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ERGOT

l'ergot proprement dit ( S/iernuedia Frics, Nnsocanja Fée) est une hypertrophie avec altération des tissus, une déformation du grain lui-même. (J'ai souvent observé aux environs de Bayonne, sur le Maïs, une monstrueuse hypertrophie des grains déterminée par la présence d’un Uredo). Selon M. Fée, chez l'ovaire encore jeune de la fleur du Seigle atteint de l'altération qui donnera lieu 4

Kig. 045. — Ergot de Seigle Kic. 047. — Kystes sphériques

cl u sphacélie. de la sphacélie (Fée^.

l'ergot, entre la feuille carpellaire et l’ovule, se développe une Mucédinéc ( Spha relia segelum Lév.), sous l’influence altérante de laquelle la feuille carpellaire se détruit et l'ovule, ou du moins sa masse périspermique, «'hypertrophie et parvient

Kig. 048. — Ergot de Seigle |>ortant Fig. 049. — Ergot portaut des I7«i icvj'S. des Claviccps pur pure»,

à dépasser longuement les écailles des épillets. L’ergot ainsi développé est d’une forme prismatique sillonnée qu’on a comparée à celle d'un ergot de coq; on y reconnaît très-bien, dans les premiers temps, la forme du grain. Cette masse, de nature celluleuse, sinon féculente, est blanche à l'intérieur et d'un noir violet au dehors; elle est de consistance ferme et cassante. La Mucédinée (üji/iacclia

ERICETINUS. — ÊIUC1NÊES.

segetum) qui occupe le sommet de l’ergot, et se confond en ce point avec le tissu dénaturé du grain, est dans l'origine une petite masse de consistance muqueuse : elle devient sèche et pulvérulente à la maturité ; elle se résout alors partie en spores libres (désignées par les noms divers de eonidies et de spermaties), et en partie (selon M. Fée) en sporanges globuleux remplis de très-petites spores.

Selon MM. Tulasne, l’ovaire de la fleur des Graminées serait détruit dès le principe, et l'ergot serait un mycélium condensé pouvant donner naissance à diverses formes mycologiques, cl d'abord au Sphacelia. — MM. Tulasne et M. Duricu de Maisonneuve ayant placé sur de la terre, ou planté sur du sable humide, des ergots de Seigle, ces ergots se sont couverts des groupes d’un petit Champignon l>édiculé en forme de clou ou d'épingle, et ce Champignon, alors complètement inconnu, a reçu de MM. Tulasne le nom de Claviceps pur pur ea. D'une base floconneuse s’élève une petite tète globuleuse dont le pédicelle s’allonge et donne au Champignon sa forme en épingle; la tète est formée par la réunion de nombreux conceptacles qui s'ouvrent par des (tores II sa surface, et laissent échapper des sporanges allongés qui renferment des spores agglutinées.

L’ergot de Seigle est doué de propriétés médicinales énergiques. A faible dose, c'est un médicament excitant et un emménagogue des plus précieux ; il provoque les contractions de l'utérus et est fréquemment employé pour bâter la conclusion de certains accouchements laborieux. A haute dose, cette substance est toxique et produirait les accidents les plus graves. Mêlé même en petite proportion à la farine de Seigle, il communique au pain des propriétés malfaisantes.

Ericetinus. Qui croît dans les landes couvertes de Bruyères ( ericeta ).

ÉRICINÉES. Famille de plantes dicotylées gamopétales, â ovaire libre Peu de types végétaux fournissent autant d'agréables combinaisons de couleurs harmonieuses et de formes élégantes que les Éricinées. I.a nature les a répandues avec profusion dans presque tous les climats : on voit quelquefois une même espèce couvrir presque à elle seule, de scs touffes fleuries, de vastes plaines ou les flancs pierreux des collines. Mais c'est surtout dans l’Afrique australe, au cap de Bonne-Espérance, que les Éricinées se développent dans toute leur splendeur. En Australie, les Éricinées sont remplacées par une famille voisine, les Épacridées; dans l'Amérique du Nord, elles ont pour équivalent les Vacciniées.

Endlicher comprend dans sa famille des Éricacées plusieurs familles regardées comme distinctes entre elles. Cet ensemble constitue, â certains égards, un groupe naturel, il est vrai, mais oITrant de trop grands écarts entre les divers types qui le constituent, savoir : les Éricinées proprement dites; les VacciniÊes, qui en diffèrent par leur ovaire adhérent, et les Pinoi.ACÉES et les Monotropées, qui s'en éloignent par leur corolle dialypétale. N'ous conserverons à chacun de ces divers types leur place dans la série des familles naturelles.

Les caractères des Éricinées sont les suivants ; Plantes frutescentes et même arborescentes, à feuilles ortL en spirale, alternes ou opposées, sessiles, persistantes, entières, coriaces, souvent en forme d'aiguilles à bords roulés en dessous, quelquefois ovales, planes; dépourvues de stipules. Fleurs gamopétales (lig. 650) disposées eu paniculcs en grap|>es terminales ou axillaires ou en ont-

EHINACEUS. — EROSIRATUS. 481

belles. Calice à 4-5 sépales, persistant. Corolle liypogync, gamopétale, urcéolée, campanulée, ou eu entonnoir, 4 4-5 divisions, régulière ou un peu irrégulière, marcesrcnlc ou caduque. Étamines 8-10, rarement 5, hypogynes, non soudées avec la corolle; anthères à lobes s'ouvrant chacun par un porc terminal, souvent munies d’un appendice dor- rf*r*

sal. Ovaire à 4-5 carpelles, à 4-5 loges, 4 style indivis. Jyi

Fruit ord. capsulaire, quelquefois charnu bacciformc,

4 4-5 loges, contenant chacune plusieurs graines; les > mJ

capsules, 4 déhiscence loculicide ou septifrage, quelque- ▼

fois ces deux modes de déhiscence se combinant et ** '

produisant 8-1 U valves. Graines petites, pendantes, 4 Fie. 650. — Heur d'une embryon droit place dans un |>erisj)crme charnu.

La famille des Ériciuées fournit un nombre considérable de plantes d'ornement 4 nos jardins, et surtout 4 nos serres et 4 nos appariements. Tout le monde connaît les Bruyères ( Erica ) de l'Afrique australe, les Andromeda, les Kalmia, et admire les collections si riches et si variées d ’Aialea cl de Rhododendron (la plupart originaires de l’Asie et de l’Amérique du Nord), collections en si grande faveur dans nos expositions florales. Les Alpes d’Europe nous fournissent quelques Rhododendron; les collines de la Provence sout décorées par l’Arbousier (Arbutus Unedo), chargé 4 la fois, en décembre, de scs baies sucrées, d'un rouge velouté, et de scs grappes de fleurs blanches. Les terrains couverts de Bruyères sont l'objet des malédictions de l’utilitaire; ces landes fleuries reposent doucement la vue du paysagiste, et fout oublier au poète le monde de la réalité pour le monde de l’idéal.

Eriuaceus. Hérissé de piquants comme un hérisson (erinus).

ERIOCAULONKES. Famille de plantes monocotylées, ayant des affinités avec les Hcstiacées, les Xyridécs et les Ccntrolépidées. Une seule espèce de celte famille ( Eriocaulon septangulare) habile l'Europe (les marais de l’Irlande); le plus grand nombre est propre 4 l'Australie tropicale; quelques-unes appartiennent 4 l'Inde orientale, 4 Madagascar, 4 l’Amérique du Nord.

Les Ériocaulonées sont des plantes vivaces habitant les marais, acaules, 4 tiges scapiformes, ou caulesccnles rameuses. Feuilles un peu charnues engainantes, linéaires-aiguës, fasciculécs, alternes sur les rameaux lorsque la plante est caulesccnte. Fleurs unisexuées, très-petites, disposées en têtes compactes, les mâles ord. au centre ; quelquefois munies d’une courte bractée. Pérhnthe 4 pièces disposées sur deux rangs, l'intérieur membraneux pétaloïdc, 4 2-3 pièces, plus ou moins, soudées en une petite corolle campanulée. Fleurs mâles a étamines insérées sur le tube du périauthe, en nombre double de ses divisions, les alternes souvent stériles. Fleurs femelles 4 ovaire libre, 2-3-loculaire, formé de 2-3 carpelles soudés entre eux. Ovules solitaires dans chaque loge. Carpelles terminés chacun par un style persistant. Capsule entourée par le tube du périanlbc, 2-3-loculairc, 4 déhiscence loculicide. Graines munies d’un périsperme. (Genres : Eriocaulon, Pœpalanthus, Tonina, Philodice.)

Eroslrahos, civslris. Qui est dé|>ourvu de bec (rosiront).

CUISAIS (DE ST-iMERRE), 31

tHIUN. — ESPÈCE VÉGÉTALE.

Erion , dans les mois composes tirés dti grec : laine, duvet (en latin, lana, lunugo). Ex. : Eriophorum vaginatum, Cirsium eriophorum, Erianthus Kavennœ.

Erosus. llongé, érodé. Se dit d'une feuille ou de tout autre organe irrégulièrement denté et comme mordu.

Ermnpens. Qui s’ouvre par une déchirure.

ÉRYTHROPHYLLES. Qualification donnée aux plantes dont les feuilles sont de couleur rouge. — Les feuilles de différents arbres, vertes au printemps, passent souvent en automne à la couleur rouge (rouge orangé, rouge vif, rouge pourpre, rouge violacé) : cette coloration résulte d'une sorte de maturation analogue à celle des feuilles carpellaires passées à l’étal de péricarpes, devenant jaunes ou violacés dans la prune, jaune-aurore dans l'abricot, d’un blanc cm- |Kiurpré dans la |>ficlie. Chez les fleurs qui résultent d’une finir épigync, c’est la cupule réceplaculaire qui revêt ces couleurs variées : le gris, le blanc, le jaune, le pourpre dans les diverses variétés cultivées du Pommier, par exemple. Parmi les arbres dont les feuilles prennent eu automne une teinte rouge, citons : les Sumacs [Rhus Coriaria, Toxicodendrum, etc.), l'Alisier (Craiœgus torminalis), la Vigne ( I itis vinifera), la Vigne-vierge [Ampélopsis hederacea), etc. — Certaines plantes à feuilles vertes ont des variétés à feuilles pourpres : le Uôtrc ( Fngus silvatica ), le Noisetier (t'urylus Avellana), la Betterave (Muta vulgaris var. Ci fia s.-v. colora ta), etc. — Quelques espèces sont à feuilles naturellement de couleur rouge : certaines Amarantes, certaines Chénopodiées, certaines Labiées, etc. Ces végétaux à feuilles colorées produisent, au soleil, de très-beaux effets de transparence, et accidentent agréablement, soit par les arbres, les masses de verdure dans le paysage, soit par les plantes herbacée», les plates-bandes des jardins; leur effet, groupées en corbeilles, a plus de lourdeur que de grâce, plus d'étrangeté que de beauté. Les plantes à feuillage coloré sont aujourd'hui en faveur pour la décoration des parcs, des squares, et des plus splendides salons comme des plus humbles appartements.

Erythros. Mot grec, rouge; en latin, ruber.

ÉRYTIIKOXYI.KES. Famille de plantes dieolylées dialypétales, à ovaire libre, renfermant le seul genre Erytliroxylum ; arbres ou arbustes des contrées tropicales, à fruits drupacés monos|>erines. Cette petite famille diffère de celle des Malpighiacécs, dont elle est très-voisine, par la graine pourvue d’un périsperme, et par la fleur à pétales appendiculés.

E seras. Le suffixe latin escens indique une tendance (de l'organe qualifié) â se modifier dans le sens du mot qui présente cette terminaison. Ainsi eirrulescens signifie une couleur qui tend au bleu ; nigresrens, atbeseens, qui tend au noir, au blanc; spineseens se dit de certaines parties qui tendent à se transformer en épines ou constituent presque des épines.

ESPÈCE VÉC ÉTALE, spcrics, VARIÉTÉ Ct IlYRRIDE.

Tous les individus végétaux qui offrent les mêmes caractères, et dont les graines semées pendant plusieurs générations consécutives reproduisent des individus présentant ces mêmes caractères, constituent une espèce botanique.

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