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faits positifs, institua l'expérience suit ante : On fait passer lentement, il l'aide d’une |xjmpo, de l'air atmosphérique par un long fuite de terre rhaulTé par des lampes jusqu'il la température rouge, et obstrué de filaments, d’amiante (pour tamiser l'air). Cet air chauffé pénètre dans un flacon d'eau bouillante dont le trop-plein s'écoule dans une éprouvette par un tube recourbé faisant fonction de siphon; puis ce même air, cbaulTé dans le tube et lavé dans l'eau bouillante, est porté par un tube du premier flacon dans un second qui est rempli d'une décoction de foin bouillante, et est également muni d’un siphon (se rendant dans une éprouvette) pour en expulser le trop-plein ; une partie de la décoction est expulsée par l'air lavé, qui arrive et va occuper la partie supérieure du flacon; puis l'appareil est laissé en repos. Après vingt-quatre jours, de petits îlots d’une Alucédinée ( Pénicillium glaucum) se sont formés à la surface du liquide, dans lequel l’observation microscopique a fait également découvrir des vibrions. — Dans une autre expérience, M. Pouchel (perfectionnant le mode d’expérimeutation d'un savant physiologiste allemand, M. Srhultze), avant de faire passer l'air par l’eau bouillante, l'a fait passer dans un flacon plein d’acide sulfurique; évidemment on ne saurait admettre que des germes de microzoaires puissent conserver leur vitalité après un pareil traitement. Au bout de dix-huit jours, on a trouvé, comme dans le cas précédent, une Mucorinéeou Mucédiuéc à la surface de l'infusion, et l’observation microscopique a fait découvrir dans le liquide un très-grand nombre de vibrions.
M. Pouchet a cependant trouvé un contradicteur. SI. Pasteur a annoncé qu'il démontrerait l'inanité de la doctrine de l'bétérogénie. — Je résume en quelques lignes l'argumentation de M. Pasteur : — Le professeur entre en matière en citant les plaisantes bévues des anciens naturalistes, qui ont cru (comme Aristote) que le limon des marécages produisait des grenouilles, et comme van Hrlmont, que le linge sale produisait des souris (c'est là le thème favori de nos contradicteurs). Puis l’orateur donne à entendre que l'opinion qu'il combat est entachée de matérialisme, et se présente comme défenseur du spiritualisme, que la doctrine de ses adversaires mettrait en danger. — Nous ne nous lasserons pas davantage de répéter qu il y a plus de spiritualisme peut-être à voir le Créateur organisant la matière dans l'éternité, aujourd'hui comme dans les temps les plus reculés, qu'à représenter le Créateur comme ayant organisé la matière à des intervalles limités, cl par un prodige en opposition avec ses lois et son grand principe d'unité. — M. Pasteur triomphe ensuite en disant que, dans une expérience où M. Pouchel s’est servi d'un bain de mercure pour expérimenter à l’abri des poussières en suspension dans l'air extérieur, le mercure des laboratoires étant lui-même chargé de ces poussières déposées |>ar l’air à sa . surface et entraînées dans sa masse, l’expérience est frappée de nullité. — .Nous répondrons que, dans les ex(>éricnees décisives de M. Pouchel citées plus haut, l’air employé n'a pas traversé le mercure; cl qu’en outre une expérience (de Al. Alantegazza, de Alilan), dalaut de 1852, a donné lieu à la production de monades dans les conditions suivantes : l’air et l'eau servant à l'infusion bouillante étaient chimiquement préparés, et le mercure avait été chauffé à fa température de 130 degrés. Ce fait met à néant, il nous semble, l'objection du
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savant contradicteur. — I.e professeur termine en exposant une série d'expériences dans lesquelles il a obtenu des résultats négatifs en expérimentant avec de l'air recueilli sur des glaciers, où les poussières atmosphériques sont rares. Mais des résultats négatifs, si bien observés qu 'ils soient, sauraient-ils prévaloir contre des résultats |x>silifs de la valeur de ceux que nous avons cités?
Où cesse l’observation directe, cesse presque complètement ma communauté d'opinions avec le savant professeur de Rouen. M. Pouchet admet qu'à chaque époque géologique, une création entièrement nouvelle a dù surgir spontanément du sol. Des membranes proligères formées de débris organiques analogues (mais dans de grandes proportions) à celles que nous avons vues sc former sur nos infusions, auraient été le centre d'organisation où des molécules organiques se seraient groupées pour la production de la vésicule embryonnaire des espèces les plus élevées du type des animaux vertébrés, comme du type végétal des Phanérogames. Mais la vésicule embryonnaire formée, où trouver pour les types les plus élevés, pour les mammifères, l'équivalent de la nutrition placentaire? Nous avouerons qu'une fausse membrane produite à la surface du sol, et devenant l’ovaire où s'est développé l’embryon du premier mastodonte, bien que reposant sur une hypothèse plus logique et plus satisfaisante que celle de l'apparition spontanée d’étres tout constitués, nous semble infiniment moins probable que la production des espèces nouvelles par suite d’écarts dans les générations successives, et que, phénomène anormal pour phénomène anormal, nous préférons chercher la membrane proligère des espèces nouvelles dans l'ovaire des espèces anciennes plus ou moins voisines, et du moins appartenant au mémo type anatomique.
On peut nous objecter sans doute que ce n'est qu'éloigner la difficulté, et que, si les vertébrés produits dans les derniers temps ont pu naître de ceux qui les ont précédés; si, en un mot, notre système peut expliquer la naissance des productions dernières, les premières restent à expliquer. En l'absence de tout document précis, nous ne pouvons évidemment procéder que d’après les analogies et par hypothèses. I,es premiers embryons du type des vertébrés sc sont trèsprobablement produits en dehors des types si différents des invertébrés (articulés, mollusques et rayonnés); ces premiers embryons ont pu être produits dans une couche organique proligère analogue à celle dont parle M. Pouchet pour les types les plus complets : nous sup|>osou.s les | Crémières formes qui durent résulter des premiers embryons spontanés du type des vertébrés comme des êtres d’une grande simplicité, ayant probablement appartenu d'abord au type des poissons. La consistance molle et gélatineuse de ces premiers êtres serait la raison de leur destruction complète et de leur non-conservation dans les couches du globe, qui nous sont d'ailleurs encore si pett connues relativement à leur étendue réelle. Du type des poissons, la transition aux reptiles par les espèces anguiformes est facile; des reptiles aux oiseaux, des oiseaux aux mammifères, la transition a lieu par des formes analogues à celles de l'ornilhorhynquc et de l’èchidué. Par les carnassiers pisciformes et par les cétacés, ne passc-l-on pas, au point de vue au moins des formes extérieures, des poissons aux mammifères? Par cette voie, les difficultés sont assez grandes sans doute; mais, par toute