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HÉPATIQUES

chez les Mousses, la membrane celluleuse (rpiganium) qui enveloppe le jeune archégone, se déchirant cirnilairrmcnl il sa hase, est emportée au sommet de la capsule (endogoniwn) (lors de l'élongation de son pédicclle), et lui constitue une coilTe, chez les Hépatiques Vepigonium se déchire à son sommet, et reste à la base du pédicelle de la capsule (endogoniwn), auquel pédicclle il constitue une sorte de manchette ou de gaine. — V endogoniwn, détenu capsule, sc partage en quatre valves chez un grand nombre de genres de la classe des Hépatiques. Dans le genre Anthoceros, la capsule est bivalve et a la forme d’une longue silique,- dans le genre J iiccia , elle est confondue avec la coiiïe et sc rompt irrégulièrement, etc. — Dans certains groupes de la famille des Hépatiques, les anthéridies sont disposées sur des disques sessiles ou |>édicellés (les Marchandées), ou plongées dans l’épaisseur de la fronde, leur orifice faisant à peine saillie au dehors (les llicciées).

Les Hépatiques sont de très-petites plantes verdâtres, fort délicates, qui attirent peu l’attention; grossies à la loupe, leurs formes sont extrêmement élégantes et très-variées. Elles habitent la terre humide; quelques-unes se plaisent sur les vieilles écorces ; d'autres se trouvent à la surface des eaux dormantes. La plupart sont en pleine végétation dès les premières journées humides et chaudes du printemps. — La classe des Hépatiques renferme six familles, savoir : 1° Les JONr.ERMANNUCÊES, groupe dans lequel le type Hépatique atteint sa plus complète expression. Les Jongertnannes sont les seules de la classe qui aient des tiges et des feuilles distinctes et régulièrement conformées; les archégoncs naissent à l’extrémité des rameaux. L'archégonc, devenu sporange ou capsule, est ord. élevé sur un pédicelle; cette capsule s’ouvre en quatre valves, elle manque de columclle centrale; ses parois sont intérieurement revêtues d’élatères. Les principaux genres sont : Jungermannia, Frullania, Allicu/aria, Sarcoscyphns, Harpanthut, Calypogcia, Saccagyna, Geocalyx, Trichoadea, Çodonia, Gymnomitrium, Schisma, Scndtnera. — 2° Les PelliÉes comprennent les espèces de l'ancien genre linnéen Jungennunnia, à feuilles non distinctes de la tige; la structure de la capsule est celle des Jongermannes. Les genres sont : Pellia, Fossombronia , Metzgeria, Aneura, Saccngyna, /Unsia, etc. — 3” Les Targioniacêes : Cyathodium, Targionia. — k° Chez les Ricciacêes, les archégoncs sont enfoncés dans le tissu du thalle ou sessiles; la capsule manque de columellc centrale et d’élalères. Les genres sont : /iiccia, Cortinia, Sphœrocarpns, Oxymilra, Duriœa. — 5“ Chez les Anthocêrotées, les archégones sont sessiles sur le tissu du thalle; les capsules qui résultent de ces archégoncs sont linéaires, bivalves (Anthoceros), ou univalves ( Monoclea ), à columellc filiforme centrale, et pourvues d'élatéres. — 5” Chez les Marchas- TIÉES, les archégones (capsules à la maturité) sont disposés par séries rayonnantes linéaires à la face inférieure d’un parasol ou chapeau lobé, élevé sur un pédicule et partant d'une échancrure du (halle; la capsule est dépourvue de columellc, mais ses parois sont revêtues d’élatéres. Les anthéridies sont, danb certains genres, portées à la face inférieure de chapeaux analogues à ceux qui portent les archégones ; dans d’autres genres, elles sont plongées dans le tissu du thalle. Dans le genre Marchnntia, des individus dilTércnts portent exclusivement

HEPTA. — HERBES.

des chapeaux milles et des chapeaux femelles : la plante est dioîque. Les genres sont les suivants : Marchanda, Grimmnldiu, Fimbriaria , Cuntcephalus, Lunularia , Reboulia, Sauteria , Dumortiera, etc.

Quelques plantes de la famille des Hépatiques sont douées d’une saveur un peu âcre et d'une odeur légèrement aromatique. Le Marchantia polgmorpha était compté jadis au nombre des médicaments résolutifs; on l’employait sous te nom à.' Hépatique Anna le traitement des maladies du foie.

Hejita. Mot grec; en latin, teptem, sept. — Heptandrus, à sept étamines.

HERBACÉ, herbaceus. Qui a la consistance des feuilles molles. — Plantes herbacées, les plantes annuelles ou à tiges annuelles, et qui ne vivent point assez longtemps pour devenir ligneuses. Certaines espèces qui sont annuelles et herbacées dans les contrées où elles sont frappées de mort par la gelée, sont vivaces et deviennent ligneuses sous des climats plus chauds.

iiekhe herba. Plante herbacée, plante h tiges annuelles. S'oppose h plante ligneuse. Voy. Anxuel et Durée des plantes.

HERBES. Un assez grand nombre de plantes indigènes, dont la plupart sont des espèces communes dans toute l'Europe (soit plantes médicinales ou usuelles, soit plantes remarquables par leur aspect ou par quelque particularité de structure), ont reçu des désignations vulgaires qui commencent par le mot herbe (comme d'autres par le mot arbre, ou par les mots pied, queue, oreille, etc.). Ces désignations, la plupart très-anciennes, se sont traditionnellement conservées chez les habitants de la campagne, et aussi dans la nomenclature de l'herboristerie. — Voici la liste des plus connus de ces noms, que j’ai fait suivre, pour chaque espèce, du nom spécifique latin et, lorsqu'il y avait lieu de le faire, de l'indication des propriétés médicales (1), ou du renvoi h l'article auquel la plante se trouve mentionnée dans ce livre sous un autre nom vulgaire.

Herbe-a-CENT-gouts. Armoise ( Artemisia vulgaris, Composées-Corymbifères). Voy. Armoise.

II erre- a-cochon. Traînasse ( Polygonum aviculare, Polygonées),

Herbe-a-coton. Espèces du genre Filngo (anciens Gnaphalium , Contposécs-Corymbifèrcs). Toute la plante (tige et feuilles) est couverte d'une pubescence cotonneuse.

IIerre-a-crapauds. Poivrc-d’eau ( Polygonum f/ydropiper, Polygonées).

H erbe-a- ÉTERNUER. Achillea Ptarmica (Composécs-Corymbifères). Renferme une substance âcre. Cette plante, commune dans les prairies humides, passe pour être nuisible aux bestiaux ; on en cultive (comme plante d’ornement) une variété â fleurons tous ligulés, sous le nom de Routon-rf argent.

Herbe-a-jaunir. Genêl-dcs-teinluriers (Genista tinctoria, Papilionacées).

IIerbe-a-la-coupure. Orpin ( Sedum Trlephium, famille des Crassulacées). Cette plante est douée de propriétés sédatives : les feuilles, dépouillées «le leur épiderme sur une de leurs faces, épiderme qui s'enlève aisément, et appliquées

(1) On hésite quelquefois sur le sens à donner au mot médical et au mot médicinal . Medical signifie « du ressort de la médecine »; on dit : sciences médicales. Médicinal signifie « de la nature des médicaments, qui appartient aux médicaments »; on dit: plantes médicinales. On peut dire indifféremment : propriétés médicales ou propriétés médicinales.

HERBES

sur les blessures légères, calment la douleur et facilitent la cicatrisation. Un remède plus certain, pour les blessures légères comme |X>ur les blessures plus graves, consiste en des pansements avec une décoction de persil et de sucre dans du vin rouge; ou encore avec une dissolution de sel commun dans de l'eaudc-vic. Selon Dioscoride, la poudre de Ttlephium enlève les taches de la |>eau ; mais il faut « frotter le cuir six heures durant, de jour ou de nuict, et continuer » ainsi six mois durant » (ancienne traduction).

Hf.rre-A-I.a-meurtrie. Valériane, Grande-Valériane (Va/eriana officinal is, Valériauées). Voy. Valériane.

Herre-a-i.a-tache. Grande-Benoîte ( Geum rivale. Rosacées).

Herre-A-I.’esqüINANCIE. .1 spernla cynnnchica (Rubiacées) ; —et Géranium Riiberlianmn, Herhe-à-Roberl (Géraniacées).

Herbe-A-MII.i.e-flobins (mille fleurs? ou fleurons). Petite-Centaurée [Eryllinra Ceniauriwn, Gentianées). Voy. Petii e-Centaurée.

Herbe-a-Paris. Uaisin-de-rcnard ( Paris quadri folia , Asparaginées).

Herbe-a-Robert. Géranium Rubertianum (famille des Géraniacées). Celle jolie plante, qui fait au printemps l’ornement des vieilles murailles, et qui croit abondamment dans les haies, a été classée de tout temps au nombre des substances astringentes et légèrement stimulantes; son odeur est forte, sa saveur âpre et salée. Cette plante appartient encore à la médecine populaire; les médecins lui préfèrent depuis longtemps des substances plus actives. — Le G. songuineum possède les mêmes propriétés. — l.es Géraniacées sont douées de propriétés légèrement stimulantes et astringentes; leur suc aqueux et murilagineux renferme du tannin et de l'acide gallique, une résine et une huile volatile; le suc de quelques espèces renferme un acide libre. A celte famille appartient Y E radium mosrhatum. Cette plante, commune sur les côtes de la Méditerranée, exhale au soleil une forte odeur musquée; elle jouit de propriétés stimulantes et diaphoniques. — Notre E. cicutarium (Bec -de-grue) possède les mêmes propriétés, mais 11 un degré moins prononcé. Les Pélargonium , originaires du cap de Bonne-Espérance, cultivés en si grand nombre dans nos jardins, sont pour la plupart fortement aromatiques, et possèdent des propriétés stimulantes: la médecine n’en fait point usage. Le P. odoralissimum, vulg. Géranium-musqué, sert ii préparer l’essence de /(oses.

Herbe- a-sEtons. Hellébore-vert [Helleborus viridis, Rcnonculacécs).

Herbe-au-ciivrpentier. Achillea Mille folium (famille des Composées- Gorymbifères). Plante vivace très-commune sur le bord des chemins; elle était autrefois employée (les feuilles pilées) pour la cicatrisation des blessures.

Herbe- au- Fie. Ficaire, Petite- Kola ire, Pctilc-Cliélidoine (Fiearia ranunculaides, Renonculacées). Voy. Ficaire.

H erbe-au-lait-de-Notre-Uame. Pulmonaire (Pulmonaria augustifolia cl /'. offirinalis, Borraginécs . Ses feuilles sont tachées de blanc.

Herbe-au-padvre-homme. Gratiole ( Gratiola offieinalis , Scrofularinées).

Herbe-ACX-anes. Onagre-sauvage ( Œnothera bieunis, Onagrariécs).

Heriie-aux-BOUCS. Ghélidoiue, Herbe-aux-birondelles (Chelidonium majus, Papavéracées), La plante fleurit à l'époque de l'arrivée des hirondelles.

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Herbe- AUX- chantres. Sisymbrintn officinale (fam. des Crucifères) (fig.893’. L’infusion de celle plante commune est tonique et pectorale, et est encore regardée comme remède contre l'enrouement qui résulte d’une angine ou d’une bronchite légère.

Herbe-aux-chats. Cataire (Nepeta Cataria,

Labiées). Plante d’une odeur forte cl désagréable.

On prétend que celte odeur attire les chats, et qu’ils se roulent sur la plante avec fureur.

llERBE-AUX-ÉCUS. Numniulaire (Lysimochia Nummulariu, Primulacées; et T/iluspi arvente.

Crucifères). Ces deux plantes, appartenant à deux familles éloignées entre elles, n'ont d'autre rapport que la forme de leurs feuilles (à circonscription sub-circulaire), comparées à des pièces de monnaie,

Herbe-aux-femmes-ràttues. Sceau-de-Notre- Damc, Haut-Liseron (Tantôt communia, Dioscorinées). On attribuait h cette plante des propriétés vulnéraires et résolutives; elle agit comme diurétique. Son emploi n'est pas sans danger.

Hkrbe-aux-goutteux. Ægopodium Podugrariu (Ombellifères). Plante douée de propriétés excitantes et résolutives ; a été comme tant d’autres médicaments tentée sans succès comme antarlhritique. La teinture de Colchique, médicament très-actif (et dont l'emploi doit être surveillé), lui est aujourd’hui préférée.

Herbe-aux-gueux. Clématite-commune, Viorne, Virgouenne ( Çleinath Vitnlba, Vigne-blanche, Renonculacées). Voy. Clématite.

Herbe-aux-HERNIES. Herniaires (Herninrin glabra et H. hirsuta, Paronychiées). Plantes sans propriétés actives connues.

Herbe -aux -magiciennes. Herbe-aux-sorcières, Circéc (Cirrœa lutetiana, Circéacées, groupe détaché des Onagrariées). Plante d’aspect bizarre, commune dans les bois frais et humides, sans propriétés actives connues.

Herbe-aux-MASSUES. Lycopode ( Lycopodium clavalum, Lycopodiacées). Les spores abondantes de ce Lycopode, connues sous le nom de poudre de Lycopode, sont employées pour saupoudrer la peau gercée des très-jeunes enfants. Cette substance pulvérulente, très-inflammable, a été mise en usage par les artificiers, sur les théâtres, pour produire une flamme instantanée.

Herbe-aux-mites. Herbc-aux-blattes, Blattaire, Bouillon-blanc bâtard ( Verbascum Blattaria , Verbascées). Plante sans propriétés actives connues.

Herbe-aux-panthEres. Doronicum Pardalianchet (Composées-Corvmbifères). Raison d’être du nom vulgaire, Mort-aux-panlhères, inconnue.

Herbe-aux-perles. Grèmil, Lithosperme (Lithospermum officinale , Borraginées). Les akènes mûrs ressemblent â de petites pierres blanches.

Herbe-aux-POUX. Pédiculaire (Pedicularit pnlustrit, Scrofularinées). Plante des prés marécageux. Son suc fait, dit-on, périr les insectes parasites du cuir chevelu.

Fig. 893. — Hcrbe-aux-chantres (Sisymbrium officinale ).

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Herbe-aux-puces. Planlayo arenaria (Planlaginées). I,es graines, nombreuses, petites, brunes et luisantes, ont été comparées à des puces.

Heriie-AUX-teigneux. Belasites vulguris (Composées-Corymbifèrcs). Plante Il feuilles sub-orbiculairos très-amples, corn|)arées à une coiffure.

Herbk-aux-verrues. Chélidoine, Herbe-aux-hirondclles, Hcrbe-aui-boucs ( Chelidonium majus , Papavéracées). Le suc jaune, d'une odeur nauséeuse, est un peu caustique et brûle la surface de la peau.

Herbe-aux-vipères. Vipérine ( Erbium vulgare, et autres espèces du genre Echium, Borraginées}. Le suc de cette plante a été recommandé contre les accidents de la morsure de la vipère ; le traitement par cautérisation à l'aide de l’ammoniaque et par des potions ammoniacales est plus sur.

Herbe-bleue. Jasione ( Jasion e montana, Campanulacécs). Sa fleur est bleue.

Herbe-britannique ( Herba-britannica ), Patience-aquatique (Rumex Hydrola/iatbum, Polygonées). Cette plante a été célèbre au moyen âge; on lui attribuait de nombreuses vertus. Ses propriétés réelles sont analogues k celles de la Patience ( Rumex Rntientia), espèce voisine dont la racine est employée en décoction comme tisane dépurative et antipsorique.

Herbe-CARréé Scrofulaires (Scrofularia aquntica et S. nodosa, Scrofularinées). Plantes à suc doué de propriétés dépuratives, un des médicaments conseillés contre la morsure des chiens enragés.

Hkrbe-d’amour. Réséda-odorant ( Réséda odoratn, Résédacées). Les Résédas passaient pour doués de propriétés calmantes, d'où le nom Réséda, de resedare, calmer.

Herbe-de-l’hirondelle. Chélidoine, Grande -Chélidoine ( Chelidonium majus , Papavéracées).

H er BE-de-i.a- SAINT- J K AN. Millepertuis (Hypericum perforatum , Hypéricinées). L’huile de Millepertuis (obtenue de la macération de ses fleurs dans l’huile d’olive) est employée comme topique résolutif pour la cicatrisation des blessures.

Herbe -de- la -Trinité. Hépatique ( Hepatira triloba, Rcnonculacées). Plante des bois frais et montueux, cultivée h fleurs doubles dans les jardins. Le limbe des feuilles est à trois lobes.

Herbede- Saint-Benoît. Benoîte, Herbe-bénile ( Geum urbanum, Rosacées). Voy. Benoîte.

Herbe-de-Saint-Christopiie. Actœa spicata (Renonculacées). Plante des forêLs humides.

H EK RE- lïK-S A INT- Fl ACRE. Heliotropium europœvm (Borraginées).

Hlrbe-de-Saint-Joseph. Succise, Mors-du-diable (Srabiosa Succisa, Dipsacées). Son rhizome semble cou|)é à sa base comme par une morsure.

Herbe-de-Sainte-Barbe. Barbarée, Girarde-jaune ( Barbarea vulgaris, Erysimum Barbarea, Crucifères).

Herbe-DES-CHEVAUX. Jusquiame (Hyosnyamus niger, Soianées). Plante dangereuse.

Herbe-dorée. Célérac ( Ceterach officinarum. Fougères).

Herbe-DU- Bon-Henri. Blilum ( Cheno/totlium ) Bonus- Henricus (Chéno-

HERB1DUS.

HERBIER

podiées). On prétend que pendant la lamine du siège de Paris par Henri IV, cette plante était mangée* par les pauvres habitants, avec l’Ortie ( Urticn urens et (/. dioica), en guise d'ICpinard. la* genre Spinacia (Épinard) appartient, comme le genre Hlitum, Si la famille des Ohénopodiées.

Herbe-Dü-MORT. Baume aquatique ( Ment/ia rotundi folia. Labiées). Cette plante, à odeur aromatique, est commune dans les lieux marécageux et dans les cimetières herbeux.

Herbe-du-siêge. Scrofulaire ( Scrofulnrin aquatiea , Scnfularinécs).

Herbe- ne- vent. Pulsatille, Coquelourde (Anémone Puisai ilia). Une des plus jolies plantes indigènes de la famille des Renonculacées ; croît dans les terrains sablonneux en friche. Son suc est âcre comme celui des autres plantes de la même famille.

Herbe-maure. Réséda ( Réséda odorata, Résédacées).

Herbe-sacrée. Mélisse-sauvage, Herbe-saine ( Melittis Melissophyllum , Labiées'. Belle plante des bois frais. — Verbena offlcinalû, Verveine, Herbeaux-euchanlemenls (Verbénacées), plante insignifiante, commune dans les lieux secs et incultes.

Herbe-Saint-Jacques. Jacobée (Senecio Jaeobata, Composées -Corymbifères), plante commune dans les prairies.

Herbe-Saint-Jean. Lierre-terrestre ( Glechoma hederacea, Labiées), plante aromatique. Son infusion théiforme est justement recommandée dans les bronchites légères (rhumes) et les bronchites chroniques.

Herbe-Saint-Roch. Herbe-dysentérique (Pulicana dysenterica, Composées-Corymbifères). Cette plante passait pour aiitidvsentérique.

Herbe-sainte, par corruption d 'Absinthe. Absinthe ( Arlemitia Ab* i lithium). Voy. absinthe.

Herbe-SANS-COUTURK. Langue-de-serpent ( Ophioglostum vulgaturn, Fougères). la feuille ne présente pas de nervures.

lierbidui. Herbeux. Se dit des prairies, des pâturages, etc.

herbier, herbarium. Collection de plantes sèches préparées et classées pour l’étude.

Utilité d’un HERBIER. — l)e tous les livres de botanique, le plus instructif, et en même temps le plus agréable â consulter, est un herbier bien fait. Un échantillon recueilli avec intelligence et préparé avec les soins convenables est préférable â la plus fidèle gravure, et un coup d’œil jeté sur cet échantillon laisse dans l’esprit une idée de la forme générale de la plante, infiniment plus nette que celle qui pourrait résulter de la lecture de la meilleure description.

Une description n’est pas destinée, d’ailleurs, à être lue et étudiée en l’absence de la plante qu'elle a pour objet, mais seulement à faciliter son étude lorsqu’on a celte plante sous les yeux. Or, il est rare qu'on rencontre dans une même excursion toutes les espèces d’un même genre ou tous les genres d’une même famille; et cependant on ne saurait bien connaître les espèces d'un même genre qu'en les comparant entre elles, et les genres d’une même famille qu'en les comparant entre eux. Aussi les herbiers où l'on trouve classées dans un ordre logique toutes les espèces de cîiaque genre recueillies aux diverses

HERBIER

périodes de leur végétation sont-ils un des moyens d’étude les plus indispensables.

Si les plantes sèches sont moins faciles il étudier que les plantes fraîches, elles offrent de plus que ces dernières l’avantage de pouvoir être consultées dans toutes les saisons de l'année ; leur possession est même d’autant plus utile et d'autant plus agréable, que c'est en général pendant l’hiver, alors que toute trace de végétation semble avoir disparu du sol, qu’on trouve le temps de se livrer à l’étude des espèces dans le silence du cabinet.

Bien des années après les avoir recueillies, on se rapjvclle, en parcourant son herbier, la beauté des sites dont ces plantes étaient l'ornement, et l’on se reporte en imagination aux jours heureux de tant d’excursions Imlaniques dont chacune vous a, à son tour, apporté sa part de bouheur.

Les herbiers d’aujourd'hui ne ressemblent en rien à ceux qu’on préparait il y a moins d'un demi-siècle; à part les botanistes de profession qui savaient déjà l'importance qu’il y a dans la récolte des plantes entières, presque tous les amateurs de plantes se contentaient de recueillir des sommités de tiges fleuries qu’ils séchaient dans un livre, et qu’ils fixaient ensuite à une feuille de papier de petit format, eu l'empotant de colle dans toute son étendue. I.es mêmes amateurs avaient le plus grand soin de faire avec des traits de plume des encadrements à chaque feuille ; quelques-uns même poussaient la coquetterie jusqu’à dessiner un vase à fleurs au-dessous de chacune des tiges collées.

Telle fut l'enfance de l'art. On ne tarda pas cependant à s'apercevoir que la richesse d'un herbier consiste, non pas dans les enjolivements du papier, mais dans le nombre et la bonne conservation des plantesqu'il renferme : les sommités fleuries furent remplacées par les plantes entières ou des rameaux complets; les plantes furent fixées avec d’étroites bandelettes susceptibles d’être déplacées ; le petit formai fut remplacé par le grand, etc.

Néanmoins, lorsque je débutai dans l’élude de la botanique, et que je songeai à faire un herbier, j'avais reçu plus de notions de l’ancienne méthode que de la nouvelle, et je ne puis me rappeler sans sourire les résultats de mes premières herborisations : mes plantes moisies, et des récoltes entières presque converties en terreau, en raison de leur séjour trop prolongé dans le même papier, et par suite de l’avis que j’avais reçu de me contenter, pour les préparer, de quelques vieux journaux et autres mauvais papiers. — L’année suivante, les journaux étaient remplacés par plusieurs rames de bon papier, et j'étais dédommagé de mes perles de manière à n'avoir plus à les regretter.

11 n’est pas donné à tous les botanistes d 'entreprendre, avec quelque espoir de succès, la fondation d’une collection générale des plantes de toutes les contrées du globe. On peut, il est vrai, borner ses désirs à la possession d'un certain nombre d'espèces des principaux genres de chaque famille; mais, même ainsi limité, un herbier général est long, difficile et dispendieux à créer.

Après les plantes indigènes, qui constituent le premier fonds d'une collection de ce genre, les jardins botaniques et les serres peuvent fournir d'assez nombreux matériaux; mais les plantes exotiques, cultivées sous un climat différent de celui qu elles habitent dans la nature, éloignées des circonstances locales qui

HERBIER

influent d'ordinaire sur leur développement, et soumises en commun K un même régime, quels que soient leurs moeurs et leurs besoins naturels, affectent souvent un port assez différent de relui quelles présentent h l'état spontané : les fruits de ces plantes dépaysées et maladives mûrissent d'ailleurs assez rarement, et chaque espèce est en général trop peu abondante pour qu’on puisse en recueillir des échantillons munis de leur souche ou de leur racine. — !x>s plantes des recueils iconographiques et les dessins exécutés d’après des plantes sèches ou vivantes sont aussi des moyens précieux d’ajouter !i la collection quelques-uns des types les plus importants et les plus difficiles à se procurer. Néanmoins on ne saurait parvenir, avec ces différentes ressources, qu'à un résultat bien incomplet, si l’on n'a pas beaucoup récolté soi-mèine dans de lointains et nombreux voyages, et si l’on ne peut se procurer les collections rares et d'un prix élevé, publiées à différentes époques par les botanistes voyageurs qui ont exploré les principales contrées du globe. — Les grandes collections générales qui existent appartiennent la plupart à des établissements publics et à des sociétés savantes; quelques-unes sont des collections privées; toutes sont le résultat des laborieux travaux de plusieurs générations de botanistes.

Il est sage, il est prudent de laisser aux grands établissements publics le soin d'édifier des herbiers généraux. Les entreprises collectives peuvent être, il est vrai, soumises 11 des phases alternalivesde langueur et de prospérité ; elles peuvent manquer de cette impidsion ardente et soutenue, qui est généralement le résultat du sentiment de la possession et de l'unité dans la direction : mais à ces entreprises dont le personnel se renouvelle indéfiniment, est attaché le précieux privilège d'être toujours jeune et de n’avoir point à compter avec le temps.

Le plus ordinairement les botanistes se contentent de consulter, lorsqu'ils en ont besoin, les plantes exotiques dans les grandes collections publiques; et ils se bornent à faire un herbier des plantes indigènes de leur pays; admettant néanmoins les plantes exotiques, quand l’occasion se présente d’en avoir, et les plaçant comme appendice à la suite des genres indigènes les moins éloignés ou des familles les plus voisines.

N’esl-il pas, en effet, plus agréable et plus profitable en môme temps, d'étudier la végétation du pays qu’on habite, que de s’occuper de la végétation d’une contrée qu’on n’est point destiné à voir? Ne fera-t-on pas de meilleures observations sur des plantes qu’on peut facilement trouver vivantes et examiner pendant chacune des périodes de leur végétation, que sur des plantes sèches dont chaque espèce est représentée par un petit nombre d’échantillons, et souvent même par un seul échantillon plus ou moins incomplet ?

Il s’en faut, cependant, que l’étude des plantes exotiques ne puisse être utilement abordée loin des contrées où ces espèces croissent spontanément, et à l’aide seulement d’échautillons secs. Si les plantes n'étaient étudiées que vivantes, et seulement dans les pays habités par des botanistes, les végétaux d’un grand nombre de contrées du globe pourraient indéGnimcnt rester inconnus, ne trouvant point de descripteurs. C’est au contraire grtlce à l’étude des plantes sèches rapportées par les voyageurs, que les espèces végétales du monde entier ont pu être en si grande abondance décrites et classées dans l'intervalle d'un

HERBIER

petit nombre d'années, et que la science botanique a pu faire de si grands et si rapides progrès.

En conseillant aux botanistes, et surtout aux botanistes amateurs, de donner la préférence 4 la recherche des plantes indigènes, mon but est surtout de les engager 4 aborder une étude accessible à tous, et qui d'ailleurs fournira longtemps encore matière 4 de curieuses observations et 4 d'intéressants travaux.

Les collections crvptogamiques sont aussi l’objet des études les plus attachantes : la récolte et la préparation des plantes cryptogames peuvent suffire pour occuper tous les instants de l’amateur le plus zélé, et l’étude approfondie d’une seule des familles, ou même de quelques genres seulement de la cryptogamie, peut remplir l’existence de l’observateur le plus assidu et le plus laborieux.

Des collections utiles aux progrès des sciences qui peuvent avoir (tour objet l’application pratique des connaissances botaniques (les sciences médicales, l'agriculture, l'horticulture, etc.) sont des herbiers de plantes médicinales, tant indigènes qu'exotiques, de plantes de grande et de petite culture : plantes des prairies et des forêts, céréales, plantes tinctoriales, plantes des jardins et des serres, etc. — Enfin on a fait, 4 un point de vue littéraire ou artistique, des herbiers historiques et des herbiers archéologiques.

Que deviennent les collections particulières après Ira botanistes qui ont passé leur vie 4 les recueillir et 4 les augmenter avec un si grand amour et une si constante sollicitude? Quelques-unes tombent entre des mains indignes ou ignorantes, et sont tristement condamnées 4 se détruire dans un grenier. Aussi plusieurs botanistes ont-ils eu l'heureuse idée de léguer leur herbier 4 un musée ou 4 une bibliothèque publique, soit de Paris, soit d’une ville de province, afin que la conservation en fût assurée.

Si cependant ces collections ont appartenu 4 un botaniste distingué, et ont servi de matériaux pour l'exécution de Flores ou de monographies; si elles renferment un grand nombre de plantes recueillies et étiquetées par des botanistes connus; si les plantes sont en ordre, ont été pour la plupart étudiées, et sont acconqtagnées de notes et d'observations manuscrites ; si enfin elles sont dans un étal satisfaisant de conservation, elles sont recherchées et peuvent atteindre un prix élevé, bien qu'inférieur de beaucoup 4 celui que leur acquisition en détail a pu coûter. Ces herbiers trouvent donc presque toujours une digne hospitalité, soit chez un botaniste dont ils vont enrichir les collections, soit dans les établissements publics, où tous les botanistes peuvent aisément les consulter.

Ainsi que je viens de le dire, les herbiers d'autrefois étaient d’une excessive pauvreté, au point de vue du nombre des échantillons ou spécimens de chaque espèce; la plupart des plantes n’étaient même représentées dans ces collections que par un seul échantillon, et le plus souvent par un fragment incomplet. — Aujourd’hui on a reconnu la nécessité de posséder les plantes en nombreux échantillons provenant de diverses localités. En outre, le système des échanges étant pratiqué aujourd'hui par la plupart des botanistes sur une assez grande échelle, il en résulte qu’on recueille et qu'on prépare souvent des quantités d’échantillons assez considérables.

HKRRIKH.

Ce zèle est des plus louables, et le résultat en est des plus profitables ; je crois cependant devoir engager les explorateurs à ménager les localités où les espèces qu'ils recueillent sont peu répandues, et 5 faire de larges provisions seulement dans les localités où ces plantes sont abondantes.

Tant de causes de destruction sont réunies déjà contre certaines espèces intéressantes, que je crois, dans l'intérêt de la géographie botanique, et dans l'intérêt aussi des botanistes qui viendront après nous, devoir demander grâce pour les plantes dont un petit nombre d'individus constatent une station de quelque importance ; d'autant plus qu’il est presque toujours facile, par les relations multipliées que les botanistes ont entre eux, de se procurer la même espèce d'une localité où elle est moins rare.

Le botaniste doit recueillir pour son propre herbier chaque espèce avec des soins particuliers ; il doit se procurer la plante à tous ses étals, s’il lui est possible : la germination avec les feuilles cotylédonaires, la rosette de feuilles radicales, puis la plante avant la floraison, pendant la floraison, et enfin à la maturité des fruits. Et cela pour toutes les espèces et variétés, grandes et petites, rares et communes.

Les plantes qu'on destine aux dons et aux échanges doivent être choisies parmi celles qui sont abondantes dans le pays qu'on habite, et rares dans les pays voisins. Ces plantes devront être préparées avec le même soin que celles qu’on prépare pour soi-même ; mais on conçoit qu’il n'est pas toujours possible de les récolter en abondance à tous les états auxquels on les a récoltées pour son propre herbier, surtout lorsqu’il s'agit de plantes de grande taille ou d'une préparation longue et minutieuse.

Quant aux botanistes préparateurs, qui voyagent pour une société ou dans l'intention de publier des collections, ils doivent traiter la récolte et la préparation de chaque espèce en vue de chaque collection, comme s'il s'agissait de leur propre herbier, c'est-à-dire le plus complètement possible, tout leur temps pouvant être consacré à cette unique occupation.

Installation de l'herbier. — Cabinet de travail.— Le local destiné à recevoir le casier de l’herbier doit être vaste et aéré, mais surtout exempt d'humidité en toute saison. Si pendant l'hiver on peut avoir à redouter la plus légère humidité, la pièce doit être soigneusement et régulièrement chaulTée ; quelques semaines d'humidité peuvent suffire pour causer, par la moisissure, la destruction de l'herbier le plus considérable et le plus soigné. Si malgré les précautions prises, quelques plantes ont été atteintes par la moisissure, on doit toucher légèrement toutes les parties moisics avec un pinceau imbibé d'alcool.

Ce local doit être, autant que possible, éloigné du bruit et indépendant du mouvement extérieur. Le milieu de la pièce doit être occupé par une vaste table de travail, sans rebords ni montants. Cette table est destinée à recevoir les plantes afin quelles puissent être étalées sur une grande surface, soit pour les travaux de classification et d’intercalation, soit lorsqu'il s'agit de les comparer entre elles et de les étudier. Les parois de la pièce doivent être occupées par le casier de l'herbier et par la bibliothèque, ou du moins une partie de la bibliothèque, composée des ouvrages d’un usage journalier.

HERBIER

Une table d’étude moins grande que la précédente doit être placée dans le voisinage d’une fenêtre prenant directement jour sur une vaste étendue de ciel, et où l'on puisse se livrer aux éludes microscopiques. Enfin une tablette sera destinée à recevoir les instruments employés à l’élude des plantes : les microscopes sous leurs globes de verre, la lampe à alcool, etc. Afin de ne point se fatiguer la vue, on doit se placer à côté et non cil face d’une fenêtre pour travailler, écrire ou dessiner.

I/? casier destiné à recevoir les fascicules de plantes qui composent l'herbier est formé de planches de 5 décimètres de largeur, distantes entre elles de 3 décimètres environ. Des montants verticaux espacés entre eux également de 3 décimètres subdivisent les rayons, et les transforment en cases dont l'ouverture est quadrilatère. Chacune de ces cases reçoit un des fascicules de l’herbier posé à plat, la base en avant Le paquet n° 1 doit être placé sur le rayon le plus haut, à droite; le n° 2 sur le même rayon, à gauche du premier, et ainsi de suite, jusqu’à ce que toutes les cases de ce rayon soient occupées, puis ou place le paquet suivant sur le deuxième rayon, dans la case à droite, et successivement de droite à gauche et de haut en bas. — On peut, du reste, se dispenser de subdiviser les tablettes en compartiments, et ne faire placer que le nombre de montants sullisants |Kiur les empêcher de fléchir; les paquets occupent moins de place par ce procédé.

Pour éviter la poussière, des rideaux d'une étoffe souple et solide doivent être placés devant le casier. Divers systèmes sont employés pour faire mouvoir ces rideaux. Dans plusieurs établissements importants, ils s'enroulent à la manière des stores, sur un rouleau placé sous la corniche du casier, et se déroulent de haut en bas devant l'herbier, au moyen de cordes et de poulies. Après avoir essay é de ce système pour ma collection particulière, j'y ai renoncé, et j’ai trouvé plus commode des rideaux pourvus supérieurement d'anneaux placés sur des tringles de fer, et se tirant de droite à gauche on de gauche à droite, comme les rideaux des fenêtres, au moyen de cordons terminés par une boule de cuivre plombée, destinée à servir de contre-poids et à maintenir les cordons tendus. Ces rideaux ne sont fixés sur la tringle qui les porte ni à droite ni à gauche, de sorte qu’on peut à volonté les faire mouvoir de droite à gauche ou de gauche à droite, et mettre ainsi, successivement et à volonté, à découvert toutes les parties de chaque casier (1).

Objets nécessaires a la préparation des plantes.— Papier à sécher. — Papier gris, demi-collé, assez fort, de hh centimètres de hauteur sur 26 de largeur; trois raines ou davantage.

Papier en [t itilles séparées. — Une des trois rames précédentes (ou une rame de papier blanc non collé, de même format) doit être divisée en feuilles séparées. C’est daus chacune de ces feuilles doubles qu’on place les plantes fraîches en les retirant de la Imite.

(1) Pour obtenir ce résultat, etiaque rideau doit être muni de deux cordons pendants tant à droite qu'à gauche, et aux quatre extrémités desquels sont llxés autant de contrepoids ; les cordons doivent être de couleurs différentes pour les rideaux vpisius, alln qu’on puisse distinguer immédiatement les uns des autres.

HERBIER

Papier en coussins. — Les deux autres rames doivent être divisées en coussins : pour cela on en a fait des cahiers composés de quatre feuilles doubles placées l’une dans l’autre ; puis, pour empêcher les feuilles de se séparer et faciliter le maniement des coussins, on pique chacun de ces coussins de deux ou trois points avec du gros ül. Ces coussins, qu'on place sous la presse entre les feuilles qui renferment les plantes fraîches, sont destinés à en absorber l'humidité.

Une ou deux presses. — La presse la plus commode et la plus simple se compose de deux planches de bois Idanc terminées à chacun des deux bouts, pour les empêcher de se déjeter, par une traverse de bois dur ; ces planches portent en outre chacune, sur l’une de leurs faces, deux coulisses formées de traverses surajoutées, creusées en gouttières et situées vers les deux extrémités. Ces traverses sont destinées à augmenter la solidité des planches et à faciliter le jeu des courroies. La presse est complétée par deux longues cl fortes courroies de cuir, terminées chacune par une forte boucle, et percées d’œillets dans presque toute leur longueur. Le paquet de plantes à sécher étant placé entre les deux planches, on le serre à volonté au moyen de courroies.

Les planches peuvent être remplacées par des châssis de bois dur, pourvus de deux traverses croisées. Ces châssis sont plus légers que les planches, et présentent l'avantage de laisser une partie de la surface du paquet en contact avec l'air, et par conséquent de hâter la dessiccation; mais ils offrent moins de solidité que les planches.

Les courroies sont indispensables en voyage, mais on peut les remplacer ch et soi en plaçant sur la planche supérieure deux poids de fonte de 20 kilogrammes, une grosse pierre, ou des in-folio. L'emploi de ces corps lourds présente l’avantage d’une pression continue, tandis qu’il est nécessaire de serrer les courroies à mesure que le paquet a perdu une partie de son volume, par suite de la compression qu'on lui a déjà fait subir.

Fie. 89t. — Châssis de toile métalli>|uc.

Feuilles de fer-blanc. — Pour empêcher les plantes de consistances diverses de se nuire les unes aux autres, j’ai imagine de séparer les diverses couches par des feuilles de fer-blanc qui empêchent l'humidité des unes d’atteindre les autres, ou les inégalités des plus robustes de gâter les plus délicates. Les feuilles de fer-

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blanc peuvent être en outre fort utiles en voyage, pour multiplier le nombre des presses, lorsqu’on a à sécher une grande quantité de plantes en même temps : pour ce dernier usage, il est bon que les feuilles de fer-blanc soient percées de trous circulaires afin de fournir une issue à l'humidité. — Des châssis (le tuile métallique (fig. 89i) peuvent, avec plus davantage encore, être employés au même usage; l'encadrement et les trois traverses du châssis sont de fer : c'est un appareil à la fois léger, solide, et favorable à la dessiccation rapide des plantes. Le modèle a été présenté par M. Bureau (Verlot, Guide du botaniste herborisant).

Préparation des plantes phanérogames.— Au relourde l'herborisation, si l'on ne peut s'occuper immédiatement de la préparation des plantes, on doit mettre à la cave la boite qui les renferme, afin de les maintenir fraîches ; on peut aussi, au besoin, les retirer de la boite et les envelopper d'une toile cirée ou d’un linge mouillé. Mais le mieux est, s'il est possible, de les préparer sans différer. — Pour cela, on se place devant une vaste table sur laquelle on dépose les plantes qu’on retire de la boîte avec précaution, puis on groupe par lots les espèces de diverse taille et de diverse consistance : ainsi on réunit d'une part les Graminées, Cypéracées, ou autres plantes non succulentes, puis les très-petites plantes; d'autre part, les grandes plantes herbacées, puis les plantes ligneuses, et enfin les plantes grasses, charnues ou bulbeuses, qui doivent recevoir une préparation spéciale. On épuise successivement chaque lot avant de commencer la préparation d'un autre. — Chaque plante doit être placée dans une des feuilles doubles de papier, dont ou doit avoir la provision sous la main. Si ce sont de petites plantes, on peut en placer plusieurs sur la même feuille, de manière à la couvrir complètement; cependant on doit éviter quelles ne se touchent entre elles. — I.a plante doit être laissée dans le papier dans la position où elle y est tombée naturellement : il faut se garder, sous prétexte d’élégance ou de régularité, de redresser ou d'écarter de leur position naturelle, en les courbant, des feuilles, des rameaux, des rhizomes, des stolons, ou des liges rampantes; bien loin de les embellir, on ferait perdre aux plantes leur aspect naturel en les déformanL Si l’échantillon est excessivement touITu, et qu'on ait à redouter un feutrage confus, on peut supprimer une partie des branches et même des feuilles, mais en laissant la base de ces organes de manière à laisser voir la place qu'ils occupaient. Les liges sèches des années précédentes, ou au moins leurs bases, doivent être respectées toutes les fois que cela est possible. On doit également n'enlever que rarement de la base de la plante, sous prétexte de nettoyer l’échantillon, les feuilles qui commencent à se détruire, car ces feuilles, ou même leurs débris, peuvent présenter des caractères importants et contribuent d'ailleurs à donner à la plante son port naturel, et par conséquent de l'élégance et de la grâce.

On ne doit pas non plus s’efforcer d'empêcher les feuilles de faire les plis longitudinaux qui résultent de leur forme et de la compression, on doit seulement empêcher les plis accidentels transversaux. Si les échantillons se sont flétris â l'air depuis la récolte, ils seront toujours mauvais, quelque soin qu'on prenne pour déplisser les feuilles; il né faut, dans ce cas, conserver ces échantillons que s’il n'est pas possible de les remplacer par d'autres.

HERBIER

Lorsque la racine ou la souche est chargée de terre, cette terre, si elle est sablonucu.se, tombe d’eile-mSme ou s’enlève aisément au moyen d’une brosse ; si la terre est argileuse, on fera bien de laver la racine à grande eau, mais en ayant soin de l'essuyer avec un linge avant de mettre la plante sous la presse.

On croyait autrefois obtenir de plus beaux résultats en séparant les diverses parties des plantes par de petits morceaux de papier pour les empêcher d'adhérer entre elles; ces soins minutieux, qui entraînent une grande perte de temps, n'aboutissent en générai qu'à altérer la direction naturelle des feuilles. On peut seulement, si l’on veut, mettre un )>eu de colon dans l’intérieur de certaines corolles gamopétales, pour empêcher les deux parois d’adhérer intimement et permettre de voir, sans avoir besoin de les ramollir à l'eau chaude, le gynécée et l'androcée.

Si les plantes ont été déposées pendant l'herborisation entre les feuilles du cartable, un ne doit point les en retirer ; on traite la feuille double qui les contient comme la feuille double dans laquelle on vient de mettre une plante fraîche. Si plusieurs plantes ont été entassées sans soin dans une même feuille du cartable, et qu'il faille les cil retirer pour les séparer, alors qu’elles sont déjà flétries, ces plantes seront nécessairement gâtées, et constitueront des spécimens très-défectueux. En effet, l’usage du cartable n'est profitable que lorsqu'on peut donner aux plantes tous les soins convenables, en les y plaçant ; lorsque le temps manque pour cela, il est plus avantageux de les mettre dans la boîte.

Lorsque toutes les plantes sont dans le papier, chaque échantillon étant accompagné d’une étiquette indiquant le lieu et la date de la récolte, et les couleurs (souvent utiles à connaître) des organes de la fleur, ces couleurs ne se retrouvant plus sur la plante sèche, on place alternativement l'une sur l'autre une feuille pleine de plantes et un coussin. Quand on passe d’une série à une autre, on sépare les deux séries par une fcinlle de fer-blanc. Enfin on place le paquet général entre les deux planches de la presse.

Ou s’assure que le paquet ne présente pas plus d'épaisseur à un bout qu’à l'autre, l’épaisseur de certaines souches occasionnant souvent une inégalité d’épaisseur qu’il est facile de corriger, en mettant alternativement quelques fascicules en sens inverse l’un de l'autre ; puis on comprime le paquet entre les deux planches de la presse, au moyen des deux courroies. On serre d’abord médiocrement les deux extrémités pour ne point faire dévier le paquet, après quoi on le serre le plus fortement |<ossible.

Après douze heures ou vingt-quatre heures au plus, on desserre la presse, et sans ouvrir les feuilles qui renferment les plantes, on retire les coussins humides pour les remplacer par des coussins secs; puis on rétablit la presse, et l'on étale, en les imbriquant sur un parquet ou au grand air, les coussins humides pour les faire sécher. Si l'on a un four à sa disposition, ainsi que cela est possible à la campagne, on fait sécher les coussins humides sur le four, et on les emploie lorsqu'ils sont encore chauds : la dessiccation des plantes en est plus rapide. Pendant les deux ou trois premiers jours, les coussins doivent être renouvelés de douze en douze heures, ou au moins toutes les vingt-quatre heures; puis, on peut ne les changer que tous les deux jours. Huit à douze jours suffisent pour la

SERRAIS (DE ST-PIERRE). ii

IIEItniER.

dessiccation de la plupart des plantes, lorsque le temps est chaud et sec. Quant aux piaules à feuilles épaisses, il faut quelquefois beaucoup plus longtemps ; c'est pour cela qu'il est si utile de les grouper selon leur consistance : en eiïet, lorsque des plantes sonl presque sèches et parfaitement préparées, il suffit du voisinage d’une plante succulente encore chargée d’humidité pour les faire noircir et les géler complètement.

Les plantes doivent être fortement comprimée», car il est important qu'elles cessent de vivre brusquement; sous une presse peu serrée, elles continuent à végéter, se décolorent, noircissent et sèchent plus lentement. La compression ne doit pas aller cependant jusqu’à l'écrasement des feuilles et des Heurs : on donnerait ainsi à la plante une transparence désagréable, et l'on rendrait l’analyse des Heurs impraticable.

Lu voyage, il est embarrassant et dispendieux de transporter avec soi une grande quantité de papier; aussi renoncc-t-ou souvent alors à l’emploi des coussins |)our préparer les plantes. On se contente d'empiler sous la presse les feuilles doubles qui renferment les plantes fraîches, en ayant le plus grand soin de faire des fascicules des plantes de consistance diverse, et de séparer ces fascicules par des feuilles de fer-blanc. Au bout de douze heures, on retire les feuilles de dessous la presse, et, sans les ouvrir, on les étale sur le parquet en les imbriquant, c'est-à-dire en les recouvrant à demi les unes par les autres. En général, le lieu le plus convenable pour celte opération est un vaste grenier, surtout s'il est parqueté ; la dessiccation se fait plus lentement sur le carreau. Si la température est très-élevée, c’est pendant la nuit qu'il faut étaler les filantes; le soleil, en les séchant très-rapidement, les ferait se crisper et les mettrait hors d’usage. Lorsqu'on les étale pendant le jour, il faut les relever au bout de quelques heures. Les plantes aquatiques et autres plantes dont le tissu est trèsdélicat se déforment promptement à l'air; elles se crispent quelquefois eu peu d'instants, au point de devenir méconnaissables : aussi n'est-il jamais prudent de les étaler pour les faire sécher; il faut toujours, pour la dessiccation de ces espèces, être pourvu d'une certaine quantité de coussins. — Lorsque le temps devient orageux, les plantes à demi sèches tendent à fermenter, et noircissent souvent en dépit de toutes les précautions.

On doit rarement sécher les plantes eu mettant les paquets dans un four trèschaud. En effet, si le paquet renferme un trop grand nombre de plantes, ces plantes cuisent dans l'eau qu'elles exhalent, et elles noircissent inévitablement. Ce système |>eut cependant réussir, si les paquets sont tri»- minces et serrés entre des châssis à claire-voie qui permettent à la vapeur de s'échapper par une grande étendue de leur surface; mais les plantes séchées de cette manière ont l'inconvénient d’être très -fragiles et de se briser au choc le plus léger. — On achève rapidement en route la dessiccation des plantes demi-sèches par le transport dus paquets à l'air libre sur le dos des mulets.

En voyage, lorsque les friantes sont sèches, afin de réduire le paquet au plus petit volume fiossible, on les retire des feuilles doubles où elles ont séché, et on les place sur des feuilles simples de papier mince et collé ; puis on les groupe en un certain nombre de fascicules, dont chacun doit être enveloppé dans une

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feuille double, et l'on réunit ces fascicules en un ou plusieurs paquets, en ayant soin de séparer les fascicules de plantes délicates des fascicules de plantes robustes ou épineuses. Les paquets doivent être complètement entourés d’un papier d'emballage très -fort, puis solidement ficelés au moyen d’une corde qui se croise à trois hauteurs différentes de la longueur du paquet. Ces paquets sont eusuite disposés dans des caisses de bois léger hermétiquement closes, pour être expédiés à leur destination.

Les plantes grasses, les Orchidées, les Liliacées, etc., noircissent, malgré les soins les plus assidus, si l'on se contente, pour les préparer, des procédés ordinaires de dessiccation que nous venons d'indiquer. Certains Sedum et Sempervivum continuent même à végéter eu s'étiolant sous la presse le plus fortement serrée ; il faut, pourparvenir à dessécher complètement et rapidement ces plantes, les désorganiser subitement : pour cela on a recours à l’eau bouillante.

On fait bouillir de l'eau dans un vase profond sur un fourneau; puis, l'eau continuant de bouillir sur le feu, on y plonge pendant quinze à vingt secondes chaque plante grasse, l’une après l’autre, en ayant bien soin de ne plonger la tige (pic jusqu'au point où commencent les fleurs. Les plantes, ainsi échaudées, sont déposées sur une serv iette où on les laisse s'égoutter pendant quelques instauts, puis ou les place avec soin dans la feuille double de papier à sécher, en redressant, pour les placer dans leur direction habituelle, les parties que l’eau bouillante a flétries.

Il s’agit alors de désorganiser les sommités florifères, qui n'ont point dû être atteintes par l’eau et qui continueraient à végéter isolément sous la presse ; les ovaires des Orchidées dont la souche et la tige ont été échaudées mûrissent ainsi en épuisant les autres parties de la fleur. Lors donc que les plantes ont été placées dans la feuille double de papier gris, on ferme cette feuille, puis, au moyen d’une bouteille de verre dont on se sert comme d'un rouleau, on écrase légèrement la partie encore vivante de la plante, de manière à la désorganiser, sans cependant l’aplatir entièrement.

Les plantes ainsi préparées sont traitées comme les plantes ordinaires; cependant ou peut mettre doubles coussins, en raison de la quantité d'eau qu’elles répandent.

On autre procédé, meilleur encore que les précédents, et par lequel on peut les compléter, mais qui exige plus de temps, consiste à sécher les plantes grasses au moyeu d'un fer il repasser. Pour cela, la piaule étant placée dans la feuille de papier gris fermée, on promène le fer fortement chauffé sur le papier au point où se trouve la plante : la plante, ainsi comprimée sous le fer chaud, rend l'eau qu’elle contient et dont le papier s'imprègne. On la change de place avec précaution, ou mieux ou remplace par uu papier sec le papier humecté qui la couvrait, cl l’on continue l’opération avec le fer chaud. Par ce procédé on parvient en quelques minutes à sécher complètement un échantillon ; les feuilles et la lige restent parfaitement vertes, et les couleurs de la fleur sont plus ou moins conservées.

Ou peut aussi désorganiser assez sûrement les plantes grasses, en les plongeant dans un bocal d'alcool, d’où ou les relire |>our les préparer après une journée de

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macération ; mais les fleurs sc trouvent décolorées. Ce procédé présente l’avantage de moins altérer (que par l'écrasement au rouleau) la forme de leurs organes.

Quant aux objets charnus ou d'une texture très-délicate, qu'on désire conserver pour l'étude sans les sécher ni les comprimer, on les met dans un flacon d'alcool rectifié, soit chacun isolément daus un flacon spécial portant une étiquette, soit mfités dans un vaste flacon d'où on les retire au besoin. Il existe des épingles <i tête d'émail portant un numéro : on peut fixer à chaque objet une de ces épingles, eu ayant soin d'inscrire sur un catalogue le nom des objets qu’on peut placer successivement dans le flacon et les numéros qui corres|>ondent Il ces noms. Lorsqu'il s'agit d'étudier ces objets racornis et rendus fragiles par l'alcool, on les laisse séjourner pendant quelques heures dans l'eau tiède, où ils reprennent leur forme et leur flexibilité.

Enfin, il est des objets qu’il est important d’étudier immédiatement, taut leur texture est fugace et délicate, et tant leur volume est peu considérable; l’alcool détruit d'ailleurs complètement les couleurs, et l'on peut tenir à conserver le souvenir d’une coloration. Dans ces différents cas, le dessin est indispensable; on analyse et l'on dessine immédiatement ces objets, et si le dessin est exact, on les possède de la manière la plus complète et la plus indestructible.

Préparation des Foucjëres, des Mousses et des Lichens pour l'iierniER. — Les Fougères sont des plantes généralement très-faciles à préparer, elles ne demandent aucun soin particulier. On aura dù choisir les échantillons à divers états de développement, surtout il l'état de maturité des fructifications ; si la plante présente des frondes fertiles et des frondes stériles, il est inutile d’ajouter qu'on a dù recueillir les unes et les autres.

Je n'ai rien à dire de sjiécial relativement aux Lyco|>odiacécs, Équisé lacées, Marsiliacées, lsoélidées, etc. On les prépare par les mêmes procédés que les Phanérogames.

Quant aux planter de la famille des Mousses cl de la famille des Lichens, elles présentent une particularité bien curieuse, cl qu’il est utile de connaître pour leur récolte et leur préparation. Ces plantes étant complétemeut desséchées, et mortes eu apparence depuis plusieurs mois et même depuis plusieurs années, si on les humecte et qu’on les expose à l’air libre, elles reprennent l’apparence de la vie, comme si leur existence n’avait point été interrompue. On peut donc conserver ces plantes indéfiniment avant de les préparer ; ou les récolter sèches, et se contenter de les humecter la veille du jour où l'on désire les préparer; il faut seulement avoir soin de les conserver à l'abri de l'humidité, car si elles avaient moisi et fermenté, on conçoit qu’elles seraient détruites sans retour.

Pour récolter les Mousses et les Lichens, si l’espèce croit sur une écorce, on la détache avec la serpette en enlevant un fragment de l'écorce; s'il s’agit d’un Lichen de petite taille et qui croisse sur la terre humide, on l'enlève avec le fer-de-lance. Certains Lichens qui croissent sur les pierres et les rochers y sont tellement incrustés, qu'on 11e peut les avoir sans détacher en même temps un fragment de pierre; on se sert pour cela d'un ciseau et d'un marteau, comme pour enlever un échantillon de roche.

C’est après la pluie et pendant les journées humides qu'il faut aller à la

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recherche des Mousses et des Lichens : on les détache alors facilement, et sans les briser, des écorces et des rochers auxquels ils sont adhérents; si l’on essayait de les récolter par un temps très-sec, ils tomberaient en poussière, et l'on ne pourrait en recueillir que de mauvais débris.

Certaines Mousses, et la plupart des Lichens, peuvent être recueillis dans toutes les saisons de l'année; mais c'est surtout en automne, vers la fin de l’hiver et la première partie du printemps, que les Mousses et les Hépatiques se trouvent en bon état, c'est-à-dire en fructification.

Pour recueillir les Mousses et les Lichens, on doit se munir de plusieurs douzaines de sacs de papier blanc assez fort, de 20 centimètres de haut sur 10 centimètres de large. Chaque espèce récoltée se place dans un sac particulier, sur lequel on écrit au crayon les renseignements relatifs à la récolte et le nom de la plante, s'il vous est iudiqué. Les sacs sont entassés au fur et à mesure dans la boîte de fer-blanc. Ce procédé de récolte est indispensable pour ces petites plantes, qui, si elles étaient déposées librement dans la boîte, se mêleraient ensemble et arec la terre qui les acconqugne, et seraient au retour fort difficiles à séparer les unes des autres ; tandis que leur préparation se fait, grâce à ce procédé, méthodiquement et sans qu’on ait à craindre de mêler les espèces voisines, ou d'oublier les lieux où chacune a pu être récoltée.

Les Mousses et les Lichens, étant placés dans la feuille double de papier à sécher, sont traités comme les plantes ordinaires; mais leur préparation ayant lieu souvent pendant l'hiver, alors que l'air est chargé d'humidité, et ces plantes étant d’ailleurs d'un degré de vitalité susceptible d'une longue résistance, il faut les laisser entre les coussins plus longtemps qu’on ne le ferait l'été, même pour des espèces plus succulentes.

Les expansions foliacées ou crustacées des Lichens ne demandent aucun soin particulier; il en est de même des Mousses à liges allongées et dendmîdes. Mais les très-petites espèces, qui constituent, sur la terre humide, un gazon court et serré, demandent des précautions assez minutieuses; on ne peut guère placer dans l'herbier de larges plaques de terre revêtues d’une couche de Mousses feutrées, la plante serait presque méconnaissable. On doit diviser avec un couteau ces plaques de terre couvertes de petites Mousses, en tranches minces qu’on place sur le papier, de telle sorte que la terre soit au-dessous de la Mousse, et que la Mousse se détache sur la couleur blanche du papier; on enlève la terre adhérente aux racines, et en en laissant néanmoins assez pour «lue la Mousse reste en gazon. lorsque ces tranches sont sèches, on les fixe sur un carré de papier blanc avec une dissolution de gomme arabique, et l’échantillon ainsi préparé est placé dans l'herbier.

Préparation des Champignons pour l'herbier. — Certains Champignons sont vivaces et d'une consistance ligneuse; on les trouve, par conséquent, et l’on peut les recueillir dans toutes les saisons de l’année. Les espèces microscopiques parasites sur les feuilles n 'existent évidemment que pendant la durée de ces mêmes feuilles, et par conséquent pendant le printemps ou l’été; mais c’est surtout pendant l'automne que se développent la plupart des grandes espèces dont la durée est éphémère.

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HEUBIFR.

Pour conserver les petites espèces qui végètent sur les écorces cl snr les feuilles, et même les moisissures qui végètent sur les substances en putréfaction, on sèche dans du papier, comme des plantas ordinaires, les feuilles, les lambeaux d'écorce ou la surface des corps en fermentation, recouverts par ces plantes de dimensions souvent microscopiques.

Mais si l'on peut consacrer un temps suffisant à l'élude des Champignons, on doit, avant de les sécher, étudier au microscope et dessiner, grossies, avec le plus grand soin, ces petites espèces, dont les formes sont des plus curieuses et des plus variées; ces dessins peuvent être placés dans l’herbier, à côté des échantillons eux-mêmes, ou constituent une collection en dehors de l’herbier.

Quant aux grandes espèces, il n'est pas moins important de les reproduire par le dessin, en raison de la difficulté extrême de les préparer de manière qu’elles soient reconnaissables. Ces dessins doivent toujours être faits à l'aquarelle ou au crayon revêtu d'une teinte d'aquarelle, car la couleur est, chez les Champignons, un caractère important pour la distinction des espèces.

Les Champignons ligneux se conservent assez bien; mais la plupart peuvent difficilement trouver place dans l’herbier, en raison de leur volume et de leur épaisseur; on doit les conserver à part dans des tiroirs ou dans des bocaux. Ces plantes sèches sont des plus exposées à la destruction par les insectes, et l'on doit, pour les en préserver, les imprégner de temps en temps de la dissolution de sublimé corrosif.

Un certain nombre de Champignons de grande taille peuvent être préparés pour l’herbier. On les laisse d’ahord se flétrir, et sécher en partie en l’air; puis on les met en presse avant qu'ils se soient complètement déformés; on les sèche avec les coussins, comme les plantes phanérogames; enfin on les imprègne complètement de préservatif. Mais ces échantillons secs sont nécessairement plus ou moins déformés; ils ont perdu leur couleur, et sont difficilement reconnaissables ; un bon dessin colorié leur est toujours infiniment préférable.

Si l'on veut consacrer une place suffisante à cette collection, on peut encore conserver les Champignons dans l’esprit-de-vin, en plaçant isolément chaque espèce dans un bocal sur lequel on fixe une étiquette. Les Champignons conservent ainsi leur forme, mais ils sont complètement décolorés.

Enfin, certaines espèces peuvent être séchées, en conservant à peu près leur forme, dans du sable fin, dont on les recouvre entièrement, et qu’on fait chauffer lentement ; au bout d’un certain temps, on retire les Champignons secs du bain de sable, et on les conserve dans des bocaux ; ou bien on se contente de les sécher ainsi à demi, et l'on achève la préparation en les comprimant sous la presse, pour les placer ensuite dans l'herbier.

Les personnes qui recueillent les Champignons doivent user de la plus extrême prudence relativement à leur emploi comme plantes comestibles; chaque année, de nombreux accidents sont la suite de funestes méprises. Aucun caractère culinaire ne distingue les espèces comestibles des espèces vénéneuses, et les prétendus moyens de vérification qui ont été indiqués ne peuvent, si on les emploie, aboutir qu'à donner une dangereuse sécurité. Il faut, pour reconnaître ces espèces, posséder à fond la connaissance des caractères botaniques de

HERMF.R.

chacune d'elles, et surtout avoir acquis, par une longue habitude, une complète eipérience. A Paris, la vente d’une seule espèce, le Champignon de couche (Agaricus campestris), est autorisée sur les marchés publics : cette espèce étant obtenue isolément et sur couche par les culthateurs, ne peut, dans aucun cas, être nuisible; ses caractères botaniques sont d'ailleurs des plus faciles b saisir, line espèce appartenant à un autre genre, la Mori/le, peut également être employée saus inquiétude, le genre auquel elle ap|>arlicut, et qui est si caractérisé, ne renfermant aucune espèce vénéneuse.

Préparation des Algues pour l'hermer. — Les Algues vivent, les unes dans l’eau douce, les autres dans l’eau salée. Nos eaux dormantes en renferment un grand nombre de genres et d’espèces; quelques-unes même habitent la surface de la terre humide. Mais c’est l’eau de la tuer qui recèle les plus belles et celles dont la taille est la plus grande; elles sont attachées aux rochers sousmarins laissés à découvert sur les côtes à la marée basse, et aussi aux rochers toujours submergés qui occupent les plus grandes profondeurs.

Un graud nombre d’espèces d’Algues, tant d’eatt douce que d'eau salée, sont constituées par des filaments longs et flexibles, ou des membranes minces et délicates. Ces plantes prennent la forme d’un pinceau mouillé lorsqu’on les relire de l’eau, et, si on les plaçait dans cet état sur le papier pour les sécher, elles formeraient une masse compacte dans laquelle il serait impossible de distinguer aucun caractère, ni de retrouver la forme de la plante vivante.

Pour préparer convenablement les Algues, et les posséder dans tonte leur beauté, on doit se munir d’un vase large et peu profond qu'on remplit d'eau, et dans lequel on place la plante ; puis, au moy en d'une plume ou d’un manche de pinceau, on agite légèrement les filaments, pour qu’ils prennent la direction qui leur est naturelle. On introduit alors dans l’eau, et au-dessous de l’Algue, une feuille de papier fort, soit du formai de l'herbier, si l’Algue est de grande dimension, soit un carré plus petit du même papier, s’il s’agit d’une espèce de petite taille. (Plusieurs de ces carrés se placent dans l’herbier sur une même feuille et sont traités comme des échantillons ordinaires.) La feuille de papier étant introduite sous l’Algue flottante dans l'eau, on la retient au moyen du doigt ou de la baguette, par sa base, à l’une des extrémités de la feuille de papier; puis, inclinant légèrement le papier, on le tire doucement hors de l'eau, avec l’Algue qui le recouvre, en ayant bien soin d’agiter les Glaments encore dans l’eau, de telle sorte qu'ils se déposent snr le papier dans l'attitude qu’ils avaient lorsqu’ils flottaient librement.

Le carré de papier sur lequel l’Algue s'est déposée étant retiré de l’eau, on le dépose quelques instants sur une planche inclinée, pour laisser s'écouler une partie de l'eau, puis on place le carré de papier dans une feuille double de papier à sécher (1).

(1) Pour les Cryptogames et pour les Phanérogames, il est commode do ne so servir de papier gris que pour faire les coussins à sécher, et d'employer, comme feuilles à sécher, du papier blanc également fort et no n collé. Ces feuilles de papier blanc ne présentent pas, comme les feuilles de papier gris, l’inconvénient de s'égarer quelquefois au milieu de coussins de la môme couleur. En outre, le grain plus fin du papier blanc convient mieux à la préparation des plantes délicates que le grain souvent rugueux du papier gris.

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Avant de refermer cette feuille double, on recouvre l 'échantillon d’un carré de papier milice dont on a légèrement graissé' la surface avec du suif : on enlève la quantité surabondante du suif, en plaçant le papier graissé entre du papier non collé, et en le repassant avec an fer chaud. I.e papier ainsi graissé, qu'on place sur la plante, a pour but d’empécher l'échantillon d'adhérer au papier à sécher qui enveloppe le tout. On doit avoir, préparé à l'avance, un nombre suffisant de carrés de papier ainsi graissés de suif. — Les Algues étant ainsi placées dans les feuilles de papier à sécher, on traite ces feuilles comme celles qui contiennent des plantes phanérogames fraîches, c’est-à-dire qu'on les sèche au moyen de coussins de papier qui alternent avec elles. On met le tout sous la presse, et l’on serre fortement. Quelques heures après, on remplace les coussins humides par des secs, et ainsi de suite jusqu’à parfaite dessiccation de l'échantillon ; on enlève alors les papiers graissés, et l’échantillon peut immédiatement être placé dans l'herbier, car les insectes attaquent peu les Algues, et il est inutile de traiter parle préservatif les échantillons qui sont ainsi préparés.

Le vase de terre où l'on fait flotter les Algues peut être remplacé avantageusement par un vase de tôle ou du fer-blanc du formai du papier de l'herbier ; il est bon de se munir d'un vase de ce genre, si l’on veut préparer les Algues sur place, un vase de terre de la forme convenable n'étant [tas toujours facile à se procurer dans les localités où l’on peut séjourner.

On recueille, en y mettant le soin et le temps nécessaires, les Algues même microscopiques; on dépose la goutte d'eau qui les renferme sur une lame de mica disposée pour cet usage, cl l'on recouvre avec une seconde lame de mica de dimension semblable ; les deux lames de mica se fixent ensemble avec des onglets de papier lin gommé.

Les Algues ainsi préparées, même les espèces les plus délicates, ne s'altèrent point par la dessiccation ; elles conservent non-seulement leur forme et toute l'élégance de leur |iorl, mais leurs magnifiques couleurs. Pour les étudier au microscope, il suffit d'en faire ramollir un fragment dans l’eau : ce fragtneut reprend complètement la consistance de la plante vivante.

Les grandes espèces de Fucus se préparent comme les plantes phanérogames. On se contente de les placer dans le papier à sécher, cil repliant leurs frondes sur elles-mêmes, si leur taille excède la dimension du papier. Mais on doit préalablement avoir soin de les faire séjourner dans un vase plein d'eau douce, afin d’enlever une partie du sel dont elles sont imprégnées, et qui les expose à noircir et à se ramollir, lorsque l'air est chargé d'humidité. On peut se dispenser de préparer les grandes Algues immédiatement et sur place, et se contenter de les faire sécher à l'air en les accrochant à une corde tendue; on les met en paquet pour les rapporter, et, de retour chez soi, ou les prépare à loisir, après les avoir fait séjourner dans l'eau pour les ramollir.

üts COLLECTIONS DE FRUITS, DE TRANCHES DE BOIS, DE VÉGÉTAUX FOSSILES. — Une des collections les plus intéressantes à faire est une collection de fruits et de graines ; mais on doit pouvoir y consacrer un espace assez considérable.

Les fruits de consistance sèche et ligneuse doivent, ainsi que les graines, être conservés dans des Oacons qui portent l'étiquette de l'espèce. Si l’on fait une

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collection aussi complète que possible, et qu'on s’efforce de posséder tous les genres des familles et toutes les espèces des genres, on peut, (tour ménager la place, mettre les graines de petite taille dans des tubes courts fermés à une extrémité, et bouchés à l’autre par un bouciion de liège ; une étiquette est collée à chaque tube, puis les espèces d’un même genre sont réunies dans un même flacon à large ouverture.

Les fruits charnus ou pulpeux sont déposés dans des flacons ou des tubes qu'on remplit d’alcool, et qu’on classe parmi les autres : les fruits ainsi conservés sont nécessairement décolorés, mais leur forme se conserve parfaitement, et l'on peut, au besoin, les soumettre à l’analyse et à l’éluda

Le flacon qui renferme les graines doit être placé près du flacon qui renferme les fruits; la collection doit être classée dans le même ordre que l'herbier, c'est-à-dire par genres et par familles. La collection de flacons doit être disposée sur des rayons fermés par des portes vitrées, pour les préserver de la poussière.

Les collections de tiges et de tranches de bois des végétaux ligneux sont aussi d’un grand intérêt. Ou doit, pour une même espèce, réunir, autant que possible, uu lambeau de l’écorce du tronc, quelques tronçons de rameaux, et deux tranches ou planchettes polies, l’une provenant d’une coupe horizontale, l’autre de la coupe longitudinale du tronc de l'arbre ; ces coupes doivent, autant que possible, avoir le demi-diamètre du tronc, c'est-à-dire partir du canal médullaire, et présenter toute l’étendue d’un rayon de la tige, y compris l’écorce. Ces coupes sont, par conséquent, de diverses grandeurs, selon la grosseur des arbres; il est plus difficile de les placer méthodiquement dans les armoires, en revanche elles sont beaucoup plus utiles que celles auxquelles on donne une dimension uniforme. Celte collectiou doit être classée selon l’ordre des familles, et déposée dans des armoires vitrées ou dans un meuble à tiroirs superposés.

Les collections de végétaux fossiles sont aussi d'un grand intérêt ; on classe le§ objets pétrifiés, et les roches qui présentent des empreintes végétales, selon un ordre méthodique, et dans des meubles disposés comme pour les collections précédentes.

Conservation des plantes préparées pour l’herbier. — Lorsque les plantes sont sèches, on doit, avant de les classer et de les placer dans l'herbier, procéder aux soins qui assurent leur conservation. Si l'on néglige de prendre ces précautions, dans l’espace de quelques années et souvent même de quelques mois, les plantes sont dévorées par les larves de certains insectes coléoptères qui font leur principale nourriture de substances végétales. La larve de l’.l nobium castaneum est celle qui fait le plus de ravages dans les herbiers; on y trouve plus rarement celle du Pli nus fur; les larves des Dermestes et des Anlhrenus (1) s’y rencontrent aussi quelquefois, bien qu'elles attaquent plus particulièrement les collections de zoologie; enfin certains insectes de taille presque microscopique rongent les pétales et autres tissus de consistance délicate.

(1) Les Anlhrenus à l’état d'insecte parfait se trouvent sur les fleurs des plantes vivantes.

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Les feuilles de papier qui renfermenl les plantes attaquées par les larves d'insectes se trouvent agglutinées entre elles, et sont perforées dans tous les sens, comme un crible. Il semble que les insectes aient une fâcheuse prédilection pour les plus belles plantes; ils perforent les échantillons par tous les points à la fois, et manquent rarement d'attaquer les Ombcllifèrcs par le centre de rombelle, de telle sorte que tous les rayons se détachent aussitôt qu’on touche Il l'échantillon.

Il est peu de botanistes qui ne sachent par expérience avec quel sentiment d’amertume et de découragement on trouve, le jour où l'on veut les consulter, de précieux échantillons, qu'on avait déposés intacts dans son herbier, complètement réduits en poussière.

Les plantes de certaines familles sont plus particulièrement exposées aux ravages des insectes. Les familles les plus fréquemment attaquées sont : les Crucifères, les Ombellifères, les Genlianées, les Euphorbiacées, les Salicinécs, les Liliacécs, etc. Les plantes recueillies dans les jardins et autres lieux cultivés étant, en général, plus charnues et plus substantielles, sont aussi des plus exposées à être dévorées ; ce sont ces plantes préférées par les insectes qui doivent les premières être mises à l'abri de la destruction par les procédés que je vais indiquer.

Les plantes provenant d’acquisitions ou d'échanges doivent, comme les plantes qui proviennent des herborisations, être soumises à la préparation au sublimé aussitôt qu'elles sont arrivées. Du reste, un aide intelligent peut suppléer le botaniste dans cette longue manipulation, pourvu qu'il mette la plus grande attention à n'intervertir l'ordre d'aucune étiquette.

Les objets qu'on doit se procurer pour le travail de préservation sont les suivants ;

Un grand vase plat de terre vernie ou de porcelaine, de la longueur du papier d'herbier.

line paire de pinces à mors aplatis et allongés, pour saisir la plante, la plonger dans le liquide et l'en retirer.

line ou plusieurs rames de papier à sécher, disposé en coussins, et ne servant qu'il sécher les plantes passées au préservatif, et non les plantes fraîches.

line provision de plusieurs litres d'alcool rectifié.

Trente grammes, ou plus, de sublimé corrosif (deutochlorure de mercure) (1).

Faites une dissolution composée de 1 5 grammes de sublimé corrosif par litre d’alcool rectifié. Cette dissolution doit être conservée dans un grand bocal de verre blanc portant une étiquette qui en indique le contenu.

On verse une certaine quantité de cette dissolution dans le plat long; puis, saisissant les échantillons un à un, avec les pinces de fer à mors plats, on les

(1) Les pharmaciens ou fabricants de produits chimiques ne délivrent cette substance dangereuse que d'après une ordonnance de médecin qui en indique l'emploi. On doit, pour s'en servir, prendre les plus grandes précautions, surtout si l’on veut la pulvériier pour en faciliter la dissolution ; dans ce cas, on doit avoir soin de n'en pas respirer de poussière, ou que cette poussière n’aille pas dans les yeux. Afin d'éviter les accidents, on doit placer cette substance dans un flacon tenu soigneusement renfermé, et dont l'étiquette indique le contenu.

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plonge bien complètement dans le liquide (I). Quand ils en sont imprégnés, on les retire et on les dé|>ose sur des feuilles simples de papier non collé placées chacune sur un coussin ; on place auprès de chaque plante son étiquette provisoire (2), et l’on superpose alternativement une feuille chargée de sa plante et un coussin. Lorsque le paquet est assez volumineux, on le met sous la presse, mais on ne le comprime qn’autant qu’il est nécessaire pour empêcher les plantes de se crisper : une trop forte pression aurait l’inconvénient de les rendre transparentes. Au bout de douze heures, on remplace les coussins humides par des coussins secs, on les renouvelle encore le lendemain et le surlendemain, puis on laisse séjourner les plantes entre les derniers coussins pendant quinze jours ou plus, afin de compléter leur dessiccation : c’est alors seulement que les échantillons doivent être placés dans l’herbier.

L'immersion des plantes sèches dans la dissolution alcoolique de sublimé a l'inconvénient de les colorer plus ou moins complètement et de leur faire prendre une légère teinte brunâtre ; mais il n’y a point à hésiter entre l’altération de leur couleur et la destruction complète dont elles sont menacées si on ne les soumet point à celte manipulation. Quelle que soit d’ailleurs la conservation de leur couleur immédiatement après la dessiccation, les plantes les mieux préparées finissent par prendre une teinte uniforme brune au bout d'un certain nombre d’années.

Objets nécessaires a l’arrangement des plantes en herbier. — Plusieurs rames de /la/iier collé, fort et de grand format (44 centimètres de hauteur sur 26 de largeur), soit toutes de papier blanc, soit toutes de papier bulle (papier d'une teinte gris clair), ou plusieurs rames de chacune de ces deux sortes, le papier blanc étant, dans ce cas, destiné à recevoir les échantillons, le papier bulle étant destiné à servir de gaines pour chaque espèce.

Le papier destiné .’i recevoir les échantillons doit être coupé en feuilles simples. Le fabricant ou le marchand se charge de le livrer à cet état.

Le papier destiné à servir de gaines ou chemises doit évidemment être laissé en feuilles doubles ; ces feuilles doivent être livrées superposées (et non en

(1) Quelques botanistes, au lieu üe plonger la plante dans le liquide, se contentent de l'on imprégner avec un pinceau, après l’avoir déposée sur une laine de verre inclinée audessus d'une cuvette. Cette opération est plus longue et moins efficace que le bain complet, qui n’einpèche pas d'ailleurs d'éponger la plante avec le pinceau pendant qu'elle est ploogée dans le liquide. — Néanmoins on doit préparer sur le verre toutes les plantes délicates à rameaux longs et flexueux, qui se chiffonneraient ou se mettraient en pinceau en sortant du liquide. Ces plantes délicates doivent être placées sur une feuille de papier qu’on dépose sur le verre pour y être doucement épongées avec le pinceau, puis transportées avec la feuille de papier entre les coussins. — Afin d’éviter l’encombrement et l’odeur de l’alcool, ces préparations doivent être faites dans une pièce bien aérée, autre que le cabinet de travail.

(2) Les étiquettes sont souvent tachées pendant cette opération par la matière colorante des plantes dissoute dans l’alcool; c’est pour cela que les plantes doivent être accompagnées alors d’étiquetles provisoires. On doit surtout ne pas exposer à être maculées pendant ce travail les étiquettes appartenant à des plantes qui proviennent d'acquisitions ou d’échanges. On doit les remplacer par des étiquettes provisoires très -abrégées, ou constituées seulement par les numéros d’ordre que portent en général les étiquettes des collections publiées.

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cahiers), après avoir été soumises 1 la presse. Ces deux sortes de papiers doivent être à marges é barbées.

Etiquettes de /tapier blanc collé, pour les esj>cces. — On doit en faire couper par le papetier une provision plus ou moins considérable. Elles doivent être toutes de même format, et d'une grandeur suffisante pour écrire le nom de l'espèce, les synonymes, la date et le lieu de la récolte, etc. — Il est commode d'en faire imprimer ou lithographier le canevas. Ces étiquettes imprimées portent le nom du possesseur de l’herbier, les mots invariables récolté, année, etc. ; des lignes tracées y marquent la place des indications qui doivent être complétées et écrites à la main.

Etiquettes pour les genres et les familles. — Ces étiquettes (fig. 896), qui doivent être placées en saillie, à la base de la feuille qui termine le genre ou la famille, doivent être de carton mince, comme les cartes à jouer, et de couleur différente pour les genres et pour les familles.

Feuilles de carton assez fortes, du format adopté pour le papier. — Ces feuilles de carton doivent être revêtues de papier de couleur foncée, pour éviter qu'elles ne soient déchirées par le frottement des courroies et qu'elles ne soient tachées par la poussière. Lieux feuilles semblables sont placées l’une dessous et l’autre dessus chaque paquet.

Bubon de fil de couleur de 25 millimètres de largeur, divisé en courroies de 2 mètres de longueur. — Chacune de ces courroies reçoit à l'une de ses extrémités une boucle d'acier. Deux de ces courroies de fil sont destinées à comprimer, entre les deux feuilles de carton, chacun des paquets qui composent l’herbier.

Iles épingles fines et courtes pour fixer les étiquettes d’espèces. Les étiquettes de genres et de familles doivent être fixées avec de la colle, au bas et en saillie d'une feuille de papier fort sur lequel est posé le paquet de la famille ou le fascicule du genre.

Du popier gommé (par le même procédé que le sont les timbres-poste), et coupé par le papetier en petites bandelettes de 2 millimètres de large et de 2 à 3 centimètres de long, pour fixer les échantillons sur le papier; ou mieux en bandelettes pins larges et plus longues, dont une extrémité est roulée et collée autour de la tige de la plante, et l'autre extrémité est fixée au papier de l’herbier avec une petite épingle.

Une paire de pinces dites Bruxelles, à mors larges et plats, pour saisir les échantillons de plantes sèches, elles transporter d’une place à une autre.

De grands ciseaux de bureau, une pelote de ficelle; un flacon contenant une dissolution épaisse de gomme arabique, un pinceau pour coller, etc., etc.

Catalogue de l'herbier. — Si l'on fait un herbier local, soit d’un département, soit d'une grande contrée comme la France, on devra classer les plantes d’après le meilleur ouvrage qui existe sur les plantes du pays, à moins qu'un autre ouvrage d'un mérite égal ou supérieur, plus récent, et par conséquent mieux au niveau de la science, n'ait été publié sur les plantes d’un pays voisin ; car on pourra alors, avec avantage, en adopter la classification pour les familles ou les genres qui renfermeraient les mêmes espèces dans les deux pays.

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J'ongage à classer les plantes des environs de Paris d'après l'ordre adopté dans notre Flore descriptive et analytique (1). Pour un herbier général de la France, on devra suivre, pour la classification des genres et des espèces, l’ordre adopté par Koch. On adoptera l'ordre de de I.amarck et De Camlolle pour le classement des espèces appartenant à des genres méridionaux non représentés dans la Qore de l’Allemagne. On pourra se servir utilement aussi de la Flore de MM. Grenier cl Godron, et des diverses Flores locales qui existent pour plusieurs parties de la France. Ou devra se servir aussi des monographies de certaines familles ou de certains genres publiées isolément par divers auteurs, en ayant soin d’indiquer dans l’herbier, par une note placée â la téle de la famille ou du genre, l’ouvrage dont on a adopté la classification, aCn de suivre régulièrement cette classification dans les intercalations successives de plantes, et de pouvoir y recourir au besoin.

Ou dressera le catalogue méthodique, sur un registre spécial, de toutes les espèces énumérées dans l’ouvrage ou les ouvrages dont on adopte la classification, et l’on indiquera sur ce catalogue, par un signe précédant le nom de l’espèce, quelles sont celles qu’on possède, afin d’avoir le tableau résumé de son herbier et des lacunes qui restent à remplir. Ce catalogue a également pour objet de faciliter les recherches dans l’herbier (2 J.

Quant à l'herbier général qui renferme des plantes de toutes les contrées du globe, on ne saurait mieux faire, pour le classement des familles et des genres, que de suivre l'ordre adopté par Kndlichcr dans son Généra et son Enckiridion. On devra avoir soin d'ajouter, après le nom de chaque genre, le numéro d’ordre qu'il porte dans le Généra. Grâce à ce moyen, il sera toujours facile, en cherchant d'abord dans la table du Généra d’Endlicher le numéro d’ordre d'un genre, de vérifier rapidement si l'on possède des espèces appartenant à ce genre, et de les trouver dans son herbier; taudis que, sans cette précaution, celte recherche serait longue et souvent infructueuse, surtout si l'herbier est considérable. On se servira, pour classer les espèces renfermées dans chacun de ces genres, du Prodmmus de De Camlolle et de l’ E numéral io plantarum de Kunth, pour les familles traitées dans ces ouvrages; et pour celles qui n’y sont pas traitées, des diverses monographies qui existent, des Flores des différentes parties du monde, et enfin du Synopsis plantarum de Persoon, du Species plantarum de Willdenow, du Systema vegetabilium de Sprengel, etc. Les piaules de certaines familles ou de certains genres qui n’ont point encore trouvé de monographe seront classées d'une manière telle quelle, en attendant qu'elles soient devenues l'objet de travaux publiés dont on puisse se servir, ou que, à défaut de cès publications, ou veuille les étudier soi-méme.

Arrangement des pi.antes dans L'HEHBiER(fig.895). — Pour classer aisément les échantillons ou spécimens de plantes sèches, on doit les placer isolément sur autant de feuilles simples du papier de l’herbier. L'usage des feuilles

(t) Voyez la liste des flores locales de la France, p. 129.

(2) Le catalogue publié par M . Martial Lamolte (Catalogue des plantes vasculaires de l'Europe centrale , comprenant la France , lu Suisse % V Allemagne , Paris, 1847, iu-8), et imprimé sur papier collé, peut, dans certaines limites, remplacer ces catalogues manuscrits.

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simples est commode pour le maniement et le classemeul des plantes ; il est, de plus, très-avantageux dans l'herbier, en ce qu'il rend plus facile la comparaison des espèces d'uu même genre entre elles, qu’on peut étaler sur une table les

Fie. 895. — Plante sèche fixée sur une page île l’herbier.

unes après les autres, sans avoir besoin pour cela de détacher les échantillons de la feuille où ils sont fixés, lin outre, l'usage des feuilles simples diminue d’un tiers le volume de l'herbier, et diminue d'autant les frais d'acquisitiou de papier.

Les feuilles doubles sont destinées à servir de gaines aux feuilles simples qui portent les échantillons d'une même espèce. Quand celle espèce est très-riche en variétés, on peut, afin d’éviter que le paquet ne soit trop volumineux, et pour faciliter les recherches, placer dans autant de gaines spéciales les échantillons de chacune de ces variétés.

L'ensemble des espèces d'un même genre ne doit |K>int 011% renfermé dans une gaine générale : cette gaine aurait pour inconvénient de faire glisser les

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unes sur les autres et de chiffonner les gaines propres à chacune des espèces du genre; le paquet général qui en résulterait ne pourrait être comprimé uniformément, et les plantes pourraient être brisées. Les genres ne doivent être séparés entre eux que par la feuille de papier fort ou de carton mince qui porte l’étiquette du genre placée en saillie (fig. 896).

On ne doit jamais placer sur une même feuille simple, ni deux espèces différentes, ni même deux variétés appartenant à une même espèce. Mais une même feuille simple peut sans inconvénient recevoir plusieurs échantillons de la même plante, s'ils sont d'assez petite dimension pour ne pas être recouverts les uns par les autres; néanmoins, si les plantes ne sont point Qxéesà la feuille, il peut y avoir de l'inconvénient à placer sur la même feuille des échantillons provenant de localités différentes, même accompagnés de leur étiquette, si cette étiquette n’y est pas attachée, car ces échantillons peuvent se mêler les uns avec les autres.

Les échantillons d'une même plante recueillis dans des localités éloignées les unes des autres doivent être admis, pour peu qu'on s'intéresse b la géographie botanique et qu'on tienne à posséder toutes les formes d'uue même espèce. On reçoit d’ailleurs quelquefois sous le même nom des plantes différentes, et c'est un moyen de contrôler la sy nonymie admise par les différents botanistes, et de rectifier, è l'avantage des uns et des autres, les opinions qui pourraient être mai fondées.

La figure des plantes rares qui manquent à la collection, ou des plantes charnues qu'on ne conserve qu’en les déformant; les dessins complémentaires des espèces, par exemple des fruits charnus ou succulents, ou des fruits trèsvolumineux ; les dessins organographiques ; les analyses de flenrs, les organes microscopiques grossis, etc., constituent une des principales richesses d’un herbier. Les dessins doivent être attachés à leur place respective, comme les échantillons de plantes sèches.

Il est utile de fixer les échantillons sur les feuilles simples de l’herbier où ils sont déposés, non-seulement pour les empêcher de se mêler, s’ils proviennent de diverses localités, mais aussi dans la crainte qu’ils ne soient brisés on exposés & être égarés. — On est dans l’usage de les attacher au moyen de bandelettes très-étroites de papier fortement gommé sur l'une de ses deux faces (1). On doit éviter de multiplier le nombre des baudelcttes; il suffit que la plante ne puisse vaciller dans le papier. Quelques botanistes fixent les plantes avec des bandelettes non gommées, attachées avec de petites épingles ; ce système a l'avantage de permettre plus facilement de détacher et de rattacher la plante au besoin, mais il demande plus de temps et expose 3 briser les échantillons; aussi est-il d'un usage peu répandu. Enfin, un système mixte, et qui me semble le meilleur, consiste à fixer la plante en enroulant autour de sa tige l'extrémité d’une forte bandelette gommée, et de fixer au papier l’autre extrémité de la bandelette avec une petite épingle.

I,es plantes étant séchées, passées au préservatif, classées, attachées sur le

(1) On peut préparer soi-méme ce papier : une feuille de papier étant tendue sur une planche, on y étale avec un large pinceau plusieurs couches successives d'une forte dissolution de gomme arabique avec addition de sucre.

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papier et étiquetées, on les répartit en fascicules ou paquets de 2 à 3 décimètres environ d’épaisseur, qu'on serre entre deux cartons avec des courroies de fil, sans trop se préoccuper si le paquet est plus gros dans sa partie inférieure que dans sa partie supérieure, en raison de l’épaisseur déterminée iuférieuremfent par la souche des plantes. Il est important que ces paquets soient maintenus assez fortement comprimés par les courroies; on les soustrait ainsi à la poussière et aux alternatives de sécheresse et d'humidité, qui noircissent et déforment les plantes. Ou les préserve aussi plus complètement, par celte précaution, de l’attaque des insectes, que le sublimé ne réussit pas toujours à éloigner indéfiniment.

Il ne reste qu'à inscrire un numéro d'ordre sur chaque fascicule, pour rendre facile le rangement dans les circonstances où l’on a pu être obligé d'en déplacer simultanément plusieurs, ce déplacement étant difficile à opérer saus coufusiou. — Puis on place les fascicules à plat dans le casier qui leur est destiné.

A l'exception de quelques plantes des |>lus précieuses et des plus intéressantes, qu'on place dans l'herbier immédiatement après que la préparation en est terminée, dans la crainte qu'il ne leur arrive quelque accident, les plantes sèches de chaque herborisation, et celles qui proviennent de divers échanges ou acquisitions, ne sont, en général, introduites dans l'herbier qu'une ou deux fois par année, alors qu'il s'en est accumulé une certaine quantité. On s'exposerait à une perte de temps considérable si l’on intercalait les espèces au fur et à mesure de chaque acquisition nouvelle. On doit provisoirement faire un paquet distinct des plantes de chaque herborisation, et attacher à ce paquet une étiqueltte qui indique le lieu et la date de la récolte des plantes qu’il renferme.

Lorsqu'on veut procéder à l'intercalation de ces plantes dans l’herbier, ou doit commencer de les placer dans le même ordre que les plantes deTherbier lui-même. Tour cela, on dépose isolément sur des feuilles simples de papier à herbier chaque échantillon accompagné de son étiquette provisoire. Toutes les plantes étant ainsi isolées, un deuxième travail commence, et consiste à les classer (avec les feuilles simples qui les portent) d’abord [iar grandes sections : dialv pétales, gamopétales, apétales, monocotvlédones, etc. On peut même traiter à part, comme sections de premier ordre, les familles qui renferment un grand nombre d'espèces : les Légumineuses, les Composées, les Graminées, etc. ; on subdivise alors une à une chaque section en familles, puis successivement chaque famille en genres, et enfin on termine en mettant les échantillons de chaque espèce en ordre dans chaque genre.

Cette subdivision du travail a pour résultat de faire éviter la perte de temps considérable qui résulterait des longues recherches qu’il y aurait à faire dans l'herbier à l'occasion de chaque échantillon, si l’on procédait à l'intercalation des plantes avant de les avoir mises en ordre. ■

Les plantes à intercaler constituent alors un herbier partiel, parallèle, dans sa disposition, au corps de l'herbier principal. Il ne reste qu'à comparer successivement les deux herbiers, depuis la première famille jusqu’à la dernière; et chaque échantillon, se présentant selon l’ordre qu’il doit occu|>er dates la série, trouve naturellement sa place.

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C'est eil faisant ce travail de classement qu'un doit mettre à part, pour les envois et les échanges, les échantillons surnuméraires ou recueillis dans l’intention de les distribuer. Ces plantes destinées aux échanges doivent être classées à part, et constituer une collection rangée méthodiquement, afin qu'on puisse y trouver, sans perte de temps, les plantes qu'on peut avoir à y puiser.

Étiquettes de E’HERniER. — les étiquettes des familles et des genres (lig. 800), de carton mince, et qui doivent être attachées à la base de la dernière feuille de chaque famille et de chaque genre, portent le nom de la

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