‹ Nouveau dictionnaire de botaniqueChapitre 253 sur 414 · I.ENTir.tLLE · texte numérisé non relu

I.ENTir.tLLE

terre humide. 31. Hugo de Mohl(1832-1836) démontra que l'opinion de De Candolle n’était pas fondée, et établit que la production des lenticclles est analogue à celle du liège, mais que cette production, au lieu d'être le résultat d’une hypertrophie de la couche subéreuse de l’écorce (couche celluleuse sous-épidertnique), est le résultat d’une hypertrophie de la couche herbacée (couche celluleuse située entre la couche subéreuse et le liber). M. L'nger (1836) considéra les lenticclles comme des stomates dégénérés et contenant un organe reproducteur analogue aux bulbillcs; plus tard (1843), dans un ouvrage publié eu commun avec Steph. Endlichcr, il a adopté la manière de voir de M. de Molli. — Ces opinions divergentes, relativement à l'origine et à la nature d’un organe en apparence si simple, me déterminèrent à de nouvelles recherches (1849). Je lis choix, comme sujet d'observation, du Sureau [Sambucus nigra), et du Bouleau (Beluln nlba) : les lenlicelles de ces arbres sont abondantes; elles ont un et jusqu’à 2 millimètres de diamètre transversal et longitudinal.

•le constatai les faits suivants : — 1“ A aucune époque de leur existence, les lenlicelles du Sureau ne sont le siège d'aucune sécrétion ; les lenticclles du Bouleau sont manifestement le siège d'une sécrétion de nature gommo-résineusc pendant la première période de leur existence : les lenlicelles ne sont donc pas nécessairement, mais elles sont susceptibles d’étre originairement de nature glauduleuse. — 2" Les stomates, loin de s’hypertrophier, s’atrophient à mesure que l’épiderme vieillit, et n'ont aucun rapport avec les lenlicelles. — 3" Les racines qui naissent sur les boutures fragments de liges enfoncés dans la terre humide) apparaissent généralement sur des points où il n’existait pas de lenticelles. — 4° Sur les points où il existe des lenticclles, il ne se développe ni bulbilles, ni bourgeons. — 5° Le bourrelet des lenlicelles provient d'une hernie de la couche cellulaire sous-épidermique, dite couche subéreuse; et le noyau central provient d'une hypertrophie de la couche cellulaire située sous la couche précédente et dite couche herbacée. — 6° Le tissu cellulaire qui constitue les lenlicelles se dessèche de l’extérieur à l'intérieur, et, au bout d’une année d’existence, ce tissu est desséché dans toute sa profondeur. — 7“ Lorsqu'on fait séjourner les liges dans l'eau ou la terre humide, les lenlicelles se boursouflent par suite du gonflement tles cellules, qui finissent par se désagréger en niasses amorphes au bout de quelques jours. — 8° Enfin, dans le centre de plusieurs leuticellcs, appartenant à une même tige de bureau, j'ai trouvé un petit corps ovoïdo-cylindrique d’un blanc luisant, placé verticalement et libre daus une cavité moulée sur lui; cette cavité était creusée en partie dans la couche herbacée, et en partie dans le liber: peut-être a-t-on pris pour un bulhillc ce corps qu'on rencontre accidentellement et que je regarde comme étant probablement la nymphe d'une très-petite espèce d’insecte.

J'étais arrivé, relativement à la structure des lenlicelles, a peu près au même résultat que M. de Mohl : les leuticelles étaient bien réellement des hypertrophies du tissu cellulaire sous-épidermique; seulement j'avais constaté en outre que non-seulement la couche herbacée, mais aussi la couche subéreuse concourt à leur formation. Il rdbtail à déterminer V origine de res hyper- Iraphies.

LEM1CEI.LE.

r.n examina n L dans ce but l'épiderme du Sureau, depuis celui du bourgeon jusqu'à celui de la lige adulte, je remarquai que chez les tiges encore à l’état herbacé, l'épiderme est parsemé de poils courts et roides : ces poils sont, à proprement parler, des pincements de l 'épiderme. La base1 de ces pincements est longue et étroite :la plupart se terminent en un très-petit aiguillon crochn; d'autres lie sc terminent pas en aiguillon, leur partie centrale est alors plus ou moins saillante, mais obtuse cl d'une teinte blanchâtre. Un peu plus tard, cette partie centrale du soulèvement de l'épiderme (qu'elle sc prolonge en aiguillon, ou qu'elle constitue une élevure non terminée en pointe), sc dessèche, brunit, se fendille et se détruit; il en résulte nnc étroite fissure brunâtre. C’est parcelle fissure que fait lentement éruptiou le tissu cellulaire sous-épidermique «pii constitue la lenticelle; ce tissu, d’abord blanchâtre, ne tarde pas à brunir eu se desséchant. L'cruption du tissu cellulaire sous-épidcrmi«|ue à travers cette ouverture résulte de la tendance générale du tissu cellulaire vivant à s’épancher par accroissement, et à constituer des bourrelets ou des noyaux partout où il sc trouve eu contact avec l’air, à moins qu'il ne soit atteint d'une dessiccation rapide.

Une Unticetle eut donc une hypertrophie locale du tissu cellulaire sousépidermique tant de la couche subéreuse que de la couche herbacée, dont la naissance est déterminée par la mise à jour du tissu cellulaire sous-épidermique dans le point oit l'épiderme a subi une perte de substance par la destruction d'une /sortie soulevée en forme d'aiguillon ou de /mil non glanduleux ou glanduleux.

La forme de la lenticelle est déterminée par la fissure étroite qui lui sert de litière, et par la déchirure de la hernie superficielle par la hernie profonde.

Les lenticelles ont-elles pour usage physiologique de remplacer les stomate-, oblitérés, en melLnt l’enveloppe herbacée en rapport avec l’extérieur? I,a surface morte et desséchée des lenticelles, à l’époque où les stomates sont oblitérés, ne me permet pas d’admettre cette hypothèse. Je regarde les lenticelles comme • ne dilTérant pas, dans l'origine, de certains poils non glanduleux, de poils glanduleux ou même de petites glandes; et plus lard, lorsque ces organes sont remplacés par la hernie de tissu cellulaire desséché, comme faisant office de coins pour fendre de dedans en dehors l'épidernte devenu trop étroit /tour la tige qui augmente de diamètre.

Des observations (que je me propose de continuer) tendent en outre à me faire regarder la production des élevurcs subéreuses si remarquable chez l’Orme ( Ulmus campestris), et probablement la production du liège chez le (Juercus Stiber, non-seulement comme étant d’une nature identique, mais encore comme avant une origine analogue, sinon semblable, à celle des lenticelles.

On pensait «pie les lenticelles appartiennent exclusivement aux tiges ligneuses: j'en ai rencontré de bien développées j«r le p étiole des feuilles du Sureau ; et vers la fin de l’automne j’en ai remarqué à la hase des tiges du Malva silvestris, cl sur les tubercules de la l’omme-de-terre. .l’ai observé eu outre sur des racines vivantes de Lharmc (Car/iinus Betulus), mises hors de terre par un éboiilcuienl depuis plusieurs années, et sur les racines tiapiformes du Dahlia, des élevurcs

LENTICULAIRE. — 1 ÉP100DENDRÊES.

subéreuses qui ne in’oul pas paru différer des véritables lenlicellos. Enlin, j'ai constaté que les élevures et les rugosités qu'on observe sur l’épiderme de certains fruits (les mutons, par exemple), les /umctuutions qu'on observe chez d'antres fruits (des pommes, |>ar exemple), doivent leur origine à un j mil détruit , cl ne wti également autre chose que des lenticelles, — Des lenticelles peuvent donc se développer sur les surfaces revêtues d'épiderme des divers tissus herbacés de la plupart des végétaux.

I.es gonidiesdes Lichens peuvent, jusqu’à un certain point, être assimilées à des lenticelles; dans ce cas, le tissu cellulaire est doué d'une force reproductive qui fait de ces organes de véritables bulbillcs. Enfin, les bulbilles qui naissent accidentellement sur les feuilles de certaines Monocotylédones, et qui ont pour origine une hernie du tissu cellulaire sous-épidermique, ont une analogie incontestable avec les lenticelles.

LENTICULAIRE, Icntirularis. Oui a la forme d’une lentille, c’est-à-dire d’un disque à bords tranchants.

LK.YTII.I.E (Ervum /jciis, famille des Légumiueuses-Papilinnacées). Plante v ulgairement cultivée en grand |H)tir ses graines comestibles. — Lentilles-d' eau . Voy. Lemnacéks.

I.EXTISQUE {Pistaeia bmtiscus, famille des Térébinthacées). Joli arbrisseau commun dans la région méditerranéenne, sans usage en France. Dans l'Orient, on recueille la substance résineuse, unie à une huile volatile, qui s'écoule par incision de son écorce ; on s’en sert pour raffermir les gencives et donner à l’haleine une odeur agréable.

LÉPALE. lepulmn. Aug. de Saint-Hilaire propose de donner ce nom aux pièceÿqui constituent le verlicille du disque ; il fait ensuite remarquer que ces organes, étant d’une forme et d'une consistance très-variées, il vaut peut-être mieux les désigner, comme on l'a fait souvent jusqu’ici, selon leur apparence, sous les noms d’expansions pétaloidcs, d’écaillcs, de glandes, etc. — De Candolle avait pro|)osé le mot té/mle (qui, comme le précédent, ressemble trop au mol sépale) pour désigner les pièces des lieux verticillcs du périanthe chez les Monocclylédones.

i ÉPICÈVE, lepiceiui. Richard a donné ce nom, dans la famille des Graminées, à l’ensemble des deux glumes qui doit être considéré comme l’involucre de l’épillel. Voy. GLUME.

I.KI'IIMHtEMMtEKS (botanique paléontologiquc). Famille de plantes acotylécs acrogèncs, très-voisine de celle des l.ycopodiacées (voy. ce mol), composée d'espèces arborescentes, aujourd'hui fossiles (mais reconstituées, (tour la science, par d'habiles paléontologistes, et notamment par M. Ad. lirougniart, qui en a fait connaître les principaux genres). — Le caractère essentiel de la végétation des l.épklodc mirées était le système de ramification dicltotomique des liges et des rameaux ; les feuilles étaient réduites à des écailles coriaces disposées en spirale et imbriquées, vertes, rouges, ou d'un jaune doré. Les organes de la fructification consistaient «n de grands concoplaclcs bivalves attachés à la face antérieure, au voisinage de la base des feuilles, et cachés dans leur aisselle. Ces grands végétaux dichotomes, sans fleurs apparentes, et à feuilles disposées comme les

LEP1D0TUS. — UCHENfcES.

écailles d'un serpent, avaient l’aspect de gigantesques reptiles entrelacés. Ils ont joué un rôle important dans des forêts déjà ensevelies depuis de longues suites de siècles quand vint l’heure de l'espèce humaine. Des arrêts de développement alternatifs de l'une des branches des bifurcations pouvaient permettre à ces tiges gigantesques de s'élever droites, sans divisions apparentes ; elles constituaient de hautes colonnes écailleuses, dout les cimes rameuses et enchevêtrées entrecroisaient leurs longs et flexibles rameaux en inextricables réseaux, projetant de grandes voûtes naturelles toujours vertes : solides temples vivants qui déliaient la fureur des ouragans. Les genres principaux reconnus (à l’étal fossile) dans la famille des Lépidodendrées sont les suivants : Cardiocar pou, L«pidophyllum, Lepidostrobus, Mcgaphyton, Ulodendron, etc.

Lepidotus. Se dit d'un poil en forme d'écusson ou de bouclier.

Lepi» (mot grec). Écaille ; en latin, squama.

Lcpisma. Nom donné à des étamines avortées réduites à des écailles, et aux pièces du disque lorsqu'elles ont l’aspect squamiforme. (Inusité.)

Leptos (mot grec). Grêle, menu ; en latin, yracilis, ea:itis, tennis.

Leucos (mot grec). Blanc; en latin, albus.

I.iber (adj.). Libre, qui n’a contracté aucune adhérence. Ovaire libre s’oppose à ovaire adhérent. — Les ovaires libres étaient appelés autrefois ovaires supères. Voy. Ovaire.

LIBER, liber. Partie de l’écorce qui, chez les végétaux dirolylés, se compose de tissu libreux et forme des couches fibreuses minces comparées à la trame d’une étoile ou aux feuilles d’un livre. Cette partie constitue la couche la plus interne de l'écorce; elle s ucerait chaque année d’une couche interne qui tend à rejeter les précédentes en dehors. Voy. Écorce.

L1C.IIÉKÉKS (Classe des). Cette classe ne renferme que la famille des Lichens. Elle appartient à l’embranchement des végétaux ucotylédoués (Cryptogames), division des Amphigènes.

On désigne sous le nom de thalle (thallus) la partie qui représente chez les Lichens le système végétatif organes de la végétation); le thalle est un organe foliacé, crustacé, ou axifurme, sur lequel sont insérés les organes de la reproduction. Lorsque le thalle s’étend dans le sens horizontal, il est dit crustacé ou foliacé (dans ce deruier cas on le tlésigne sous le nom de fronde). Lorsque le thalle s’étend dans le sens vertical, il est dit frulieukajc. Une même espèce peut présenter un thalle en partie foliacé ou crustacé, et en partie fruticuleux. Le thalle est généralement constitué : 1° par une couche externe dite corticale, composée d'un épiderme sous lequel est située une couche (dite couche gomdique) plus ou moins é|>aisse de cellules sphériques vertes (à l 'état frais) ; ces cellules se font quelquefois jour |>ar hernie à l’extérieur, et constituent alors des sortes de gemmes ou corps reproducteurs connus sous le nom de gonidies ; 2" par une couche interne dite médullaire, composée de cellules allongées, dont l'ensemble donne lieu à un tissu filamenteux. Le Lichen, pendant la première période de sou dévelop|>emcnt, se compose de cellules allongées, dont l'ensemble est désigué sous le nom d'hypothaUe (protothailus ou prothallus).

Page 1