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MIASMES

GAMES, Phanérogames, Monocotylées, Dicotïlêes, Gymnospermes, Apétales, Gamopétales, Dialypétales, Familles naturelles du régne végétal (Conspcctus analytique des familles), Classification , 'Systèmes

ARTIFICIELS, CLEFS DICHOTOMIQUES.

MIASMES. Substances animales ou végétales en décomposition (ftg. 10A2), et .suspendues dans l’air à l'état d'odeurs. L’air vicié par les miasmes détermine, par une sorte d'intoxication, certaines maladies chez les personnes qui le respirent. C'est ainsi que les miasmes des marais occasionnent des fièvres intermittentes qu1 sont plus ou moins facilement contractées, selon le tempérament, les dispositions organiques particulières (l'idiosyncrasie) des divers individus.

Fie. 1042. — Débris microscopiques (fortement grossis) provenant de substances organiques végétales (feuilles, etc.) ou autres en décomposition dans des eaux stagnantes ; substances tenues eu suspension dans t'eau et non dans l'air, et, malgré leurs dimension s microscopiques, ne constituant pas des miasmes, mais faisant partie des débris en fermentation qui exhalent les odeurs toxiques désignées sous le nom de miasmes.

On regarde généralement les miasmes comme des particules solides d'une infinie petitesse, tenues en suspension dans l’air par de la vapeur d'eau. Telle n’est pas notre opinion : l’eau, par l’évaporation sous l’action de la chaleur du soleil, par la distillation artificielle, etc., n’entraine aucune particule solide; elle n’entraîne de molécules qu’à l’état aéri forme (1), à l’état A’ odeurs (gaz odorants, essences volatilisées, etc.), par exemple. On ne saurait donc trouver dans l’air des marais, à l'aide du microscope, des substances solides enlevées à l’eau du marais par évaporation (sinon dans les cas accidentels de tempêtes ayant transporté de l'eau à l’état liquide sous la forme d’écume, etc.}. Les substances solides qui peuvent être transportées par l'air et constatées à l'aide du microscope sont des substances empruntées aux matières sèches pulvérulentes, et non aux substances liquides.

Les odeurs, les miasmes délétères transportés par l'air, sont (vu l’excessive

(1) it Les miasmes sont constitués par les substances organiques de l’air à divers états » de modifications catalytiques (les catalyses sont des phénomènes de contact entre des o corps d'origine organique ou d'origine minérale, et ont pour résultat des combinaisons), w La présence de substances organiques dans l'air n'est que difficilement constatée ; elle a o été expérimentalement démontrée par M. Itoiissingault analysant l'air au-dessus des » immenses marécages de l'Amérique.,.; ces matières n’existent pas dans l'air même, mais » bien dans la vapeur d’eau qui y est en suspension... Ces c III mes qui s'élèvent des marais, » ces miasmes qui parcourent de grandes distances, ne sont que des particules nwtéeutaires a animales ou végétales... a E Littré et Ch. llobin, Dict. de médecine.)

GERMAIN «DE SI-PIERRE). i(i

MICOCOULIER. — MICROGRAPHIE.

|ietitesse de la quantité de substance) à peu prés inappréciables aux réactions chimiques.

Il peut suffire cependant de respirer quelques instants l’air d’un marais, pendant une chaude soirée d'été ou d'automne, pour prendre les fièvres; de même qu’il suffit, pour contracter le typhus ou la fièvre-jaune, de respirer un instant au voisinage d'un objet ayant été en contact avec le malade. Quelques atonies inqiondérables agissent sur le sang de l'individu qui h» a respirés, comme agit un ferment dont une très-petite quantité établit la fermentation dans une masse fermentescible. (C’est ainsi, mais avec un résultat inverse, qu'agit l'inoculation dans la pratique de la vaccine; c’est ainsi qu'agiraient [s'ils agissaient] les médicaments à dose hoimeopalliiquc, de la dixième, vingtième ou trentième dilution.)

L’odeur miasmatique des marais est un mélange de substances exhalées b l’état moléculaire (substances animales et végétales en décomposition ou en putréfaction dans l’eau) (fig. 10A2); cette odeur peu agréable est mêlée au parfum des plantes aromatiques qui croissent abondamment autour des marais (notamment les Labiées ( Mentha Pulegium, M. rvtundi folia, etc.). ■ — Les débris microscopiques de végétaux en pulréfactiou, accidentellement transportés par l'air, peuvent agir, s’ils sont respirés, comme les simples odeurs, comme les miasmes ; mais c’est ordinairement de ces débris que s'exhalent les miasmes; les débris euxmêmes, si petites que soient leurs dimensions, ne constituent pas des miasmes.

MICOCOCLIKIl (Celtis australis, famille des Cellidées). Cet arbre est indigène dans l'Europe méridionale. L'écorce et les jeunes rameaux fournissent une décoction astringente dont on a fait usage dans le traitement de la dyssenterie; les fruits sont comestibles, leur saveur est légèrement styptique; les amandes renferment une huile analogue à l'huile d'amandes douces. Les C. occidentalit, (spontané dans l’Amérique boréale) et C. orient al is (originaire des montagnes de l’Asie) sont doués de propriétés analogues.

RK KORVSK, microbasis. Nom donné au gynobase chez les Labiées.

MICKoukaphie. Etude, b l'aide des instruments d'optique grossissants (microscopes), des objets très-petits, souvent invisibles à l'œil nu, et de dimensions dites microscopiques, par exemple les organes élémentaires du tissu des végétaux, cellules et vaisseaux, les Algues de la classe des Diatomées, etc. — Micrographie s’entend aussi de la connaissance des instruments grossissants eux-mêmes, au point de vue de leur structure, de leurs moyens d’action et des procédés de leur emploi (fig. 10A3 à 1065).

Longtemps on contesta l'utilité des microscopes; on insistait sur ce point, que de fréquentes erreurs d’observation sont presque inévitables, et que d’ailleurs on peut trouver dans le champ du microscope, l'imagination aidant, tout ce qu'on veut y voir.

Cependant le microscope, en se perfectionnant, ne tarda pas à se populariser ; et, lorsque cet instrument étant combiné à la chambre-claire, il fut permis d'en calquer les images grossies; lorsque plus lard, enfin, au moyen des procédés photographiques, il fut possible de recueillir et de conserver l'image elle-même, au doute et ï la méGance succéda une admiration sans réserve.

MICROGRAPHIE.

Qu’on ne croie pas néanmoins qu’il suffise de posséder un bon microscope pour se trouver immédiatement en mesure de faire de bonnes observations ; autant vaudrait se croire musicien parce qu’on possède de bons instruments de musique. Ce n’est que par une longue habitude qu’on parvient , non-seulement à manœuvrer habilement l'instrument et à profiter de toutes les ressources qu’il peut offrir, mais surtout à éviter les erreurs d’observation qui pourraient résulter d'un examen superficiel ou incomplet. Si, par exemple, on projette verticalement une lumière éclatante sur un objet transparent, toutes les parties en relief disparaissent et tous les détails s’effacent. Les reliefs ne deviennent visibles que lorsqu'ils sont mis en évidence par leurs ombres, et il faut, pour obtenir ce résultat, projeter obliquement la lumière. C'est ainsi encore qu'une ombra portée sur une surface plane, ou même sur un corps lenticulaire ou sphérique, peut être prise pour une dépression, ou bien un point lumineux être pris pour une ouverture ou une solution de continuité; ce n’est qu’en faisant successivement passer l’objet par tous les degrés d’éclairage, et en l’examinant sous tous ses aspects et à divers grossissements, qu’on évitera de tomber dans ces méprises.

Pour le botaniste, le microscope est un meuble absolument indispensable. — Si l’on étudie les plantes phanérogames ou même les Mousses et les Fougères, au point de vue de l'examen des caractères des genres cl des espèces, une bonne loupe, mais mieux encore un bon microscope simple ou lou|)c montée, peut suffire; mais si l’on veut étudier la structure et les caractères des Algues et des Champignons, ou faire des observations d’anatomie végétale, il faut de toute nécessité posséder un microscope composé.

Lorsqu’il s'agit de se procurer des instruments de cette nature, on doit sans hésiter tâcher d’avoir ce qui existe de plus parfait; un instrument médiocre ne saurait fournir au plus habile observateur que des résultats erronés ou incomplets, et dont l’inexactitude pourrait être démontrée eu quelques instants par quiconque emploierait un meilleur instrument (I).

Microscopes simples. — Il est commode, pour les examens rapides à faire pendant les promenades, d’avoir une loupe de poche (lig. 1043), donnant un faible grossissement de A h 8 diamètres ; ou mieux encore l'instrument nommé Irilou/ie (lig. ltWi). Cet instrument se compose de trois loupes de différents diamètres, et donnant par conséquent des grossissements différents, variant depuis 5 diamètres jusqu’à 10 diamètres environ; en combinant les trois loupes ou d’eux d’entre elles de manière que les centres des lentilles soient exactement superposés, on obtient un grossissement encore plus considérable. — ■ Une

(1) On consultera avec fruit, pour le maniement du microscope, les ouvrages suivants : — DUJARDIN, Souveau Manuel complet de l'observateur au microscope , 1843, 1 vol. in-12, avec atlas. — Chevalier (Charles), Des microscopes et de leur usage y in-8, avec allas, 1839. — Mandl, Traité pratique du microscope , et de son emploi dans l'étude des corps organisés ; suivi de Recherches sur T organisation des animaux infusoires , par D. C. G. Ehrenberg. Paris, 1839, 1 vol. in-8, avec planches. — H. Scii aciit, trad. (sur la 3* édit.) par J. Da LIMIER, le Microscope ( appliqué a T anatomie végétale). Paris, 1865, 1 vol. in-8, avec figures (l'ouvrage le plus important écrit sur le microscope). — Cuevalier (Arthur), l'Etudiant micrographe . Paris, 1865 — H. Fret, trad. P. SPILLMANN, le Microscope y 1 vol. in-12, avec figures, 1867. — Robin (Charles), Du microsco\te et des injections, 2e édition. Paris, 1869. — H. van Heurck, le Miaoscupc , 1 vol in-12, avec figures, 1869.

MICROGRAPHIE.

autre loupe simple, également portative, et cjui donne un assez fort grossissement, est la loupe cylindrique dite microscope Slanhope perfectionné, et dite l ou j te Coddington ou loupe rodée de Brewster (fig. 1045); la partie médiane de ce cylindre est rodée de manière à former une diaphragme qui donne plus

Fie. 1043. — Loupe »Je poche à deux verres biconvexes, donnant chacun un grossissement différent.

Fie. 1044. — Loupe de poche à trois verres (pouvant se combiner entre eux), dite t ri loupe y donnant de plus forts grossissements que la précédente.

Fie. 1045. — Loupe cylindrique, dite loupe Co<ldington, ou loupe rodée de Brewster , grossissant à 30 diamètres.

de netteté à l'image. — Enfin, on peut employer comme loupes à main les doublets les plus puissants, un manche horizontal étant fixé à leur monture. I.a figure IOI16 représente un pied à manche horizontal, portant une lou/te d'horloger (lentille biconvexe à faible grossissement, 3 h !i diamètres); il est préférable encore de se servir du pied articulé (fig. 1047).

Pour se servir de la loupe simple, on doit placer la lentille à quelques ligues seulement de distance de l'œil, et l’objet qu’on veut examiner, sous la lentille, à 2 ou 3 centimètres de distance environ : on éloigne ou l'on rapproche légèrement cet objet jusqu’à ce qu'on ait trouvé le point où on le voit le mieux, étant placé de telle sorte que la lumière frappe sur la face de l'objet qu'on examine, s'il est opaque, ou le traverse, s'il est transparent.

Pour l’élude, dans le cabinet, des objets d’un certain diamètre, et en général des corps opaques, le microscope simple ou loupe montée doit être en permanence. Cet instrument se compose d’une série de loupes de force différente , enchâssées chacune dans une monture circulaire de cuivre; l’une de ces loupes se place sur un anneau qui termine une tige horizontale fixée à une tige verticale qu’on visse sur la boite destinée à renfermer l’instrument, et mieux sur un pied lourd de plomb revêtu de cuivre. — La lige verticale |>orlc, au-dessous de la lige horizontale, une tablette percée au centre, ou un anneau destiné à recevoir le porte-objet de verre sur lequel on place l’objet à observer. Celle

tablette est munie en dessous de diaphragmes, c'est-à-dire d’une plaque percée d'ouvertures circulaires de différents diamètres, qu’on peut à volonté placer

Fig. 1046. — Pied de lampe portant une tige horizontale à glissement et articulée, terminée par un anneau supportant une loupe d'horloger. — Ce même pied sert à porter un anneau sur lequel on place une capsule de porcelaine pour Taire bouillir l'eau (à l’aide d'une lampe à esprit-de-vin) dans laquelle on fait ramollir les Tragments de plantes sèches.

sous le porte-objet de manière (si l’on éclaire l’objet par transparence) à permettre à la lumière d'arriver en dessous par une ouverture plus ou moins étroite, la lumière devant, en général, arriver sur l’objet par une ouverture d'autant plus petite qne l'objet lui-mème est moins volumineux et est étudié à un plus fort grossissement. — Enfin, la tige verticale porte, au-dessous de la tablette porte-objet, un miroir circulaire mobile destiné à éclairer l’objet en dessous, à travers le porte-objet de verre, en dirigeant sur lui un faisceau de lumière.

Ea loupe simple, ou le doublet (loupe composée de deux lentilles soudées), ne renversant pas l'image de l’objet, ainsi que le font les microscopes composés, on a, avec cet instrument, l'avan-

(t) Ce pied est de beaucoup préférable au précédent. Il doit avoir deux tiges terminales de rechange, portant, l’une un anneau large, pour placer une loupe simple ou un large doublet a faible grossissement ; l'autre un anneau étroit, pour porter les doublets à forts grossissements. Cette dernière combinaison constitue un microsco/>e simple, mais sans table de dissection et sans miroir réflecteur.

Fig. 10d7. — Pied aiticulé, à crémaiherc, pour maintenir une loupe au-dessus de l’objet qu'on examine, en laissant les mains libres (1).

MICROGRAPHIE.

tage de pouvoir disséquer sans difficulté l’objet sous la lentille ; ce qui est fort difficile quand la gauche de l'objet parait il droite et le haut en bas. On doit éviter de se servir de cet instrument, cl surtout du microscope composé, pendant plusieurs heures consécutives, sous |>eine de se fatiguer la vue.

On trouve, dans le commerce, des microscopes simples à bas prix et dont on peutï la rigueur se servir; mais le microscope simple de Ch. Chevalier est infiniment préférable (fig. 1 048). I.es lentilles de cet instrument, dites doublets, qui se composent de deux verres plan-convexes unis par leur face plane, ont sur les loupes ordinaires une grande supériorité (I).

Fig. 10 58. — Microscope simple à dissection de CM. Chevalier, portant des doublets de diverses puissances et monté sur un pied de métal.

Fig. 1049. — Microscope simple à dissection, muni d’appui-mains, de MM. Nachel.

(l'n autre appareil analogue présente un point d'appui plus large et pluscominode.)

Dans cet instrument, des mouvements sont habilement ménagés dans tous les sens pour rapprocher ou éloigner l'objet de la lentille, avancer et reculer la lentille, et la porter à droite et 4 gauche au-dessus de tous les points du porte-objet (2).

Georges Oberbæuser a construit un microscope composé, dit microscope paticratir/ue, dans lequel l'image renversée de l'objet se trouve redressée, et qui, par conséquent, permet, comme la loupe montée, de disséquer aisément,

(I; La tige verticale de cet instrument se vissait, dans les premières constructions, sur la boîte destinée à renfermer l'instrument ; j'ai trouvé plus commode de la visser à un pied lourd de plomb revêtu de cuivre, ayant peu d'épaisseur et occupant peu de place. Cette modification a été adoptée.

M. Nachet fils a eu l’idée heureuse d’ajouter à la table de dissection de son microscope simple des ailes latérales de métal destinées à donner un point d'appui aux deux mains : cette utile modification facilite les opérations délicates de la dissection. L’appareil binoculaire à dissection du même constructeur (lig. 1050), pour le microscope simple, est très-recommandable.

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tout en offrant des grossissements plus considérables. Avec les mêmes jeux de lentilles, cet instrument présente des grossissements de 1 à 150 diamètres, par des écartements divers de l'objectif et de l’oculaire; il offre en outre le précieux avantage de moins fatiguer la vue.

Le prisme redresseur (lig. 1051) de MM. Nachet, qui s’adapte au tube du microscope, et est combiné avec un oculaire qui augmente l’étendue du champ, rend Jt l'observateur un service semblable.

Fig. 1050. — Appareil binoculaire û dissection, permettant d’apprécier le relief de l’objet, cl augmentant la sûreté de main de l'opérateur.

Fig. 1051. — Prisme redresseur (de l’image renversée du microscope) combiné avec un oculaire pour augmenter l’étendue du champ, de MM. Nachet.

Mon ami M. le docteur R. Cosson a fait construire, pour son usage, une loupe montée, très-avantageuse pour l’étude des plantes phanérogames. Cet appareil présente une certaine analogie avec les loupes dont se servent les horlogers; mais il offre plus de solidité, et peut se prêter à des combinaisons plus variées. Il se compose d’un pied de plomb revêtu de cuivre, pesant, bien que peu volumineux. Ce pied, en forme de disque, donne insertion supérieurement à une lige de cuivre munie d'une articulation à sa base et 5 sa partie moyenne; articulations qui permettent de donner il la tige tous les degrés d'obliquité désirables. On maintient la tige dans la direction où on l'a placée, au moyen de vis de pression qui serrent les articulations. Le bras supérieur de la tige se termine par un manchon dans lequel entre il frottement le manche d'un anneau sur lequel on peut poser des loupes d'un large diamètre et à grossissement peu considérable. Cet appareil est susceptible d'être placé facilement au-dessus d’une plante d’herbier. On |ieut ainsi examiner les diverses parties d’un échantillon sans qu'il ait été nécessaire d'en détacher des fragments; ce qui est important lorsqu’il s'agit d'échantillons précieux par leur rareté et dont l’intégrité doit être respectée. La loupe ainsi supportée laisse la liberté des deux mains, et permet, par conséquent, le maniement de l'échantillon et tous les travaux de dissection. — Le large anneau destiné à recevoir les grandes loupes peut à volonté êtr remplacé par un anneau plus petit, destiné il recevoir des lentilles de Wollaston ou les meilleurs et les plus forts doublets (qu’on peut se procurer isolément). Cet appareil, très-simple et peu dispendieux, peut être complété par une table à dissection faite sur le modèle de celle des microscopes, mais indépendante de l'instrument et assez large pour qu’on puisse y appuyer les deux mains; cette table, percée à son centre, est munie d’un miroir réflecteur et de diaphragmes. Kufio, ii la loupe ou au doublet, on peut, si l'on veut, substituer un corps de

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microscope; de cette manière, le porte-loupe est transformé en on microscope composé, commode et peu volumineux. I-a figure 10 5 ‘2 représente cet instrument exécuté et perfectionné par MM. Nacliet ; la table de dissection présente, d'un côté un bras pour porter le doublet, et de l’autre le support du tube du microscope.

Fig. 1052. — App.ueil de U. Cusson pour la Fig. 1053. — Microscope composé dissection, pouvant à volonté supporter un de G. Oberhæuser et Hartnack. doublet ou un microscope composé. Modèle perfectionné de MM. Nacliet.

Microscopes composés. — Un microscope se compose essentiellement d’un tube qui, à son extrémité supérieure, reçoit un système de lentilles qu'on nomme oculaire , et au-dessus duquel on place l’œil, et h son extrémité inférieure reçoit un système de lentilles qu’on nomme objectif, et qui est dirigé vers l'objet qu’on examine. Comme dans la loupe montée, une tablette munie de diaphragmes est destinée à recevoir le porte-objet, et un miroir est disposé pour diriger de bas en haut, sur l’objet, un faisceau de lumière.

Quant â la forme de l'instrument, elle varie selon les combinaisons imaginées par chaque constructeur, et il serait beaucoup trop long de décrire même les principales.

Celui que j'emploie, et qui est adopté par un grand nombre d'observateurs distingués, est celui de Georges Obcrliamscr et Hartnack (fig. 1053). C’est II l'aide des objectifs les plus puissants de cet instrument que j'ai découvert (dans des eaux saumâtres au bord de la Méditerranée, à Hyères) et étudié les infiniment petites espèces vermifortnes dont se compose le groupe uouveau, si curieux, des Diatomées- A MRt'LATORiACÉtts.

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Ce microscope, parfaitement achromatique, et dont l’éclairage est fort beau, présente des grossissements de U diamètres à 600 diamètres, et même au delh ; la base de cet instrument, en forme de tambour et fort lourde, donne plus de fixité et de solidité à l'appareil. Le corps du microscope, y compris la platine destinée à recevoir le porte-objet, tourne sur un pivot, le miroir restant fixé sur le pied, de telle sorte que, sans déranger l’objet et sans le perdre de vue, on peut, tout en maintenant le même éclairage, présenter successivement au côté éclairé toutes les parties qu’on doit observer. Cet excellent instrument a été perfectionné par le successeur d’Oherhæuser, M. Ilartnack. (M. Hartnack est l'inventeur d’oculaires dits holostériqucs ou solides, qui sont faits d’un seul morceau de cristal (crown) taillé en cylindre, et dont les courbes des extrémités sont calculées de telle sorte que l'image se forme à l'intérieur du cylindre ; la lumière obtenue est très-belle; les oculaires (n0* 6 et 7) amplifient l'image, l’un 18 fois, l’autre 2!t fois.)

Etc. 1051. — Microscope à support articulé (horizontal/, présentant le tube dans toutes les ilirections. Grand modèle perfectionné de MM. Machet.

La position courbée qu’on garde ordinairement pour observer au microscope devient promptement très-faliganle, et c’est pour obvier à cet inconvénient qu'Ainici a imaginé son microscope horizontal. Charles Chevalier, et son fils

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et successeur M. Arthur Chevalier, ont perfectionné ce instrument en le rendant susceptible de recevoir toutes les directions. MM. Nachet construisent également de très-bons instruments offrant une disposition analogue (fig. 105fi, 1055, 1056). — Je puis indiquer, du reste, un moyen bien simple de se servir

Fie. 1055. — Microscope articulé (horizontal). Fie. 1056. — Microscope articulé (horizontal, moyen modèle dç MM. .Nachet. petit modèle de MM. Nachet.

sans fatigue des microscopes à tube vertical : j'ai, auprès de ma table de travail, une petite table basse sur laquelle je place mon microscope, de telle sorte que son oculaire soit élevé exactement au niveau de l’œil, sans qu’il me soit nécessaire de me tenir debout et courbé, le papier sur lequel j'écris ou je dessine restant placé sur ma table ordinaire cl tout près de l’instrument.

Des dispositions analogues (microscopes à pieds articulaires permettant d'incliner le tube) sont adoptées (soit pour les microscopes !i un seul tube, soit pour les microscopes binoculaires) par d’habiles constructeurs anglais (MM. Thomas Itoss, fils et successeur du célèbre Andrée Ross; J. Beck; Powell et l.ealand. — Mentionnons aussi les microscopes justement renommés de M. Strauss.

Tous ces excellents instruments me paraissent aujourd’hui dépassés en perfection par le microscope à système binoculaire (fig. 1057) de MM. Nachet, constructeurs Il Paris, système dans lequel deux tubes munis chacun d'un oculaire (un pour chaque œil, ainsi que dans la lorgnette de spectacle et dans le stéréoscope) reçoivent l'image fournie par un même objectif. A la forme primitive de son microscope binoculaire à tubes parallèles, M. Nachet fils préfère actuelle -

MICROGRAPHIE.

ment (comme intensité d 'éclairage) son appareil binoculaire appliqué à son microscope ordinaire (fig. 1058) (le tube annexé forme un angle avec le tube droit du microscope). Cet instrument (même avec les objectifs les plus puissants) est remarquable non-seulement par la beauté de l'éclairage et la netteté de

Fig. 1 057. — Microscope binoculaire de Fig. 1058. — Appareil binoculaire de MM. Na- MM. Nactiet (forme première, dont la cliet, s’appliquant aux microscopes ordiftgure 1058 est le perfectionnement). naires, avec mouvement pour l’ajustement

et l’écartement des yeux. — Celte combinaison est préférable, comme clarté de l’image, au modèle (ci-joint) à tubes parallèles.

l’image, mais aussi par la pénétration (la perspective aérienne ), comparable Il celle obtenue pour les épreuves photographiques au moyen du stéréoscope. Les microscopes binoculaires sont encore peu répandus en France; ils sont cependant, depuis plusieurs années, d'un usage fréquent en Angleterre et en Allemagne.

Les grossissements les plus puissants et en même temps les plus nets sont ceux obtenus avec les objectifs A immersion (1) n° 8 (prix, 200 francs), n° 9 et

(1) Le principe de Y immersion consiste à faire plonger la surface de la lentille extérieure de l’objectif dans une goutte d’eau placée sur la lamelle de verre qui recouvre l’objet; on supprime ainsi la couche d'air qui existe entre le verre mince couvrant l’objet et la lentille extérieure, dite frontale, de l’objectif (le principe de l’immersion a été indiqué parAmici). Après l’observation, la lentille doit être essuyée avec une peau douce.

n° 10, de MM. N’achet. Le n" 7, à immersion (prix, 150 fr.), donne déjà une amplification considérable (de 500 à 1300 diamètres) et suflisante pour les études d'anatomie végétale.

L’opticien, en tous livrant son microscope, vous enseignera la manière de vous en servir; mais ce n'est que par un assez long usage que vous saurez utiliser toutes les ressources que peut présenter l'instrument et que vous l’emploierez avec habileté.

Les observations au microscope doivent se faire dans une chambre éclairée d’une seule fenêtre prenant directement jour sur une certaine étendue du ciel. Le voisinage de maisons élevées et de grands arbres qui cachent le ciel ou projettent des reflets colorés, non-seulement est toujours nuisible, mais peut rendre l’observation tout à fait impossible; si, par conséquent, vous habitez un appartement dans une t ue dont les maisons situées en face dominent vos fenêtres, établissez votre cabinet d’observation dans une mansarde. — Les rayons du soleil sont loin d’être nécessaires, on ne doit s’en servir que rarement; la lumière blanche est la plus avantageuse pour l'observation et celle qui fatigue le moins la vue. Les heures de la matinée, du milieu du jour, lorsque le ciel est sans nuage, sont les plus favorables. La lumière d’une lampe peut, jusqu’à un certain point, remplacer la lumière du jour; mais on fera bien, pour ménager sa vue, d'éviter d'v avoir recours ; le résultat obtenu est d'ailleurs moins satisfaisant — Pour les objets de très-petites dimensions, on augmente l’intensité de l'éclairage par l’emploi de diaphragmes à ouverture étroite ; on diminue l’éclairage en employant un diaphragme à ouverture large ou même en le supprimant, en variant l’inclinaison du miroir, en plaçant l'objet sur un porte-objet de verre coloré d'une teinte plus ou moins foncée, ou enfin en plaçant devant l’instrument un écran de carton noir présentant une ouverture par laquelle la lumière arrive sur le miroir, et devant laquelle ouverture on peut fixer, avec de la cire molle, un verre coloré.

Pour éclairer en dessus les objets opaques, on se sert d’une large loupe fixée par une tige sur un pied solide, et au moyen de laquelle on dirige un cône de lumière sur la face supérieure de l’objet. Si cet objet est blanc, on doit le placer sur un porte-objet de verre noir, et, s'il est noir, sur un porte-objet d’ivoire, ou mieux composé d'un disque de verre sous lequel on a collé du papier blanc d'un grain très-fin, ou qu'on a enduit d’une couche de blanc de céruse à l'huile. Pour observer un même objet complètement et pour que l’observation présente un plus haut degré de certitude, on doit examiner cet objet non-seulement avec une série de grossissements allant du plus faible au plus fort, mais on doit aussi l'étudier avec tons les degrés de lumière possible et en ménageant insensiblement les transitions de la lumière à l'ombre; il va sans dire qu'on doit présenter l’objet à l'observation sous toutes ses faces.

Si l'objet doit être disséqué afin que les parties en soient isolées, on fait la dissection à un faible grossissement, sous la loupe montée ou sous le microscope pancratiqne, puis on transporte sous la lentille du microscope l'objet dont on a fait la dissection. — Jamais on ne doit placer l'objet d’un très-petit volume que l’on veut étudier, soit sous la loupe montée, soit sous le microscope, sans l’avoir

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préalablement détaché a\ec un scalpel ou des ciseaux fins des parties environnâmes, et l’avoir complètement isolé.

Les objets doivent presque toujours être placés dans une goutte d'eau pure, soit |H)ur en faire la dissection, soit pour les soumettre à l'observation ; sans cette précaution, les üssus mous se déforment, ils deviennent en quelques instants méconnaissables, et leur aspect peut donner lieu à de graves erreurs. — Néanmoins les objets opaques chargés de poils, certaines graines velues, par exemple, doivent être étudiés hors de l’eau, et après avoir été complètement privés d’humidité, afin que les poils, en s’étalant, deviennent visibles.

Dans la plupart des microscopes, ce n'est pas le porte-objet qui s'éloigne ou se rapproche de l’objectif, c’est l'objectif qu’on éloigne ou qu’on rapproche de l’objet. Eu général, on fait pour cela glisser b frottement, dans un tube-gaine, le tube du microscope, en l'éloignant ou le rapprochant jusqu’à ce qu'on aperçoive l’objet; quant aux très-petits mouvements qui restent à faire (tour obtenir exactement la distance la plus convenable, on les opère au moyen d'une vis de rappel. — On change à volonté l'oculaire et l'objectif, qui se vissent aux deux extrémités du tube; on sera prévenu par l’opticien des oculaires qui peuvent être associés à chaque objectif. — Il est dangereux, pour certains instruments, de dévisser les pièces qui composent un même objectif, car si l’on en intervertit l'ordre, ou si l'on ajoute à l'un une pièce appartenant à l'autre, on ne saura probablement pas rétablir l’ordre sans le secours de l'opticien; on devra, par conséquent, éviter soigneusement, en dévissant un objectif de l'extrémité du tube, d’en laisser une partie après le tube en ne dévissant pas au point convenable : pour éviter cet inconvénient, il est utile de faire graver un double numéro sur les diverses pièces de chaque objectif, l'un de ces numéros étant celui de l’objectif lui-même, l’autre étant différent pour chaque pièce du même objectif.

Je dois faire remarquer que, dans le microscope, c’est l’objectif qui grossit réellement l'image; l'oculaire amplifie l’image grossie sans la détailler davantage ni lui donner plus de précision ; il y a donc peu davantage à augmenter le grossissement au moyen de forts oculaires. On n’obtient de celle manière qu'une image dilatée analogue à celle qui est produite par le microscope solaire, image qui, malgré scs dimensions immenses, montre souvent l'objet d’une manière moins nette qu'on ne le voit à un grossissement peu considérable.

Pour les études des objets les plus petits, un grossissement de 300 à 400 diamètres est en général suffisant ; il est rarement utile d’aller au delà de 600 diamètres. L’image des grossissements supérieurs est tellement obscure, qu’elle cesse d’être utile, et peut même être une cause d’erreur. Les nouveaux objectifs à immersion et à correction permettent cependant d’obtenir les grossissements les plus considérables avec une clarté suffisante (1).

(t) Le prix d’un bon microscope à plusieurs grossissements et muni des accessoires indispensables, mais à monture légère, s’élève à 450 ou 200 francs. — Le prix d’un microscope très-complet peut monter beaucoup plus haut, niais on ne peut t’indiquer meme approximativement, car il dépend, en grande partie, des objets accessoires qu’on ajoute à l’instrument lui-méme, et qui sont plus ou moins nécessaires, selon le genre d’études auxquelles on veut se livrer. Ces divers objets peuvent d’ailleurs être achetés isolément, au fur et à mesure du besoin qu'un peut en avoir. Le microscope grand modèle, perfectionné.

MICROGRAPHIE.

Évitez d'acheter d'anciens microscopes; les meilleurs de ceux qui étaient construits il y a peu d'années seulement sont inférieurs à ceux qu'on obtient aujourd'hui.

Instruments de dissection et autres orjets accessoires utiles pour les études micrographiques. — Gardez-vous de croire que les outils de dissection qui, en général, accompagnent les microscopes, soient des instruments bons à quelque chose ; empressez-vous de retirer de votre bulle ces aiguilles flexibles et ces mauvais scalpels, et de les remplacer par de bons outils à monture solide et h lins tranchants. Le temps n'est plus où l’on disséquait à l'aide d'un canif ou d’une aiguille à coudre plus ou moins mal emmanchée. Rendezvous chez un habile fabricant d’instruments de chirurgie, vous y choisirez :

Fie. 1059. — Scalpels Fie. 1060. — Porte-aiguille Fie. 1001. — Aiguilles tran-

üe formes diverses. muni d’une aiguille droite cliantes ( dites couteaux «

et d’une aiguille courbe. catnrnrlr) de deux formes différentes.

Une paire de ciseaux à branches longues, à lames courtes, mais effilées (fig. 106ft).

lieux scalpels à lame triangulaire, dits aiguilles ou couteaux à cataracte (Gg. 1061;.

Scalpels de formes diverses (fig. 1059) : les lames doivent être petites et de première qualité.

de MM. Sachet, vaut 1300 francs; le grand modèle incliné ordinaire, 600 ; le moyen, A20; le petit, 150 ; le petit modèle droit, 125; l’appareil binoculaire isolé, 150; le microscopo simple de dissection, 60. Le microscope de dissection vl'.osson), complet, vaut 1.10 Irancs; la chambre claire, 25; le prisme redresseur, 25; l’appareil binoculaire de dissection, 00. Objectifs à immersion ordinaires : n° 5, 50 francs; n° G, GO ; n ’ 7, 100 ; à lentilles mobiles ou à correction ; n° 5, H0 fr. ; n" G, 120 ; n” 7, 150 ; n’" 8, 200,

.MICROGRAPHIE.

Deux aiguilles emmanchées comme les scalpels ou fixées dans des porteaiguille (fig. 1060) : l’une de ces aiguilles droite, l’autre à pointe un peu courbée. Ces aiguilles doivent être très-robustes dans leur partie inférieure, et aller insensiblement en s'aiténuant vers la pointe ; il faut qu'elles soient assez fortes pour ne pouvoir fléchir.

Deux aiguilles-scalpels : ce sont des aiguilles robustes comme les précédentes, mais dont l’extrémité se termine en une petite lame triangulaire tranchante cl eflilée, 5 dos droit.

Un rasoir de bonne trempe (fig. 1062).

Enfin, une ou deux petites pinces 5 dissection, d’acier, à mors Dits et allongés, droits ou courbes, dites brucelles ou presselles (lig. 1063;.

Fig. 1062. — Rasoir destiné Fto. 1063. — Pinces dites Fig. 1064. — Ciseaux ii lame à enlever des tranches très- brucelles ou presselles, à courte et très-effilée, pour

minces (mais ne pouvant mors très-ffus et allongés, enlever ou détacher de très-

remplacer le microtome). droits, et à mors courbes. petits objets d'étude.

Je renferme tous ces instruments dans une boite de poche de gaînerie, à compartiments; cette boîte n’a que 15 centimètres de longueur, 6 de largeur et 3 d'épaisseur. — Ayez un morceau de peau fine et souple pour essuyer vos scalpels.

Procurez-vous de la moelle de sureau pour essuyer, en les frottant légèrement, les verres de votre microscope, sur lesquels vous éviterez de poser les doigts, et que vous ne frotterez jamais avec un linge, pour ne pas les rayer. — On se sert de cire molle pour fixer sur le porte-objet les objets d’un certain volume qu’on veut étudier dans diverses positions. — Ayez enfin une petite tablette

MICROGRAPHIE.

de liège lin, assez épaisse, et encadrée d’un cercle de cuivre, pour placer les corps durs que vous voulez couper en appuyant dessus le scalpel ; sans celte précaution, le corps glissera sous la lame et sera lancé au loin.

Les porte-objet sont des bandes et des disques de verre parfaitement transparents et d'une certaine épaisseur. Il faut en avoir un certain nombre, plans sur les deux faces. On doit, eu outre, posséder plusieurs porte-objet à cuvette de diverses dimensions. Les cuvettes sont des cavités peu profondes, creusées dans le verre : on peut y faire nager les objets dans une goutte d’eau et les y conserver indéfiniment, |x>urvu qu'en interrompant l’observation, on ail soin de recouvrir la cuvette d’une lante de verre mince qui empêche toute évaporation. On doit avoir, pour cet usage, un certain nombre de verres dits à rouvrir : ce sont de petits carrés de verre extrêmement minces et dont la surface est de 15 millimètres carrés. Ces verres sont, en outre, très-utiles pour recouvrir les objets minces cl transparents, les maintenir en place, et éviter l'évaporation de l'eau pendant la durée de l'observation.

Parmi les autres objets qu’il peut être utile d’avoir, je mentionnerai le système d'éclairage de Dujardin.

Le compresseur n'est pas indispensable. Cet instrument se compose de deux disques de verre entre lesquels on place l’objet, que l'on comprime plus ou moins, au moyen d'un levier, pour l'aplatir ou le rendre plus transparent, ce qui peut aider à son étude, quand on l'a déjà examiné sans le comprimer. On obtient presque aussi aisément le même résultat avec un simple verre à couvrir, sur lequel on appuie légèrement avec l’extrémité aplatie d'un manche de scalpel.

Le microtome est un instrument composé d'une lame courbe qui tourne horizontalement sur une platine présentant une cavité dans laquelle on fixe un corps, un fragment de tige, par exemple. Cette lame affleure légèrement la platine en parcourant son cercle, et enlève de l'objet une tranche d'une épaisseur microscopique. Ces tranches, infiniment minces, et qu'il est difficile de se procurer avec le secours d'un rasoir ordinaire, sont indispensables à obtenir pour l’élude des tissus. Les microtonies sont malheureusement fort rares à Paris; ils sont généralement construits en Angleterre. — M. Rivet est l’inventeur d'un microtome commode et |>eo cher, exécuté par M. Vérick, applicable aux tissus herbacés ou subéreux, ou aux jeunes tiges fraîches : on peut obtenir des tranches de 1/hO' de millimètre d'épaisseur.

lorsque le corps dont on veut obtenir des tranches à l'aide du micrototnc est (comme d'ordinaire) mince ou flexible, un en fait le noyau d'un cylindre de stéarine fondue dans un moule, et l'on fait des tranches de ce cylindre résistant; la tranche de l’objet qui en constitue le noyau se détache ensuite de la stéarine, qui tombe en poussière (I).

(1) De très-belles préparations tnicrngiaphiques de ce genre (tranches de lissus végétaux et autres) sont exécutées avec beaucoup de délicatesse cl de talent par un cryplognmiste distingué ;V1. Groenland, à Paris, rue Guy-lo-Brosse, n° 13). On trouve aussi cher te même micrographe des collections de Diatomées ' Algues microscopiques) d’un habile préparateur allemand. M J. D. Moellcr, d’Allona. Cent et jusqu'à quatre cents espèces de Diatomées sont réunies au centre d'un purle-objet dans un espace d'un millimètre carre, dont ou ii'ajierçoit

On remplace (incomplètement) le microtome en plaçant l’objet dont on veut obtenir des tranches entre deux lames de moelle de Sureau, et comprimant le tout entre les mors d'un petit étau à main, à la surface duquel on laisse dépasser l'extrémité de l'objet, qu'on tranche avec la lame bien affilée du rasoir.

Il est commode de posséder un certain nombre d’objets microscopiques préparés avec soin et conservés dans des porte-objet; ils servent de points de repère pour s’assurer, en commençant une observation, que le microscope est éclairé convenablement et qu’on a atteint le point de la vision nette.

Dissection des plantes sous le microscope. — Il est beaucoup plus avantageux d'avoir à étudier et à disséquer une plante vivante qu'une plante sèche ramollie ; car non-seulement l’étude des organes, lorsqu'ils sont à l'état frais, est plus facile, mais cette étude présente des chances bien plus nombreuses d’une rigoureuse exactitude.

Ainsi, lorsqu'on peut recueillir soi-mSme la plante qui est l'objet d’une élude, doit-on faire eu sorte de la soumettre à l'observation sans différer. Si l'on ne peut en trouver le temps, il faut non-seulement dessécher l échanlillon, mais en conserver les parties qui doivent être soumises aux recherches analytiques ou devenir l’objet d’une description (des fleurs, des fruits, etc.) en les . mettant dans un flacon d'alcool.

Malheureusement il est impossible, dans un grand nombre de cas, de se procurer vivante la plante dont on a besoin, et l’on doit s’estimer très-heureux lorsqu’on peut s’en procurer des échantillons secs. Pour pouvoir soumettre à l'étude ces plantes sèches, on en détache des ramusculcs de fleurs, des fruits, ou tout autre organe, et on les soumet à quelques minutes d'ébullition dans l'eau, ou bien, si les tissus sont trés-délicais, on se contente de les plonger dans l’eau chaude et de les y laisser séjourner pendant qu'elle se refroidit. On est surpris de voir avec quelle rapidité, sous l'influence de l’eau chaude, les organes déformés par la compression, desséchés, plissés, chiffonnés et racornis depuis de longues années, reprennent leur forme et presque leur consistance primitive : les fruits redeviennent pulpeux, les graines se ramollissent, les corolles retrouvent leur forme primitive, et les diverses parties reprennent leurs dispositions respectives et leurs rapports naturels.

Un appareil très-commode pour faire ramollir des fragments de plantes consiste en la tige de métal fixée à un pied solide, et que j'ai décrite comme porteobjet pour le caméra ordinaire (et aussi comme porte-loupe), le plateau du porte-objet étaut remplacé par un anneau sur lequel on pose une capsule qu’on remplit d’eau et dans laquelle on place le fragment à ramollir, puis on chauffe la capsule en maintenant au-dessous la flamme d’une lampe à alcool.

Un autre appareil encore plus simple et plus portatif existe dans le commerce : il consiste en une lampe de cristal à alcool, d’un certain poids, et ter-

qu’è la loupe la surface occupée, et disposées en séries arec une parfaite régularité, par petites colonnes, et dix par dix, dans un ordre méthodique qui correspond aux séries des noms indiqués dans un catalogue numéroté cl annoté. — De belles préparations anatomiques et autres, pour le régne animal et le règne végétal, sont également fournies par MM. Bourgogne, préparateurs-micrographes.

MICROGRAPHIE.

minée par un goulot cylindrique qui donne passage à la mèche; c’est à ce goulot qu'est adaptée, au moyen d'un anneau qui s’enfonce à frottement, la tige métallique qui porte l'anneau horizontal sur lequel on dépose la capsule pleine d'eau destinée à faire bouillir le fragment de plante.

Lorsque les orgaues sont tellement ramollis par l'ébullition qu’ils manquent complètement de consistance, on les retire de l'eau, et on les place dans l’alcool concentré, où on les laisse séjourner quelque temps : l'alcool, eu absorbant l'eau qui les pénètre, les dessèche sans les déformer, et leur rend une consistance assez ferme pour que l'étude en soit possible.

Lorsqu’il s'agit, au contraire, de plantes conservées dans l’alcool, les tissus sont tellement fermes, qu’ils n'ont plus d'élasticité et sont très-cassants; on remédie à cet inconvénient en les retirant de l’alcool et en les plongeant dans l'eau, où on les laisse séjourner plus ou moins longtemps.

La dissection est dite organique lorsqu'elle a pour but d’isoler les parties de la fleur, du fruit et de la graine les unes des autres, afin d'en étudier les formes, la situation et les rapports.

La dissection est dite anatomique lorsqu'elle a pour but la connaissance exacte de la nature des organes et l’examen des tissus qui les constituent.

Un certain nombre d’objets doivent être examinés à sec sur la lame de glace (parfaitement polie, et toujours bien nettoyée à l’avance) qui sert de porte-objet, ou tablette d'examen ou de dissection (ces lames de glace sont en forme de disque et s’euchâssent daus l’ouverture de la table du microscope, ou sont des bandes de verre analogues à celles dont on se sert pour les préparations à conserver). Les grains de pollen, par exemple, doivent être examinés à sec, avant d’èlre étudiés dans un liquide.

La plupart des préparations microscopiques doivent être faites et étudiées dans un liquide: l'eau distillée est le liquide qui convient dans le plus grand nombre des cas, et est le plus ordinairement employé; mais très-fréquemment l'eau pure doit être remplacée, soit par certaines solutions, soit par des huiles, des acides, etc. Ou apprend par l’usage quelles sont les substances qui conviennent le mieux aux divers objets ; d'habiles micrographes, et notamment M. Dujardin et M. Robin, ont donné sur ce point d’utiles renseignements.

L'albumine liquide (le blanc d'œuf, ou le liquide qu’on obtient du corps vitré de l'œil d'un animal récemment sacrifié) peut servir (ainsi que l’essence de citron) à étudier le pollen. — Pour la plupart des tissus végétaux, M. Dujardin conseille l'eau sucrée, une dissolution de gomme et de dextrinc, le sirop de fécule et la glycérine pure. Pour les corps que ces substances ne peuvent rendre assez transparents, on peut employer l'huile de naphle rectifiée (ou l’huile de schiste, de bouille, de pétrole, d’essence de térébenthine).

L'alcool ou l'éther servent à dissoudre les substances résineuses ou les huiles essentielles qui pénètrent, colorent et agglutinent certains tissus végétaux; l'alcool sert notamment à enlever l’air des tranches de végétaux: ces tranches doivent être plongées dans l’alcool avant d’clre préparées pour l'exameu ou pour la conservation. Les essences, l'éther, le chloroforme , la potasse, la soude, I ’ommuniaque, servent a dissoudre les huiles grasses. — La solution aqueuse de

MICKOGRAPHIt.

carmin ou d'indigo pénètre certaines parties de divers corps et les met en évidence. — L'iode donne une teinte bleue à la fécule (amidon). V acide r ht or hydrique (étendu de quatre fois son poids d’eau) détruit les substances calcaires qui encroûtent certains organes végétaux; il jaunit les substances animales. D'autres réactifs chimiques sont encore employés : l'acide acétique, l'acide nitrique, l'acide sulfurique, l’acide ebromique, le nitrate d’argent, etc.

Pour conserver les préparations microscopiques entre la plaque [torlc-objet et le verre mince rccouvrcur, un micrographe expérimenté (M. H. van Heurck) recommande le vernis copal à l'essence de lavande : • Il est préférable au baume-du-Canada. On fait épaissir ce vernis par évaporation, on en dépose une petite goutte sur le porte-objet ; on y met l'objet (privé d’humidité), et l'on recouvre le tout d’un couvre-objel. Il faut laisser sécher la préparation pendant quelques jours; on enlève ensuite doucement l'excédant du vernis qui est sorti par la compression, en le dissolvant avec un petit tampon de linge imbibé de chloroforme (Ce vernis est plus facile II manier que le baume-du-Canada; eu outre, comme il reste lluide sous le couvre-objel pendant un assez long temps, il pénètre lentement et parfaitement l’objet.) » — L'huile fine dont se servent les horlogers est préférable aux huiles essentielles pour la préparation des pollens ; on emploie comme lut le vernis noir ordinaire. — Le chlorure de calcium en solution s'emploie pour les objets transparents; la glycérine pure s'emploie pour les objets peu transparents, tels que les coupes de bois. — Les cadres ou cellules qui renferment l’objet préparé se font sur le verre porte-objet au moyen de lignes dessinées au vernis noir, déposé au pinceau en plusieurs couches jusqu’à ce qu'on ait l'épaisseur voulue.

Une loupe ou un microscope simple |)cut suffire dans presque tous les cas pour les dissections organiques, et pour les études analytiques dont le but est la distinction des espèces phanérogames, et mémo de la plupart des espèces cryptogames entre elles/Pour les dissections anatomiques, au contraire, on doit avoir à sa disposition les microscopes les meilleurs et les plus puissants, les scalpels les plus fins et les jiointes les plus effilées.

Bien que l’observation des détails anatomiques demande souvent des grossissements considérables, on tenterait vainement de disséquer à l’aide de ces grossissements ; non -seulement, en effet, le microscope composé, en renversant l'image, rend les mouvements des scalpels et des aiguilles très-difficiles à diriger, mais le peu de distance qui sépare l’objectif de l’objet rend la dissection presque impossible. C’est donc sous la loupe montée que les dissections, même anatomiques, doivent Cire préparées à un grossissement peu considérable, (tour être de là transportées sous les lentilles les plus puissantes du microscope. On voit alors si la dissection est suffisante: si elle est incomplète, on reporte l'objet sous la loupe pour l'achever, ou bien on recommence la dissection sur une autre pièce, jusqu'à ce qu'on soit parvenu à obtenir un résultat satisfaisant.

Je rappellerai encore ici que la plupart des dissections, tant des organes pris sur une plante vivante que sur une plante ramollie dans l'eau, doivent être faites dans une goutte d’eau. L’eau empêche les objets de fuir suus le scalpel,

MICROGRAPHIE.

en facilite la séparation, en empêche le dessèchement, et enfin ajoute à la transparence, et, par conséquent, facilite l'observation.

Certains organes sont doués d'une propriété hygrométrique en vertu de laquelle leurs appendices s'enroulent et se replient sur eux-mêmes sous l’influence de l’humidité, et ne s'étalent que sous l'influence de la sécheresse : tels sont les dents du péristome de l'nrne des Mousses, les poils des aigrettes des Composées, etc. Lors donc que ces organes ont été soumis au ramollissement dans l'eau, leur état de contraction en rend l'étude presque impossible; on remédie à cet inconvénient en les plaçant sur une lame de verre, ou mieux sur une bande de papier fort qu'on fait chauffer légèrement, et le plus rapidement possible, au-dessus de la flamme de la lampe à alcool. Immédiatement les divisions des péristomes s’étalent, et les faisceaux de soies des aigrettes s'épanouissent ; seulement alors ces organes peuvent, avec utilité, être soumis à l’observation.

Micromètre, son usage. — Le micromètre est un instrument des plus précieux ; il sert à mesurer avec précision les dimensions réelles des objets soumis au microscope. Le plus parfait et le plus commode des micromètres est celui qui consiste en une échelle micrométrique tracée sur verre avec une pointe de diamant.

Lebaillif parait être le premier qui ail fait de ces micromètres. G. Obcrhxuser et Richer en ont fait ensuite de plus parfaits et à divisions plus Anes : ils sont arrivés à diviser le millimètre en cinq cents parties. Enfin, après eux, G. Froment, au moyen d’une machine créée par lui (mise en jeu par l’électricité, et assez complète pour remplir scs fonctions délicates sans l'intervention de la main de l'opérateur), est parvenu à atteindre un résultat plus parfait encore pour la régularité, la beauté des traits, et la finesse des divisions, qu’il est arrivé à pousser jusqu’au millième de millimètre (1). — L’échelle entière occu|>esi peu d'espace sur le verre, qu’on ne la découvre que difficilement h l’œil nu, et que si elle n'était pas entourée d'une ligne tracée plus fortement, il serait difficile de la placer sans tâtonnements sous le microscope. Le millimètre est divisé par des lignes longues en dixièmes de millimètre; chacun de ces dixièmes est divisé par des lignes plus courtes en dix parties ou centièmes de millimètre. On se contente ordinairement de cette division ; cependant, ainsi que je l’ai dit, ces centièmes de millimètre peuvent être eux-mêmes divisés en dix parties ou millièmes de millimètre.

Deux de ces échelles micromélriques sont simultanément nécessaires pour mesurer les objets : l'une, dont les divisions sont grandes relativement à celles de l’autre, consiste, par exemple, en un demi-centimètre divisé en cinquante parties ou dixièmes de millimètre ; l’autre se compose d’un millimètre divisé en centièmes, en cinq-centièmes, ou même en millièmes de millimètre.

L’échelle micrométrique à larges divisions est placée dans l'oculaire du mi-

(l) Les machines micrographique! de G. Froment ont une telle délicatesse de tracé, qu elles gravent son nom dans un espace moindre qu'un dixième de millimètre, non pas seulement lisible, mais en caractères culligro|>hiques ajant des pleins et des déliés proportionnés. — M. Dumoulin, gendre de G. Froment, est son successeur.

MICROGRAPHIE.

croscope ; elle se dessine par conséquent (un peu grossie par cet oculaire) sur l'objet qu'on soumet à l'observation, et qui est grossi par l’objectif combiné à l’oculaire. Supposons que cet objet soit un cheveu, et que son diamètre occupe, dans le champ du microscope, douze divisions de l'échelle de l'oculaire ; en remplaçant le cheveu par le micromètre à divisions fines, celui qui donne des centièmes de millimètre, celte échelle se trouve grossie par le microscope de la même quantité que l'était le cheveu lui-même : or, si pour couvrir le même espace du champ, c'est-à-dire douze de ses divisions, il faut sept divisions du micromètre, c’est-à-dire sept centièmes de millimètre, il est vrai de dire que le diamètre du cheveu est lui-même de sept centièmes de millimètre.

L'échelle micrométrique placée dans l’oculaire n’est, ainsi qu’on vient de le voir, qu'un point de repère qui permet de substituer à l'objet observé un certain nombre de divisions du micromètre.

Cette échelle de l'oculaire peut être remplacée par deux petites pointes qui apparaissent dans le champ du microscope, et qu’on fait marcher à la rencontre l'une de l’autreen tournant deux vis, jusqu'à ce qu’elles soient en contact : — un objet étant soumis à l’observation microscopique, un cheveu, par exemple, on rapproche les deux pointes placées dans l’oculaire jusqu'à ce quelles paraissent en contact avec les deux bords opposés du cheveu, qu’on retire alors, et qu'on remplace, comme précédemment, par le micromètre.

On conçoit combien il est facile d'apprécier la grandeur relative d’un dessin qui représente grossi un objet dont le volume réel a été déterminé ; il suffit, pour cela, de poser sur le dessin un décimètre gradué, et d'établir les proportions entre la taille connue de l'objet et la grandeur de son image.

Dans la plupart des microscopes, un même jeu de lentilles ne donne qu'un même grossissement ; il suffit donc de mesurer ce grossissement une seule fois pour connaître le degré d’amplification des divers objets dont on grossit l'image au moyen de ce même jeu de lentilles.

Le procédé employé pour déterminer la puissance d’amplification d'un jeu de lentilles est des plus simples; il s'agit seulement de regarder en même temps, d'un œil, l’échelle micrométrique grossie par le microscope, et de l’autre œil, un double décimètre gradué, placé parallèlement à l’image. — Il est évident, par exemple, que si le millimètre grossi par l'instrument occupe sur le double décimètre l'espace d’un décimètre, le grossissement du jeu de lentilles est de cent fois le diamètre de l'objet. Mais on conçoit que, selon qu’on rapproche ou qu'on éloigne de l'œil le double décimètre, ce double décimètre paraissant plus grand ou plus petit, il peut, pour un même objet grossi, donner les mesures les plus différentes. Il faut, pour cette évaluation, convenir d'une distance déterminée à maintenir entre l'œil et le double décimètre ; soit, par exemple, qu’on place le double décimètre sur la platine ou table à dissection de l’instrument, c’est-à-dire au même niveau que l’objet observé; soit, et mieux encore (car la longueur du tube du microscope varie dans divers instruments pour un même grossissement), qu’on place le double décimètre à la distance de la vision nette pour les petits objets, celle, par exemple, à laquelle on place un livre pour le lire, distance qui, du reste, varie pour chaque observateur.

L'image paraissant d’autant plus ampliGée qu’elle est reçue sur une surface plus éloignée de l'Œil de l’observateur, le degré d'ampliGcalion est en réalité plus considérable pour les observateurs presbytes (à vue longue) que pour les observateurs à vue plus courte, qui sont obligés, pour bien voir, de placer l'objet il une faible distance. Du reste, si les premiers voient l'image plus grande que les seconds, res derniers ne la voient pas moins nettement.

Je dois ajouter que, comme caractère botanique, la dimension des objets est d'une valeur très-secondaire relativement à l'importance de la forme ; car, entre les individus d'une même espèce microscopique, comme entre les individus des espèces de grande taille, et dans leurs divers organes, la taille varie souvent dans des limites assez étendues. Aussi l'observateur doit-il, pour être exact autant que possible, indiquer les chiiïres extrêmes qui résultent de l'observation d'un grand nombre d'objets de même nature, ou la moyenne de ces chiiïres, et non la mesure d’un objet isolé. La précision de cette mesure, prise isolément, peut même induire en erreur relativement à la taille possible des autres objets de même nature ou des autres individus de même espèce. Quant aux fractions inGniment petites relativement au nombre lui-même, et qui semblent témoigner d'une grande exactitude dans l’observation, elles peuvent être négligées sans qu’il y ait il cela le moindre inconvénient.

Chamrre-claire ( cmnern-lucidn ) appliquée au microscope. — Une combinaison vraiment merveilleuse est celle du camerti-lucida et du microscope ; celte alliance des deux instruments dépose sur le papier l’image ampliGée à un degré quelconque, et il ne vous reste qu’à en suivre les contours avec le crayon.

Il serait beaucoup trop long de décrire la forme et la structure des divers cnmera-lucida appliqués au microscope. Celui qui s'applique à la loupe montée,

et qui est dit miroir de Wollaston, a été perfectionné par Ch. Chevalier. Ceux que G. Oberhæuscr et MM. Machet (Gg. lotir») ont imaginés pour être adaptés aux microscopes composés sont d’un usage assez facile. On peut aussi appliquer aux microscopes composés le ramera de M. Doyèrc.

Le camera-lucida, appliqué au microscope, augmente malheureusement l'ampliGcation de l’image, sans pour cela rendre l'image plus nette; au contraire, elle perd de la lumière. Du reste, plus le papier sur lequel l'image se dépose est rapproché du prisme, moins l'image est ampliGée, et vice versa, les rayons qui la constituent allant en divcrgeauL On peut d’ailleurs calquer, en les réduisant, ces images trop fortement ampliGées, au moyen de l'instrument nommé puntogra/i/ie.

Pour connaître la grandeur relative du dessin et de l’objet, on doit placer le verre où est tracée l’échelle inicrométrique à la place de l’objet dont la Ggure est dessinée : l'image grossie de cette échelle se trouvant alors portée par le caméra sur le calque de l'objet lui-même, et les deux images se trouvant grossies dans

Fig. 1065. — Chambre-claire (pour dessiner Ici objets contenus dans le champ du microscope) de MM . Sachet.

MICROPYLE. — MILLEPERTUIS.

la même proportion, il suffit d’appliquer sur le dessin un décimètre gradué, pour voir à quelle division correspond un des centièmes de millimètre grossi. S'il correspond à un millimètre, le diamètre de l'image est cent fois le diamètre réel de l'objet ; s’il correspond h un centimètre, le diamètre de l'image est mille fois le diamètre réel de l’objet, etc.

L'objectif du microscope, qui avant le placement du caméra se trouvait au point exact pour la vision de l’objet, cesse d'Otre à la distance convenable de l'objet, lorsqu'on retire l’oculaire pour le remplacer par le caméra (qui renferme un autre oculaire) ; c’est en tâtonnant et par l'habitude qu'on retrouve le (joint convenable : on y est arrivé lorsque l'image apparaît nettement sur le papier, qui a dû être placé, ainsi qu’il a déjà été dit, plus ou moins dans l’ombre au moyen d'un écran. Vov. Camera-lucida.

micropile, mieropyle. Point qui correspond chez la graine à l'ouverture du testa (exoslome) chez l’ovule. Le mieropyle, quelle que soit sa situation (en raison des diverses courbures ou de l'inégalité d'accroissement dans les diverses parties de la graine) représente le sommet organique de la graine, comme l'exostome représentait le sommet organique de l'ovule. la- mieropyle est souvent peu visible chez la graine mûre, mais il est toujours facile de déterminer le point qu’il occupe par la situation de l’embryon. En effet, l'evtrémité radiculaire ou radicule de l'embryon est toujours dirigée vers le sommet organique de la graine ou mieropyle, et par conséquent une coupe longitudinale de la graine qui montre la situation de l'embryon, indique en même terni» la situation du mieropyle, et par suite fait connaître, selon la situation de ce mieropyle relativement au hile et à la chalaze, si la graine résulte d’un ovule droit, courbé, réfléchi ou semi-réfléchi. Voy. Ovule, c; R .M N U , CHALAZE, etc.

M irros, dans les mots dérivés du grec, signifie ppiit ; en latin, parvus, minutas.

JIK KOSt OPK. Voy. MICROGRAPHIE.

MIELLÉ, melleus. Qui a la saveur et la consistance du mie).

MILIAIRES (Glandes). Nom donné jadis (Guettard) aux stomates, dont on ignorait alors la nature et les fonctions.

Voy. Stomate.

MILLEPERTUIS (Hyprricum perfuratum, F. des Hypéricinées) (fig. 1066).

— Gelte plante et la plupart des autres Ftc. 1060. — Sommité fructifère du Milleespèces indigènes contiennent, dans les !*rluis

glandes dont les feuilles et les fleurs sont criblées, une huile résineuse ; l'écorce renferme en outre nne matière extractive amère, [/huile de Millepertuis, obtenue parla macération dans de l’huile d'olive des sommités fleuries, a nne vieille renomméejdans la médecine populaire, pour la cicatrisation des blessures. Les

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