FOUGÈRES
dans le lube de l’archégonc, et arrivent-ils jusqu’au sac qui doit devenir la spore? C’est probable. Toujours est-il que la spore grossit, et constitue bientôt un corps celluleux, de forme globuleuse, qui ne larde pas (se trouvant en contact avec la terre humide) à entrer en germination (tout en restant enchâssé dans le prothalle) et à se développer en un bourgeon fcuillé (fig. 762) qui émet inférieurement une, puis plusieurs radicules. La jeune Fougère vit alors de son existence propre, et le prothalle épuisé n’est plus qu’un petit corps étranger. Voy. Générations alternantes.
Fig, 761. — Coupc verticale du prothalle, pr, d'un Fie. 762. — Coupe verticale d’un Plcris, dans lequel un erchégone a été fécondé. très-jeune Pirris , résultant de la
La spore ou embryon qui résulte de cette fé- germination de la spore d'un
rondalion, constitue déjà une masse pamichyma- archégonc. — pr, débris du
teuse. — nr, arctiégones non fécondés; r, poils prnthalle; n, jeunes feuilles;
radicellaires. (D'après M. Itofmeisler.) e, masse primitive.
Les Fougères constituent un groupe extrêmement naturel, c’est-à-dire dont les caractères essentiels ne varient que dans de faibles limites, quelle que soit la multiplicité admirable qu’on observe dans les formes des organes de la végétation. Néanmoins, comme ce beau groupe comprend un très-grand nombre d’espèces réparties en genres eux-mémes nombreux, ou a jugé utile de grouper ces genres en plusieurs familles. — Il faut avouer que ces familles sont carac-
térisées par des différences d'organisation assez faibles, et sont plutôt des sous-familles ou sections d’une famille unique. Les caractères principaux qui les distinguent ont été tirés de la forme de l’anneau élastique qui constitue une sorte de carène à la capsule ou sporange qui renferme les séminules. Le rôle de cet anneau est de rompre les parois de la capsule à la maturité, en se rétractant par un phénomène hygroscopique. Ces familles sont ; les Polypodiacées, les Cyathéacées, les IIyménophyllêes, les Gleicbé-
Fic. 762. — Fragment grossi de l’épi fructifère d’un Qphioglosnim. r, fente transversale par laquelle s’ouvre chaque capsule.
niées, où l’anneau est circulaire ou semi-circulaire; les Schizéai'.ées, où l’an-
neau est remplacé par une calotte à stries rayonnantes. Dans les O.smondacêes
et dans les Cératoptékidées, l'anneau est réduit à un très-petit disque strié; dans les Marattiées les capsules sont disjwsées sur deux raugs et s’ouvrent
FOUtifeRES.
|>ar une fente régulière, restant libres ou se soudant entre elles, et donnant à l’ensemble l'aspect d’une capsule à plusieurs luges superposées. Enfin, dans les OPHIOGI.OSSÊLS, les capsules, disposées en deux séries linéaires (les deux moitiés du limbe de la feuille fructifère), sont plongées en partie dans le tissu de la feuille, et constituent de véritables capsules bivalves à la maturité (fig. 763). M. A. Ilrnngniari fait observer cjuc ce dernier grou|>e se rapproche déjà du type des Lycopodes.
Fie. 764. — Fougère-mâle ( Nephrodium tï/ix-mas).
Fie. 765. — l'.apilhire-do-Montpellier (Adiantum Capillun- 1 >«.ru).
I.es frondes des Fougères renferment un suc plus ou moins astringent, et quelquefois aromatique. Leurs liges souterraines contiennent, en général, une certaine quantité de fécule, une huile grasse, une huile volatile, un principe inucilagineux sucré analogue à la inannitc, et une substance oléo-résineuse