‹ Nouveau dictionnaire de botaniqueChapitre 231 sur 414 · HÉRISSÉ · texte numérisé non relu

HÉRISSÉ

« Les plantes aquatiques ont, généralement parlant, des qualités |>lus sensibles

• que la plupart des plantes terrestres. Les unes se font distinguer par une ot}eur » aromatique si forte, qu'elle en devient désagréable, comme sont les Menthes » d’eau ; les autres sont remarquables par une odeur fétide et marécageuse,

» telles sont les Millefeuilles cl les Prêles d’eau; presque toutes ont une acre lé » intérieure plus ou moins perceptible au goût, comme sont les Cressons, les » Poivres (Pulyyonum Hydropif ter ) et les Renoncules aquatiques; et quelques* » unes enfin, telles que les Conférées ou Mousses d'eau, semblables par leur » effet 5 celui que l'Ortie cause au toucher, échauffent subitement la main qui » les presse... Tant que ces mêmes plantes sont vivantes et dans leur entier dans » le lit des rivières où elles croissent, quelque fortes qu’en soient les odeurs et » quelque âcres et fétides qu'en soient les saveurs, elles ne communiquent •> rien de leur bonne ou mauvaise qualité à l’eau qui les y couvre, et l’on nu » s'aperçoit â l’odorat et au goût que cette eau est altérée, que lorsque, par » leur dissolution et par leur corruption, ces plantes font participer l'eau «dans laquelle elles se trouvent à leur bonne ou mauvaise qualité.. . Entre » les plantes pernicieuses aquatiques dont je veux parler, il y en a deux princi-

.» pales : l’une que les botanistes appellent Hippuris, genre de plante semblable » par son port extérieur à la Prêle de nos campagnes ; elle en diffère néanmoins a par son odeur, par la configuration de son fruit, et parce qu'elle est toujours » couverte d'eau ; l’autre porte en latin le nom de Conferva , tiré de sa qualité a brûlante, et en français celui de Mousse d'eau, à cause de sa verdure et de son a étendue, par lesquelles elle a quelque rapport à nos Mousses ordinaires... » C’étaient surtout ces deux espèces de plantes dont ces petites marcs d’eau » dormante, répandues tout le long du lit de la rivière, étaient pleines, qui, par a défaut d’eau suffisante pour les couvrir entièrement, se fanaient à l'extrémité » de leur tige et se corrompaient ensuite par le pied.. . L’abondance et l'accrois- > sèment de ces plantes devinrent si prodigieux eu plusieurs endroits des rivières » de Marne et de Seine, qu'on fut obligé de les y faire déraciner avec une » espèce de raôasoire, pour remédier aux obstacles qu'elles mettaient à la navi-

• galion et pour rendre le cours de l'eau plus libre. »

Plusieurs Equisetum étaient connus des botanistes anciens sous le nom A' Hippuris, mais Ant. de Jussieua soin de distinguer les Prêles de son Hippuris ; il y a lieu de croire qu'il ne s'agit pas non plus ici de Y Hippuris vulgaris, qui u’exhale aucune odeur désagréable, n’est submergé qu’accidentellement, et dont l’abondance ne saurait jamais être un embarras pour la navigation. La plante désignée sous le nom A' Hippuris par Ant. de Jussieu, et qui me parait être la même que celle appelée par Cornuti Hippuris fœtens, se rapporte au contraire, sans difficulté, à notre Charu fœtida, piaule submergée, susceptible de former rapidement dans les cours d’eau des masses considérables, et dont l'odeur est forte et désagréable. G. llauhin décrit et figure le Chara fœtida sous le nom A" Equisetum fœtidum sub oqua repens... quod Lugdunenses Chara vacant ; c’est, dit-il, YHipfiuris minima de Dioscoride.

HÉRISSÉ, hirtus, hirsutus. Couvert de poils roides et presque piquants. On dit aussi : hérissé (f épines.

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