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ESPÈCE VÉGÉTALE

Les groupes formés d'espèces voisines par leurs caractères essentiels ont reçu le nom de genres; — les genres qui présentent entre eux certaines analogies dans les organes de la floraison ou de la fructification constituent, par leur agglomération, des groupes qui ont reçu le nom de familles (en latin, ardines ); — et les familles sont à leur tour groupées, selon les analogies qu'elles présentent entre elles, en agglomérations plus générales, nommées divisions, ' lasses et embranchements ; embranchements au nombre de trois, et qui sont désignés généralement par les noms de Dicotylédones, Monocotyle-

DONES, et AcOTYLÉDONES (ou CRYPTOGAMES).

Un très-petit nombre de botanistes étudient les plantes à un point de vue assez général |)our avoir il se préoccuper de leur disposition en familles; relativement aux plantes de l'Europe, l'arrangement auquel on est déjà parvenu ne paraît pas d'ailleurs avoir de modifications bien importantes à subir. Il est beaucoup plus fréquent qu’on ait à modifier la délimitation des caractères qui circonscrivent le plus naturellement un genre.

Mais c'est la délimitation des espèces qui exerce surtout la sagacité des botanistes descripteurs. Il semblerait cependant, d’après la définition que nous avons donnée de V es jiete, que celle délimitation étant faite par la Nature ellemême. il ne puisse y avoir entre les botanistes de graves dissidences à cet égard; les difficultés et les dissidences tiennent à ce que les individus obtenus de graines d'une même espèce sont susceptibles de varier dans certaines limites, et affectent des formes générales souvent assez différentes entre elles, selon que la plante s'est développé!.1 dans un terrain maigre ou riche, à l’ombre ou au soleil, tardivement ou de bonne heure, |>ar la sécheresse ou pendant une saison pluvieuse.

Mais si l’on ressème les graines de cette seconde génération ou de l’une des générations suivantes, dans les circonstances où l'espèce se développe librement à l'état sauvage, on voit reparaître le type primitif ou espèce normale, dont l’essence paraît être (du moins pendant la durée d'une même période géologique) la variabilité dans les caractères secondaires, mais l’invariabilité dans les caractères essentiels, type qui doit seul, par conséquent, recevoir un nom spécifique. Si, à chacune des formes ou variétés accidentelles et présentant souvent toutes les nuances ou dégradations possibles entre elles, on attribuait un nom différent, la nomenclature tomberait dans un dédale où les auteurs mêmes de tons ces noms seraient les premiers à s’égarer.

Rien ne s’oppose, cependant, à ce que l'on donne des noms particuliers à chaque variété d’une infime espèce, |murvu que l'on considère ces noms de variétés comme des dépendances du nom spécifique réel, qui doit toujours les précéder. Los noms propres de second ordre, en permettant de désigner les principales variétés de chaque espèce, facilitent même l’élude de ces formes souvent si multipliées.

C est surtout chez les espèces cultivées dans les jardins que le nombre des variétés et des variations est considérable ; chez quelques-unes, il peut, pour ainsi dire, être augmenté à l'infini. Mais quelque éloignées d’aspect que ces variétés puissent être du type primitif, si l’on en sème les graines dans les lieux

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où les cspèccs-ly|Kls soûl susceptibles de croître spontanément et sans culture, et qu’on les y abandonne, un verra presque toujours ces types primitifs reparaître après uue ou plusieurs générations.

Du reste, les variétés et les variations qu’on obtient dans les jardins par la culture sont si multipliées, et l’on reproduit si rarement la même par les semis, que les amateurs d'horticulture ont dû renoncer il donner des noms particuliers aux variétés des plantes annuelles. Ils n’ont donné de noms particuliers qu'aux variétés de plantes vivaces qui peuvent se reproduire par éclats, par caïeux, de boutures, ou par greffe, et dont un même individu peut fournir une postérité nombreuse et aussi prolongée qu'il convient aux besoins de l’iiorticulture.

Telles sont les variétés d Œillet obtenues de graines, et qui se perpétuent et su multiplient indéfiniment par les éclats de la souche ; ces éclats constituant bientôt chacun ur.c nouvelle touffe qu'on divise à son tour. Telles sont encore les variétés d’arbres, des Poiriers ou des Rosiers par exemple, obtenues d’un semis, et qui peuvent être répandues dans le inonde entier et être reproduites indéliniment au moyen de la greffe ou par boutures. Dans ces différents cas, c'est un même individu qu’on fractionne à l'infini, et dont chaque fragment devenu individu complet est susceptible d'être fractionné à son tour. Mais à partir du jour où les horticulteurs cesseraient de diviser, de bouturer et de greffer, toutes les variétés de plantes vivaces et d’arbres fruitiers ou autres cesseraient d’exister avec les individus qui les représenteraient alors; les graines de ces individus ne reproduisant pas nécessairement la même variété, et tendant, ainsi que je l'ai déjà dit, à reproduire la forme primitive, sinon immédiatement, du moins par une suite plus ou moins nombreuse de générations.

Il en est de ces variétés comme de certaines espèces d’arbres dioïques, dont un sexe seulement a été naturalisé dans une contrée éloignée du pays où elles sont indigènes, et qui, par conséquent, ne sauraient y être propagées que par boutures. Tels sont le Saule -pleureur {Sntix babylonica), et duquel nous ne possédons que des individus femelles ; et le Peuplier pyramidal ( Poyidus /astitjiata), et dont nous ne possédons en France que des individus mâles; tous nus Saides-plcureurs et tous nos Peupliers d'Italie proviennent, en effet, de boutures recueillies originairement pour chaque espèce sur des arbres d’un même sexe (1).

Une cause de variation dont je n'ai point encore parlé est V hybridation. J’ai contribué à démontrer expérimentalement qu’une plante dont la Heur est fécondée par la (leur d'une autre espèce appartenant au même genre peut produire des graines qui, étant semées, donnent naissance à des individus dont les formes sont intermédiaires entre les formes des deux parents, et que ces hybrides se reproduisent de graine une ou plusieurs fois consécutivement; mais si l’on sème les graines dans les conditions dans lesquelles les plantes-mères se développent spontanément, on verra les plantes résultant des semis revenir pro-

f I j La pairie de ccs deux arbres parait du reste fui t incertaine, cl il lie serait pas impossible que le Peuplier- pyramidal lût simplement une variété obtenue jadis accidentellement d'une graine du Pupulus nijrut cl le haute* pleureur d'une graine du Saule-blanc [Sa/ix aiOu ou h, fruyili ■♦).

ESPÈCES IDENTIQUES. — ESSENCES. Il 8;'»

gressivement à l’un «les deux types primitifs après un certain nombre de générations. Voy. HVRRIDE.

I.inné, dans l’immense travail de délimitation et de classification qu’il avait Il faire de toutes les espèces du règne végétal connues it l'époque on il vivait, ne pouvant trouver le temps d’étudier à fond toutes les espèces de chaque genre, dut quelquefois se résoudre à réunir provisoirement un groupe d’espèces voisines, bien que distinctes, sons une setdc cl même désignation d'espèce. C’est ainsi qu’il avait réuni sous le nom de Vateriana Locusta plusieurs es|>èccs de Valérianelles dont il avait, du reste, distingué la plupart, comme variétés, avec les botanistes antérieurs, et que, faute de temps pour une étude approfondie, il considérait comme des formes d’un même type. — Les botanistes qui ont succédé à Linné ont eu par conséquent à subdiviser ces espèces multiples, et à dénommer les espèces distinctes qu'elles pouvaient renfermer.

Mais il est arrivé une époque où (la plupart des plantes de l’Europe, ou du moins les plus faciles à se procurer, étant connues, classées et nommées), des botanistes désireux de perfectionner la science et peut-être aussi d’attacher leur nom à la découverte de nouvelles espèces, ne trouvant plus de types véritablement distincts à isoler, ont artificiellement séparé les variétés et les plus légères variations des types auxquels elles appartiennent, pour les élever nominativement au rang d’espèces.

C'est alors qu'à la confusion qui était résultée, à une époque antérieure, d’un nombre de noms plus petit que le nombre des espèces, a succédé la confusion inverse et bien plus préjudiciable, résultant d’un nombre de noms supérieur de beaucoup, dans certains genres, au nombre des espèces. — Une espèce du genre Rubiis fut divisée en plus de vingt espèces; plus tard ce fut le tour des Roua, et successivement enfin de toutes les plantes dites polymorphe s et sujettes à varier.

Ces jeux faciles ne présentent aucun inconvénient, toutes les fois qu’ils restent renfermés dans les monographies où ils sont exposés par leurs auteurs ; dans ces conditions, ils peuvent même être utiles en appelant l'attention sur des variétés intéressantes jusqu’alors négligées, pourvu toutefois que les auteurs tpii ont adopté ce système donnent des descriptions claires et méthodiques des variétés qu’ils ont élevées au rang d’espèces, et qu’ils n’augmentent pas la difficulté de les reconnaître en les éloignant, dans leurs livres, des espèces auxquelles elles doivent être rattachées.

Mais dans les traités généraux et les Flores, on doit se garder soigneusement de celle tendance à la pulvérisation 'le b espèce, qui aurait pour résultat de rendre impossible d'appliquer un nom incontestable aux plantes les plus vulgaires ot jusque-là les mieux connues. — Voy. Ages du règne végétal.

ESPÈrES iiii xtiih es appartenant à des contrées différentes et séparées par l’Océan; leur origine. — Voy. Ages DU RÈGNE végétal.

ESSENCES. On donnait autrefois le nom A' huiles essenhelles ou huiles volatiles (dénominations quelquefois conservées par habitude), et l’on donne aujourd’hui le nom d'essence*, à des principes végétaux liquides, non visqueux, trèsvolatils, et par conséquent odorants, à odeur aromatique souvent suave. Leur saveur est âcre,cliamle,oti même brûlante et caustique; les essences s'enflamment

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