‹ Nouveau dictionnaire de botaniqueChapitre 167 sur 414 · ÉPAIS. — ÉPERON · texte numérisé non relu

ÉPAIS. — ÉPERON

ÉPAIS, erassus. Se dit d'un organe dont l'épaisseur est plus grande que dans le cas le plus ordinaire chez les autres plantes pour des organes de même nature (ex. : les feuilles des Sedum et des Aloés).

ÉPAISSI, incrassatus. Signifie renflé à une extrémité, comme les pédoncules de certaines plantes de la famille des Composées (ex. Hyoseris minima).

ÉPARS, sparsus. Sc dit d’organes dis|>osés en apparence sans ordre. Les feuilles dites éparses sont en réalité disposées selon une ligne spirale parfaitement régulière (voy. Phvi.i.otame); mais les tours de spire étant quelquefois nombreux et rapprochés dans un espace très-limité, et d’ailleurs la régularité de la disposition se trouvant fréquemment altérée et masquée par des torsions accidentelles de la lige, on se sert fréquemment, dans les descriptions d’espèces, pour indiquer l’aspect qui résulte de la disposition des feuilles dans ces différents cas, de l'expression feuilles ê/Mrses, qui indique seulement que les feuilles ne sont ni distiques, ni opposées, ni vcriicillécs.

épebov calcar (lig. 603 à 609). On désigne en général sous ce nom un prolongement tubuleux qui existe chez certaines feuilles de la fleur. L’éperon est ordinairement situé près de la base (ou point d’insertion) de la feuille ; la forme

Fig. 603. — Coupe longitudinale de la fleur de la Capucine (Ti o/h/'o/um majus), montrant la cavité de l’éperon, qui est un prolongement des trois sépales supérieurs.

Fig. 604. — Coupc longitudinale d’une fleur de Pelaryonium , montrant la cavité de l’éperon soudé au pédicelle. Cet éperon appartient au sépale supérieur.

des é|)erons est en général celle d’un doigt de gant. Il arrive fréquemment citez les fleurs que la paroi interne de l’éperon est remplie d'un liquide sucré : ce liquide peut avoir été sécrété, non par les parois de l’éperon, mais par les organes glanduleux qui constituent le disque, et avoir coulé dans l'éperon situé au-dessous de ces organes, comme dans un réservoir. Dans le genre Aquilegia (Ancolie), chacun des cinq pétales est prolongé en éperon ; la même disposition s’observe dans de plus petites proportions chez le Myosurus. Liiez les Violettes ( Viola) et les I. marin (lig. 605 ), le |télale inférieur seul est prolongé en éperon . Liiez les Orehis, c’est le labcllc (pièce moyenne du verticille intérieur) qui est

ÊPLHChN.

prolongé en é|)eroii. Chez les Delphinium (Picd-d'alouellc) (fig. 600), une des pièces du calice, le sépale su|)érieur, est prolongée en éperon, et reçoit dans sa cavité les prolongements des pétales. Chez les Impatiens (Balsamine), c'est un des deux sépales intérieurs. Chez les Tropœolum (Capucine) (fig. 603), c'est la lèvre supérieure du calice, laquelle est formée de la réunion de trois

Fig. 005. — Fleur du Unit- Fig. Güü. — Fleur du l'ied- Fig. 007. — Corolle d'un Mûrir* vulgaris. Le pétale d’alouette ( Delphinium ). Hier (Antirrhinum) , pré-

moyen (qui entre dans la Le sépale supérieur est sentant un éperon rudimen-

composition de la lèvre in- prolongé en éperon renfer- taire en forme de bosse à la

férieure de la corolle) est mant les éperons des deux partie du tube correspon-

prolongé en éperon aigu. pétales supérieurs. dant à la base du pétale

moyen de la lèvre inférieure.

des cinq sépales ; la lèvre inférieure sans éperon est formée de la réunion des deux autres sépales. Chez les Aquilegia (fig. 609), les éperons sont recourbés; chez las Antirrhinum et les Curydallis (fig. 607 et 608), l’éperon est courCct en forme de bosse.

'pr

Fig. 608. — Fleur ü’un Curydallis, Le pétale Fig. G00. — Fleur d'une Ancolie [Atjuitesupérieur est prolongé au-dessous de sa yia) . lais cinq pétales sont prolongés

base en éperon obtus. chacun en un éperon recourbé.

On observe souvent des anomalies chez lesquelles la régularité des fleurs pourvues d'un seul é|ieron sc rétablit accidentellement, soit par la disparition de l'éperon, comme cela arrive dans une variété du Viola ndnrata à fleurs doubles (Violette-de- Parme) et chez la Capucine à fleurs doubles, soit au contraire par l’apparition d’un éperon chez toutes les pièces du verticille. J’ai observé celle régularisation à tous les degrés chez le Linaria vulgaris , où j’ai trouvé des fleurs à deux, à trois, à quatre et à cinq éperons, et d'autres sans épeton. Lorsque celle fleur sc régularise par la présence de cinq éperons, son limbe se

466 EPHEDKA. — tPIItMtllE.

régularise en même temps, et au lieu d’être, comme à l'état normal, en forme de gueule cl à deux livres, la corolle est en forme d'étoile, en raison de la forme semblable de chacun des cinq pétales qui la composent (chacun de ces cinq pétales étant muni d'un palais saillant, l'entrée du tube de la corolle est complètement fermée par ces palais qui se trouvent régulièrement contigus}. Linné a donné le nom de /léliirie 6 ce genre d'anomalie où la forme irrégulière normale est remplacée par une forme régulière accidentelle. J'ai aussi rencontré des tendances à la régularisation |>ar production d’éperons chez les Violettes, les Balsamines, etc. Voy. PÊLORIE.

Dans le genre Pélargonium (Gérauiacécs), le sépale supérieur est prolongé au-dessous de son insertion en un é|>crou creux adhérant dans toute sa longueur au |>édiccllc de la (leur (fig. 606). — Les éperons ne sont pas nécessairement tubuleux, les parois de l'expansion qui le constitue pouvant être en contact et adltérenles par la face qui corrcs|>oiid 6 la cavité. — Non-seulement les feuilles qui entrent dans la composition de la fleur,' mais les feuilles de la tige, peuvent être prolongées ou dilatées en éperon (voy. Ascidies). Chez certaines espèces du genre Sedian, les feuilles sont prolongées au-dessous de leur insertion en un éperon qui n’est pas creux.

J'ai fait connaître chez certaines plantes bulbeuses un organe qui n’est autre chose qu'un é|>cron, soit de l'une des feuilles du bulbe-mère (chez le (ingen «iUosa , par exemple), soit de la feuille extérieure du caïeu ou bulbe axillaire (chez le ( ingru sleuo/tetula).

C'est dans l’extrémité dilatée d’un éperon de cette nature (qui atteint 1 à 2 décimètres de longueur) que se trouve logé le caïeu chez le Tuli/m silvetlris et les autres espèces du même genre. Le bulbe dit pédicellé de la Tulipe avait été étudié en Allemagne avant que je l’aie observé en France; mais j’ai eu la satisfaction de comprendre et de décrire le premier la structure des caïeux pédicellés chez les A Ilium (.1. l'inealc, sphœrocep/talum, mulli/lunnn, magicum) et chez certaines Orchidées (voy. Bui.UK). Dans ces dilTérenls cas, c’est toujours une feuille extérieure du bulbe ou du caïeu dilaêée en un éperon tubuleux ou solide, plus ou moins long, qui entraîne par distension la base du bourgeon bulbeux (du bourgeon complet on seulement de sa partie centrale, selon que la feuille prolongée eu éperon est la feuille axiilantc du bourgeou ou b première feuille du bourgeou lui-méinc) plus ou moins loin de sou point de départ, en constituant par ce tiraillement une sorte de raphé et de chalaze, qui m'ont semblé complètement analogues au raphé et b la chalaze des ovules dits réfléchis.

KI'illJtltA. Espèces du genre Epherlra , famille des Gnétacées. — I,es tiphedra croissent sur les bords de la Méditerranée cl les côtes occidentales de I Europe; on les rencontre aussi dans les déserts de l’Asie moyenne. L'A'. dislae/igu est doué de propriétés astringentes; il était jadis officinal. Ses fruits, nmrilagincux et acidulés sucrés, sont comestibles comme la cupule charnue de l'If; ils irritent cependant un peu b gorge.

ÉPHÉMÈRE, ephemerui. Se dit des fleurs qui s'épanouissent et se flétrissent dans b même journée.

Page 1