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GERMINATION

l'embryon du cuntacl des corps extérieurs et d’en empêcher le dessèchement et l’altération jusqu'à l’instant où la graine confiée à la terre soit dans des conditions telles que l’embryon puisse germer, c’est-à-dire végéter. L’embryon trouve alors dans la graine, si elle est munie d’un périsperme, le premier aliment qui convient à la délicatesse de son organisation. Dans le cas où le périsperme manque, l’embryon se trouve pourvu (en général dans l'épaisseur de ses premières feuilles dites cotylédons) d’un dépôt de substance nutritive qui, sous l'influence de la chaleur et de l’humidité, se transforme en une matière laiteuse assimilable qui ne diffère pas de celle que le périsperme fournit chez d'autres graines. Les enveloppes extérieures ou téguments de la graine ont donc, pour l’embryon, chez les plantes, les usages protecteurs que la coquille de l’œuf a pour l'embryon des animaux ovipares, et le périsperme ou les cotylédons sont chargés du rôle nourricier qui appartient chez l’œuf au vitellus.

Les parties qui constituent l'embryon, manifestes déjà avant la germination, deviennent de plus en plus distinctes par suite des progrès de la végétation. Chez un embryon en germination on distingue sans difficulté, dans les Dicotylédones (à part quelques exceptions), un axe et deux feuilles opposées qui sont nommées cotylédons; l’axe se termine au-dessus du niveau de l'insertion des cotylédons par un bourgeon qu’on nomme gemmule, et se termine inférieurement par une pointe mousse celluleuse qui est l'extrémité de la radicule.

Si l'on examine avec soin la manière dont s’o|>ère l’allongement de l’axe, on verra qu’à un niveau situé à une certaine distance au-dessous de la base ou insertion des cotylédons, l'accroissement s’opère dans deux sens opposés et par des procédés différents. La partie située au-dessous de ce niveau s’accroît de haut en bas et par le développement d'un nouveau tissu à sou extrémité seulement (à peu près, organisation à part, de la même manière que s’allongent les stalactites) : celle partie est la racine (qu'on nomme radicule lorsqu’elle commence à se développer). Au contraire, la partie de l’axe qui est située au-dessus de ce niveau, s’allonge non pas précisément de bas en haut, mais par tous les points à la fois de son étendue, de sorte que le résultat général est l’élongation d'une partie qui existait déjà tout entière. Cette élongation par tous les points simultanément est analogue à celle qui a lieu pour chaque membre d'un animal, lorsqu'il passe de l’état jeune à l'état adulte. Cette partie qui s'allonge ainsi par tous ses points à la fois constitue la partie inférieure de la lige dont le bourgeon terminal s’allonge ord. indéfiniment par le même procédé. Si l’on veut acquérir la preuve de la marche différente de la tige et de la racine et du procédé d'élongation différent que la nature met en usage pour l’accroissement de ces deux parties, il suffit de faire des marques à des distances égales (avec une substance colorée) dans toute la longueur de l'axe, ou, si la jeune plante est assez robuste pour résister à ce traitement, de traverser l’axe à des distances égales avec plusieurs aiguilles très-fines (je me suis servi plus avantageusement encore de petits fragments de crin), on verra bientôt que les marques faites sur la racine restent à la même distance, et que la racine s’allonge au delà, tandis que les marques faites sur la jeune lige s’éloignent entre elles ; ce qui prouve qu’à ce niveau l'axe s'alluuge par tous les points à la fois.

GÉROFI.IER. — GESNÊRACÊES.

Je nomme le point qui sépare la racine (ou axe descendant) de la tige (ou axe ascendant), mésophyte ou collet organique. La partie de la tige qui s’étend entre l’insertion des cotylédons et le mésophyte n’est autre chose que le premier mérithalle de la tige : ce premier mérithalle est analogue il celui qui s’étend de la base de la deuxième paire de feuilles il l’insertion des cotylédons. Le premier mérithalle offre seulement celte particularité, que, chez un certain nombre de plantes, il se renfle et prend une consistance charnue; le renflement se continue sur la racine elle-même, cl au bout d’un certain temps il est quelquefois assez difficile de préciser la ligne de démarcation qui sépare l’axe ascendant de l’axe descendant ; mais celte ligne peut toujours être précisée pendant la première période de la germination. Du reste, le premier mérithalle de la tige n'est pas le seul qui, chez certaines plantes, soit susceptible de devenir charnu ; les renflements successifs charnus et bulbiformes de chaque entre-nœud de la tige souterraine de VArrhenatherum elatius, des Crocus et des Gladiulus, etc., sont, à mes yeux, de la même nature que le renflement unique qui constitue la souche du Cyclamen , par exemple : la seule différence est que le premier renflement produit persiste chez le Cyclamen et qu'il ne s'en développe ultérieurement pas d’autre, tandis que chez les Gladiolns, les Crocus et VArrhenatherum, il se produit une série indéfinie de mérilhalles ou de portions de tiges renflées, et qu'au fur et il mesure du développement de ces nouveaux renflements, les plus anciens se détruisent.

Liiez les plantes monocotylées, la germination ne diffère pas de celle des dicotylées, au point de vue du mode d’élongation des parties. La différence consiste seulement en ce que l’embryon, au lieu de présenter deux feuilles cotylédonaires opposées, présente une seule feuille cotylédonaire (souvent peu différente par sa forme des feuilles suivantes, quelquefois aussi d'nne forme trèséloignéede la forme des autres feuilles); en outre la gemmule, ou bourgeon terminal, se développe en général plus tardivement chez les Monocoty lédones que chez les Dicotylédones, et est même quelquefois à peine visible pendant la première période de la germination. Enfin, chez les Monocolylédones bulbeuses, plantes chez lesquelles tous les entre-nœuds de la tige non florifère sont très-courts, la jeune plante est composée d’une rosette de feuilles charnues (écailles) ou à base charnue, insérées sur une tige conique dont la longueur est à peine appréciable.

GKHOFLlF.il. — Voy. Giroflier.

GESNKHACÉKS. Famille de plantes dicotylées gamopétales, à ovaire libre, de la classe des Personnées. Les Gesnéracées ne sont guère limitées, dans leur classe, que par leur distribution géographique ; elles se divisent en deux sousfamilles : 1° GesnérÊes (plantes à graines munies d’un périsperme), qui sont en quelque sorte des Scrofularinées vivant dans lis* régions tropicales de l’Amérique; et 2° CyrtandrÊES (plantes à graines dépourvues de périsperme), qui sont à peu près des Bignoniacées habitant les lies de l'Asie tropicale et les pentes de ('Himalaya. Citons, comme type des Gesnérées, le genre tlluxinia, dont les espèces à feuilles pétiolées, à limbe presque charnu, et les belles fleurs solitaires (sur des pédicelles radicaux) en cloche renversée, blanches ou violacées, fout l’ornement de nos serres et même de nos appartements.

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