffenaldia, Anchonimn, Parlatoria, etc.).
La famille des Crucifères, une des plus nombreuses (les espèces connues sont réparties eu 150 genres environ), est eu même temps une des plus naturelles du règne végétal; ces deux conditions réunies rendent la délimitation des genres entre eux, et souveut meme des espèces entre elles, assez difficile.
CRUCIFORME, crucifurmis. Qui a la forme d’une croix; qui est disposé en forme de croix. Se dit de la disposition de quatre feuilles, de quatre pétales placés sur un même plan [constituant un même verlicille) et opposés en croix. La corolle des Crucifères est cruciforme.
Crura (plur. de crus), jambes. Les deux branches qui terminent le style chez les plantes de la famille des Composées ; chacune de ces branches correspond à la partie libre de l'uu des deux styles qui constituent par leur réunion le style indivis.