ÜOO DESSIN APPLIQUÉ AUX ÉTUDES BOTANIQUES
noires et fermes sans s'écraser par sa mollesse, ni rayer le papier par sa dureté : j'en ai quelquefois rencontré de tels parmi les crayons anglais et quelquefois aussi parmi les crayons des diverses fabriques indigènes, en cherchant principalement dans les numéros situés entre le plus tendre et le plus dur, bien que ces numéros donnent rarement d'indications bien précises; mais vous devez vous estimer heureux si, sur une douzaine, vous en trouvez un de très-bon. Quand vous l'avez trouvé, ménagez-le et usez-en le dernier bout daus un porte-crayon, vous ne savez pas quand vous en retrouverez un autre. I.cs crayons de graphite de Sibérie sout les meilleurs.
Un petit nombre de couleurs suffit : il va sans dire qu’elles doivent être de première qualité; du reste, elles durent si longtemps, que cela n’est point une dépense. Je conseille de ne pas employer les couleurs en pastilles fixées à une boîte, ces couleurs ne tardent pas à se salir les unes les autres; ayez des couleurs en tablettes isolées. Pour vous en servir, vous les frottez par l'une de leurs extrémités mouillée d’un peu d’eau sur une assiette ou une palette de porcelaine; les mélanges se font au fur et à mesure du besoin, avec le pinceau. J'obtiens toutes les nuances en combinant les couleurs suivantes : encre de Chine, bleu de Prusse , vermillon , carmin , lcrre-de-Sienue-brùlée , gomme-gutte (gomme-résine d’un jaune d’or, elle se vend en morceaux), blanc; encore cette dernière couleur n'est-elle presque jamais utile. On peut ajoute)' i celte liste quelques couleurs spéciales, le safran, par exemple, qu’on vend en godets; et le bleu de cobalt ou d’outremer.
J’ai l'habitude de recueillir mes dessins d'observations sur des feuilles simples, libres et de même format, ce qui me permet de les classer et d’en composer des volumes susceptibles de grossir ou de se subdiviser à volonté. Chacun de ces fascicules de dessins est reçu entre deux feuilles de carton libres de même formai, et le tout est serré au moyen de deux courroies de fil terminées par une boucle ; je maintiens ainsi le plus grand ordre daus les matériaux de chaque élude, dont aucune feuille ne saurait s'égarer.
Si vous publiez vos dessins, je ne saurais trop vous engager à apprendre à graver sur cuivre à l'eau-forte, à graver sur pierre, ou i lithographier; si vous avez l'habitude du dessin, vous apprendrez vite les procédés de la gravure, et vos figures exprimeront toute votre pensée sans qu’elle ait été traduite, et par conséquent plus ou moins altérée par un graveur étranger rarement bon dessinateur, jamais naturaliste, et qui, par conséquent, se pénètre difficilement de toutes vos intentions. Les planches dont vous aurez signé le dessin et la gravure auront toujours un plus grand prix. Malheureusement, l'exécution de la gravure est quelquefois assez longue, et si vous publiez de nombreux travaux, vous ne pourrez y suffire sans nuire à vos études ; vous ne vous réserverez, alors que les planches les plus importantes, et vous aurez, dans tous les cas, l'immense avantage de pouvoir retoucher et corriger vous-même celles qui vous seront rendues incorrectes par les graveurs. • — Le principal inconvénient de la gravure à l’eau-forte comme de la gravure au burin, était le prix élevé du tirage, qui devait se faire sur des feuilles à part, ces planches ne pouvant être intercalées dans le texte. Un nouveau procédé galvanoplaslique |>crmct aujourd'hui de transformer les
DÉTERMINÉ. — DIADELPHIE.
gravures en creux sur métal (gravures à l’eau-forlc et au burin, celles surtout dont les traits serrés ou les ombres couvrent la surface entière de la planche) en gravures en relief analogues aux gravures sur bois, et qui peuvent, par conséquent, être intercalées dans le texte et faire partie des feuilles d’impression. Je me propose de transformer par ce procédé, |>our ce livre, un certain nombre de mes gravures 11 l’eau-forte en gravures en relief.
DÉTERMINÉ, déterminants = Défini = Centrifuge (fig. 462). — Voyez Défini et Inflorescence.
dextrixe. Produit obtenu par la transformation de la substance amylacée; sa composition élémentaire est la même que celle de la fécule. Ladextrine doit son nom à la propriété que possède sa solution de faire dévier à droite le plan de la lumière polarisée. En dissolution dans l'eau, la dextrinc a de l'analogie avec la gomme-arabique, et peut dans certains cas la remplacer dans les arts (elle en diffère chimiquement). Le prix élevé de la gomme-arabique a donné beaucoup d'inqHirtance à la fabrication de la dcxlrine. Le procédé le plus simple pour l’obtenir, consiste 4 faire désagréger la fécule de pomme de terre à une température de 200 degrés. — La dextrine a de nombreux emplois : on en prépare des sirops, on la transforme en alcool; elle est employée dans l’impression des étoffes; on en prépare une colle h froid. Enfin, la chirurgie a remplacé avantageusement l'amidon par la dextrinc pour les bandages agglutinatifs, si utilement appliqués au traitement des fractures, procédé inventé par Larrey et plus tard perfectionné par Velpeau (Payen).
Dextrorsus. Qui se dirige à droite. — Dextrorsum volubilis. Qui s’curoule en spirale de gauche k droite et de bas en haut.
l)i. Mot employé dans les composés grecs : deux ; en latin, bi.
/Ct /X
Fig. Û61. — Étamines diadelphes d'une rapilionacée (un Lathyrus)\ neuf des dix étamines sont soudées par leurs filets en un faisceau, la dixième (la supérieure) est libre.
DIADELPHE, tliadelphus. — Étamines diadelphes, celles qui sont soudées par leurs filets en deux faisceaux, dont l’un peut ne se com|>oser que d’une seule étamine (fig. 461) ; ex. : les Papilionacées, les Fumaria, les Polygalées.
DIADIiriIIi; Diadelphia. Dans le système de Liuué, classe de plantes caractérisée par les élamiucs diadelphes.
Fie. 402. — Inflorescence centrifuge unilatérale par non -développement successif et du même côté de l’une des deux branches de la dichotomie : cyme scorpioiilc chei une Borraginée, genre Buglosse (Symphytmn),
402 DIAGNOSE. — DIALYSÉPALE.
diagnose, Hiagnosis. Phrase descriptive substantielle et concise, renfermant l’énumération des principaux caractères distinctifs d'un genre, d’une espèce, etc.
BIAKÈSE, diachtmium = Crémocarpc (fig. 463 et 464). Nom donné aux fruits composés de deux akènes rapprochés ou soudés, chez la famille des Ombellifères et chez les Galium, par exemple.— Voy. Déhiscence et Ombelufèhes.
Fie, 463. — Diakène d’un Galium (figure grossie).
Fig. 464. Coupe longitudinale d'une fleur
d'Ombellifère (le Fenouil) dont l'ovaire infère constituera, à la maturité, un diakène.
DIALVCARPELLÉ (Gynécée, Ovaire, Fruit). Dont les carpelles ne sont pas soudés entre eux.
DIALYPÉTALE, dialypelalus = Polypétale. Se dit d’une corolle à pétales libres entre eux (ûg. 465). On doit renoncer 4 l’ancien mot poly/xitale , qui signifie 4 plusieurs pétales, et n’exprime pas l’idée d'indépendance des pétales. La corolle gamopétale (4 pétales soudés entre eux) est, comme la corolle dialypétale, composée de plusieurs pétales, et par conséquent n'est pas moins polypétale que la corolle dialypétale.
DIALYPÉTALES. Piaules dont la corolle est dialypétale. Voy. COROLLE.
Fig. 465. — Fleur dialypétale, à 4 l étales, d'une Fig. 466. — Fleur en bouton, à calice Papavéracéc, le Gluucium flavnm. dialysépale, à '2 sépales, du flarum.
DIALYSÉPALE, dialysepulus — Polysépale. Se dit d'un calice 4 sé|«les libres entre eux (lig.466). L’expression calice monosépale pour calice 4 sépales soudés entre eux est vicieuse comme l’expression corolle monopéhite. Voy. Calice.
D1ALYST AMINÉ. — DIATOMÉES. 403
DIALYSTAMINÉ jAndrocêe). A étamines non soudées entre elles.
DIANORE, diondrus. A deux étamines.
DI.UBKIK, Diandria. Dans le système de Linné, classe de plantes caractérisée par des fleurs à deux étamines.
DIAPHANE, diaphanus, pcllucide ( pellueidut ). Se dit d’un organe demitransparent.
di ipiikiioik, dia/thrat/ma. Cloison transversale qui partage une cavité en deux étages. Les tiges fistuleuses des Graminées et de certaines Ombellifères présentent des diaphragmes au niveau des nœuds ou insertions des feuilles.
DIATOMÉES, DI.VTOM ÂGÉES (Brébisson) ou BACILLARIÉES. Les Diatomées sont des êtres microscopiques très-ambigus : plusieurs sont biscornus, et l'on pourrait dire qu’ils ont une corne dans le règne animal et l'autre dans le régne végétal. Les naturalistes les classent généralement à la limite inférieure des Algues. Si la motilité est un des caractères essentiels du règne animal, et si le règne animal est supérieur en dignité au règne végétal, les Diatomées, malgré la simplicité apparentede leur organisme, devraient être classées au premier rang des végétaux, cl non au dernier, puisque ces organismes végétaux se continuent en réalité dans une progression ascendante par les organismes inférieurs du règne animal. Il est plus simple et plus vrai de iaisser de côté la question de dignité, et de considérer le règne végétal et le règne animal comme partant l’un et l’autre d’uue origine où leurs traits étaient un peu mêlés, et d’admettre que l'évolution s'est faite dans des sens divers, sinon opposés : en réalité, les deux mondes (animal et végétal), aujourd'hui encore, ne font qu'un à leur base ; ils sont soudés, si j’ose le dire, par la plante des pieds.
Les Diatomées sont définies des Algues microscopiques unicellulaircs (frustules), les parois de l'individu consistant en une enveloppe siliceuse, rigide, fragile et incombustible (carapace). J'emprunte les détails suivants à M. de Bréblsson : « la; fruslulc est composé de deux valves opposées réunies par une bande de même nature, dite bande connective. Il renferme un endochrome jaunâtre ou plus ou moins brun, au milieu duquel ou remarque des vésicules et des granules de nature huileuse. — Les Diatomées sont flssipares. On voit sur le milieu de la bande counective apparaître une ligne longitudinale qui est le commencement d’une cloison intérieure formée de deux valves opposées dos à dos, entre lesquelles doit s’opérer plus tard la scission qui divisera le frustulc en deux individus semblables au premier, mais d’abord plus étroits. »
Les Diatomées présentent, en outre, le mode de reproduction par conjugation. ■ Par suite d’une sorte de copulation ou de rapprochement des frustules, leur endochrome condensé donne lieu à un ou deux sporanges qui renferment des grou|ies de jeunes Diatomées. Ces s|xiranges se forment quelquefois dans un individu isolé » dont une moitié réagit sur l'autre.
Un grand nombre de Diatomées, et spécialement les espèces du groupe des Naviculécs, sont douées d’un mouvement rectiligne très-remarquable; on les voit, sous le champ du microscope, s’avancer par des élans spontanés, interrompus |>ar des instants d'inaction et souvent par un re|>os prolongé. Ces mouvements saccadés (auxquels AI, de Brébisson refuse la spontanéité) nous semblent.