DOUBLEMENT CRÉNELÉ
duplicoto-crenatus. Se dit de feuilles & dents denticnlées.
DOUCE- AMÈRE ( Solarium Diilcamara, famille des Solanées) (fig. 551). Plante sarincuteuse d’un aspect élégant, mais triste, qui est commune dans les haies ombragées. Ses feuilles et sa tige herbacée renferment un suc d’une saveur amère, puis sucrée. On fait un usage fréquent de la décoction de Douce-amère dans les maladies chroniques de la peau, les affections scrofuleuses, etc.
/r^XOlV
Fie. 551. — Sommité florifère et fructifère d’une branche de Douce-Amère (Solarium Duicamara),
DOUCETTE, Mèche ( Vnlerianella olitorin, famille des Valérianées). Les plantes annuelles de cette famille sont d’une saveur herbacée presque insipide. On mange en salade les rosettes de feuilles radicales de plusieurs Valerianella; on cultive spécialement, pour cet usage, les V. olitoria et carinata, espères très-communes à l’état spontané dans les moissons et les terres cultivées ou en friche.
DOUTEUX, anceps. Qui est un sujet de doute.
DRACOCÊPHALE (, Dracocephalum ). Genre de la famille des Labiées à fort Irellcs fleurs. Plusieurs espèces sont cultivées dans les parterres.
DRACONTIDM. — DRESSÉ (OVULE). 427
DRACONTIUM. Genre de la famille des Aroïdées. Vovcx, 4 l'arlicle Aroïdées, la figure du D. polyphyllum. .
drageon, turculus. Nom des jeunes tiges encore cachées sous le sol ou à peine sorties de terre, émises chaque année par la plupart des plantes vivaces herbacées ou ligneuses. Ces rejets, souvent 4 base radicante, sont un des moyens de multiplication les plus actifs mis en oeuvre par la nature. Pour multiplier la plante, les horticulteurs en détachent les drageons avec uu fragment de la souche enracinée, qui constituent autant d’individus distincts.
DRAGONN1ER. Arbre 4 sang-dragon ( Dracama Draco, famille des Asparaginées). Les Dracœna (et les Cordyline, qui en ont été détachés) sont des arbres ou arbustes monocotylés, d'un port très-élégant, analogue 4 celui des Yucca. Le Dracœna Draco est spontané aux Canaries, 4 Madère; au cap Vert, etc. ; transporté en Provence, il succombe aux hivers froids. Il s'écoule du tronc une gomme-résine de couleur rouge, nommée sang-dragon. Cette substance est douée de propriétés astringentes; elle entre dans la préparation de certains vernis ou laques (1 ).
DRAVK ( Draba ). Genre de la famille des Crucifères. La plupart sont des plantes des Alpes. Le Draba alpina est cultivé dans les parterres. Le Draba (, Eropbila ) venta est une très-petite plante annuelle qui, fleurit au premier soleil d'avril, dans les terres en jachère.
DRESSÉ, erectus. Dont la direction est perpendiculaire au sol ou se rapproche beaucoup de la ligne perpendiculaire. — Tige dressée, celle qui s’élève verticalement vers le ciel, qu'elle soit droite ou qu'elle présente dans sa longueur des flexuosités. — Il ne faut pas confondre dressé et ascendant : ascettdanl signifie dont la partie inférieure est couchée et dont la partie supérieure est redressée plus ou moins 4 angle droit.
Fie. 552. — Fruit ouvert longitudinalement Fig, 553. — Ovule droit du Po tygonum du l'oly/jorutm orientale , pour montrer orientale.
sa graine dressée.
DRESSÉ (Ovuli). Qui est inséré 4 la base de la loge et se dirige vers son sommet. — Graine dressée (fig. 552), même signification.
(1) « On apporte (dit Matthiole, trad.) lo sang-do-dragon seulement d'Afrique et encorcs n en apporte-t on liien peu. Le» peintres s’en fervent pour ce qu'il est en couleur, pour » ombrager leur rouge clair ; et est bien cher, encore* que les voyages d’Afrique soient » fort usité» pour le présent. Finalement ce sang-de-dragon est du tout correspondant » aux propriétés de la pierre hématite ; il est fort astringent, parquoi les médecins s’en » servent grandement aux fluxions naturelles des femmes, aux crachcmens de sang et n pour raffermir les dents qui branlent. •
DROIT. — DROSÊRACf ES.
DROIT, reclus. Se dit d’un organe qui, dans sa longueur, ne présente ni angle ni courbure; une ligne droite peut .avoir une direction quelconque. On doit donc se garder de confondre droit cl dressé.
DROIT (Ovule) = Ortltolrope = Homotrope = Atrope. Celui dont le développement a lieu avec une intensité égale sur tous les points de sa périphérie, qui ne présente ni courbure ni raphé, et chez lequel l'exostome (qui devient plus lard le micropyle) occupe l'extrémité de l'ovule opposée à la cbalaze, qui se confond avec le hile. Les ovules droits sont beaucoup moins fréquents dans le régne végétal que les ovules réfléchis et courbés. L’ovule est droit dans le genre Urticn, chez les Polygonécs (fig. 553), les Cislinées, etc. Voy. Ovule.
DKOSKItACKES. Famille de piaules dicolylées dialypélales, 3 ovaire libre. Le groupe des Droséracées est une des plus charmantes fantaisies de la nature : c’est 4 celte famille qu'appartient le Iliouœa musci/iulu (Attrape-mouche)
Fif». 55Û. — Deux feuillet du Dionæn musciputa .
(fig. 554). Celte singulière habitante des marais de l'Amérique du Nord est une jolie plante herbacée composée d’une rosette de feuilles de laquelle s’élève une tige nue terminée par une cyme de fleurs blanches. La merveille est dans la forme et la sensibilité des feuilles. Le pétiole est foliacé et se termine par un limbe composé d'une foliole unique ; ce limbe est doué d’un haut degré d'irritabilité, on pourrait presque dire d'une forte susceptibilité nerveuse : au plus léger contact, scs deux moitiés longitudinales s’appliquent l'une sur l'autre en entrecroisant les poils roides ou épines dont elles sont frangées ; il en résulte que lorsqu’un insecte vient à s'y poser, il se trouve happé instantanément, et d’autant plus étroitement emprisonné, qu’il fait plus d'efforts pour s'échapper. — Les Droseru (vulg. Ros-tolis, Rosée-du-soleil), qui vivent dans les Sphaynitm (genre de la classe des Muscinées) de nos tourbières, rappellent le Ditimea (par leurs feuilles, qui me semblent en représenter les pétioles; ces feuilles sont rougeâtres et chargées de longs cils glanduleux); leur singularité les faisait employer au moyen âge dans la pratique de la sorcellerie. — Le Portugal produit le Drosophyllwn Insitmiirum, plante sous-frutescente à feuilles linéaires chargées de longs cils roides. Mais, des divers représentants de cette famille, un des plus singuliers, est I ' Aldrovandia vesictilosa. C’est une petite plante fort rare, qui se rencontre
DROSÉRACÉES.
çà et làsuhmorgéc-flotlantedans les eaux dormantes, en Italie et en Provence : scs feuilles sont à pétiole cunéiforme 4 longues franges dépassant un limbe ovale glabre, cclluleux-spongieux, presque diaphane. L’cspècc est unique dans le genre, et l’on peut présumer (la nature ne créant pas de types tranchés et isolés, mais faisant procéder une forme d'une autre) que le genre Aldrovandia était représenté par plusieurs espèces pendant la période géologique précédcute, et que l'espèce unique que nous possédons aujourd'hui a seule échappé à la destruction et s’est reproduite jusqu’à nos jours. Ce curieux spécimen de la végétation d’un autre monde est, comme toutes les espèces rares et très-localisées, destiné à disparaître assez prochainement; il peut malheureusement suffire, pour cela, du dessèchement de quelques marais ou de quelques fossés.
Le beau genre Pamassia, qui peut former une section distincte dans la famille des Droséracées, comprend des plantes de l'Amérique et de l’Europe. Notre Pamassia palustris ravit le botaniste néophyte qui le rencontre pour la première fois dans les prairies spongieuses des vallées ou sur les pentes humides des montagnes. Peu de plantes herbacées sont aussi élégantes : d'une rosette de feuilles longuement pétiolées, à limbe coriace réniforme, d’un beau vert lustré, partent des hampes florifères ponant une feuille à limbe sessile vers le milieu de sa longueur; ces hampes se terminent par une belle fleur blanche solitaire.
Les caractères de la famille des Droséracées sont les suivants : Plantes herbacées ou sous-frutescentes à feuilles souvent disposées en rosette radicale, péliolées ou atténuées en pétiole, quelquefois à limbe nul, quelquefois unifoliolées à limbe irritable, souvent frangées ou ciliées à leur circonférence, ces cils ou franges se continuant même quelquefois à leur face supérieure ; quelquefois feuilles entièrement glabres, vertes ou rougeâtres, munies, à la base, de cils membraneux jouant le rôle de stipules ; roulées en crosse, de haut en bas, pendant la préfoliaisou. Fleurs hermaphrodites régulières en épis terminaux unilatéraux enroulés en crosse pendant la préfloraison, ou en cymes, ou solitaires terminales. Calice à 5 sépales. Corolle à 5 pétales hypogynes ; étamines ord. 5, plus rar. 1 0-1 5 (quelquefois augmentées d’étamines stériles soudées en faisceaux opposés aux [étales ; ces faisceaux frangés étant peut-être un simple dédoublement des létales: g. Pamassia). Ovaire ord. à 3-5 carpelles soudés entre eux; ord. uniloculaire à placentas pariétaux ; rar. à 10 carpelles, à placenta central. Styles ord. en même nombre qne les carpelles; quelquefois bifides; rarem. stigmates subsessiles. Ovules plus ou moins nombreux, réfléchis. Fruit capsulaire, entouré du périanihe marcesccnt, ord, uniloculaire, à déhiscence loculicide ord. à 3-5 valves complètes ou incomplètes. Rarement fruit pluriloculairc. Graines plus ou moins nombreuses, quelquefois ailées par un prolongement membraneux du testa, pourvues d’un périsperme contenant un très -petit embryon droit (1).
(1) M. E. Cosson et moi, dans la première édition de notre Flore des environs de Paris , avions réuni aux Droséracées les Pirolacées, et donné à co nouveau groupe le nom de famille des Roridulées, du nom du genre Horidula (plante de l’Amérique), qui, par ses caractères, sert de trait d'union entre la tribu des Drosérées et la tribu des Pirolées. Nous n’avons pas, dans notre seconde édition de la Flore, reproduit cette combinaison, qui me semble bonne cependant, mais n’avait pas eu la fortune d’élrc généralement adoptée, les raisous d’élre de la réunion n'ayant pas été développées par un travail spécial sur ces plantes.
DRUPÀCÊ. — DLPUCATO-DENTATUS.
UZ 0
DRUPACÉ, drupareus. Sc dit d'un fruit qui se rapproche de la drupe par sa consistance et sa structure.
DRUPE, dru/m. Fruit composé d’un seul carpelle monosperme et dont la feuille carpellairc devient charnue à sa paroi externe, cl ligneuse à sa paroi
interne, qui prend le nom de noyau. Ex. : le fruit du Pécher, du Cerisier (fig. 555), etc. Des drupes soudées eu cercle et renfermées dans un tube extérieur adhérent constituent le fruit chez le Néflier. — Voy. Fruit et Déhiscence.
dri péole, drupeola. Petite drupe. Le fruit des Jlubus est constitué par une réunion de drupéoles (flg. 556).
ÜRVADÉES. Tribu de la famille des Rosacées, comprenant les genres Unjas , Uubus (Ronce), Fragaria (Fraisier), Comarum, Potentilla (Potenlille), Sibbaldia, Garni (Benoîte). — Le Dryas octo/xtala est une charmante plante des Alpes à feuilles en rosettes appliquées sur le sol, vertes en dessus et d'un blanc argenté en dessous, à grandes fleurs blanches ; sa souche renferme une substance astringente, comme celle du Fraisier.
Dulcit. Doux; d’une saveur douce, fade ou un peu sucrée.
Dumetum. Lieu parsemé de buissons; pîturages incultes des lieux montueux.
bumiis. Buisson; s’emploie aussi comme synonyme de dumetum.
Duodecim. Douze; dans les mots composés grecs, dodeca.
Duplex. Double, cil nombre, en étendue, etc.
Du/dicuto-dentatus, duplieatu-serratus, dupliiato-crcnatus, duplicntopinnatus. Doublement denté, serré, crénelé, penné; c’est-à-dire, à dents denticulées, à divisions pennées, etc.
Elu. 555. — Fruit (ilru/se) du Cerisier (feras tu Caproniana ). — À, fruit entier ; B, coupé longitudinalement |H>ur laisser voir le noyau.
Fig. 55G. — Fruit d’une Ronce (Uubus), composé d'une réunion de drupéoles.
DUR. — DURÉE DES PLANTES. /|31
DUR, duras, Qui résiste à la pression, qui ne se laisse pas entamer facilement.
di'kée »es pliâtes. Certaines piaules sont des individualités très-simples, et se composent d'une seule cellule ou de quelques cellules agrégées ; tuais une plante est généralement un être très-complexe, un être multiple, composé de petites individualités partielles et de divers degrés (flg. 557). Les individua-
lités partielles les plus élémentaires sont les cellules ; les individualités partielles d'un degré plus élevé sont les bourgeons (qui ne sont, dans le principe, qu'un petit amas de cellules). En se développant, le bourgeon, être déjà très-complexe, produit une autre série indéfinie d’individualités : les feuilles. Si l’on considère la feuille comme pourvue d'une partie ascendante (feuille proprement dite), d’une partie descendante correspondant à la racine (décurrence de la feuille), et d’un nœud vital ou collet, qui correspond à son insertion ; si l’on reconnaît qu’au niveau de cette insertion, c’est-it-dirc à son aisselle, la feuille émet un bourgeon, on sera conduit à admettre que la feuille est un individu élémentaire, mais complet. Un bourgeon allongé eu jeune rameau et chargé de feuilles est par conséquent déjà une importante individualité collective; il y a là une petite bande d’individus attablés au même banquet et travaillant au même atelier dans l’intérêt de l’association commune.
11 résulte de celte disposition que dans le grand ensemble d’individualités dont se compose un végétal, des groupes partiels peuvent être détachés sans déterminer la mort de l'être collectif; en d’autres termes, on peut (pendant certaines saisons) enlever par la taille ia (dus grande partie des branches d’un arbre, toutes ses brauches, même ia tige presque entière, jusqu’au collet, sans faire
DURÉE DES PLANTES
périr le végétal : l’individu continue à exister, et, de la partie de tige qui subsiste, si courte qu'elle soit, naissent des bourgeons devenant de nouvelles branches, de nouvelles collections d'individualités partielles qui remplacent celles qui ont été supprimées.
La taille , dont je viens de parler, s’opère dans la nature sans le secours de l'homme. Chez les plantes vivaces à tiges aériennes herbacées, ces tiges, après avoir fleuri et fructifié, meurent au bout d'une année ; mais la tige souterraine reste vivante, et produit des bourgeons qui deviennent de nouvelles tiges aériennes et remplacent les précédentes (fig. 558, 559, 560, 561). Voilà donc des
Fig. 558. — Rhizome traçant du Chiendent [Tritiam rtpms).
plantes qui sont vivaces par leur moitié inférieure (rhizomes) et annuelles par leur moitié supérieure (tiges florifères). — Si nous considérons le rhizome avec attention, nous voyons en outre qu'il n’est le même pendant plusieurs années qu'en apparence. Ordinairement, en eiïet, un rhizome s'allonge en avant par son bourgeon terminal, ou latéralement par des bourgeons axillaires, pendant qu'il se dessèche et se détruit insensiblement par sa base : le même rhizome continue bien à végéter sans interruption, mais d'année en année il ne se compose plus de la même substance ; la plante n’est plus à la même place, elle a laissé derrière elle les débris transformés en terreau de sa substance des années passées, et le rhizome actuellement vivant se montre plus loin. — Si le rhizome est rameur, chaque rameau peut devenir libre par la destruction de sa base, et où se trouvait une seule plante l'année précédente, on en compte alors plusieurs. Or, cet ensemble de nouvelles plantes est la continuation d’une seule, comme les branches d’un tronc, si nombreuses qu’elles soient, sont la continuation d’un même arbre. Les tubercules de la Pommc-de-tcrre (fig. 563)- (extrémités renflées et charnues de rhizomes annuels) remplacent ainsi, chaque année, par plusieurs plantes nouvelles, la plante-mère détruite; mais, à l’époque de la production des tubercules, plante-mère et jeunes tubercules ne font qu’un seul individu collectif. Üira-t-on que la Pomme-de-icrrc est vivace ou qu'elle est annuelle? L'une ou l'autre de ces qualifications serait inexacte ; il faut qu'une phrase descriptive indique le mode de destruction et le mode de propagation de la plante fructifère.
DURÉE DES PLANTES
Les végétaux ù liges aériennes ligneuses (les arbres) sont vivaces dans toute leur étendue; le tronc est un rhizome aérien, une souche épigée. Chez les végétaux ligneux, les feuilles seules tombent, et de nouvelles feuilles leur succèdent
Pic. 559. — Plante vivace à souche charnue bulbiforrno indéfinie : le Colchique (Colchicum autumnale ).
Pic. 560. — Plante vivace & rhizome charnu défini : l'Iris des jardins (Iris germanica ).
sur de nouveaux rameaux. Dans d’autres cas, citez les Palmiers par exemple, (lig. 566), elles sont persistantes-marcescentes, c'est-à-dire se dessèchent sur l'arbre, et se. brisent accidentellement. Chez les arbres-verts, elles persistent deux ou trois années, mais finissent par tomber, lorsque de nouvelles feuilles ont été produites par de nouveaux rameaux.
CEkHAIS (DE ST-PIEHRE). 2N
durée des plantes.
UAU
Les fleurs, dont l'ensemble constitue les inflorescences, et les fruits (dont l’ensemble doit porter le nom d 'nifrw tesrenee), sont aussi des appareils transitoires dont le renouvellement 11e porte aucune atteinte à l'intégrité de la vie chez le végétal. — Je dois faire observer cjuc les arbres et arbrisseaux, comme les plantes vivaces à tiges annuelles, se couvrent chaque auuée d'un inonde nouveau de petites individualités naissantes, bourgeons et feuilles, rameaux, fleurs et fruits (et nouvelles couches de bois et d’écorce); les parties anciennes de l’axe sont.
Fig. 5G1. — l.o Gingembre {/Àngiljer a/ fi- Fig. 562. — Planta à touche pivotante
anale). Rhizome indéfini charnu à tiges vivace, à liges annuelle» (YArlemisia
annuelles. Mute/ h nu, vulg. Génépi-blanc).
relativement aux nouvelles, des supports, souvent inertes, et des canaux conducteurs des liquides nourriciers. L’ensemble des productions anciennes et des productions nouvelles (innovations) constitue la plante vivante; les parties anciennes de l’axe sont cependant un peu comme un cadavre qui serait enkysté dans un corps vivaut.
De ce qui précède, il résulte que la durée de la vie est susceptible d’étre indéfinie chez les individus collectifs désignés sous les noms de plantes à souche vivace (fig. 560, 561 , 562 et 566), arbres (lig. 565 et 565) ou arbrisseaux (fig. 567). En général, des circonstances extérieures seules peuvent exposer le végéta) vivace, soit à une destruction brusque et violente, soit à une destruction lente ou rapide, si le milieu où la plante végète cesse d’être propre à entretenir son existence : si, par exemple, de sec qu’il était, ce milieu devient aquatique, ou si d'aquatique, il devient sec. — Nous avons cité (voy. An hues Célébrés) des arbres (des Séquoia, des Baobabs) dont l’âge est évalué à l rois mille et même à six mille ans; ces arbres sont de la plus grande vigueur cl d’une
DURÉE DES PLANTES. &35
santé parfaite, une cause extérieure violente pourrait seule mettre un terme <i leur existence.
Le tronc de la plupart des arbres ne rit cependant pas indéfiniment : des accidents extérieurs, la foudre, les trombes, les ouragans, fracassent les plus robustes et les plus grands ; les grosses branches, brisées ou arrachées, laissent de grandes plaies béantes ; les tissus internes, mis il nu et exposés à l’action des agents extérieurs (l’eau, le soleil, le froid, etc. ), sont localement frappés de mort ; la nécrose gagne le coeur, le bois tombe en poussière : l’arbre creux ne vit et ne soutient sa cime que par sa zone périphérique, et un nouveau coup de vent termine son existence. De la souche, il est vrai, peuvent naître de nouveaux bourgeons, et ces nouveaux bourgeons renouveler, tout en le continuant, le vieil arbre ; les tubercules de la Pomme-de-terre se succèdent d’année en aimée : un arbre peut sur la même souche se succéder à lui-même de siècle en siècle.
Fut. 563. — Système végétatif de ta Pomme-de-terre ( Solarium tuherotum),
— Ib, tubercules.
Mais les espèces dont se conqiose le règne végétal ne sont pas toutes de complcxion à vivre indéfiniment ; toutes les plantes ne sont pas vivaces, et tant s’en faut, la nature varie ses procédés de conservation. S'il est des végétaux dont la vie peut s’étendre à la durée d’une époque géologique, si un continent récemment émergé peut voir croître un Üeyuoia, un Baobab, un Dracwna, qui ne
1)11 UÊE UES PLANTES.
doivent sombrer qu'avec ce continent lui-même, il est des végétaux dont l'existence est éphémère, et ne s’étend guère au delà de la durée d’un clair de lune. Je ne sache pas qu'on ait jamais expliqué d'une manière bien précise l’apparition à la surface du sol, dans un intervalle de quelques heures, des Noslocs et des Trémellcs, et celle des Spumaria. De quelles substances ces masses gélaliniformes ont-elles alimenté leur développement si rapide? quelles circonstances ont déterminé leur apparition dans des lieux qui, la veille, n en présentaient aucune trace apparente?
Fie. 564. — Arbre monocotylé de la famille des Palmiers, le Stigits farinaria (Sagut Humphii).
Fig. 565. — Hameau d’un arbre dicotylé de la famille des Léçumineuses-Mimotées , l'Acacia
rera ( Mimosa niloiica).
Parmi les plantes phanérogames, un grand nombre ne fleurissent et ne fructifient qu'une seule fois, et épuisent leur vie dans l’acte suprême de la fructifica- . tion. Ces plantes sont dites annuelles (flg. 568) ou bisannuelles (flg. 569), selon qu'elles germent dés l'automne qui précède l'année de leur floraison, ou seulement dis le printemps de l’année qui doit voir se dérouler toutes les phases de leur rapide existence. Physiologiquement, les types plante annuelle et plante bisannuelle sont peu distincts ; la seule différence entre cesdcux types se trouve dans la force plus grande des organes de la végétation chez la plante dite bisannuelle déjà robuste en automne, et dont la partie épigée ou aérienne, encore à l'état de rosette, hiverne sous la neige pour se réveiller forte et vigoureuse à l’air tiède du printemps, alors que le type essentiellement aunuel étale encore à peine ses cotylédons.
DURÉE DES PUANTES
La nature ne se préoccupe pas toujours d’assurer la maturation des graines chez les plantes vivaces à souches traçantes, dont le système végétatif suffit à assurer la multiplication. Il est des cas dans lesquels les moyens de multiplication de l'individu sont si puissants, si actifs et si rapides, chez certaines plantes 5 souches traçantes, ou il liges couchées-radicanles (plantes rampantes) : Arundo P/iragmiles (le Roseau!, A. Donax (la Canne -de- Provence), etc., que, par une sorte de compensation organique, plus les organes de la végétation prennent d'importance, plus les organes de la floraison et de la fructification tendent à en
Fie. 566. — Souche indéfinie à tiges FlO. 567. — Souche indéfinie à tiges épiannuelles de rAspcrge(A.ï/<arflÿt« gees vivaces du Petit-Houx (Hlisais ne u-
officiiuilit). leatus).
perdre. Il semble que la plante, assurée de sa multiplication, de son extension au point de vue individuel, et ayant concentre toutes ses ressources sur le développement des organes végétatifs, ait épuisé ses forces lorsque arrive l’époque de la floraison; les graines ne mûrissent pas, soit que le pollen, incomplètement développé, reste infécond, soit que l’ovaire ou plutôt les ovules soient mal conformés. Les plantes annuelles, au contraire, qui meurent tout entières, ne manquent jamais de graines bien mûres qui assurent leur postérité : si l'individu est maigre et chétif, toute sa substance se concentre en quelque sorte sur quelques ovaires ou même un seul ovaire. ; et si le pauvre individu ne peut nourrir qu’une graine, du moins cette graine arrive-t-elle sûrement à sa maturité. — Chez les végétaux vivaces, la nature se préoccupe généralement il la fois de la multiplication de l’individu et de la propagation de l’espèce. — Au contraire,
DURÉE DES PLANTES
chez les végétaux annuels, où l'individu s’efface rapidement, où sa durée est en quelque sorte éphémère, la nature exagère, s'il est possible, les procédés conservateurs de l'espèce.
A. -P. de Candolle a réuni dans sa nomenclature les types plante annuelle et plante bisannuelle sous le nom de plantes monocarpiennes (qui ne fructifient qu'une seule fois); mais la dénomination de plante monocarpicnnc peut convenir il certaines plantes vivaces autant qu’aux plantes annuelles ou bisannuelles ; beaucoup de plantes vivaces se continuent par une suite d'individus qui ne fleu-
rissent chacun qu'une seule fois. V Agave americana (qui passait pour ne fleurir qu’au bout d'un siècle, mais qui fleurit, selon sa force, il peu près 4 tout âge) est dans ce cas, il fleurit et fructifie il un Age quelconque et ii un instant donné, puis se dessèche et meurt (en laissant autour de lui une population de jeunes stolons épanouis en rosette et qui deviennent des plantes indépendantes par la destruction de la plante-mère). I.' Agave americana, disons-nous, est une plante monocarpienne; et il en est de même de toutes les plantes vivaces par une succession de stolons ou de tubercules devenus indépendants : la Pomme-dcterre, dont nous avons parlé ; la Sagittaire, le Stu ifraga grainiluta, les Semper • vivum, le Topinambour et tant d'autres.
Relativement à leur durée, l'ancienne division des plantes en plantes annuelles et plantes vivaces, bien qu’incomplète, n’est donc pas la moins bonne; seulement, comme il est, chez les plantes vivaces, de nombreux modes de multiplication.
Fie. 568. — Plante annuelle, la Coriandre
( Coriandrum sativum).
Fig. 569. — Plante bisannuelle, le Na?e<
(B rassied Nnpus).
Digi