GENÊT. — GENÉVRIER
le développement du inonde organique sans blesser les lois de l’analogie, et polir ainsi dire sans sortir du domaine de l'observation, sans nous obliger à avoir recours à la supposition d’invraisemblables renversements sporadiques des lois naturelles.
t.c système lions fait cil quelque sorte assister à la production des formes si variées (et en même temps si souvent variables) dunl se compose le nombre (bien difficile h préciser) des espèces qui, à chaque époque successive de révolution du globe terrestre, ont constitué les classes diverses des êtres organisés.
GKYKT, Balais (Genisla scoparia, Sorolhammis scu/iarius). La plante renferme un principe acre et amer; elle est douée de propriétés émétiques et purgatives. — Il en est de même de plusieurs autres espèces du genre Genisla : G. myittnlis et G. lineloria (Gcnêt-des-tcinturicrs). Cette dernière espèce renferme en outre un principe colorant jaune ou vert, employé dans la teinture. — Beaucoup d'autres plantes de la même famille présentent des propriétés analogues: tels sont le Faux-Ébénier (Cylisus Lnbumum), la Coronille {('liront lia varia), le Baguenaudier (Colutea arborescent). Les feuilles du Baguenaudicr ont quelquefois été substituées aux feuilles (folioles) de Séné.
CI'.MAItlI.lt (Juniperus commuais, famille des Cupressinées) (flg. ÎS38).
Fie. 838. — Genévrier ( Juniperus com- Fig. 839. — Sabine (Juniperus Salami), munis). Rameau fructifère, détails des Rameaux et chaton de fleurs mâles,
flours et du fruit.
Les fruits du Genévrier, dont l’infusion est aromatique et excitante, servent à préparer diverses boissons fermeutées, et particulièrement une eau-de-vie en
GENICULATUS. — GENTIANÉES.
usage chez les peuples du Nord. — Le J. virginiana, originaire de l'Amérique du Nord, ei piaulé çà et là dans les parcs, présente les mêmes propriétés que le J. Sa/iina (fig. 839). Voy. S ABIME.
Les Cuprcssinées renferment, comme les Abiétinées, des substances résineuses unies à une huile aromatique. L'huile qu’on obtient par distillation des parties herbacées et des fruits du Genévrier, de la Sabine, des Thuyas et des Cyprès, diffère peu, par ses propriétés, de l'huile de térébenthine; néanmoins cette substance contient moins de parties volatiles et ne renferme point d'acide succinique; une certaine quantité de tannin se trouve en outre unie aux substances résineuses.
Geniculatus. Genouillé, coudé, c'est-à-dire plié et non courbé.
Geniculum. Genou. Ce mot a été employé comme synonyme de nodus, nœud.
Genitalia. Organes de la reproduction, les étamines et les carpelles ou pistils.
GENOU, geniculum. Pii anguleux chez un organe cylindrique ; une tige, une arête, etc.
GENOUILLÉ, geniculatus — genuflexus. Plié en faisant un angle. Se dit surtout des tiges couchées, redressées au niveau d'un nœud : par ex. celles de l’Alopecvrus geniculatus.
genre, genus. Groupe naturel d'es|>èccs. Les familles sont subdivisées en genres ; les genres se composent d’une réunion d’espèces rapprochées par des caractères communs cl éloignées des autres genres par un ou plusieurs caractères différentiels.
GENTIANÉES. Famille de plantes dicotylées gamopétales, à ovaire libre, herbacées ou vivaces, rarement sous-frutescentes. Les Gentianées, voisines des Apncynécs par le port, en diffèrent par leur suc non laiteux, et par le fruit à 2 carpelles soudés et non indépendants. Les Gentianées sont répandues dans toutes les contrées du globe ; elles se plaisent dans les climat', tempérés, et s’élèvent dans les régions alpines jusqu'au niveau des neiges éternelles. Toutes sont plus nu moins douées de qualités amères ; quelques espèces sont trèsemployées comme toniques et fébrifuges (citons la Grande-Gentiane [fig. 860) et la Petite-Centaurée [fig. 861]). Les Gentianées présentent les caractères généraux suivants : Feuilles ordinairement opposées ou verticillées, rarement alternes, ord. simples, entières (dans le genre Mcnianlhes, composées- trifoliolées), dépourvues de stipules. Fleurs hermaphrodites, ord. régulières, solitaires, fasciculées, ou en corymbcs, ou en cymcs. Calice libre, persistant, à 4-5, rarement 6-8 sépales libres ou plus ou moins soudés en tube, quelquefois carénés-ailés. Corolle gamopétale hypogync, caduque ou marcescenlc, contournée, 4-5, rarement 6-8-fide, tubuleuse ou en forme de coupe, à gorge nue ou munie d’un anneau frangé ; ordinairement à préfioraison tordue. Etamines insérées à la gorge de la corolle, ord. en même nombre que ses divisions, ord. à filets libres; anthères introrses bilobées, de formes variées, à lobes s’ouvrant par une fente longitudinale quelquefois réduite à un [Mire terminal. Ovaire incomplètement biloculaire, ou uniloculaire, conqiosé de 2 carpelles soudés, à bords non rentrés jusqu’au centre, ou 4-loculaire |>ar la pro-
(iENTlANES.
duclion d'une fausse cloison ; h loges pluri-ovulées. Ovules disposés sur plusieurs rangs, horizontaux, réfléchis. Stigmate bifide. Capsule uniloculaire ou incomplètement biloculaire, à 2 valves. Graines nombreuses, anguleuses ou globuleuses, pourvues d'un périsperinc charnu renfermant un embryon droit. — Les Gentianées ont été divisées en deux sous-familles : 1» GextianEes vraies, dont les genres, assez nombreux, sont à préfloraison tordue; tels sont nos genres indigènes : Gentiana, Swertin, Chironia, Exacum, Cicenifia, Chlora. 2° MêManthêes (préfloraison indupliquée), renfermant deux genres représentés dans la flore indigène par deux belles plantes aquatiques : le Menianthés trifoliata (vulg. Trèfle-d’eau), cl le Villarsia mjmphoides (vulg. Petit- Nénufar).
GENTIANES. Espèces du genre Gentiana, famille des Gentianées. Les Gentianes doivent leurs propriétés médicinales à une substance amère et colorante
Fif.. 840. — Grande-Gentiane (Gentiana Fie. 841. — Pelite-Centaurée (Erythræa tuten ), dimensions réduites. Cenlaurium ), sommité fleurie.
jaune (genlianinei, qui, chez la plupart des espèces, est associée h un principe volatil odorant, à des matières huileuses, glutineuses, et II un mucilage sucré. Os plantes sont fréquemment employées comme substances amères et toniques, pour stimuler les organes digestifs et augmenter l’activité des fonctions d'assimilation.— Gentiann luten, Grande-Gentiane (fig. 8/i 0) . Cette plante est, des diverses espèces delà famille, celle qui possède nu plus haut degré des qualités amères et des propriétés toniques. C’est un des médicaments les plus anciennement connus. La Grande-Gentiane remplace aujourd’hui, dans les pharmacies, un graud .nombre d’autres espèces usitées autrefois, et auxquelles on a renoncé aujourd'hui, soit parce qu’elles sont moins abondantes, soit parce qu’elles sont
GENTFLEXURA. — GEOGRAPHIE BOTANIQUE.
moins actives. Le Genlùma hitea habite les pâturages des montagnes subalpines ; il préfère les sols calcaires aux sols granitiques. — Gentiana punclala et G. purpurea. Les racines fraîches de ces belles plantes sont employées en Suisse à la fabrication d'une eau-de-vie regardée comme fortifiante et stomachique. — Il suffit d'énumérer, pour mémoire, les especes suivantes, autrefois officinales, et dont on ne fait plus que très-rarement usage : Gentiana aselepiadta, G. Pneummnnthe, G. aeaulis, G. germanica, G. campeslrit et G. venta . — Genliana < iuriata. La racine de cette plante a été employ ée contre les fièvres intermittentes, comme vermifuge et comme vulnéraire. On la considérait aussi comme spécifique contre la morsure des chiens enragés (on la prenait en poudre dans du vin pendant les repas); il est inutile d'ajouter que cette propriété est complètement chimérique. Les remèdes proposés contre la rage par des charlatans et des ignorants se comptent par centaines ; aucun malheureusement, celui-ci pas plus que les autres, n'a jusqu'ici procuré la guérison de cette terrible maladie (1).
Une jolie Gcntianée à fleurs roses, commune dans les prés, où elle fleurit en automne, VErythræa Centnitriwn, vulg. Petite-Centaurée (fig. X61), fournit une infusion amère employée dans les campagnes contre les fièvres intermittentes.
Geiiu/lexurn. Articulation genouillée.
géographie Hnrtviqit: ou rotixiqie sfocK iphiqi k Les
plantes, dont on connaît aujourd’hui environ ceut cinquante mille espèces, et dont on peut évaluer le nombre à deux cent mille, ne sont pas uniformément et indistinctement répandues â la surface de la terre. Les diverses espèces, et même les groupes d'es|>èces se trouvent généralement cantonnés dans une étendue variable qu’on appelle Voire de l'espèce, du genre ou de la famille. Selon leur tempérament, certaines espèces aiment les climats chauds, d’autres les climats tempérés; quelques-unes ne prospèrent qu’au voisinage des glaciers cl des neiges éternelles. Les unes aiment un air sec, d’autres un air humide; un grand nombre vivent soit en partie, soit même complètement submergées; les unes habitent les eaux douces, d'autres ne se rencontrent que dans les eaux salées de l’Océan. C'est à celle distribution si inégale, et en apparence si fantaisiste, des végétaux, que nous devons l'admirable variété qui nous charme lorsque nous attachons nos regards sur le tapis végétal qui est à la fois la parure et la richesse de la terre.
La géographie Itotaniquc est la science qui consiste dans l'étude des lois naturelles sur lesquelles repose cette merveilleuse distribution; dans la connaissance pour chaque espèce, et pour chaque groupe d’espèces, de l'aire où se trouvent réunies les conditions de leur prospérité, des terrains, des stations ou habitat où l’on [veut espérer de les rencontrer. — Mais, pour bien comprendre celte
(1) Le suc des Serofùlaria mntom et aquatica (ou la pondre de la racine sèche de ce* plantes a été préconisé, dans ces dernier* temps, pour prévenir les accidents qui suivent la morsure, la précaution la plus sage est de laver et faire saigner la blessure, puis l'agrandir avec un instrument tranchant et la cautériser au fer rougi à blanc, ou à l'aide de l'ammuniaque : enfin, déterminer une forte transpiration par des boissons chaudes diaphorétique* (sudorifiques) dans lesquelles on mêle quelques gouttes d'ammoniaque. Le traitement est le même ;>our la morsure de la vipère.
distribution dos plantes vivantes de notre période géologique actuelle, il est indispensable d'acquérir d’abord une idée sommaire exacte de la disposition du monde végétal aux diverses époques géologiques qui ont précédé la nôtre, et de la forme générale des reliefs de la terre et de ses océans, au moins pendant les époques les plus rapprochées.
La science paléontologique, née d'hier, ne peut, évidemment, nous fournir, sur le tapis végétal, si souvent renouvelé à la surface de la terre, que des documents encore bien incomplets; dans cette mer de l'inconnu, les paléontologistes ont cependant déjà, sur beaucoup de points, jeté la sonde avec une grande activité, avec une merveilleuse habileté, avec un succès pour ainsi dire inespéré. Voy. Paléontologie végétale.
Grâce à leurs recherches assidues, is leurs travaux déjà multipliés, et aux documents nombreux dont ils ont enrichi nos musées, il brille quelque clarté sur la nuit de ces temps dont chaque période a été, successivement, pour la terre, un nouveau monde, — monde organique nouveau qui s'épanouissait dans la durée des siècles, pour sombrer (mais jamais complètement) dans un nouveau cataclysme (soit géologique, soit météorologique), et être remplacé à son tour par un monde organique nouveau qui surgissait sur ses ruines et s'épanouissait dans de nouvelles conditions et pendant une nouvelle période de repos.
Durant le cours de cette succession de longues époques animées par les premières phalanges du règne végétal et du règne animal, les grands spectacles offerts par une primitive et puissante nature n'étaient pas vus par des yeux humains. Des myriades d'individualités servaient comme aujourd'hui, les plus petites, les plus nombreuses et les plus faibles, à la pâture des plus grosses cl des plus puissantes; l’homme n’était pas appelé au banquet! — Rien ne semblait annoncer que, de période eu période, de mondes organiques en mondes organiques, d'évolutions en évolutions, le couronnement de ce grand oeuvre serait la manifestation et le développement de la famille humaine.
Les faits essentiels qui nous paraissent dominer la question du développement des races végétales et animales, à la surface du globe terrestre, sont les suivants :
1° En raison même de la situation des diverses parties du globe terrestre relativement à l'action du soleil ; en d'autres termes, en raison de la situation des pôles et de l'inclinaison du globe sur l’écliptique, le refroidissement de la surface de la terre a dû marcher des pôles vers l’équateur : les régions polaires ont été habitables les premières ; puis les régions encore aujourd'hui tempérées; puis, enfin, les régions intcrtropicales, encore aujourd'hui torrides. — Les archives du monde organique végétal et animal se présentent donc à l’observateur avec un caractère d’ancienneté de plus en plus marqué à mesure qu'il se rapproche davantage des régions polaires, et d'autant plus récent à mesure qu'il se rapproche davantage de l'équateur.
2° La succession des êtres, pour avoir été heurtée et troublée par des catastrophes gigautesques, n’a jamais été complètement interrompue ; les mondes organiques nouveaux sont fils des mondes organiques anciens.
3° De la loi d'évolution, (le transmutation, de multiplication des êtres, il résulte que les inondes organiques sont devenus de plus en plus riches en espèces } mesure qu'ils se sont succédé, — beaucoup de formes anciennes ayant échappé a la destruction et avant persisté, et beaucoup de formes nouvelles ayant successivement dérivé des formes anciennes. — Un coup de sonde, une profonde tranchée, sur un |>oinl de nos zones aujourd'hui tempérées, mettent à découvert des débris de piaules et d'animaux des climats torrides, plantes et animaux dont les esters analogues habitent aujourd'hui les zones intertropicales.
û" Pendant celte progression régulière de l’habitati vite du globe terrestre, des régions polaires aux régions équatoriales (progression qui non-seulement dure encore, mais ne cessera de se manifester que lorsque le refroidissement général de la terre sera complet; alors que, depuis des siècles sans nombre, la terre, jadis inhabitable en raison de la chaleur, sera devenue inhabitable et inhabitée en raison du froid); — pendant ces périodes illimitées des époques primitives, de loin eu loin, les bassins des mers étaient soulevés par l'action du feu intérieur, leurs eaux étaient versées dans de nouveaux bassins, et des continents, ou des parties de continents, se trouvaient engloutis, chargés de leurs populations végétales et animales.
De ces grands naufrages partiels des continents résultaient de larges hiatus, de grands lacs ou des mers nouvelles, laissant étrangers les uns aux autres les débris des populations végétales et animales qui subsistaient dans les contrées épargnées. D'autres continents se trouvaient émergés, et leur surface limoneuse fumait et se réchauffait sous l'influence fécondante de la lumière et de la chaleur du soleil. Ues lacs et les bas-fonds de ces nouveaux continents conservaient sans doute une partie de leur antique population aquatique, et dans de nouveaux marais et les flaques d'eau pluviale naissaient et pullulaient par myriades les mir.rozoaires et les microphytes, germes de productions nouvelles. Des graines datant de lïqtoque précédente, et ramenées à la surface, pouvaient avoir conservé leurs facultés goi initiatrices; de proche en proche les parties récemment émergées se peuplaient aux dépens des îles ou des continents voisins.
Ou conçoit aisément la difficulté de faire aujourd'hui l’historique des espèces végétaies et animales, espèces dont les dernières (les espèces actuelles) nous paraissent des modifications d'espèces plus anciennes, parmi lesquelles un certain nombre ont successivement habité, des pôles à l'équateur, les différentes zones du globe, et eu traversant des temps si accidentés.
iNous devons nous borner ici à un examen rapide de la distribution des pria ci|taux groupes végétaux actuellement vivants à la surface du globe. — les agents extérieurs qui influent le plus directement sur la végétation sont : la chaleur, la lumière, l'air et l'eau; la combinaison de ces divers agents pour un même but constitue le climat. D une manière générale, la chaleur a son maximum d'intensité à l’équateur et va en décroissant de ce cercle au voisinage de chacun des deux (tôles; mais, des circonstances locales : l'étendue des continents, la hauteur des plateaux et des chaînes de montagnes, la mer ou le voisi-
nage de la mcr(1), modifient, pour chaque lieu en particulier, la Température qui, va sa latitude, semblerait devoir lui appartenir. Les lignes qui limitent les climats ne sont donc pas, à beaucoup près, celles qui indiquent les degrés de la latitude; ce sont des lignes flexueuscs et irrégulières auxquelles on a donné le nom de lignes isutharmes.
A latitudes égales, la température de l’ancien continent est généralement plus élevée que celle de l'Amérique. La température de l’intérieur des continents, moins élevée que sur les bords de la mer, est plus élevée sur le rivage oriental que sur le rivage occidental; ces différences, à latitude égale, sont d'autant plus grandes, qu'on s'éloigne davantage de l'équateur; elles finissent par atteindre jusqu'à 20 degrés : le 63" degré de latitude boréale, sur la côte occidentale de la Norvège, n'est que l'équivalent, comme température, du 44" degré de latitude dans l'Amérique du Nord. — Les lignes isothermes sont basées sur la moyenne de la température pendant l'année; mais pour les différents lieux qui se trouvent sur la même ligne isotherme, la somme de chaleur peut se trouver très-inégalement distribuée : ici des froids cl des chaleurs modérés, là des hivers très-froids et des étés très-chauds, c’est-à-dire des climats très-différents en réalité. On nomme ligne i» ochimène celle qui passerait par tous les lieux où le froid descend pendant l’hiver au même point, et ligne isolhère celle qui passerait par tous les lieux où la chaleur s’élève, pendant l’été, au même degré. Comme exemple, Adr. de Jussieu cite les îles Feroc, vers le 62" degré de latitude, où la chaleur s’élève à peine à 12 degrés en été, mais où le froid ne descend pas au-dessous de 4 degrés en hiver, et la Sibérie, où, sous la même latitude, la chaleur s’élève à 17 degrés en été, et le froid descend à 37 degrés en hiver.
Pour un lieu quelconque, la chaleur décroît à mesure qu'on s'élève au-dessus du niveau de la mer. Celte décroissance, qui est très-rapide, permet, en quelques heures, lorsqu'on s’élève d'une vallée à la cime d'une montagne couronnée par les neiges, de faire, au point de vue de la température et de la distribution des végétaux, l'équivalent d’un voyage d'une contrée tempérée, ou même d'un climat torride, au voisinage des régions polaires. Les différences de température ducs à l’altitude varient, du reste, selon les divrrs méridiens, l'inclinaison, l'exposition de la pente, la saison, l'heure du jour, etc. La limite de la végétation, qui est à 2700 mètres dans nos Alpes, est h 1000 mètres seulement en Islande, tandis que dans les Cordillères, sous les tropiques, elle s’étend jusqu’à 5000 mètres de hauteur.
Si nous prenons une montagne des Alpes pour exemple, nous rencontrons, à sa base, les arbres des plaines environnantes. En montant, les Noyers cessent, puis les Châtaigniers; en continuant à monter, on voit tour à tour cesser les Chênes {(Juerrus I(nbur), à 800 mètres; puis les Hêtres {Fugua silvatica),
(1} Oc grands courants marins d’eaux incessamment chauffées à un soleil ardent, sous la xone tropicale, se dirigent vers l'une des régions polaires en longeant les îles et les continents; l'un de ces grands courants d’eau chaude (connu sous le nom de tjulfutreum) vient longer la cdle ouest du continent européen et se continue dans la direction des lies Britanniques. Sa chaude influence se fait sentir sur la végétation du littoral jusque sur les côtes de l'Êcosse (où les Fuchsias croissent vigoureusement et deviennent frutescents eu pleine terre, dans les anfractuosités delà cdle de l'ile d'Aran) et jusqu'en Islande.
GÉOGItAPHIE BOTANIQUE.
à 1000 mètres. Les arbres verts : le Sapin (Abies excelaa), le Mélèze (Larix europa-a), le Pin ( P in us silvestris ), s’élèvent successivement jusqu’à 1800 mètres; le Bouleau (Uetula alba ) arrive jusqu'à 2000 mètres; le Pinus t'embro s’élève un peu plus haut. — Au delà, la végétation ligneuse n'est plus que soiisarborescenle : l’/Wntu viridi» forme des taillis; les Rhododendron ferrvginenm et hirsutum (vulg. Hoses-des-Alpcs) décorent les fissures des rochers. Plus haut encore, on rencontre d'humbles espèces du genre Saule (Salix) : Salix arbuseula, Mgrsinites, retuso, etc. ; et enfin des Saides presque herbacés, à tiges rampantes, à feuilles appliquées sur le sol ; Salix reticulaia et S. herbacea.
Les plantes herbacées des vallées inférieures différent également peu de celles des plaines environnantes ; mais, à mesure qu'on gravit les pentes, les changements dans l’aspect du tapis végétal sont rapides. la» piaules des pentes et des plateaux inférieurs sont désignées collectivement sous le nom de plantes alpestres ou plantes sous-alpines. Ce sont des Aconits, des Géraniums, des Anémones, des Astrantia, certaines Gentianes, des Veratrum, des Graminées et des Cypéracées, certaines Composées ( Prenanthes , Arhi/lea, Artemisia), quelques Potentilles et quelques Saxifrages. Sur des pentes et des plateaux plus élevés les mêmes genres sont représentés par d’autres espèces qui sont désignées sous le nom collectif de plantes alpines. On y trouve : des Crucifères, des Rosacées, des I,égumineuscs, des Composées, des Cypéracées, des Graminées ; et surtout, à la limite des neiges fondantes, des Caryophyllées, des Rcnonculacées, des Primulacées, des Saxifragées, des Gentianées. — Plus haut, on ne rencontre plus guère que des Lichens incrustés à la surface des rochers et défiant avec eux les ouragans. — Plus haut, on entre dans la région azurée des glaciers, dans la blanche région des neiges éternelles, dans l’imposante région des grands pics dénudés.
L'humidité combinée avec la chaleur est la condition la plus favorable à la végétation. Le voisinage des grandes nappes d’eau, qui fournissent des vapeurs dans les climats chauds; les grandes forêts, qui s'opposent à l'évaporation de 1'lmmidilé dont le sol est pénétré, sont les conditions qui, sous les tropiques, donnent une activité si remarquable à la végétation. — Les montagnes élevées, dont les cimes, où se condensent les nuages, sont couvertes de neiges et de glaciers, sont les réservoirs qui alimentent les sources dont la confluence constitue et entretient les fleuves. Au contraire, les montagnes peu élevées, surtout si elles sont déboisées, ne retiennent pas les eaux, et les pluies d’orage qui les ravinent, roulent dans les vallées non en ruisseaux fertilisants, mais en torrents dévastateurs.
La lumière est, comme la chaleur, inégalement distribuée dans les diverses contrées du globe. Tandis que sous l’équateur, le jour et la nuit se succèdent régulièrement de douze en douze heures, à mesure qu’on se rapproche des pôles, lesjoursetles nuits deviennent plus inégaux, le même lieu se trouve alternativement soumis à de longues périodes de lumière et à de longues |>ériodcs d’obscurité. — lin fait analogue se produit (sur une |>ctite échelle) pour les hautes montagni - dont le sommet reçoit les rayons du soleil longtemps encore après que leur iA.se est plongée dans l’ombre. Mais cette circonstance influe peu sur la végétation des plantes qui habitent les hautes montagnes ; ces plantes, qui sont
ensevelies sous la neige pendant la plus grande partie de l'année, ue voient en moyenne guère plus longtemps le soleil que celles qui s’avancent vers les régions polaires.
Coup d’gëil sur le tapis végétal actuel du globe terrestre. — D’après les considérations précédentes, la végétation des contrées aujourd’hui inhospitalières qui avoisinent les pôles ne s’y est pas répandue de proche en proche et venant de contrées plus favorisées. La végétation polaire actuelle, si pauvre en espèces, composée d’un petit nombre de plantes phanérogames herbacées ou sous-frutescentes et d’un nombre encore plus restreint de plantes cryptogames, doit être considérée comme ayant succédé à une population végétale jadis nombreuse et florissante.
Chacun des deux hémisphères ont été divisés conventionnellement en deux grandes zones : la zone torride, qui s’étend à 2(i degrés de chaque côté de l’équateur, et la zone tempérée, qui s’étend, pour chaque hémisphère, du 2/r degré de latitude à l’un des cercles polaires. — Adrien de Jussieu subdivise, pour chaque hémisphère, la zone torride en deux zones secondaires : zone équatoriale et zone tropicale ; et la zone tempérée en quatre zones secondaires : zone jux la-tropicale, zone tempérée chaude, zone tempérée froide, et zone sous-arctique (Paris, Londres, Vienne, se trouvent à peu près sur la limite de la zone tempérée chaude et de la zone tempérée froide). — En réalité, la zone sous-arctique ne mérite en rien d’être rattachée à la zone tempérée, et doit conserver la désignation de zone glaciale.
Si nous partons d’un point quelconque de la zone tempérée, de la France, par exemple ; que nous avancions vers le pôle nord par les iles Britanniques, et que, franchissant la zone tempérée froide, nous arrivions à la zone glaciale ou sous-arctique, puis au cercle polaire, soit par la Norvège et le Spitzberg, soit par l’Islande et le Groenland, nous voyons graduellement décroître le nombre des espèces dans chaque genre, le nombre des genres dans chaque famille, et le nombre des familles elles-mêmes. En même temps les plantes, encore riches en feuilles, deviennent de plus en plus pauvres en fleurs et en fruits. La chaleur du soleil est trop faible sous ces latitudes, ses rayons obliques sont trop pâles, pour colorer vivement celte végétation frileuse. Le vert des feuilles y devient uniforme ; il ne passe plus aux tons chauds et brillants : roses, rouges, orangés, écarlates, qui rehaussent la parure de nos bois en automne. Les fleurs y sont pilles et décolorées, et rappellent, par leur aspect appauvri, celles que nous obtenons dans nos climats, en hiver, par les procédés de la culture forcée.
A mesure qu’on s'avance vers le Nord, les familles représentées le plus largement sous les zones tempérées s’appauvrissent dans une progression rapide. Iaîs distillées disparaissent les premières ; puis les Malvacées, puis les Kuphorbiacées; — les Composées, les Caryophyllées, les Rosacées, les Reuonculacécs, les Labiées, les Ombellifères, les Rubiacées, résistent davantage, tout en devenant de pins en pins clair-semées.
La végétation arborescente ne dépasse pas certaines limites parfaitement tranchées pour certaines espèces. Le Hêtre (Fagus silvatica) s'arrête au 61)* degré de latitude; le Chêne (Que r eus /Mur) , au 61*; le Sapin ( A bits excelsa) et le
GÉOGRAPHIE ROTANIQt E.
Bouleau (fleluln alba ) s'avancent jusqu’au 6H', rarement plus loin; un sousarbrisseau, le Hetula nam, pénètre jusqu'au 71'. Au delà, quelques autres plantes sons-frutesccnles ou herbacées, quelques Graminées et Cypérarées, végétant pendant quelques semaines de chaque année, lorsque la fonte des neiges laisse une partie du sol à découvert; puis encore quelques Mousses et quelques Lichens. Puis, la neige çà et là rougie par des cellules microscopiques {l'rutoroecus sanguineus), qui paraissent être l’un des premiers mots du monde organique actuel, comme les cellules des Oïdium menacent d’en être le dernier !
D'après Adr. de Jussieu, on a observé en tout 116 plantes dans les terres des deux continents, de la zone glaciale arctique, savoir : 09 Cryptogames et 67 Phanérogames (2 espèces de la famille des Champignons, 15 Lichens, 2 Hépatiques, 30 Mousses, U Cvpéracées, 10 Graminées, 2 Joncées, 1 Amcnlacée, 2 Poly gonées, 5 Caryophyllées, 9 Crucifères, 1 Papavéracée, 5 Renonculacées, 0 Rosacées, 2 Légumineuses, 10 Saxifragécs, 1 Éricinée, 1 Scrofulariée, 1 Campanulacée, 1 Composée-Liguliflorc [Chicoracées], 0 Com|tosées-Corymbifèrcs).
Donner une idée, même sommaire, de l'aspect de la végétation des zones tempérées et des zones iniertropicalcs, dans chacune des diverses parties du globe, nous entraînerait bien au delà dos limites que nous nous sommes proposé de donner à cet article; nous devons nous coutentcr d’indiquer ici quelques-uns des traits les plus saillants de ce grand tableau.
Nous arrêtant à notre hémisphère boréal, jetons un premier coup d'eril sur la partie de la zone tempérée qui nous intéresse le plus directement ; l'Europe. Et, pour simplifier encore davantage, bornons-nous d’aliord à l'examen du tapis végétal de la France, cette belle circonscription géographique qui, d'une part, côtoie la végétation du Nord, et nous offre ça et là, sur les escarpements di*s Alpes cl des Pyrénées, des spécimens de la végétation des zones glaciales, tandis qu’elle semble empiéter au midi sur la végétation du continent africain, auquel elle se rattachait directement, en réalité, avant que notre littoral actuel se trouvât violemment séparé de l'Afrique |>ar l'affaissement qui a produit le grand lac méditerranéen ; — cette région favorisée du ciel, et qui a pour ceinture l’Océan, la Méditerranée, les Alpes et les Pyrénées; celte région dont les fleuves nombreux fertilisent les terrains géologiques les plus variés; celte région çà et là encore ombragée par les grands débris (débris bien mutilés !) des forêts qui eu étaient l'orgueil dans des temps reculés !
Pour donner une idée générale de la végétation de la France, il serait nécessaire d’énumérer, non pas seulement les familles végétales, les genres et les espèces, mais d'indiquer le groupement de ces espèces dans les diverses ct’remseriptions naturelles; diviser la France en bassins selon le cours des fleuves, et pour chaque bassin (de la source du fleuve et de ses affluents à son embouchure) étudier la végétation de chaque station, de chaque habitat : les plantes des bois, des prairies, des terres labourées, des rivières et des étangs, des tourbières, des côtes maritimes, des collines, des rochers, des basses et des hautes Alpes; puis les plantes plus spécialement propres aux différentes sortes de terrains; puis enfin les espèces introduites par la culture, les unes maintenues pour les besoins et par les soins de l'homme, d'autres introduites accidentclle-
nient» et plus ou moins naturalisées. — Renvoyant, pour ces intéressantes considérations, aux traités spéciaux cl aux Flores, nous nous contenterons ici de quelques mots sur la distribution, dans celte contrée, des espèces caractéristiques, ou de la simple mention des familles végétales qui s’v trouvent le plus largement représentées.
Renonculacées. Plantes herbacées : des prairies ( Ranunculus ), des moissons ( Adonis , Nigelta, Delphinium), des marécages et du bord des eaux ( Ranuncu/us , C’ait ha), des bois et des buissons (C le ma iis [tiges frutescentes], Anemone, Ficaria, Thalictrum, A qui le qui, Helleborus , Actæa , Pau mu), alpestres (AcOnitum, Trollius ), alpines {Ranunculus, Anémone), etc.
Papavéracées. Plantes herbacées des moissons, des décombres, des montagnes (Papaver, Giaucium, Chc/idonium , etc.).
Fumariacées. Plantes herbacées des terres cultivées et incultes (Corydallis, Furnaria).
Crucifères. Plantes herbacées (un des groupes les plus nombreux): bords de la mer, prairies humides, terres cultivées, terrains secs et rocailleux, escarpements des Alpes (Matthinla, Cheiranthus, Sasturtium, Arabie , Contamine , Dentnria , Atyssum, Dru ha, CocMearia , Th tas pi, iheris, Bisrufelta, Cakite, Hesperii, SisymOrium, Erysimum, Lepititum. Isatis, lira *s ica, Sinapis, Crambe, Raphanus, etc.). Plusieurs sont alimentaires ou oléagineuses et médicinales ( Rrassica , Sinapis, l'amelinn , Cuch/earia, Nasturtium),
(’istinées. Plantes sous-frutescentes et frutescentes ; lieux incultes et boisés : les ttelianthemum dans le Nord, le centre, sur les montagnes ; les Cistus sur les collines pierreuses de la Provence.
Violariêes. Prairies, bois, terres labourées. — Résédacées. Lieux incultes, — Polyü a lk.es. Bois, prairies. — Droséracées. Tourbières.
Caryophyllées. Plantes herbacées (groupe nombreux), terrains incultes et cultivés, bois, prairies, escarpements des Alpes ( Si/ene , Diunlhus , Lychnis, Suponuria, Spergula, St cita na, Arennria, Cerastium). — Levées . Lieux herbeux.
Malvacées. Plantes herbacées, rudérales {Malva, Althrea, Lava ter a, etc.)«
Tiijacées. Grands arbres, forêts (Tilia [Tilleuls]).
AurantiacÉES. Arbres et arbustes ; naturalisés ( Citrus [Orangers, Citronniers]).
H YPÉRiciNÉES. Plantes herbacées, bois, pâturages, marais ( Hypericum ).
Acérinées. Grands arbres, forêts (quelques espèces naturalisées) ( Acer [Érables]).
Ampélidées. Arbuste sarmcnleux naturalisé ( Vitis [Vigne]).
Géraxiacées. Plantes herbacées, lieux herbeux (Erodium, Géranium). — Balsmiinees. Bois marécageux (Impatiens), — OxALinÉES. Bois, lieux cultivés (Oxnlis). — Tropéolées. Naturalisées (Tropeolum). — Zygopryllêes. Une espèce du genre Tribulus . — Rutacées. Lieux incultes de la région méditerranéenne {Ru ta).
Célastrinées. Arbrisseaux (E von y mus), — Aqui foliacées. Arbres ou arbrisseaux {lier), — Ruminées. Arbres ou arbrisseaux ( Xizyphus , Paliurus , Rhamnus), — Térêbinthacées. Arbres et arbustes ( Pistacia , Rhus , Cneorum ).
Légumineuses. Plantes indigènes, herbacées ou frutescentes, arbustes (et arbres naturalisés), l'un des groupes le plus largement représentés; prairies, terres cultivées et incultes, escarpements des Alpes, etc. {Ut ex, Spartium, Genista, t'ytisus, Ononis , Anthyf/is, Medicago, Triyonet/a , Mclilotus, Trifolium , Dorycnium, Lotus, Psuratea , Galeyn, Phacn , Oxytiopis, Astragatus, Scorpiurus, Coronilta, ( irait hopus, llippocrepis, Hedysarum , Onobrychis, Cicer , Fa ha. Vicia, Ere um, Pisum, La thyrus. Orobus , Phnseolus , Lupinus). Plusieurs espèces sont cultivées comme alimentaires ou plantes fourragères, — Légumineuses- Cassiées. Arbres {Ceratonia [Caroubier], Provence; Cercis [Arbre-de-Judée], naturalisé).
Amygdalkes. Indigènes et naturalisées, arbres et arbrisseaux (Prunus, fera s us, Amygdalite* etc.).
Rosacées. Plantes herbacées et sous-arborescenles ; lieux herbeux, marécages, bois, pentes élevées des Alpes, etc. (Spirtra, Dr y as, Geum, Rubus, Fragaria, Patent itln , Agrimonia, Alchimitla, Sunguisorba, Pat cria ni, Rasa, elc.).
PoHACf.cs. Arbreg et arbrisseaux indigènes (CraUegus, Cotoneaster, A metanchier, Mes. ptlus, Pi rus, Mn tu*, Sorhus, ('y du nia).
Grakatées. Arbuste de la région méditerranéenne ( Punira Granaium).
Myrtacées. Arbres et arbustes; une seule espèce appartenant à la région méditerranéenne ( Myrtus commuais).
CuciiRRiTACÉES. Plantes herbacées, deux seuls genres spontanés ( Hryonia , Momonliea), d’autres introduits par la culture ( bigenuria, Cucumis, Cucurbita).
Onagrariéf.s. Plantes herbacées des bois et du bord des eaux (Epilobinm , ( Knothera )f et genres voisins (C irnea, Trapa, Myriophyllum , Callitriche , llippuris, Ccrutophyltum), et autres groupes naturels voisins ( Lythrum , Pcjdis , Tamartx, etc.).
Porti' lacées ( Portulaca , Montia). — ParonychiéeS (Cor agiota, Her maria , llfcrcbrum , Paronychia, Polycnrjton , Scleranthu.s). — Crassi lacées (Tithra, Put! tarda, Umbi/icwt, Saluai, Sempervirum, etc.).
Saxifragées. Plantes herbacées des terrains secs ou inondés, des plaines ou des montagnes ( Saxifraga , C hry souple nium, Adoxa, etc.). — G KOSSL LABIÉES. Arbrisseaux (Rihes, (Jrossularia) .
Ombf.llifères. Plantes herbacées, une des familles les plus importante* dans notre zone tempérée par le nombre des genres et des espèces, et par leurs propriétés (Laserpitium, Dawus, Urtaya , Caucatis , Tordis, Coriandrum , Ht fora. Si ter, Tordytium, Heracteum , Pastinaca, Anethum, Peuccdanum , Imperaturia, Opopanax , Feruta, Ferulago, A rehangc/ica, Angel ica, Sc/inum, Levis ticum, Bupleurum, Athamanta , Pimpinella, Sium, Pctroselinum, Apium, .F/ b usa, Trinia , Si son, Ammi, Fœnicutum, Œnanthe , Cicuia, Cfarrophy/lum, AnthriscuS, Smyrnium, Conium, Echinophora , Car hry s, Astraalia, Sanicnla , Eryngium, Hydrondyle, etc.), dont les espèces sont distribuées dans les champs, les bois, au bord des eaux, sur les pentes herbeuses et sur les hauts plateaux des montagnes.
GaprifOUACÉEA et groupes voisins. Arbrisseaux (Cornus, H et ter a, Sambucus, Yibttrnum, Lnnicera }, cl plante herbacée des Alpes (Lin tara). — Lorànthackes. Plante parasite ( IVarcMm) .
Riiriackes. Une des familles les plus importantes du monde végétal, représentée dan? notre zone tempérée seulement par des plantes herbacées ( Rubia , Vai/funtin, < inhnm , As per ut a, Sherardia f Crucianelta), piaules des terrains incultes et cultivés.
ValéRIAKÉES. Plantes herbacées, les unes des terres cultivées, les autres des bois(IVi/criana, Centrant hus, Vateriane/ta). — Dipsàcées. Plantes herbacées des prairies et des lieux incultes (Scabiosa, Knauiia , Dipsacus).
Composées ou Sïnantiiérées. Le groupe le plus important, comme nombre de genres et d’espèces, de tout le règne végétal. Piaules herbacées annuelles ou vivaces dans notre zone tempérée. — COMPOSKES-CoRYMIilFÊRES (Eupatonum, Tusutago, Cinrrana, Scnecio, Uo rouie uni, Arnica, Chry.sor.oma, Aster, Erigeron , Sot à ta go, Itcttis, Conyzn, Jnata, Gnaphalium, Ne/ichrysum, Filago, J Micropus , Ruphthnlmam, C h r y saut h r mum, Anunp tus, A chilien, Artémis ta, Ta navet um , Snntnlina , IHotis , Hnfsnmitn, Ambrosia, Xanthium , Bide ru, Ca/endu/a). — CumPosÉes-CixarocÉPHALES (Echinops, Carthamus, Cardnhcrtl iis, Lappa, Onopordon, Sitybum, (Un lu us, Serrât u la, Sausxurea, Cirsium, Cinara, tsuzea, Galactites, Centaurea, Cuiras, ('entropky/tum, Cartmn, Stæhelina, . I tract y lis, Xeranthemum). — Composées -Chicorao es ou Ligei.iflohes (Smlymus, Ut os per mum. Picridium, Sonchus, ba t nen, t’hondn/la. Prenant he;, bimpsana , Rhagadio/us , Xaantha , Barkhausia, Crépis , Taraxncum, H> •tmiuthin, pirrùt, Hiemcium, Ihrpnnin , Andrmlu, Seriola, Geropogon, Hypochrrris, Trngopogon , Thrincia , Isontodon, Podosjtermum, Seorzonera, Hynseris, Catanance, Cichorium, etc.). — Les Compos es sont répandues dons toutes les stations, les unes dans les terrains arides, d autres au bord des eaux, dans les prairies, les terres cultivées, le» bois, les hautes régions alpines, etc.
CAMPAMOLAGtES. Plantes herbacées des terrains herbeux, des champs, etc. (Jasione, Phytcuma, Prismatocarpus , (uni partit /a). — LobÉLIACèes [bibcliu).
Yacciniées, Êricinées. Plantes frutescentes ( Vacciniurn, Empetrum, Arbutus, Ptro/a , Andromcda, Enta, Cuttuna , Azutea, bu lu ni, Rhododendron, etc.).
Jasminkes. Arbres et abrisseaux (Olea, Phi/tyrea, l.igusirum,Jasminum , lÀlac (Syrtngn) , Fiaxinus. — Styrar).
Apocyhées, Asclkpiadêes. Plantes herbacées dan» notre zone tempérée (Asclépios, Cynanehum , Fimcyi), arborescente* (Serium).
Gentianées. Plantes herbacées des bois, des prairies, des eaux dormantes, des hautes Alpes ( Mcnianthes , Villartia , Chlora , Swertia, Gentiana , Erythræn , Exacum).
Convolvulacées, Ccscutées. Plantes herbacées grimpantes (Convolvulus, Cuscuta , etc.).
Borraginées. Plantes herbacées des bois, des lieux incultes, du bord des eaux, etc. (Certnthe, tleliotropium, Echium , Uthospermum, Sonca , Pulmonaria , Oiso-tmo, Symphytum, Lycopsiv, Anchusa, Borrago, Aspcrugo, Myosotis , Cynoglossum).
Solanées. Groupe important, plantes presque toutes herbacées dans notre zone tempérée ( Lycium [frutescent], Solarium, Physatis , /l tropa, Datura , Nicotiaua , Nyoscyamus). — Verbascêes (K<t&ucuir, Humondia).
Scrou larlneks. Plantes herbacées des bois, des champs, des pâturages, etc. ( Graiiola, Digitulis, Anarrhinum , Antirrhinum, Linaria , Scrofutaria , Erinus , Limier n ia, Umostlla, Tozzia, Metampyrum , Pedicularis , Bhinanthus , Barlzia, Euphrasia, Odontites, Sibthorpia , Kmwiicfl).
Orodanchées. Plantes herbacées parasites ( Orobauche , Lathrœa).
Labiées. Plantes herbacées, bois, terrains marécageux, lieux arides, etc., l’un des groupes les plus importants de notre zone tempérée ( Lycopus , Bosmarinus , Sa/via , Ajttga , Teucrtum, MolucceUa, Phlomis , Leonurus , Marrubium, Ballot a , Betonica , Galeopsis , Lamium, Glechoma, Stachys, Sideritis , Nepeta, Lavandula , Satureiaÿ Ment/ui, Thymus , Métissa , Melittis , Dracocepha/um, Clinopodiwm , Origanum , Ocimum , Brunet/a , Scutellaria , etc.).
Verbénacées (lïter, Kerôen/i). — Acanthacêes (Acan/Atw). — Lentibolariêes. Plantes aquatiques ou des tourbières ( ütricularia , Pinguicula).
Primulacées. Plantes herbacées des prairies, des terres incultes, des marais, des hautes Alpes ( Hottonia , Lysimachia , AnagnUit , Corn, Trientalis , Amlrosace , Primula, Cortusa , Soldanella , Cyclamen , Glaux , âamo/u*). — Globulariées ( Gtobutaria ).
Plombaginées. Plantes herbacées des terrains incultes et maritimes ( Plumbago , Statice , Arwieriff). — Plantaginêes ( Lit tore lia, Ptantago).
Amarantacées. Plantes herbacées des lieux incultes (dmarait/Mi).
Chénopodikes. Plantes herbacées des lieux incultes, des .stations maritimes (Theligonum, Folycnemum , Camphorosma, Corispermum, Saticomia, Satio/a, Kochià f Chenopodium, A triples, Spinacin , Beta, Bld tint, Phytolacca )•
Polygonées. Plantes herbacées des lieux herbeux ou marécageux (Humer, Polygonum).
T h y mêlées (Pas serina, Stcttera, Daphné). — I.aurinées (lanmi). — Santalacées (Thesium, Os y ns). — Kleagnées (Eltragnus, Hippophaè). — GytinÉES, végétaux parasites — AriStolocbiÉES Aristolochia , Jvnr«;/i).
Euphorbiacées. Plantes herbacées des lieux incultes et maritimes, etc. (Buxus, C raton,
Bicinus , Euphorbin , Mercurinlii).
Urticées. Plantes herbacées des lieux incultes, plantes rudérales (Urtica, Parietaria). — CannabikéES ( Cannabis , Ha mutas). — Mokées (Mortu, Ficus).
Amentacées (groupe comprenant plusieurs familles). Grands arbres forestiers et arbrisseaux (Cri Us, VI mus, Bel ata, Alnus , Satix, Populos, Fagus,Castanea, Quercus, Corylus, Car put us, P la ta nus, Myrica, etc.).
Conifères (Taxinées, Cupressinécs et Abiétinées). Grands arbres et arbustes (Itectur, Ephedra ; Juniperus , Cupressus; Pinus, Abies, Larix , etc.).
Hydrocharidées. Plantes herbacées aquatiques {. Hydrocharis , Vallisneria , Stratiotes),
Alismacées. Plantes herbacées aquatiques ( Butomus , Alisma, Sagittaria, Scheuchzeria, Triglochin).
POT amées et Naïadkes. Plantes herbacées aquatiques (Potamogeton, Buppia , Zannichellia , Z os 1er a, C nul i nia , Xaias).
Orchidées. Plantes herbacée» des prairies, des bois, de» marécages (0re/m* et genres voisins, Ophrys, Cephalanthera, Serapias, Scott ta, Epipartis, Malaxis, Cora/lorrhiza , Linuxlorum, Epipogium, Calceolus ).
(ridées. Plantes herbacées des marais, des prairies, des champs (Iris, Gladiolus, Crocus , Bulltotjoflium).
Amarvlmdkks. Plantes herbacées bulbeuses, prairies, lieux boisés, plages (Amaryllis, Pancrutium, Sarcissus, Leucoium, Galant hus).
Asparacinf.es. Plantes herbacées ou frutescentes, bois, baies, lieux herbeux (Asjmragus, Slrcpfopus, Paris, Couva lia ria, Maianthemum , Smitax , Huscus , Tanins).
Liuacées. Plantes herbacées ordinairement bulbeuses, prairies, bois, lieux incultes et cultivés (Tu H j ta, FrihlUiriu , h hum, Erythronium, Asphodetus, Phalnngium , Sri lia, Itya'inihuSy Mus cari. Gagea , Ornithogalum, A Ilium, Hemnrocallii). — Agave 'subspontané) .
Lolcbicacées. Plantes herbacées, prairies basses et prairies des Alpes ( Bulhocodium ,
Merendera , Colchicum, Veratrum , Tofieldia).
JoncéES. Plantes herbacées, lieux marécageux, bois, prairies alpines (A bama, Aphyl la a thés, Juncus , l.uzu/a). — Palmiers. Arbres (Chanurrops, Phoenix, Dattier [cultivé]).
Ahoidées ou AracéES. Plantes herbacées, lieux incultes, marais (A non, Arisarum, Calla, Acvrui). — Tïciiacéks. Plantes herbacées aquatiques ( Typha , Sparganium).
r.vi Tracées. Plantes herbacée», bois, prairies, marécages (Cyfterus, Schœnus, Hhynchosporu, Scirput, Eriophorum , tares). — LemnacÉES. Plantes aquatiques (Letnna).
(•it aminée». Plantes herbacées, terrains incultes et cultivés, prairies, bois, marécages (Amlropogon, Saccharum , Uigurus, Cynodon, Di g il aria, Tragus, Leersia, Culamagrostis, A grostis, Sti/ta, Panicum , P ha/a ris, Phleum, Po/ypogon, A hytecurus, Crypsis, Authoxunthum , Mclica, Airopsù, A ira, Aveaa , Du >d hanta, Promus, Festuca, Amado, Dactylis, Kut"riu, Pou, Gfyeeria, Briza, Cyuoivrus, Sesleria , Miborn, Xardusy Rottbul/a ( HottUp/la et Rotllur/lia), . F.gilops , Trihcum, Secalc, Lolium, Elymui, llordcunt).
Cryptogames vasculaires. — Êquisétacêes. Lieux marécageux (Eguisetum). — Fougères. Bois, lieux marécageux (Ophioy/ossnm, tiotrychium , Üsmunda, Ceterach , Grammitis, Poly podium, Aspidium, Sepht'odium, Scoloftendrium , B/echnum, Plrris, Adiantum, llymenophy/lum). — Lycopodiacées ( Lycopodium ). — Riiizocarpées (Su ht ma, Pilu/aria, Mnrstlia, 1 sot tes).
Cryptogames cellulaires. (Familles des Mousses, Hépatiques, Ciiampignoks, Lichens, Characées, Algues.)
Origine, des plantes cultivées de temps immémorial dans les pays tempérés. — L’origine des plantes cultivées de très-longue date, de temps immémorial, comme alimentaires, industrielles, etc., est généralement fort obscure; quelques-unes se rencontrent à l’éial spontané, mais la spontanéité d’un certain nombre d’autres n’a jamais été bien constatée, soit que la culture, en modifiant profondément leurs caractères, les ait rendues méconnaissables, soit qu’elles n existent réellement plus à l’état spontané dans notre période géologique actuelle. — Nous serions disposé à admettre que ces plantes cultivées de temps immémorial, de même qu’un certain nombre d'espèces animales sont également domestiquées, ont survécu à leurs types spontanés détruits pendant une jxériode géologique antérieure; ces formes cultivées ayant pu avoir été préservées par l'homme, leur contemporain, qui les aurait cultivées avant les derniers cataclysmes, à l’action destructive desquels ils auraient ensemble échappé.
D’après les savantes recherches de M. Alph. de Candollc (dont je résume divers passages dans l'énumération suivante), un certain nombre des espèces cultivées se rencontrent à l’élat parfaitement spontané; mais la patrie do plus grand nombre des espèces cultivées de temps immémorial est généralement inconnue, ou du moins très-douteuse. Plusieurs de ces espèces se montrent çà et là dans certaines régions, avec les caractères apparents de la spontanéité,
mais presque toujours dans le voisinage des cultures ou des lieux jadis cultivés; on peut donc supposer que, dans beaucoup de cas, ces plantes, en apparence spontanées, sont le résultat de naturalisations accidentelles avec retour (par des semis naturels successifs) aux formes primitives : tel est le cas de la Vigne et de l'Olivier subspontanés par retour au type primordial, dans la partie méridionale de la France.