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NOIX-VOMIQUE. — NOMENCLATURE BOTANIQUE

était possible en Europe, où elle a déjà été tentée sans succès : son utilité dans les lieux où il est cultivé (à Santa-Fe de Bogota) est comparable à celle de la pomme-de-terre.

NOIX-VOMIQI'E. Graines lenticulaires contenues dans le fruit du Strychnos A lue- vomira (fig. It l 'i), famille des l.oganiacées (voisine de celle des Apocynées). Celle graine est d'une amertume très-prononcée; elle contient une des

Fie. 11 14. — A, rameau florifère du Strychnos Siu-vumirii, fleur, fruit (coupe transversale) cl graine (proportions réduites). — B, graine (noix-vomique) de grandeur naturelle.

substances les plus dangereuses du règne végétal, la strychnine. On en prépare des médicamenLs qui doivent être administrés à très-faibles doses et trèsprudemment ; on emploie la strychnine dans le traitement de certaines paralysies. — Une graine de forme à |>eu près semblable, et douée de propriétés aualogues à celles de la noix-vomique, est la fève de Saint-Ignace, produite par un autre Strychnos : S. lynatia {/ytintia nmara). Ou fait usage aux Antilles de cette substance dangereuse pour combattre les ell'ets de la morsure des serpents.

NO.HENrt.ATt re BOTANIQUE (l.ots DE la). « Les botanistes réunis à » Paris en congrès international, au mois d’août 1S67, ayant pris connaissance » du Recueil des lois de In nomenclature botanique, ri digé par M. Alphonse de » Candolle (1 ) ; — sur le rapport d’une commission nommée par eux, arrêtent de

(1) La publication la plus complète du Itecueit t/es /ois t/e tu ntimenc/aturc /to/nntyue, et que nous recommandons tout particulièrement comme l'expression la plus précise des opinions de notre illustre maître, a pour titre : « Luis </e fa nomenclature botanique, adoptées

NOMENCLATURE BOTANIQUE

» recommander ce recueil, tel qu’il a été adopté par l'assemblée, comme le meil- • leur guide à suivre pour la nomenclature botauique. » — Je reproduis ici le texte de ce Code de la nomenclature, à la discussion duquel j’ai eu l'honneur de prendre part, ainsi qu'un grand nombre de membres du Congrès.

Article Premier. — L'histoire naturelle ne peut faire de progrès sans un système régulier de nomenclature qui soit reconnu et employé par l’immense majorité des naturalistes de tous les pays.

Art, 2. — Les règles de la nomenclature ne peuvent être ni arbitraires ni imposées. Elles doivent être basées sur des motifs assez clairs et assez forts pour que chacun les comprenne et soit disposé à les accepter.

Art. 3. — Dans toutes les parties de la nomenclature, le principe essentiel est d’éviter ou de repousser l'emploi de formes et de noms pouvant produire des erreurs, des équivoques, ou jeter de la confusion dans la science. — Après cela, ce qu’il y a de plus important est d'éviter toute création inutile de noms. — Les autres considérations, telles que la correction grammaticale absolue, la régularité ou l'euphonie des noms, un usage plus ou moins répandu, les égards pour des personnes, etc., malgré leur importance incontestable, sont relativement accessoires.

Art. 4. — Aucun usage contraire aux règles ne peut être maintenu s'il entraîne des confusions ou des erreurs. Lorsqu’un usage n'a pas d'inconvénient grave de cette nature, il peut motiver des exceptions, qu’il faut cependant se garder détendre ou d imiter. Enfin, à défaut de règle, ou si les conséquences des règles sont douteuses, un usage établi (ait loi.

Art. 5. — Les principes et les formes de la nomenclature doivent être aussi semblables que |tossible en botanique et en zoologie.

Art. ü. — Les noms scientifiques sont en langue latine, truand on les tire d’une autre langue, ils prennent des désinences latines, à moins d’exceptions consacrées par l’usage. Si on les traduit dans une langue moJerne, on cherche à leur conserver le plus possible une ressemblance avec les noms originaux latins. — Voyez la note à laquelle renvoie l'article 67.

Art. 7. — La nomenclature comprend deux catégories de noms : 1° des noms, ou plutôt des termes qui expriment la nature des groupes compris les uns dans les autres ; 2° des noms particuliers à chacun des groupes de plantes ou d'animaux que l’observation a fait connaître.

Art. 8. — Tout individu appartient à une espèce (species), toute espèce à un genre (jreniuf), tout genre à une famille ( ordo , fami/ia), toute famille à une cohorte ( cohors ) (1), toute cohorte à une classe (c/oxm), toute classe à une division (divisio).

Art. 9. — On reconnaît aussi, dans plusieurs espèces, des variétés et des variations ; dans certaines espèces cultivées, des modifications plus nombreuses encore ; dans plusieurs genres des sections , dans plusieurs familles des tribus.

Art. 10. — Enfin, comme la complication des faits conduit souvent à distinguer des groupes intermédiaires plus nombreux, on peut créer par le moyen de la syllabe sous (v«A), mise avant un nom de groupe, des subdivisions de ce groupe, de telle manière que sousfamille ( suhordo ) exprime un groupe entre une famille et une tribu, sous-tribu (su b tribus).

b par le Congrès international de Botanique tenu à Paris en août 1867, suivies d’une » deuxième édition de l'Introduction historique et du Commentaire qui accompagnent la » rédaction préparatoire présentée au Congrès, par Alph. i»f. Candoi.i.e. b (Gem-ve et Paris, 1867, in-8 de 64 pages.)

Je regrette vivement que l'importa nt commentaire qui fait partie de la publication ne puisse être reproduit ici, en raison de son étendue ; je ne saurais trop engager à lire attentivement ces utiles et intéressantes annotations dans le texte original.

(1) Mot employé par Endlichcr pour désigner des groupes inférieurs aux classes. — J’a employé le mol cadres pour désigner des groupes analogues aux classes, qui partagent directement les divisions primordiales en un certain nombre de circonscriptions comprenant chacune une ou plusieurs familles. Ces cadres sont souvent, il est vrai, de valeur inégale entre cux.au point de vue des caractères qui les circonscrivent ; mais ils ont l’avantage de diviser le regne végétal en circonscriptions licitement définies et précisées. (G. de S.*P.)

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NOMENCLATURE BOTANIQUE

un groupe entre une tribu et un genre, etc. L’ensemble des groupes subordonnés peut s'élever, pour les plantes spontanées seulement, jusqu’à vingt degrés dans l'ordre suivant :

Rcgn uni vegrlabile, Di Visio, Subdivisio , Classis , Subclassis , Cohors , Subcohors, Ordo (Famille), Su/jordo (Sous-Famille), Tribus , Subtribus , Genus, Subgenus, Sectio , Subsec tio, Speeies , Subspecies ou Proies (Race), Varietai, Su b varie tas, Variatio , Subvarinlio , Planta .

Art. li. — La définition de chacun de ces noms de groupes varie jusqu’à un certain point, suivant les opinions individuelles et l'état de la science, mais leur ordre relatif, sanctionné par l'usage, ne peut être interverti. Toute classification contenant des interversions, comme une division de genres en familles ou d’espèces eu genres , n’est pas admissible.

Art. 12. — La fécondation d’une espèce par une autre espèce crée un hybride (hybridus), celle d’une modification (soit subdivision d'espèce) par une autre modification de la meme espece crée un métis ( mistus ).

Art. 13. — Le classement des espèces dans un genre ou dans une subdivision de genre se fait au moyen de signes typographiques, de lettres ou de chiffres. Les hybrides se classent après l'une des espèces dont ils proviennent, avec le signe X mis avant le nom générique. — Le classement des sous-espèces dans l'espèce se fait par des lettres ou par des chiffres; celui des variétés par la série des lettres grecques a, />, 7. etc. Ces groupes inférieurs aux variétés et les métis sont indiqués par des lettres, des chiffres ou des signes typographiques, à la volonté de chaque auteur.

Art. 14. — Les modifications des espèces cultivées doivent être rattachées, autant que possible, aux espèces spontanées dont elles dérivent. — A cet effet, les plus importantes de ces modifications sont assimilées à des sous-espèces (subsides), et quand on est certain de leur hérédité constante par graines, elles se nomment races (proies). — Les modifications de .«econd ordre prennent le nom de variétés , et si l’on est certain de leur hérédité à peu près constante par graines, elles se nomment sous-raccs (subproles). — Les modifications moins importantes, pouvant être comparées aux sous-variétés, variations, sous-variations, des espèces spontanées, «ont indiquées d’après leur origine (lorsqu'elle est connue) de la manière suivante : 1° salus (semis; seedling en anglais, Scemling en allemand), pour une forme provenant de graine ; 2° mistus (métis ; en anglais, blendiny : M. Weddell, d’accord avec M. de Candolle, propose le mot ha/f-breed ; en allemand, Blendliny ), pour une forme provenant de fécondation croisée daus l’espèce; 3° lusus (en anglais, sport ; en allemand, Spielart), pour une forme née d’un bourgeon, tubercule ou autre organe, propagée par division.

Art. 15. — Chaque groupe naturel de végétaux ne peut porter dans la science qu’une seule désignation valable, savoir la plus aucienne, adoptée par Linné, <ou donnée par lui ou après lui, à la condition qu'elle soit conforme aux règles essentielles de la nomenclature.

Art. 16. — Nul ne doit changer un nom ou une combinaison de noms sans des motifs graves, fondés sur une connaissance plus approfondie des faits, ou sur la nécessité d'abandonner une nomenclature contraire aux règles essentielles.

Art. 17. — La forme, le nombre et l’airangemcut des noms dépendent de la nature de chaque groupe, selon les règles qui suivent.

Art. 18. — Les noms de divisions et sous-divisions, de classes et de sous-classes, so tirent d’un des principaux caractères. Us s’expriment au moyen de mots d’origine grecque ou latine, et en donnant aux groupes de même nature une certaine harmonie de forme et de désinence (Phanérogames, Cryptogames ; Munocotylédones, Dicotylédones, etc.).

Art. 19. — Dans les Cryptogames, les noms anciens de familles, tels que Filices , Musciy Fungiy Lichenes, Aigu., peuvent être employés comme noms de classes ou sousclasses.

Art. 20. — Les cohortes sont désignées de préférence par le nom d’une de leurs principales familles, et autant que possible avec une désinence uniforme. — Les sous-cohortes (rarement employées) peuvent être désignées de la même manière.

Art. 21. — Les familles ( Ordines t Fa milite) sont désignées par le nom d’un de leurs genres, avec la désinence aceœ (Hosacvre, de Posa ; Hanunculacea, de Hanuncu/as , etc.) (1).

(1) Je me suis écarté (en apparence) de celte règle dans le nom Ambulatorieœ ou A mbulalociuceac , que j’ai imposé à une nouvelle famille de la dass? des Algues. J'avais

NOMENCLATURE BOTANIQUE

Art. 22. — L’usage justifie les exceptions suivantes : 1° Lorsque le genre d’où le nom de famille est tiré se termine en latin par ix ou par «> (génitif ici* ou itii*), la désinence tttw, ou ideœ% ou inerr, est admise (Salieineœy de Sa/iæ; Herberùleœ, de Herbert*; Tama ricineœ, de Tamnrix). — 2° Lorsque le genre d’où le nom est tiré a un nom d’une longueur inusitée, on admet la terminaison en eœ (Dipterocarpeœ, de Dipterocarpus). — 3° Pour quelques grandes familles anciennement nommées, très-connues sous leurs noms exceptionnels, on conserve les noms anciens ( Cruciferœ , Ixguminosœ », Guttiferœ, Umbel liferœy Composite , lxibiatœy Cupuliferœ , Com/me, Palmæ , Gramineœ, etc.). — 4° Un ancien nom de genre, devenu nom de section ou d’espèce, peut être maintenu comine base d’un nom de famille (Ixntibulûrieœ, de Lentibularia; Hippocastaneœ , de Æsculus Hippocastnnum ; Caryophylleœ , de Dianthus Caryophyllus , etc.).

Art. 23. — Les noms de sous-familles (Subordines, Subfamx/iœ) sont tirés du nom d’un des genres qui se trouvent dans le groupe, avec la dé,.nence en eœ.

Art. 24. — Les noms des tribus et sous-tribus se tirent du nom d’un des genres qui en font partie, avec la désinence eœ ou incœ.

Art. 25. — Les genres, sous-genres et sections reçoivent des noms ordinairement substantifs, qui sont pour chacun d’eux comme nos noms propres de famille. — Ces noms peuvent être tirés d’une source quelconque et môme être composés d’une manière absolument arbitraire, sous la réserve des conditions indiquées plus loin.

Art. 2G. — Les sous-sections et autres divisions inférieures des genres peuvent recevoir un nom, substantif ou adjectif, ou porter seulement un numéro d’ordre ou une lettre, sans nom.

Art. 27. — Lorsqu’un nom de genre, sous-genre, ou section, est tiré d'un nom d’homme, on le constitue de la manière suivante : le nom dégagé de tout titre et de toute particule préliminaire accessoire, est terminé en a ou iTz. — Les syllabes qui ne sont pas modifiées par cette désinence conservent leur orthographe exacte, môme avec les lettres ou diphthongues usitées dans certaines langues et qui ne l’étaient pas en latin. Cependant les <7, Ô, fi, des langues germaniques, deviennent des œy ce, ue ; les é et è de la langue française deviennent des e.

Art. 28. — Les botanistes qui ont à publier des noms de genres font preuve de discernement et de goût s’ils ont égard aux recommandations suivantes : i* Ne pas faire des noms très-longs ou très-difficiles à prononcer. — 2° Indiquer l’étymologie de chaque nom. — 3° S’ils ont créé autrefois un nom qui n’a pas été admis, ne pas créer eux-mèmes un autre genre sous le môme nom, surtout dans la même famille ou dans une des familles voisines. — 4° Ne pas dédier des genres à des personnes absolument étrangères a la botanique ou du moins aux sciences naturelles, ni 4 des personnes tout à fait inconnues. — 5° Ne tirer des noms de langues barbares que si ces noms se trouvent fréquemment cités dans Ie3 livres des voyageurs, et présentent une forme agréable qui s'adapte aisément à la langue latine et aux langues des pays civilisés. — 6° Rappeler, si possible, par la composition ou la désinence du nom, les affinités ou les analogies du genre. — 7° Éviter les noms adjectifs. — 8° Ne pas donner à un genre un nom dont la forme est plutôt celle d’un nom de section (Eusideroxy/o«,par exemple). — 9° Éviter de reprendre des noms qui ont existé, mais qu’on a refusé d’admettre, pour nommer des genres différents des anciens, à moins qu’il ne s’agisse de dédier de nouveau un genre è un botaniste ; mais, dans ce cas, il est à désirer encore que l’abandon du premier genre soit bien constaté, que la famille où l’on veut rétablir le nom soit différente de la première. — 10° Éviter de faire un choix de noms qui existent en zoologie.

Art. 29. — Les botanistes qui construisent des noms de sous-genres feront bien d’avoir égard aux recommandations de l’article précédent et en outre à celles-ci : 1° Prendre volontiers pour la principale division d’un genre un nom qui le rappelle par quelque modification ou addition (eu mis au commencement du nom, quand il est d’origine grecque ; i ïstrum , el/a , à la fin du nom, quand il est latin, ou telle autre modification conforme à la grammairo et aux usages de la langue latine). — 2° Éviter dans un genre de nommer une

d'abord en effet considéré cet intéressant petit groupe comme un genre auquel j’avais donné le nom (un peu long) à’Ambulatona. Ce nom de genre a disparu lorsque j’ai divisé ce groupe f devenu plus important) en plusieurs genres dont l’ensemble a constitué une famille nouvelle qui conserve dans son nom la trace du nom de genre primitivement donné au groupe entier. Pour se conformer entièrement à la règle, on pourrait employer comme synonyme à' Ambulatorieœ ou A mbulatonaeeœ le mot Atorrianaceœ . (C. de S.-P.)

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section par le nom du genre terminé en ouïr* ou en optis; mais au contraire rechercher cette désinence pour une section qui ressemblerait à un autre genre, en ajoutant alors aides ou opsis au nom de cct antre genre, s’il est d’origine grecque, pour former le nom de la section. — 3° Éviter de prendre comme nom do section un nom qui existe déjà comme tel dans un autre genre, ou qui est le nom d’un genre admis.

Aht. 30. — Lorsqu'on désire énoncer un nom de section conjointement avec le nom de genre et le nom d'espèce, ce nom de section se place entre les deux autres en parenthèse.

Art. 31. — Chaque espèce, même celles qui composent à elles seules un genre, est désignée par le nom du genre auquel elle appartient, suivi d’un nom dit spécifique, le plus ordinairement de la nature des adjectifs.

Art. 32. — Le nom spécifique doit, en général, indiquer quelque chose de l’apparence, des caractères, de l’origine, de l’histoire ou des propriétés de l’espèce. S’il est tiré d’un nom d’homme, c’est ordinairement pour rappeler le nom de celui qui l’a découverte ou décrite, ou qui s'en est occupé d’une manière quelconque.

Art. 33. — Les noms d'hommes employés comme noms spécifiques ont la forme du génitif du nom ou d’un adjectif dérivé { C/usii ou Clusiana). La première forme s’emploie quand l'espèce a été décrite ou distinguée par le botaniste dont elle prend le nom ; la seconde forme, dans les autres cas. Quelle que soit la forme adoptée, tout nom spécifique tiré d’un nom d'homme commence par une grande lettre (t),

Art. 34. — Un nom spécifique peut être un ancien nom de genre ou un nom propre substantif. Il prend alors une grande lettre et ne s’accorde pas avec le nom de genre ( pigi talis Seeptrum , Coroni/la E mer us).

Art. 35. — Deux espèces du même genre ne peuvent avoir lo môme nom spécifique, mais le même nom spécifique peut être donné dans plusieurs genres.

Art. 36. — En construisant des noms spécifiques, les botanistes font bien d’avoir égard aux recommandations suivantes : 1° Éviter les noms très-longs ou d’une prononciation difficile. — 2* Éviter les noms qui expriment un caractère commun à toutes ou presque toutes les espèces du genre. — 3° Éviter les noms tirés de localités peu connues, ou très-restreintes, à moins que l’habitation de l’espèce ne soit tout à fait locale. — 4U Éviter, dans le même genre, les noms trop semblables, ceux surtout qui ne diffèrent que par les dernières lettres. — 5° Adopter volontiers les noms inédits qui se trouvent dans les notes des voyageurs ou dans les herbiers, à moins qu’ils ne soient plus ou moins défectueux. — 6° Éviter les noms qui ont été employés auparavant dans le genre ou dans quelque genre voisin, et qui

(1) « Relativement à l’article 33 », m’écrit M. Alphonse de Candolle (lettre datée de Genève, 1er juin 1869, dans laquelle l’éminent botaniste veut bien m’autoriser, sur ma demande, à reproduire dans cet ouvrage le texte des Loii île la nomenclature botnnûpte), « vous feriez bien, ce me semble, d’avoir égard à ce que j’en ai dit dans le Commentaire , » page 41. M. Du Mortier est de mon avis qu’on aurait dû le placer parmi les recommauda- » tions de l’article 36, et non le présenter comme une règle. 11 serait regrettable qu’on se » mil à changer les anciens noms faits en tï ou en ana, sous prétexte qu’ils sont contraires » à une injonction positive. Ce serait d’autant plus à regretter, que la définition des cas » dans lesquels on doit appliquer l’une des formes ou l'autre a été improvisée dans la » séance du Congrès, et se trouve ne pas répondre à la pratique de certains botanistes, ni » être suffisamment claire. Je suis revenu sur ce point dans une communication que j’ai » faite l’hiver dernier à la Société botanique et qui est insérée dans le Bulletin... »

Dans la communication 'séance du 26 février 1869, Bull, t/e la Soc. bol an. de France, t. XVI, p. 71) à laquelle M. Alph. de Candolle fait allusion, il s’exprime en ces termes : « ...Dans le texte préparé pour la discussion du Congrès, j’avais évité à dessein de stipuler » aucune règle sur la manière de dériver des noms spécifiques de noms d’hommes. On a » déjà fait tant de noms sous la forme d’un adjectif ou d’un génitif, sans attacher à la dési- » nence un sens particulier, qu’il me paraissait bien difficile, et dans le fond assez inutile, » de proposer pour l’avenir un système uniforme à cet égard... — La forme et la place de » l’article 33 lui donnent quelque chose d’impératif... Je crois pouvoir affirmer que telle » n’était pas l’intention du Congrès. .. J’oserai donc engager les botanistes qui suivront » notre Recueil des lois , à ne pas prendre l’article 33 pour autre chose que pour une rc- » commandation, et à ne pas changer les noms déjà faits ou qui seraient faits à l’avenir » contrairement au vœu de cct article 33...; c’est par inattention que l’idée de cet article « n’a pas été insérée dans les simples recommandations de l’article 36, sa vraie place... »

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sonl devenus des synonymes. — 7° Ne pas nommer une espèce d’après quelqu'un qui ne l’a découverte, ni décrite, ni figurée, ni étudiée en aucune manière. — 8° Éviter les noms spécifiques composés de deux mots. — 9° Éviter les noms qui forment pléonasme avec le nom du genre.

Art. 37. — Les hybrides d’une origine démontrée par voie d’expérience, sont désignés par le nom de genre, auquel on ajoute une combinaison des noms spécifiques des deux espèces dont ils proviennent, le nom de l’espèce qui a fourni le pollen étant mis le premier (1) avec la terminaison i ou o, et celui de l’espèce qui a fourni l’ovule venant ensuite, avec un trait d'union entre les deux {Amaryllis vittato-reginrr, pour Y Amaryllis provenant de Y Amaryllis regina fécondé par IM. vittaia), — Les hybrides d’origine douteuse se nomment comme des espèces. On les distingue par l’absence de numéro d'ordre et par le signe X précédant le nom de genre (x Saliæ capreola).

Art. 38. — Les noms de sous-espèces et de variétés se forment comme les noms spécifiques, et s'ajoutent à eux dans leur ordre, en commençant par ceux du degré supérieur de division. — Les métis d’origine douteuse se nomment et se classent de la môme manière — Les sous-variétés, variations et sous-variations de plantes spontanées peuvent recevoir des noms analogues au précédent, ou seulement des nuances et des lettres qui facilitent leur classement.

Art. 39. — Les métis d’une origine certaine sont désignés par une combinaison des noms de sous-espèces, variétés, sous-variétés, etc., qui leur ont donné naissance, en observant les mômes règles que pour les noms d’hybrides.

Art. AO. — Dans les plantes cultivées, les semis, les métis d’origine obscure et les sports f reçoivent des noms de fantaisie, en langue vulgaire, aussi différents que possible des noms latins d’espèces ou de variétés. Quand on peut les rattacher à une espèce, à une sous-espèce ou une variété botanique, on l'indique par la succession des noms {Pélargonium zonale Mistress-Polloek ),

Art. Al. — La date d'un nom ou d’une combinaison de noms est celle de leur publication effective, c’est-à-dire d’une publicité irrévocable.

Art. A2. — La publication résulte de la vente ou de la distribution dans le public, d’imprimés, de planches ou d’autographies. Elle résulte aussi de la mise en vente ou de la distribution aux principales collections publiques d'échantillons numérotés, nommés et accompagnés d'étiquettes imprimées ou autographiées, portant la date de la mise en vente ou de la distribution.

Art. A3. — Une communication de noms nouveaux faite dans une séance publique, des noms mis dans des collections ou des jardins ouverts au public, ne constituent pas une publication.

(1) Rédaction primitive : «...le nom de l’espècc-mère étant placé le premier... et celui de l’espèce que le pollen a fournie venant ensuite... » — « M. Kirschleger affirme qu'il faut rejeter adcalcem generis les hybrides connus. — M. Germain de Saint-Pierre fait remarquer que ce sont des formations éphémères, transitoires, et qui par conséquent ne méritent point un nom spécifique. Sur la question de savoir si c’est le nom de la mère, comme le propose le projet, ou celui du père qu’il faut placer le premier dans la formation du nom-composé de l'hybride, la commission a été d’un avis contraire... MM. Germain de Saint-Pierre et Lestiboudois défendent la rédaction primitive. M. Germain de Saint-Pierre soutient que le nom de la mère doit être placé le premier des deux, parce que la maternité est plus facile à constater que la paternité; et aussi parce que, dans les plantes hybrides, les attributs essentiels du sexe mâle, les granules polliniques, tendent à disparaître. Du reste, l'influence de la mère et celle du père peuvent être, soit égales, soit inégales sur le produit. L’absence du pollen chez l'hydride, obligeant à le féconder par un mâle normal, la descendance tend a retourner au mâle. — M. Lestiboudois dit que l'opinion de M. Germain de Saint-Pierre lui parait la vraie, et que, s’il en est ainsi, pour tout esprit français, le nom du père, étant le terme modificateur, doit être placé en second. — M J. E. Planchoii fait observer qu'il s’agit ici de parler latin, et qu'en latin l’inversion est la règle; il ajoute qu’on ... doit s’en rapporter à la loi d’antériorité, et par conséquent à la nomenclature élablie par Schiede... ; que M. Kd. Boruel, que M. Godron, placent le nom du mâle le premier, et qu’il faut se ranger à l’usage général. — M. de Candolle persiste à croire qu’il serait plus logique déplacer le nom de la plante-mère en premier, comme le faisait Gartner fils dans son ouvrage classique sur les hybrides, mais il reconnaît que l'usage contraire a prévalu, et est d’avis qu’il faut suivre l’usage. » (Extrait de la discussion des lois de la nomenclature par le Congrès international de Botanique.)

NOMENCLATURE BOTANIQUE

Art. A4. — La dalc mi«e *ur un ouvrage est présumée exacte, jusqu'à preuve contraire.

Art. 45. — Une espère n’est cousidétée comine nommée que si elle a un nom générique en même temps qu'un nom spécifique.

Art. 46. — Une espèce annoncée dans un ouvrage sous des noms générique et spécifique, mais sans aucun renseignement sur les caractères, ne peut être considérée comme publiée. Il en est de même d’un genre annoncé sans être caractérisé.

Art. 47. — Les botanistes feront bien d'avoir égard aux recommandations suivantes : t° Indiquer exactement la date de la publication de leurs ouvrages ou fractions d’ouvrages, et celle de la mise en vente ou distribution de plantes nommées et numérotées. — 2" Ne pas publier un nom sans indiquer clairement si c’est un nom de famille ou de tribu, de genre ou de section, d'espèce ou de variété; en un mot, sans indiquer une opinion sur la nature du groupe auquel ils donnent le nom. — 3" Éviter de publier ou de mentionner dans leurs publications des noms inédits qu’ils n’acceptent pas, surtout si les personnes qui ont fait ces noms n'en ont pas autorisé formellement la publication.

Art. 4H. — Pour être exacte ou complet dans l’indication du nom ou îles noms d'un groupe quelconque, il faut citer l’auteur qui a publié le premier le nom ou la combinaison de noms dont il s’agit.

Art. 49. — Un changement de caractères constitutifs ou de circonscription dans un groupe n’autorise pas à citer un autre auteur que celui ayant publié le premier le nom ou la combinaison de noms. — Quand les changements ont été considérables, on ajoute à la citation de l'auteur primitif : mutatis chnract ou pro parte ^ ou exe/, yen,, exclus, sp.y exe/, var., out elle autre indication abrégée, selon la nature des changements survenus et du groupe dont il s’agit.

Art. 50. — Les noms publiés d'après un document inédit, tel qu’un herbier, une collection non distribuée, etc., sont précisés par l'addition du nom de l’auteur qui publie, malgré l'indication contraire qu’il a pu donner. De môme les noms usités dans les jardins sont précisés par la mention du premier auteur qui les public. — Dans le texte développé, on cite l’herbier, la collection, le jardin ( Lam . ex Commet s, mss. in herh . par, ; Lindf. ex Sort o Hodd.).

Art. 51. — Lorsqu'un nom existant est appliqué à un groupe qui devient d’un ordre supérieur ou inférieur à ce qu’il était auparavant, le changement opéré équivaut à la création d'un nouveau groupe, et l’auteur à citer est celui qui a fait le changement.

Art. 52. — Les noms d’auteurs mis après les noms de plantes s’indiquent par abréviations, à moins qu’ils ne soient très-courts. — A cet efTet, on retranche d’abord les particules ou lettres préliminaires qui ne font pas strictement partie du nom, puis on indique les premières lettres sans en omettre aucune . Si un nom d'une seule syllabe est assez compliqué pour qu’il vaille la peine de l’abréger, on indique les premières consonnes ( Hr . pour Brown); si le nom a deux ou plusieurs syllabes, on indique la première syllabe, plus la première lettre de la syllabe suivante, ou les deux premières quand elles sont des consonnes ( Jus» . pour de Jussieu ; Hich. pour Richard). — Lorsqu'on est forcé d'abréger moins pour éviter une confusion entre des noms qui commencent par les mêmes syllabes, on suit le même système, en donnant, par exemple, deux syllabes avec la ou les premières consonnes caractéristiques du nom (Hertoi. pour Berloloni, afin de distinguer de Bertero ; Mt > /,.i pour Michaux, afin de distinguer de Micheli). Les noms de baptême ou les désignations accessoires propres à distinguer deux botanistes de même nom s’abrégent de la même manière (Aitr, Juss. pour Adrien de Jussieu, (ifrrtn.fi/. ou Go-rtn. f. pourGiertnerfils). — Lorsque l’usage est bien établi d’abréger mi nom d'une autre manière, le mieux est de s’y conformer (/.. pour Linné, S.-Hd. pour de Saint-Hilaire).

Art. 53. — Un changement de caractères, ou une révision qui entraîne l'exclusion de certains éléments d'un groupe ou des additions de nouveaux éléments, n'autorisent pas à changer le noin ou les noms du groupe.

Art. 54. — Lorsqu’un genre est divisé en deux ou plusieurs, le nom doit dire conservé, et il est donné à l'une des divisions principales. Si le genre contenait une section ou une autre division qui, d'après son nom ou ses espèces, était le type ou l'origine du groupe, le nom est réservé pour cette partie. S’il n’existe pas de section ou subdivision partielle, mais qu'une des fractions détachées soit beaucoup plus nombreuse en espèces que les autres, c’est à elle que le uoui doit être réservé.

Art. 55. — Dans le cas de réunion de deux ou plusieurs groupes de même nature, le nom le plus ancien subsiste. Si les noms sont de même date, l’auteur choisit.

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Art. 56. — Lorsqu’on divise une espèce en deux ou plusieurs espèces, si l'une des formes a été plus anciennement distinguée, le nom lui est conservé.

Art. 57. — Lorsqu’une section ou une espèce est portée dans un autre genre, lorsqu'une variété ou autre division de l’espèce est portée au môme titre dans une autre espèce, le nom de la section, le nom spécifique ou le nom de la division d'espèce subsiste, à moins que dans la nouvelle position il n’existe un des obstacles indiqués aux articles 62 et 63.

Art. 58. — Lorsqu’une tribu devient famille, qu'un sous-genre ou une section devient genre, qu’une subdivision d’espèce devient espèce, ou que des changements ont lieu dans le sens inverse, les noms anciens des groupe^ subsistent, pourvu qu’il n’en résulte pas deux genres de meme nom dans le règne végétal, deux subdivisions de genre ou deux espèces de même nom dans le même genre, ou deux subdivisions de môme nom dans la même espèce.

Art. 59. — Nul n'est autorisé à changer un nom sous prétexte qu’il est mal choisi, qu’il n’est pas agréable, qu'un autre est meilleur ou plus connu, qu’il n’est pas d’une latinité suffisamment pure, ou par tout autre motif contestable ou de peu de valeur.

Art. 60. — Chacun doit se refuser à admettre un nom dans les cas suivants : 1* Quand ce nom est appliqué dans le règne végétal à un groupe nommé antérieurement d’un nom valable. — 2° Quand il forme double emploi dans les noms de classes ou de genres, ou dans les subdivisions ou espèces du même genre, ou dans les subdivisions de la même espèce. — 3° Quand il exprime un caractère ou un attribut positivement faux dans la totalité du groupe en question, ou seulement dans la majorité des éléments qui le composent. — A° Quand il est formé par la combinaison de deux langues. — 5° Quand il est contraire aux articles précédents.

Art. 61. — Un nom de cohorte, sous-cohorte, famille ou sous-famille, tribu ou soustribu, doit être change lorsqu'il est tiré d’un genre qu’on reconnaît ne pas faire partie du groupe en question.

Art. 62. — Lorsqu’un sous-genre, une section ou une sous-section passe au môme titre dans un autre genre, le nom doit être changé s’il existe déjà dans le genre un groupe de même ordre sous ce nom. — Lorsqu’une espèce est portée d’un genre dans un autre, sou nom spécifique doit être changé s'il existe déjà pour une des espèces du genre. De môme lorsqu’une sous-espèce, variété ou autre subdivision d’espèce, est portée dans une autre espèce, le nom en doit être changé s’il existe déjà dans l’espèce pour une modification du même ordre.

Art. 63. — Lorsqu’un groupe est transporté dans un autre en y conservant le même rang, le nom doit ôtre changé s’il devient un contre-sens ou une cause évidente d’erreur et de confusion dans la nouvelle position qui lui est attribuée.

Art. 61. — Dans les cas prévus aux articles 60, 61, 62 et 63, le nom à rejeter ou à changer est remplacé par le plus ancien nom valable existant pour le groupe dont il s’agit, et, à défaut de nom valable ancien, un nom nouveau doit être créé.

Art. 65. — Un nom de classe, tribu ou autre groupe supérieur au genre, peut être modifié dans sa désinence pour être rendu conforme aux règles et aux usages.

Art. 66. — Lorsqu’un nom tiré du grec ou du latin a été mal écrit ou mal construit, ou qu’un nom tiré d’un nom d'homme n'a pas été écrit conformément à l’orthographe réelle du nom, ou qu’uno erreur sur le genre grammatical d'un nom a entraîné une désinence vicieuse dans les noms d’espèces ou de modifications d’espèces, chaque botaniste est autorisé à rectifier le nom fautif ou les désinences fautives, à moins qu’il ne s’agisse d’un nom très-ancien et passé entièrement dans l’usage sous la forme erronée. On doit user de celte faculté avec réserve, particulièrement si le changement doit porter sur la première syllabe, surtout sur la première loltre du nom. — Quand un nom a été tiré d’une langue vulgaire, il doit subsister tel qu'on l’a fait, môme dans le cas où l'orthographe du nom a été mal comprise par l'auteur et donne lieu à des critiques fondées.

Art. 67. — Les botanistes emploient dans les langues modernes les noms scientifiques latins (1) ou ceux qui en dérivent immédiatement, de préférence aux noms d’une autre

(1) « ... M. Ducharlre fait observer que les noms latins deviennent indéclinables en français. — M. de Schœnefeld dit que cela dépend des langues qui les emploient; qu’en allemand, ces noms se déclinent et prennent la marque du pluriel en laLn. — M. Germain de Saint- Pierre propose de formuler un article additionnel portant qu'en français, les noms latins de plantes sont invariables. M. de Candolle répond que l’usage spécial de chaque langue doit

NOTATUS.

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